‹ Historiettes moralesChapitre 27 sur 28 · AB1ME DE VILLEMANE · texte numérisé non relu

AB1ME DE VILLEMANE

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ARIB DE ViLl,EMAKK

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qu'on remarque toujours entre les enfants jumeaux ; si leure traits étaient les mêmes , l'expression en différait tellement qu'elle en faisait oublier la ressemblance, Sabine avait un esprit énergique, une imagination brillante , une instruction supérieure , un cœur qui sentait profondément , et qui, dans les luttes de la vie , devait toujours accepter le côté de la souffrance et de la grandeur. Marie était d'une nature timide et tendre, pleine de douceur et de passive bonté , créée pour un bonheur sans orage , pour une vie facile et heureuse qu'on lui faisait sans qu'elle s'en mêlât. L'une était faite pour le dévouement, l'autre pour la reconnaissance ; l'une aurait su combattre le malheur, l'autre y aurait cédé soumise et abattue.

Madame de Villemane, l'heureuse mère de Sabine et de Marie , était devenue veuve fort jeune ; elle avait consacré sa vie entière à ses filles, son seul amour , la seule passion qui lui restât. Seule elle voulait veiller sur ses filles; mais, dans son humilité maternelle , elle douta d'elle-même et craignit de ne pouvoir orner leur esprit de cette instruction facile et de ces talents d'agrément qiy ajoutent aux grâces naturelles des femmes. Elle alla séjourner à Paris pour diriger l'éducation de ses lilies, et, sous ses yeux, les maîtres les plus

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habiles donnèrent un brillant développement à ces jeunes intelligences.

Aussi, quand madame de Villemane revint en Provence , toute la petite ville qu'elle habitait s'émut d'admiration à la vue de ses charmantes filles, et l'on vit bientôt s'empresser auprès d'elles les jeunes gens de haut rang qui songeaient à se marier. Les demoiselles de Villemane avaient ce qu'on appelle encore en province une belle fortune : cent mille francs en dot et cinquante mille francs de plus après la mort de leur mère ; elles jouissaient ainsi dans la maison maternelle d'un revenu de quinze mille francs , revenu regardé comme très beau dans une petite ville. Ces quinze mille francs étaient le produit annuel d'une ferme de modeste apparence , mais entourée de riches et vastes terres plantées d'oliviers. A la place de cette ferme on voyait autrefois le château de Villemane ; la révolution l'avait rasé, etle père de Sabine et de Marie avait pensé sagement qu'il lui convenait mieux de faire valoir ses terres, qui étaient d'un revenu assuré , que de reconstruire par vanité une habitation qui ne produirait rien.

Madame de Villemane songeait à marier ses flUes, et déjà , dans la ville , on regardait comme décidée l'union de Marie de Villemane avec Alfred de Bel-

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fond, bon et noble jeune homme qui convenait en tous points à la douce jeune fille , décidée par le choix de sa mère, heureuse de pressentir qu'elle serait aimée , et s'abandonnant confiante à toutes les émotions qui précèdent le bonhenr.

Marie était depuis quelques jours la fiancée d'Alfred de Belfond. Au ba! donné par M. Brunn, elle dansait, rieuse et tendre, avec, lui, et lui parlait à mi-voix sans qu'on y trouvât rien à dire ; car on savait que ces deux jeunes gens , si beaux , si naturellement heureux, n'auraient bientôt plus qu'une même destinée et qu'un même nom. Madame de Villemane aurait voulu marier Sabine le même jour que Marie ; ellç avait pensé pour elle au comte d'Urène, héritier d'un des plus grands noms de la Provence, plein d'esprit et d'imagination, et qui saurait apprécier, pensait^elle , l'intelligence éclairée et l'âme noble de Sabine ; mais la jeune fille , pleine de défiance dans l'attente du bonheur, comme tous les cœurs qui sentent profondément et qui demandent trop à la vie, ne céda pas aussi vite que sa sœur au désir de sa mère. Elle avait appris que le comte d'Urène, avant de la demander en mariage, s'était enquis de sa dot, et la pensée que, elle si fière, si désintéressée dans ses sentiments , elle aurait pu être marchan-

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dée, l'avait blessée vivement; mais depuis que le comte l'avait vue, il s'était efforcé, par. son empressement et seS' soins respectueux, par toutes les grâces d'un esprit supérieur, d'effacea" une impression défavorable, et, à son insu, Sabine avait insensiblement cédé au bonheur de se croire aimée par un homme doué d'une vive intelligence , qui avait vite et habilement compris la nature de cette noble jeune fille, et était parvenu à paraître auprès d'elle un homme de cœur. Le comte d'Urène avait une physionomie mobile et aussi expressive pour le mensonge que pour la vérité. Sabine se crutsincèrement aimée, eten ceci nousn'accuseronspîis son esprit d'avoir étéen défaut, car la véritable grandeur, la plus incontestable supériorité" morale , ce n'est pas de douter du bien , c'est d'y croire parce qu'on le sent en soi. Elle se crut donc aimée, et elle embrassa ardemment ce rêve, elle qui d'abord l'avait repoussé ; elle y crut lentement, mais elle y crut enfin avec toute la vivacité de son âme , et le soir de cette fête , tandis que sa sœur se montrait naïvement heureuse aux yeux de tous , Sabine dérobait son bonheur aux regards , mais elle était heureuse aussi. Jamais le comte d'Urène n'avait été plus aimable , plus naturellement bon et spirituel. 11 avait dissipé les

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derniers doutes de Sabine , car ce soir-là , en la voyant si belle, si supérieure aux autres femmes, il la pressa, avec un entraînement qu'il ressentait en effet, de confirmer le consentement qu'il avait obtenu de sa mère. Sabine , pleine de foi en cet amour qu'elle partageait, consentit d'un regard et dit avec émotion :

— Demain on signe le contrat de mariage de ma sœur, venez assister à celte fête de famille.

— On y signera aussi ie nôtre! s'écria avec amour le comte d'Urène.

— J'y consens, dit Sabine sans hésiter, car je crois que vous m'aimez.

Et ce bal , qui d'abord s'offrait à son imagination comme un plaisir vague , devint une fête de bonheur. Elle cueillit les blanches fleurs de l'oranger aux vases qui ornaient les salles , et , sans parler , elle en partagea avec celui qu'elle aimait une branche dont ils gardèrent chacun la moitié ; puis , échappant au bonheur pour en savourer l'image , elle se réfugia dans les bras de sa mère et lui dit en pleurant :

— Je suis heureuse, heureuse comme Marie.

Sa mère la comprit, et rayonnante elle sortit du

btd avec ses deux filles. En descendant le vaste escalier, elle les pressa sur son cœur en pleurant

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de joie. Aucune pensée pénible ne vint troubler le cœur des jeunes filles; elles s'endorroireut , après avoir épuisé ces pures et intimes confidences qu'elles avaient à se faire , et l'image du lendemain passa dans leurs rêves comme iwur leur faire pressentir des joies inconnues. Au réveil, elles parlèrent encore de leur amour, elles échangèrent encore leurs touchantes et naïves pensées, puis elles sentirent le besoin d'aller répéter à leur mère ce qu'elles s'étaient dit entre elles.

Elles éprouvèrent une triste surprise en ne trouvant pas madame de Villemane dans sa chambre.

— Madame est partie pour la ferme au point du jour, répondit une vieille gouvernante à leurs inquiètes questions.

— Ma mère est à la ferme par ce temps si froid ! s'écria Sabine.

— C'est justement cette terrible gelée qui l'a fait partir, répondit la gouvernante. On craint que le froid de cette nuit ait tué les oliviers, et madame votre mère a voulu s'assurer de la vérité.

— Je vais la rejoindre , dit vivement Sabine ; reste, Marie , ta présence est nécessaire ici.

Et , sans écouter les objections de sa sœur, elle

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disparut et se lit conduire à !a ferme , située dans les environs de ***.

Elle trouva sa mère dans les champs dévastés par le froid: elle explorait courageusement, avec les cultivateurs les plus expérimentés , ces beaux vergers d'oliviers , hier encore si pleins de sève et de vie, aujourd'hui desséchés, tués par la gelée; car le malheur était réel : une nuit avait suffi pour anéantir les revenus de madame de Villemane et de ses filles. A l'air morne et désespéréde sa mère, Sabine devina toute l'étendue de cette perte ; elle savait qu'après une mortalité d'oliviers les propriétaires ne peuvent espérer avant dix ans aucun revenu de leurs terres ; elle comprit que sa sœur et elle n'avaient plus de dot , et qu'à la perte de leur fortune viendrait se joindre la perte de leur bonheur; mais elle cacha sa douleur pour ne pas augmenter celle de sa mère.'

En voyant son courage et sa résignation, madame de Villemane regarda sa fille avec une tendresse mêlée d'admiration, et, comme pour demander courage à cette âme plus forte que la sienne :

— .Que faire ? dit-elle avec abattement et en versant des larmes.

— Pxrire à l'instant, répondit Sabine, au no-

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taire qui devait passer ce soir notre contrat de mariage , lui déclarer que nous sommes ruinées , lui dire d'en répandre la nouvelle dans la ville, de la faire parvenir au comte d'Urène et au fiancé de ma sœur, et attendre leiu* décision. Si le changement de notre fortune les éloigne de nous, nous n'aurons pas à les regretter, ma mère , et nous saurons, pour lutter contre le sort, mettre à profit les talents que vous nous avez donnés. Si, au contraire, ils nous aiment assez pour nous épouser sans dot, oh! alors, vous le sentez bien, ma mère, nous serons plus heureuses qu'hier.

Et la noble jeune fille écrivit elle-même à l'homme d'afiàires de sa mère les détails du désastre qui les ruinait. La nouvelle s'en répandit bientôt dans la ville, et, quand madame deVillemane et sa fdle y arrivèrent , tout le monde en était instruit. Marie se jeta dans les bras de sa mère et de sa sœur, mais ce fut sans douleur.

— 11 n'est pas changé, s'écria-t-elle rayonnante; il est venu me le dire lui-même, et ce soir, ma mère, il veut signer le contrat, comme c'était décidé.

— Je le savais , dit madame de Villemane; Alfred de Belfond est un noble jeune homme!

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soi SABINE DP, VILLEMANE.

— Et lui, n'a-t-il pas paru? demanda Sabine d'une voix tremblante.

Le silence que garda sa sœur lui fit comprendre que le comte d'Urène ne s'était pas présenté ; elle pâlit, mais rien ne trahit l'amertume de ses pensées.

Le soir, à l'heure où l'on devait signer le contrat de mariage des deux sœurs, Alfred de Belfond, le fiancé de Marie, arriva avec sa famille. Il était heureux comme un homme qui fait une bonne action. Tous les parents, tous les amis étaient rassemblés ; mais le comte d'Urène, le fiancé de Sabine, n'arrivait pas. Madame de Villemane regardait sa fille avec une sorte d'efl'roi. Sabine restait morne et silencieuse en face du bonheur de sa sœur et paraissait absorbée dans une méditation accablante. Sa mère voulut la rappeler à ce qui se passait autour d'elle par des paroles affectueuses, mais elle ne répondit point. On essaya de l'éloigner pour lui épargner le spectacle de la félicité de sa sœur; elle ne parut pas comprendre; mais lorsqu'on fit la lecture du contrat de Marie , au moment où les jeunes époux allaient y apposer leur signature, Sabine se leva :

— Moi aussi, dit-elle, j'ai ce soir un contrat à signer; attendez-moi, mon absence ne sera pas longue.

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Et elle s'élauça pour sortir; sa mère se précipita sur ses pas.

— Où vas-tu, ma pauvre enfant? s'écria-t-elle avec désespoir; la douleur te fait oublier l'orgueil qui doit soutenir notre infortune.

— Oh I ma laère, dit la jeune fille d'un ton douloureux, vous ne me devinez pas? laissez-moi accomplir mon dessein.

Et , se dégageant des bras de sa mère , elle franchit l'escalier et sortit.

On entoura madame de Villemane , elle ne put suivre sa fille ; on envoya à la recherche d^ Sabine, et chacun demeurait dans l'attente et l'anxiété, lorsque tout à coup elle reparut , non plus triste , abattue, mais le regard inspiré, le visage rayonnant d'exaltation, et plus belle du reflet de ses nobles pensées.

— Ma mère, dit-elle d'une voix ferme, j'ai aussi un contrat à passer; permettez-moi d'en finir avant ma sœur ; la personne qui doit le signer avec moi est là, dans la salle à côté; je vais lui dire d'entrer.

— Quoi ! le comte d'Urène? murmurèrent quelques voix.

Sabine jeta autour d'elle un regard plein de fierté , puis elle sortit , et après quelques minutes

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elle rentra dans le salon avec M. Brunn. Ce fut un mouvement de surprise générale ; personne ne devinait ce qui allait se passer.

— Écrivez, dit Sabine au notaire d'un ton d'autorité :

« Entre les soussignés, M. Brunn, négociant à » New- York, et mademoiselle Sabine de Villemane, " a été convenu ce qui suit : mademoiselle de Ville- » mane s'engage à demeurer dis ans dans la maison » de M. Brunn , en qualité d'institutrice de ses fil- >• les , dont l'éducation lui est confiée dès ce jour,

- et M. Bi;unn s'engage , de son côté , à payer à ma- » demoiselle de Villemane une pension annuelle de " douze mille francs. "

— Et maintenant , dit-elle au notaire , ajoutez . ce que je vais dicter au contrat de ma sœur ;

> Je désire que ma bien-aimée Marie accepte ■ comme souvenir de moi une pension de cinq mille » francs , qui remplacera le revenu de la dot qu'une » nuit de désastre lui a fait perdre. Que ma bonne

- mère me donne la même preuve d'affection , les " deux mille francs qui me resteront suffiront à mes «besoins. «

— Ma fUle ! s'écria madame de Villemane tout en larmes, j'ai pu supporter la perte de ma fortune; mais si je te perdais, je mourrais!

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— Eh! puis-je vivre ici? lui dit tout bas la noble fiHe;vous oubliez donc qu'il n'est plus, de repos pour moi que dans l'éloignement et l'oubli î C'est trop de douleur, o ma mère! n'ébranlez pas ma résolution.

Et, pleine de force d'âme, elle signa son engagement avec M. Brunn et l'acte de la donation qu'elle faisait à sa mère et à sa sœur; puis, comme épuisée par tant d'émotions , elle tomba sans connaissance. Quand elle revint à elle, elle avait enseveli sa profonde douleur , elle était calme et inébranlabtement affermie dans sa 'résolution. Elle passa quelques jours encore auprès de sa mère ; elle fut témoin du bonheur de sa seeur , et se rappela tristement cette dernière nuit de bal où le même bonheur lui était promis ; mais elle ne montra pas un regret pour ses illusions perdues. Elle ne revit plus le comte d'Urène et ne prononça jamais son nom. Elle présenta son absence à sa mère comme une nécessité.

— Ici, disait-elle, j'aurais troublé par ma présence le bonheur de ma sœur et votre repos; làbas je vivrai pour vous dans l'espérance de vous revoir un jour. Je reviendrai, ajoutait-elle en souriant tristement, quand je serai vieille fille, et alors je serai l'institutrice des enfants de ma sœur.

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SOS SABINF. DE VILLEMANF..

Ce fut ainsi. Elle partit, et durant dix ans elle vécut d'une vie de dévouement et de labeurs sur cette terre d'Amérique , où tout lui était étranger. — Elle vit s'épuiser tristement sa jeunesse, sentant au coeiu* cette blessure toujours saignante d'un amour brusquement détrompé, d'une illusion arrachée sans pitié, perdue sans espoir. Ce qui répandait un peu de calme sur ses souffrances, c'était la pensée du bonheur de sa sœur et de la vie tranquille et honorable qu'elle avait assurée à sa mère par son sacrifice. Le temps n'effaça pas les tristes'souveuirs de son âme , mais il se mêla à sa tristesse une gravité douce et ferme à la fois. M. Brunn ne pouvait pas comprendre toute la sujïériorité d'esprit de mademoiselle de Villemane , mais il sut apprécier ia bonté de son cœur et sa grandeur d'âme , et, lorsqu'elle eut terminé l'éducation de ses filles, il lui offrit avec respect de devenir leur mère et de partager sa fortune et son nom. Sabine refusa. lSop engagement était rempli : elle voulait revoir sa mère et sa sœur. Après dix ans de lutte, de privation, de travail; après les dix plus belles années de sa vie si tristement dépouillées des joies de la famille , des charmes de la patrie , de toutes ces vives illusions du cœur si hâtivement étouffées pour elle; après ces

SABlIiF. DE VILLEMANF,. SOO

dix ans passés dans l'isolement de l'âme, le plus cmei de tous, elle revint parmi les siens et fut bénie comme une providence qu'on respecte et qu'on aime. Elle acheva ses jours en vivant pour autrui et en cherchant à s'oublier elle-même pour

ne pas trop souffrir. Combien de nobles et jeunes vies se traînent ainsi! combien d'âmes faites pour sentir et donner le bonheur auxquelles le bonheur a failli ! combien de cœurs dont tes sentiments sont refoulés! combien, dans ces jeunes femmes

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SIO SABINE DE VILLEHANt.

d'élite, dans ces institutrices pai' dévouement, de vives intelligences, d'esprits supérieurs, de talents vrais asservis à cette difficile carrière qu'elles suivent honorablement , pleines de foi et de vertu, et cachant au monde les qualités brillantes auxquelles le monde aurait applaudi !

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