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I. Journal des Débats du 2 décembre

D'un Homme de Théâtre. 297

Attendez ; cette fois-ci l'intervalle sera moins long, car nous approchons de la catastrophe.

Le 22 février au soir, j 'apprends ^ue, malgré les croups de fusil qui retentissent dans la rue, presque t:ous les théâtres de Paris ont joué.

J'écris ce même soir une lettre que je date du lendemain, car ce n'est queHe lendemain matin qu'elle sera remise à M. Hostein, notre directeur.

Voilà cette lettre. Nul, même parmi les plus av^ncéSj n'ajait fait, j'en réponds, une pareille prophétie le 23 au matin. "*

« 23 février 1848.

« Mon cher Hostein, ... .

^ a Jouez-vous ce soir? '

"^Z « J'aurais peur, si vous preniez cette détermina-

tidit, qu'elle ne fût considérée comme une insulte à

la douleur publique^i,

« Le duc nous protège par son nom, et Dieu sait si je l'aime dé tout mon cœjir ; mais votre véritable protecteur, protecteur efficace, quotidien, éternel, c'est le peuple.

« Restons populaires, cher ami : il y aura encore ^. un grand peuple en Francj^quand il n'y aura plus de princes nulle part.

« A vous,

« Alexandrk Dumas.* »

Le soir on se bat : il faut substituer l'action à la parole*

Informez-vous à M. Berger, maire du deuxième arrondissement, qui a pris sur ses épaulettes de commandant la responsabilité de faire battre le rappel pour la deuxième légion ?

Le lendemain on ne se bat plus, on fonde.

Le peuple a fait irruption dans la chambre, et vote à la place des députés.

Demandons à MM. Lamartine, à Dupont de TEure, à Crémieux, à Ledru-Rollin, à La Rochejacquelein, qui était là en uniforme de commandant, seul officier au milieu de tous?

Aussi Lamartine s*étonne-t-il de m'avoir rencontré sur le champ de bataille, comme il dit, et de ne m'avoir pas aperçu depuis.

Il me fait dire d'-aller le voir.

Je lui réponds que j'irai, non pas chez l'homme d'État, mais chez le poëie, quand il aura une minute à me donner.

Alors il m'écrit :

f 2 mars 1848.

a Cher et illustre ami,

a Je ne veux pas donner des minutes à un

homme comme vous, mais une heure tous les soirs.

Attendez seulement un jour ou deux, je succombe

à la.fatigue.

« Lamartine. »

D*un Homme de Théâtre. 299

^ ,J 'ai profité de la permission; mais mon premier îaot en entrant a été : « Ne vous effrayez pas, cher ami, je n*aî rien à vous demander, ni pour moi, ni ^our les miens. »

' ^'G'est tout simple : les hommes comme moi arrivent aTfeur but ; mais c'est celui de leur désir et non de leur ambition ; et la preuve, c'est que si mon ^premier élan est pour l'avenir, mon premier retour est vers le passé.

J'écris cette lettre à la Presse :

« 29 février 1848.

a Oui, mon cher Girardin, vous avez raison d'annoncer à vos lecteurs, à côié de ma collaboratîon passée, ma collaboration future.

* « Oui, vous qui n'aviez que ma sympathie littéraire lorsque vous étiez conservateur, vous avez eu tïia sympathie politique du jour oti vous avez rompu avec le ministère égoïste et menteur que, pour ma part, je vous ai aidé à dépopulariser par le mépris.

a Aujourd'hui la grande œuvre de liberté est accomplie, mais la liberté qui rompt les liens politiques ne rompt pas les engagements privés.

A vous et au Constitutionnel mes romans, mes livres, ma vie littéraire enfin, — mais à la France ma parole, mes opinions, ma vie politique.

« A partir d'aujourd'hui, il y a 4^ux hommes

s 00 Historiettes et Souvenirs ft

dans l'écrivain : le publiciste doit cooîpléter Iç^ poëte. * ^. "

« N'est-ce pas une belle chose, dites, que d^oir les deux mains puissantes du génie et de la scieoCe]!^ étendues au-dessus de nos têtes, protègent Ta *^ France, défiant l'Europe, ^el agitant aux yeux du monde cette sainte devise : ^ ^ . *

« Tous pour chacun, chacun pour tous ! * •

« Ainsi donc, et comme si j'avais pu deviner dans Balsamo ce qui s'est passé, je vpus avais préparé une œuvre dans laquelle la révolution de 93 devait apparaître tout entière *

« Non pas que je me fasse le flatteur inintelligent dé cette révolution. Le poëte ne /latte ni les^ peuples^ ni les rois, il ditJa vérité à tous. Seule- • ment, tandis que les peuples écoutent^ les rois se bouchent les oreilles.

« Il en résulte que les peuples vont s'instruisant chaque jour, tandis que chaque jour fait les rois plus insensés, chaque soleil les retrouve plus aveugles.

a Bientôt Candide pourrait, comme au temps de Voltaire, dîner à Venise avec sept rois détrônas.

a Cependant^ un grand exemple vient d'être donné à ces rois par un homme qui fut roi luimême*

« Aujourd'hui, Jérôme Napoléon, le frère de ce Nemrod de la monarchie, vient réclamer ses droits de citoyen français.

D'wM Homme de Théâtre. 3oi

mu un tiomm

'^ « Et ces droits lui seront rendus comme à tous

ceux quijjlips réclameront. Il viendra un jour, une

heure, une h^ute solennelle, jour splendide, où

la France sera asse:{ forte pour ouvrir ses bras,

*' comme à des enfants prodigues, à tous les exilés ^

m- vinssent-Us ^^lamer Imr part^de la légitime uni-

' t ver selle y icnjbandeau déchiré au front, un sceptre

^ brifé à la main, •

« oui, ce que nous voyons est beau, ce que nous voyons est grand ; c^ nous voyons une République, et jusqu'aujourd'hui nous n'avions vu que * ^des révolutions.

« Que Dieu nous garde donc, nous, ses fils

* aînés!

« Tout à vous. • ♦

« A. Dumas. »

Voilà Télan vers l'avenir.

Maintenant, voici le retour vers le passé.

Quand les adhésions pleuvent, quand on se presse vers rhôtel de ville, quand on se bat à la porte des ministères, quand on déchire la vieille administration à belles dents, et que chacun emporte un morceau de l'administration nouvelle; quand l'un offre son épée, l'autre son éloquence, l'autre son vote, un souvenir de triste sympathie me reprend pour ces beaux jeunes gens, toujours en lutte avec leur père, et qui portent si cruellement la peine des

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fautes de leur père. Alors j*écris à celui d'entre eux que j'ai le plus connu. *

A Monseigneur le duc de Montpensier,

« 4 mars 1848.

« Prince, ' * » #

a Si je'savais où trouver Votre Altesse, ce serait de vive voix que j'irais lui offrir Texpressibn de ma douleur pour la grande catastrophe qui l'atteint personnellement.

a Je n'oublierai jamais que, pendant trois ans, en dehors de tous sentiments politiques, et contrairement aux désirs du roi, qui connaissait mes opinions, vous avez bien^ voulu me recevoir et me faire l'honneur de me traiter prescjue en ami. • « Ce titre d'ami, monseigneur*, quand vous habitiez les Tuileries, je m'en vantais; aujourd'hui que vous avez quitté la France, je le réclame.

a Cette amitié dont vous m'honoriez, plus d'une fois vous me l'avez dit, c'était un héritage que vous teniez de votre frère, de votre frère que la Providence a tué, parce qu'il était sans doute, par l'amour qu'on lui portait, un trop grand obstacle entre ce qui était alors et ce qui est aujourd'hui.

a Au reste, monseigneur. Votre Altesse, j'en suis certain, n'a pas besoin de cette lettre pour savoir que mon cœur est un de ceux qui lui sont acquis«

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^ Dieu me garde de ne point conserver dans '^^te sa puçeté la religion de la tombe et le culte ^^ l'exil !

^ J'ai rhonneur d'être avec respect, monseigneur, ^ Votre Altesse, le très-humble et très-obéissant ^rviteur.;

à Alex. Dumas. »

N'ai-je pas dit, en i833, que mes sentiments ^*homme, l'emportant s<»r mon stoïcisme de citoyen, ine seule voix s'élèverait pour saluer la royauté roulante, et que cette voix serait la mienne?

Je ne me suis pas trompé, une seule voix, avais-je lit : ma voix t. bien été la seule.

Quand Charles I" marcha au supplice, de la aule qui faisait haie sur son chemin, deux.hommes ortirent et s'avancèrent vers lui.

Le premier lui cracha au visage.

Le second s'inclina en disant : « Salut à la maesté tombée. »•

Je ne sais plus ce qu'il advint momentanément le ces deux hommes : mais je sais que l'histoire eur a fait leur part.

Voilà donc ma profession de foi dans le passé, et 1 n'y a point à la récuser; elle repose sur des faits, ur des dates. — On peut rechercher les faits, on Deut vérifier les dates.

J'ai écrit 400 volumes, qu'on les ouvre, qu'on

les fouille, qu>8n les commente/ et qu'on me démente les pièces ^la main.'

Peu d'hommes peuvent porter un pattil défi.

Profession de foi de V avenir. — La Révubliqite

seule est possible;

Un philosophe de l'antiquité niait le ftiDuvcment.

Son adversaire se contenta de marcher.

Depuis dix-sept ans on niait la possibilité de la Répujjlique; - c'était un système, — une utopie,— une fable.

Voilà un mois que la République existe — et qu'elle répond comme l'antagoniste dû philosophe, en marchant.

Peut-être quelques-uns de ceux qui nous l'ont donnée veulent-ils même la faire marcher trop vite; mais, soyez tranquilles, dans sa haute sagesse, qui est la sagesse universelle, elle écartera d'elle ces amis dangereux avec le même soin qu'elle écarterait ses ennemi».

Donc elle existe.

Et cette fois elle est viable — attendu qu'elle est née à son heure, — qu'elle est le résultat des modifications successives cte la société.

Avant de lui donner naissance, la France, sa mère^ l'a portée neyf siècles dans son sein.

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Pendanl^ces ntiuf siècles, toutes^es formes monarchiques se sont uséeff ; » ^

La mo^ilrchie des grands vassaux, fondée par Hugues Capet, a duré ciijfl dfents ans. ♦

La monarchie des grands seigneurs, fondée par Françbis**'ji.|iduré cent cinquante ans.

La,^onarchîe des; aristocrates , fondée par LouiS'^V, a duré soixante ans.

La monarchie des grands prolétaires, fondée par Louis- Philippe, a duré dix-sept aiy.

Nous en sommes évide^nment à la magistrature

populaire. ^ ^

Avec quels éléments refornjf rait-on une monarchie? Sur q^i Tapjp^iierait-onPjQuel serait son représentant? ^'

La monarchie se forme au moyen des casie^; les castes n'existent plus.

La monarchie s^appuie sur la propriété; la propriété est tellement divisée qu'à peine se soutient- ."^ ^le elle-même.

La monarchie n'existe qu'à la conditlbn d'avoir un représentant. '^*' *

Quels seraient ses ruprésenj^nts ? ,. ^'

Henri V, — lé comte de Parrs.

** Henri V représente le drioit divin, c'est le seul débris vivant de la vieille mjonarchie, de cette monarchie rentrée chez nous la première fois en tra-

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versant le chanip de bataille de Leipzig ; la seconde fois, celui de Watferioo. •'

Celle-là a plus de sang français aux pieds qu'elle n*en a éfti cœur.

Celle-là^ c'est la monarchie des représailles et des vengeances! Celle-là, elle a regardé assassiner Brune, Ramel, Lagarde!

Celle-là, elle a fait fusiller Ney , Labédoyère, Mouton-Duverriet, Chartran, Caron.

Celle-là a fait exécuter Didier, Berton, les quatre sergents de la Rochelle.

• Celk-là, à moins de transformations impossibles, d'oublis surhumains, elle est notre ennemie éternelle, incessante, acffarnée.

Celle-là rPôubliera jamais le lo août, le 21 janvier, le 16 octobre.

Celle-là, tout lui est souvenir de sang, inspiration de vengeance.

Oïl la logerez-vous?

Au Luxembourg. — siège du Directoire ;

Au Palais- Royal, demeure de Philippe- Égalité';

Aux Tuilerio^, — séjour de la Convention.

Par où passera-t-elle pour ne pas trouver un souvenir mortel?

A ses quatre points cardinaux elle aura toujours :

Le Temple, — prison ;

L' AbBaye, — massacre ;

La place de la Révolution, — échafaud;

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Rue d'Anjou, — chapelle expiatoire.

De quel côté soufflera le vent pour lui apporter le pardon?

D'ailleurs, le pardon, nous n'en voulons pas. La royauté menaçait, le peuple s'est défendu; elle attaquait, le peuple a vaincu; c'est bien.

Depuis les communes jusqu'à nous, il y avait eu sept siècles de luttes : Communes, Jacquerie, Ligue, Fronde, Révolution de gS, Révolution de i83o, Révolution de 1848.

Et Ton voudrait tenter de marier ces deux principes opposés; de réunir, pour en faire uftcercle^ élastique et sans soudures, ces deux extrémités de l'arc qui vont sans cesse s'écartant.

Impossible.

Henri V, fils d'un père assassiné, né dans le deuil, élevé dans les larmes, devenu homme dans l'exil, est une de ces grandes infortunes sur lesquelles la poésie pleure, mais contre lesquelles la politique s'endurcit.

C'est une de ces existeiices proscrites par la fatalité, qui sont partout à leur place, excepté dans leur patrie, qui ont le droit d'accuser Dieu depuis leur • berceau, car Dieu ne leur dit son secret qu'au moment où elles se couchent dans la tombe.

Nous le répétons : la royauté de Henri V est donc impossible.

Vient celle du comte de Paris.

3o8 Historiettes et Souvenirs .

Pauvre enfant, sor.ti de la capitale juste au même âge que le duc de Bordeaux, orphelin comme lui, vêtu de deuil comme lui.

Pauvre enfant que sa mère a pris au milieu de ses jeux pour l'emporter, tout effaré,* parmi les baïonnettes et les balles, et le conduire à cette Chambre, dans laquelle il n*est entré que pour entendre dire : // est trop tard!

Et son arrêt éternel est dans ces quatre mots.

En effet, il était temps aux 5 et 6 juin i832.

Il était temps aux 12 et 1 3 juin 1839.

Il était temps au i3 juillet 1842.

Il était temps au 22 février 1848.

Il était temps encore au 23 février au soir.

Mais le 24 février, il était trop tard.

Il était trop tard, parce que ces accusations, ces menaces, ces injures qui ne devaient jamais monter à la hauteur du mépris de M. Guizot, avaient enfin dépassé sa tête et l'avaient englouti.

Comme dans un vaisseau qui fait eau, Louis- Philippe avait successivement tout jeté à la mer.

Ministère Guizot,

Ministère Mole,

Ministère Odilon Barrot.

Enfin, dans une dernière barque, il poussa sa bru, sort petit-fils, son fils.

Puis il leur jeta sa couronne.

D*un Homme de Théâtre, 3 09

La couronne était lourde ; elle fit sombrer le bateau.

Cette fois, la couronne est bien engloutie dans les profondeurs de lu révolution.

Nul plongeur téméraire n'ira la chercher oU elle est.

La République de 1848 a salué sa mère, la République de 93 ! Seulement, à la place de son bonnet rouge, elle lui a mis au front une couronne d'olivier.

Seulement, elle lui a arraché sa hache* et lui a donné une épée.

Cette République, c'est bien la Res publica ; la chose publique, le peuple !

La souveraineté nationale enfin.

Cette souveraineté, qui n*a ni récrimination à faire, ni vengeances à poursuivre, ni haines à exercer, Contre qui récriminerait-elle?

Contre la religion, qui a dressé les bûchers des Albigeois, chargé les arquebuses de la Saint-Barthélémy, élevé les gibets des Cévennes.

De qui se vengerait-elle?

De la noblesse, qui lui a fait traîner le boulet de la corvée, qui lui a fait payer la dîme de la chair, qui a levé sur elle l'impôt du sang.

Qui haïrait-elle?

La royauté — qui a fait la banqueroute de 89 —

3io Historiettes et Souvenirs

les mitraillades de iS'So — les fusillades de 1848.

La religion n'est plus qu'une sœur de charité,

La noblesse qu'un mot,

La royauté qu'un fantôme.

Ainsi, plus d'obstacles, de l'opposition, peut-être,voilà tout. ^

Que Ton proclame bien haut la liberté de la discussion, la garantie de la propriété, la rétribution du travail selon le travail, et l'opposition disparaîtra.

Que la République se montre forte contre ses ennemis, et surtout contre ses amis.

Qu'elle étouffe en naissant, et non le lendemain de leur naissance, les circulaires du ministre de l'instruction publique, qui disent que l'instruction publique est chose inutile,

Les décrets du ministre de l'intérieur,, qui créent 86 proconsuls au lieu d'un roi.

Qu'après avoir tout refusé aux prolétaires, on ne veuille pas que tout soit pour les prolétaires.

Qu'on laisse au génie, au talent, à Part, au commerce, à l'industrie, au travail leur place naturelle, dans le système social, dans l'harmonie universelle. Que le soleil du Seigneur luise également sur le penseur qui lève son front au ciel et sur l'ouvrier qui courbe sa tête vers la terre, et les jours depuis si longtemps promis seront enfin venus.

Et ce ne sera plus la France seulement, ce sera

lun Homme de Théâtre, 3ii

TEûrope tout entière qui chaînera l'hymne de la Répifblique, VHosanna de la liberté I. ..

Ç" Alexan*)Re Dumas. .

ÉPITREj EN VERS, d' ALEXANDRE DUMAS FILS.

Dans cette même année 1848, Alexandre Dumas fils nf envoyait ^ne petite epître familière, en vers. — A cette époque Alexandre Dumas fils apparaissait déjà comme un millionnaire d'esprit-, il ne l'était pas encore sous le rapport d'e l'argent. On sait coiîiment il l'est devenu, grâce à son saisissant talent d'écrivain novateur, et en raison de ses immenses et légitimes succès.

J*en avais si bien le pressentiment, à la date de répître en question, que vingt-cinq ans plus tard, je Recevais la lettre suivante dont je m'honore infiniment :

« Décembre iSyS.

a Je vous remercie bien cordialement^ mon cher Hostein, de .la bonne poignée de main imprimée que le Constitutionnel m'apporte.

tt Ge que j'aime en vous, c'est que vous n'avez

3f2 Historiettes et Soiivênirs

» - ■' ' ' ig . ■■

jamais douté de moi. Je n*en suis que plusfreufeiix de nous avoir donné raison. \è

. « A vous, « ^ 4»'

a A. Dumas f. » '

ReiourtwnJ 4 1848 Qf à no5*souvenirs de jeunesse :

Mon cher'Hosteiny'je suis panne comme un diacre; **

Je n'ai plus le moyen de monter en fiacre,

fit le pont des Arts va bilntôt m^être interdit !

Dulong * e^st san^ argent, -^ dii.%noins à'ce qu'il dit ! ,

Porcher n'a paf le sou, je le tiens de sa femme : ^

Il ne me don^ie pas d'krgent, — il m'en réclame !

Que faire? J.e vingt-trois il faut absolument

Que je paie un monsieur, et c'est demain, ^Faimcnt,

Qu'à l'horloge des temps sonne ce jour fd'neste!

Voici la vérité : vous devinez le reste.,. ^

C'est sur vous que je compte. Avez-vous un nioycn

De trouver trois cents francs ?Trois cents francs f Ce n*est rien.

Pour la fin de x:e mois, Dulong prome^la somme.

Pouvez-vous l'avancef? Vous seriez un grand homme!

Et vous pourriez, le trente, à det aïreux agent,^

En très-jolis écus, reprendre votre argent!

Bref, vous me rendriez un signalé service !

Répondez-moi deux mots.

Tout à vous,

Dumas fige.

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