CÉCILE
H Ob! je fus, ce jour-là , reine de la Provence! Mats ma vie est finie et le trépas s'avance; Je n'ai plus, disait-elle, espoir dans l'avenir. Je ne vis désormais que par le souvenir. »
— • La mort I chassez bien loin cette pensée amère , S'écriait Hennette (Henriette, ma mère!} , Dans vos petits enfanls ne renaissez- vous pas? L'an passéj lorsqu'au bal vous suivîtes mes pas. Ne vous ai-je pas vue heureuse et rajeunie ?
Quand , pour ouvrir la fête offerte à son génie , Cet homme au\ traits hideux, mais à l'esprit si beau , Que vous nommez , je crois , comte de Mirabeau , Pour danser avec lui tout à coup m'a choisie , Chaque femme en devint pAle de jalousie; Vous seule me suiviez d'un regard triomphant Et partagiez l'orgueil de votre heureuse enfant. • Et l'aïeule charmée embrassait Henriette , Dont l'âme s'éveillait innocente et coquette , Et qui brodait, rieuse, une robe de bal , Rêvant fête et succès dans son cœur virginal .
Cécile . à cdté d'elle , écoutait sans comprendre Les projets d'un plaisir qu'elle n'eût osé prendre ; Le monde était pour elle encore sans douceur : Lorsque dans une fête on conduisait sa s<eur. Résistant aux désirs mondains de son aïeule , Aux champs, près de sa mère, elle demeurait seule,
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