‹ Historiettes moralesChapitre 2 sur 28 · LE DEVOUEMENT FILIAL · texte numérisé non relu

LE DEVOUEMENT FILIAL

près de son père ; et quand il avait pu le voir un instant en secret, recevoir sur son front un de ses baisers, lui procurer quelque léger adoucissement à son sort, ie noble enfant était satisfait de sa rude destinée. Souvent U passait plusieurs jours sans pouvoir parler à M. Dermont; mais alors, par un regard, par un sourire, il savait encore lui exprimer sa tendresse. Une espérance qu'il n'avait osé confier à son père, de peur que ce ne fût qu'une illusion, une espérance ardente et toute-puissante le soutenait : il voulait briser les fers de son père et prendre la fuite avec lui.

Depuis six mois qu'il était de garde sur le ponton, il employait plusieurs heuresde lanuitàcreuser au fond du bâtiment une issue secrète qui conduirait à la mer ; ce travail avait heureusement échappé à tous les regards ; si on l'avait soupçonné, il eut été puni de mort. Son audacieuse entreprise était terminée, il avait pratiqué une ouverture au moyen de laquelle il pouvait, en plongeant dans les flots, disparaître avec son père sans être aperçu par les gardes. Il savait qu'il jouait sa vie, mais sa vie n'était rien pour lui , c'était celle de son père à laquelle il pensait. Quand tout fut disposé pour leur fuite, il avertit son père, mais il ne pwrvint qu'avec peine à le décider à s'évader ; M. Dermont crai-

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