I ■ ■ ^— — ■■■»■■■■■ ■■ -..II — . — ■■,,
Dautrevaux. Les Funambules avaient aussi des étoiles : Deburau père, Deburau fils, Paul Legrand, Laplace {Cassandre), Cossard (Arlequin), Alexandre Guyon, Cordier, Philippe {les sorciers)^ tt et pauvre Pelletier qui avait rêvé le théâtre du Palais^ Royal, et qui est mort souffleur à la Gaîté; enfin . Charles Charton [Léandre dans sa jeunesse), devenu metteur en scène et contrôfeur en chef, investi de toute la confiance de Bertrand, de Billion, et sachant par cœur toutes les pantomimes du répertoire.
Du côté des femmes, M"" Joséphine {les fées], Isménie {les Colombines), Satin, Béatrix, Eugénie.
Le théâtre des Funambules a eu pour directeurs Bertrand père avec Fabien; Bertrand fils avec d'Ordan comme administrateur; Billion ; Cléophas Rumboldt (dit Dautrevaux), avec de Fléchelle et Angrémy pour associés, et enfin, Dechaume, jusqu'à l'expropriation.
Le 8 février 1862, un sieur Poiret, Auvergnat, ouvrait au boulevard de Strasbourg un théâtre auquel il avait donné le nom de MarionnetteS'L/' riques.
Tout s'use à Paris, et les Marionnettes de Poiret subirent la loi commune. Le commissaire ïi^ faisait plus d'argent; alors l'imprésario remplaça, en septembre 1866, ses marionnettes par des acteurs.
D'un Homme de Théâtre. 25 1
L'idée lui vint ensuite de profiter de l'ancienne renommée du boulevard du Temple, et de donner à son théâtre le titre de Funambules.
Billion, qui avait acheté à Bertrand fils le théâtre des Funambules, protesta contre cette usurpation*de titre, mais l'affaire n'eut pas de suite.
En 1874, M°« Poiret mourut ; comme elle était le seul homme de la famille, le théâtre, sans elle, Cessa de prospérer, et Poiret se vît forcé d'abandonner l'entreprise.
M. Henri Gondré, propriétaire de l'hôtel de î^uez, attenant aii'théâtre, installa les Funambules iu boulevard de Strasbourg, les remit sur leurs ambes, et... ils y sont encore*
Le Jgenre des Funambules s'est modifié» Le répertoire d'aujourd'hui offre la comédie de genre, ie vaudeville avec airs. modernes. Les vaudevilles sont propretnent joués, la mise en scène est propre; ie dialogue est aussi d'une propreté appréciable. \însi, on ne se permettrait plus de réflexions dans ie genre de celles que l'on acclamait au boulevard du Temple, par exemple lorsque Pelletier disait : a Allons! bon; encore une punaise sur le beurrel Qu'est-ce que M""® la comtesse Va dire? »
Les Funambules actuels abordent parfois l'opérette.
J'ai constaté avec dbuleilr qiie là pantomime était bien négligée!... Ce serait pourtant le cas
2 52 Historiettes et Souyenirs
de nous rendre un Deburau, un Cossard, et par^ mi les femmes une M"* Lefebvre! M"* Lefebvr^ grande et belle personne, honorablement mariée un ouvrier, — ouvrière ellj-même. Les ancietr^ se la rappellent, alors que dans Tintervalle de deuj scènes, elle piquait vivement des bottines sous le quinquet d'un portant ! — M°« Lefebvre, si ma/estueuse dans les rôles de fée unissant les amants, si terri bl'e dans les mélodrames où elle exécutait k combat des quatre coups de sabre et les grands moulinets de hache, à l'effet de pourfendre le farouche Spalatroou le criminel Brancadero!...
Et puis, quelle verve parmi tout ce personnel de Tancienne pantomime ! Une ardeur endiablée! Va allaient, couraient, tournaient, tombaient, se repliaient sur eux-mêmes, à en perdre*Ie souffle. Ce n'est pas maintenant que Ton trouve, aux Funani' bules ou ailleurs, cette bonne volonté, cette élasticité, cette dépense de sueurs auxquelles les acteurs de Tancien théâtre se prêtaient si complaisamment!
^•^•^tmm^i^lt
En 1820, 11 se forme une sorte à! arrondissef^^^^ dramatique At la. banlieue de Paris. Seveste*,^^'
X. Grand-père du jeune et înte'réssant Seveste, [de 1* Comédie-Française, tué dans la dernière guerre.
Uun ffomme de Théâtre: 253
icteur du Vaudeville^ est autorisé à y faire des comédiens et des amateurs, ^spectacles de la banlieue (en 1820) sont ceux anelagh (parc de Boulogne), du Nouveau- ^agh, barrière* du Roule (ces deux théâtres tent plus), de Sèvres, du Montparnasse, auxon a joint plus tard les théâtres de Monte, de Saint'Cloud (1827), de Belleville ), des Batignolles (i833, veuve Seveste et 2UX fiU), Batignolles-Monceaux, bâti par )uchet, riche propriétaire de cette commune; int'Denis et du Belvéder, barrière de Fontaiau. Ce dernier théâtre disparut eiv 1840.
s cette époque florissait le petit théâtre Saintîl, succe'ssivement dirigé par MM. Perrin, ly BéraUd, Alfred Guery, etc.
le brillants débuts, succéda un triste dénoû- , tant pour ce théâtre que pour la plupart des îaux comédiens qu'il avait produits. Un jeune ier qui promettait un bel avenir, — Lacour^ , — mourut fou ; Alfred Willot a fini à peu lans le même état; Edouard se Jeta par la fe- , à la suite d'un accès de fièvre chaude; Letur 1, à Londres, en essayant un système d'ailes avait inventées.
Li de personnes ont connu le dernier « théâtre foire Saint- Laurent. »
rs 1840, dans un terrain vague, situé rue
254 Historiettes et Soiwenirs
Neuve-Chabrol (aujourd'hui rue de Strasbour -; • près du marché, là oîi Ton a percé la rue d'Alsa à côté de la gare de TE^), il y avait un p théâtre en planches vermoulues, qu'on appelaitr théâtre de la foire Saint-lMurent^ en souve:^:i;j des théâtres de l'ancienne Foire.
Ce théâtre, façon de Petit-La^^ari^ faisait les cfelices des gamins du quartier. Le directeur se nommait Emile Boujat, et jouait tous les beaux raies avec M"® Emile, sa femme, qui passait pour^ Deja\et de l'endroit.
Emile Boujat cumulait, avec ses fonctions de directeur et d'acteur, celles de buraliste, de régisseur, d'allumeur et de municipal. Il parlait au public ei expulsait les gavroches quand ils faisaient trop àt bruit, et troublaient la directrice en s*cène.
Emile Boujat, pour qui les droits d'auteur étaient un impôt très-lourd> avait joué la FolU àe Waterloo , petit drame en deux actes , créé au théâtre Saint-Marcel^ sous la direction d^Antony Béraud. — Sur une réclamation de l'auteur, le directeur du Théâtre de la foire Saint-Laurent "^^^ connut lui être redevable de quelque argent pour ks représentations de cette pièce. Boujat admettait bien la dette, mais il ne la payait point. Enfiiï, il fit une proposition : a Ma chatte, dit-ii à l'auteur, vient de faire dés petits, en voulez^vous un pour tos droits ?»
D^un Homme de Théâtre, 255
L^auteur était Auguste Jouhaud.,.
A ce nom, qu'il me soit'perihis de m'arrêter un ^Ornent. Je veux rendre pleine justice à Tun des ornmes les plus labojreux, les plus producteurs, les l-Us intelligents que Ton puisse citer parmi les au- 'Urs dramatiques.
^ais aussi, il est, à coup sûr, le plus modeste et
plus timide d'entre eux. Voilà pourquoi il s'e^t ^lontairement relégué aux rangs secondaires, alors i^'il était digne de paraître aux premiers.
Son œuvre est considérable. Il a fait, à lui seul, ^ur les petits théâtres et les cafés-concerts, plus de -nt cinquante pièces I
Jouhaud est d'une douceur, d'une bonté et d'une onnêteté prqverbiales. Ajoutons que c'est un bi- Liophile distingué.
Maintenant, je reviens à son chat... qui fut en Fet le sien, car Jouhaud ne voulait point désobliger
pauvre directeur qui le lui offrait en payement, donna donc quittance en riant, et emporta « son •oit d'auteur » sans Pintervention de l'agent géné- 1 Peragallo;
Plus tard, Emile Boujat, expulsé du quartier lint-Laurent, ouvrit un autre petit théâtre, rue LÎnt-Pierre-aux-Bœufs, dans l'ancienne église de
nom. — Cette église avait servi pendant longmps à un tonnelier.
Le théâtre de la foire Saint- Laurent devint
alors le théâtre d'Arcole. J'ignore quelle fut Ja destinée de ce théâtre. Seulement, j'ai appris que le directeur, Emile Boujat, était mort dans la misère en 1866. .