LES PARFUMS AU THEATRE
Chaque époque théâtrale a eu son parfum spécial , durant les* représentations.
Paul de' Kock nous égayait autrefois, lorsque dans ses moments de bonne humeur, entre deux accès de goutte, il nous parlait des arômes particuliers à certains petits théâtres des anciens boulevards...
Un moment, nous disait-il, tout fut à la menthe : pastilles^ bonbons, boissons, sucres d'orge, eaux de
senteur... à la menthe, rien qu'à la menthe!
« Lorsque je parcourais les rangs de mes chères grisettes, ajoutait Paul de Kock, leurs bouches fraîches et friponnes me saluaient d'un souffle uniforme de menthe odorante. Il me semble que je l'aspire encore. »
Le vinaigre de Bully détrôna la menthe. Au moment pathétique d'une pièce, les dames et demoiselles ouvraient ensemble leurs mouchoirs pour épongqr leurs pleurs, et alors il se dégageait dans la salle un arôme de vinaigre du meilleur effet. C'était rafraîchissant et sain.
Une fois, dans un petit théâtre, on eut Tidéede clouer, dans les couloirs, des paquets de lavande, à FefFet d'améliorer les senteurs locales. La lavande n'eut point de succès, et ne vécut qu'un seul jour.
Vinrent ensuite le règne du vétyver, celui de l'eau de Cologne, celui du patchouly.
A une certaine époque, la mode fut aux arômes de rose. Les premiers éventails-annonce que Ton distribua gratuitement aux spectateurs, étaient imprégnés de Todeur de cette fleur, odeur avariée, du reste, et désagréable, comme l'est tout méchant parfum.
Le spéculateur qui exploitait les éventails avait
. choisi l'odeur de la rose, par cette raison que l'on
jouait alors une pièce à décors intitulée : le Mi-
racle des roses. C'était une galanterie de sa part.
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vait pas moyen de se fâcher. On tolérait 1 invention... tant qu'on ne Tavait point lez.
)ur, le monsieur aux éventails eut la maeuse idée d'offrir au directeur, et pourl'hom de ses produits, plus parfumé que ceux au public : a Eh ! mon ami, lui dit Bêle repoussant, un miracle encore ! Transnoi instantanément cette senteur infecte en ur possible ! »
, voici la période des fleuristes et des fleurs s,
du bouquet de théâtre se perfectionne et La gamme florale s'assortit aux localités; , lilas blancs, roses rares, fleurs exotiques, lervés aux grands quartiers ; le reste s'éusloin.
'alement les fleurs ont peu d'odeur lorssont destinées à une soirée de spectacle. On vec raison, les maux de tête; mais on ne paa moins, à employer des parfums très- ;ans doute, mais bien plus capiteux que ^uets embaumés.
Dclame, grâce aux renseignements de mon onfrère et ami le docteur Hector Georges, phe prochain du dahlia odorant, ivant horticulteur a'annoncé à l'Académie ices> et télégraphiquement encore^ — tant
la chos2 lui a semblé pressante! — qu'il venait de trouver le secret de la production du dahlia à odeur . Jusqu'à présent, la nature avait refusé à cette fleur le don inestimable d'un arôme suave et personnel. Si l'art le lui accorde, il n'est point douteux que le dahlia, parfumé de naissance, ne devienne la fleur portée au théâtre et dans les bals. Mais c'est le camélia qui ne sera point content !