CAFES-CONCERTS
Après 89, on vit s'ouvrir un grand nombre de cafés où Ton jouait de petites pièces, et où l'on faisait de la musique. Ainsi, au Palais-Royal, il y avait le Café du Sauvage^ qu*il ne faut pas confondre avec le Ca/é des Aveugles, Au boulevard du •Temple, on citait le Ca/é Yon^ où la chansonnette prit naissance, et le Café Godet qui, en 1814, devint le Café de la Victoire^ illustré depuis par la pièce intitulée les Cosaques.
Les cafés où l'on chantait étaient complètement à la mode en 18 16. Manquait-on de plancher de scène, on installait l'artiste sur un tréteau, sur une table, et tandis qu'f/ ou elle charmait le public, les a dames » de la troupe faisaient la quête.
Plus tard, on fréquenta le café Moka^ rue de la Lune; le Casino français, au Palais-Royal : le café du Cadran, rue de ce nom ; le café de France, au Palais- Bonne-Nouvelle ; le Géant, au boulevard du Temple. Un incendie détruisit ce café, en 1862.
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. ^c propriétaire, M. Paris, — devenu ensuite ac- ^Uéreur de Bataclan, autre café chantant, situé au "Oulevard Voltaire, — avait placé son premier établissement sous le vocable du Géant qu'il exhibait dans la salle entre deux «morceaux de chant.
Paris avait une grande affection pour son phénomène. Après la mort de ce pauvre long garçon phthisîque, il lui consacra une poésie qui fut reproduite, à titre de curiosité, dans quelques journaux. Gomme on faisait remarquer à l'auteur qu'un certain nombre de ses vers mesuraient quatorze piecis, et même plus : « Bah ! répondait Paris, il était si grand ! »
Jusque-là, les cafés chantants s'étaient simplement nommés : cafés. On les voit alors prendre les* titres de cafés-concerts, cafés-spectacles, ^tc. . . Signalons, dans une énumération rapide, le caféconcert Parisien, du faubourg Saint-Denis, dont les directeurs, MM. Valentin et Fournier, possèdent une troupe que l'on peut qualifier « d'exceptionnelle. » Presque tous les artistes de l'un et l'autre sexe sont mariés, ce qui a fait donner à l'établissement le surnom de : Goncert des Petits Ménages.
Le concert du XIX^ Siècle, de M. Dajou, se distingue par les glaces qui décorent ses murs et par un comique très-populaire, M. Plessis, qui bat du
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tambour comme un lapin... de la vieille garde; il ^ accomplit une foule de tours de souplesse et de grâce grotesque et , après chaque exercice , il s'écrie avec une autorité imposante : a C'est pas
finil »
Au faubourg du Temple, brillante réouverture de VAlhambra, sous la direction de M"* Piccolo. M"»*' Piccolo est la mère de M"® Théo. — La mère a fait des propositions à sa fille pour venir à i'Alhambra. On ne s'est pas entendu sur les conditions.
Le concert de la P^^/«/ére (direction Girard), situé rue de la Pépinière, est une pépinière d'artistes. — A La Chapelle, c'est-à-dire à Textrémité du faubourg Saint-Denis, les Bouffes du Nord . visent à devenir théâtre. — En suivant le boulevard extérieur jusqu'à la place Moncey, nous trouvons le concert Moncey, où la salle est desservie par des femmes^ comme au concert Reischoffen et à ÏHarmonie du faubourg Saint-Martin. — Rue Biot, la salle du concert Européen semble faite pour un roulage. J'avais eu l'occasion d'y remarquer quelques commençants donnant des espérances. Ils ont émigré aux Bouffes du Nord.
. Plus loin, le concert Tivoli ne prospère point, malgré ses efforts. On dirait que le voisinage du cimetière Montmartre lui porte malheur. Au concert de la' Gaîté'Rochechouart, un bien drôle d'escalier
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sert, non pas àymotiter, mais à descendre dans la salle !
Traversons les ponfs. Le Chalet remplace les FolieS'Dauphîne dans la faveur des étudiants. Au Montparnasse, les Folies-Bobino soutiennent la concurrence contre la Gatté- Montparnasse. Du côté de Vanves, on rit encore de -l'observation faite par le directeur, quelque peu illettré, d'un petit beuglant oîi Ton eut, ces jours derniers^ l'ambition d'appuyer le piano accompagnateur par un orchestre. Le premier soir, le chef d'orchestre n'ayant point de flûte, se servit d'une clarinette d'occasion. La flûte vint le lendemain. Le directeur l'apercevant au moment où l'artiste jouait, courut à lui, et l'apostrophant à haute voix : « Monsieur, il ne faut pas de ça ! celui qui était ici hier, tenait son ifi^rument tout droit au-dessous de sa bouche; vous, vous le tenez de côté, au risque de gêner votre voisin !... Non, il ne faut pas de ça ! »
Dans un café-concert dôrLevallois, les garçons sont engagés à deux fins : ils servent la pratique et ils chantent la chansonnette. Vous entrez; vous demandez du café, je suppose, un garçon accourt, la cafetière à "la main... il va verser... mais un coup de sonneue l'arrête. Il dépose vivement. sa cafetière, il s'élance sur l'estrade et se met à chanter. On l'applaudit ; il salue, et revient avec empressement s'occuper de son consommateur ..
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Pendant Pété, ce sont les ca/ts-concerts àts Champs-Elysées qui tiennent la corde' dans la course au bock. II est superflu de signaler M/ca- :[ar, les Ambassadeurs, Y Horloge.
Nous avons gardé pour la fin VEldorado, la Scala, du boulevard de Strasbourg, et YAlca^ar d'hiver, au faubourg Poissonnière. Par le choix et le goût de leur répertoire^ par la composition de leur personnel, où maint théâtre de genre est venu plus d'une fois chercher des étoiles, ces établissements tranchent, d'une façon digne d'éloges, sur l'ensemble de leurs congénères, oti le médiocre, le banal et même le trivial menacent d'aboutir à quelque chose de pis encore, comme musique et surtout comme paroles. — Il faut cela, nous assiire-t-on, pour stimuler le public. — Tant pis pour le public...