LE DERNIER THEATRE DE LA FOIRE SAINT-LAURENT
AUGUSTE JOUHAUD.
Ouvert par tolérance en 181 6, le théâtre des Funambules fut un de ceux qui éprouvèrent pendant leur existence le moins de vicissitudes.
Pour pénétrer dans la salle des Funambules, cave enfumée, exploitée primitivement par une troupe de chiens savants, il fallait descendre six marches, au bas desquelles on trouvait deux rangs de loges, puis une scène étroite.
Bertrand père acheta ce théâtre et le fît reconstruire et agrandir. — Pour faire concurrence au théâtre de Af™® Saquî, on établit un spectacle nou-
D'un Homnie de Théâtre. 249
veau de danseurs de corde, auquel on joignit la pantomime. Ceci se passait au boulevard du Temple.
Les frères Lauryit, qui avaient fait en Angleterre le métier de clowns, donnèrent plusieurs féeries dans le genre anglais; autant Taîné des frères Laurent avait d'agilité et de souplesse dans le rôle à! Arlequin, autant l'autre était lourd et raide, dans le personna^ de Pierrot.
La révolution de i83o permit à Bertrand père de supprimer la danse de corde, mais il eut le bon esprit de ne pas renoncera ses pantomimes-arlequinades, oli le jeu spirituel et fin de son mime Gaspard Deburau attira longtemps la foule. (Le rôle de Pierrot a pris naissance à Paris dans la troupe des comédiens italiens. La vraie paniomime italienne ne connaissait que Gille, Scapin, Scaramou^ che, etc.)
C'est aux Funambules du boulevard du Temple que Frederick Lemaitre fit ses premières armes dans la carrière. Après avoir débuté chez Af "® Rose, oti il tomba de la corde, puis au Cirque^ où il tomba de cheval, il signa, le lô décembre 1826, un engagement avec Bertrand, et fit le succès d'Arimane.
Les Funambules ont eu leurs auteurs : Eugène 3rangé, qui leur a donné la Bague de la Vierge et Rien pour rien; Albert Monnier, Hippolyte Meslant, Dervaux, Ch. Danvin, .l'ouhaud, Champfleury »
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