LE DÉVOUEMENT FILIAL
gnait pour les jours de son enfaut, et il aurait préféré une captivité éternelle au mallieur de le perdre. Cependant il ne put résister aux instances d'Anatole et peut-être aussi au souvenir de la patrie. Entraîné par son fds, il se glissa jusqu'à la secrète issue, et quand il eut plongé dans la nier, il sentit un bras fort qui le soutenait, c'était celui d'Anatole qui, excellent plongeur, aidait "son père à se maintenir entre deux eaux ; ils gagnèrent ainsi le large sans bruit et presque sans mouvement : rien n'avait donné l'éveil aux gardes du ponton , Anatole se dirigeait vers l'est, où il avait la veille conduit une barque, et comme la mer était fort calme, il espérait l'y retrouver encore ; en effet, il l'aperçut bientôt sur les flots comme un point
noir, et il fut assez heureux pour l'atteindre. Alors
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m LE DÉVOUEMENT FILIAL.
le père et l'enfant s'embrassèrent, et ils se mirent à genoux pour remercier Dieu de leur délivrance; ils ramèrent toute la nuit, et, quand l'aube parut, ils virent blanchir à l'Orient les côtes de France. Des larmes de bonheur mouillèrent leurs yeux, ils redoublèrent d'eiîorts, et bientôt ils s'élancèrent sur le rivage.
L'empereur, en apprenant l'héroïsme filial du jeune Anatole Dermont, lui accorda la croix d'honneur, quoiqu'il ne fût encore qu'un adolescent; peu de mois après, il fut reçu à l'École polytechnique, et, trois ans plus tard, il combattait à Wagram à côté de son père.
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