CÉCILE
l'eignaieat des sentiments que l'art ne peut décrire , Et qui de son récit jaillissaient au hasard.
Elle avait une sœur, vierge candide et pure, Qui tenait plus de Dieu q^e dé la créature, Ange qu'à sou amour ravit un prompt trépas, Qui glissa sur la terre et qui n'y toucha pas. Jamais esprit plus pur, jamais Tormcs plus belles ; Elle avait tout d'un ange , âme et corps, moins les ailes. Les ailes qu'en venant vers nous elle quilla Pour les reprendre aux deux lorsqu'elle y remonta- Elle est morte à quinze ans , dans une paix profonde , Avant d'avoir ouvert son ftme chaste au monde) Mortfi ne connaissant que le toit paternel , Que l'église des champs dont elle ornait i'autel , Que les pauvres venant recevoir lu dimanche L'aum6ne qui tombait de sa main frêle et blanche, Et qiie la croix de pierre , au coteau se penchant, Qui la voyait prier chaque soleil couchant.
Cécile, ce doux nom, ce nom plein d'harmonie D'une femme qui fut sainte par le génie, Qui , sentant dans son sein des art^ le noble feu, Y consumait son àme et Télcvait vers Dieu Dans des chanis qu'écoutait la terre recueillie ; Mais qu'elle dérobait au monde où tout s'oublie. Pour aller dans les lieux au Seigneur consacrés Épancher son génie en des hymnes sacrés; Cécile était son nom, et, comme sa patronne.
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CËCILK.
Kllc savait des chants pour Uieu, pour la Madone, Pour les saints du hameau qu'on ihAmait chaque mo Et quaud prés de l'autel elle élevait la voix, Aux accents échappés de cette Ame angélique.
Qui peignaient sa candeur dans un pieux cantique, Les naïfs habitants du village, à genoux, Disaient : « Un séraphin est venu parmi nous! •> tille rie savait pas que cette voix si belle Attirait tous les yeus et tous les cœurs vers elle ; Klle ne savait pas que son âme et son corps Avaient reçu du ciel de magiques trésors.
Et que dans les cités, en voyant lant de grâces, Les hommes épenlus auraient suivi ses traces. Apportant a ses pieds et richesse et grandeur Pour obtenir l'amour d'un ange de candeur; Mon, elle s'ignorait, et, simple jeune Tille, Pour elle l'univers était dans sa famille, Dans ce cercle borné qui suHit à nos jours Lorsque les passions n'en troublent pas le cours. Ainsi , comme lu source errante et diaphane Qui ceint de ses (lots purs le vallon de Servanne Sans refléter jamais la fange où la cité , Ainsi coulait sa vie, onde de pureté.
Un jour, prés du foyer qui chaque soir rassemble. Et l'aïeule, et la mère, et les deux sœurs ensemble , D'un tissu précieux nuançant les couleurs, Cécile sous ses doigts faisait natire des fleurs,
Et, les regards baissés, en guidant son aiguille, Rêveuse, elle écoutait discourir sa famille.
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Assise au coin du feu dans l'antique fauteuil. L'aïeule aux cheveux blancs disait avec orgueil Onnuient son noble époux , au passage d'un prince, Présidait les États de toute la province, Et comment, de son siège, il avait fièrement Réprimandé le prince au nom du parlement.
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