‹ Historique des courses de chevaux de l'antiquité à ce jourChapitre 101 sur 202 · CHAPITRE LXXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIll

Liane, Riposte, Babillarde, Champignol, Champaubert, Arreau. — Omnium II, Le Sagittaire et Le Justicier (suite). — Prix de Longchamp, à Deauville. — Mort de M. C.-J. Lefèvre. — La Starting-gate. — Installation de M. W.-K. Vanderbilt à Villebon. — Vente de l'écurie de -M. Maurice Ephrussi. — Importation de Sijnonian. — Persimmon. — Décret du 24 novembre.

Si M. Maurice de Gheest remporta, cette année-là, le prix de Diane avec sa pouliche Liane (Gournay et L'Étoile), ce fut bien malgré lui. Il l'avait, en effet, réformée à l'âge de deux ans, mais l'acquéreur, après réflexion, la lui avait rendue!

Elle l'emporta facilement sur la grande favorite Riposte (Grandmaster et Riante), à M. A. Fould, qui venait d'enlever le prix Noailles (ex-prix du Nabob) et la Poule d'Essai, et qui devait, par la suite, gagner le Grand Prix de Deauville.

Presque aussi heureux que M. de Gheest, le vicomte Foy cueillit le prix Delâtre avec Babillarde (Sansonnet et Bar Maid), qu'il avait réclamée par 6666 fr. 65, à l' arrière-saison, après une petite victoire à Maisons-Laffitte.

Quant à la triomphatrice de l'automne, Héro, nous avons dit qu'elle ne tint pas ce que ses brillantes performances permettaient d'espérer, et il lui fallut attendre au prix de Flore pour remporter un nouveau succès.

Une fois de plus un accidentée course donna le Grand Prix à un outsider au détriment du bon cheval et, comme l'année précédente, avec Andrée, M. Ed. Blanc en fut encore l'heureux bénéficiaire.

Vainqueur du prix Lagrange et de la Grande Poule, Champignol (Le Sancy et Ghopine), partit favori dans le prix du Jockey-Club, où il fut battu de 3/4 de longueur par Champaubert , ex-Tt«w5X(Little-

Diick et Tantrip), à M. A. Abeille, qui avait déjà à son actif les prix Daru et de rEspérance.

Les deux poulains se rencontrèrent à nouveau dans le Grand Prix, où, comme à Chantilly, les préférences du ring se portèrent sur Champignol plutôt que sur Champaubert, et, comme précédemment, le poulain de M. Abeille eut raison de celui de M. Prat, qui ne fut pas même placé. Mais Champaubert, qui avait pris un dernier tournant très large et perdu de ce fait pas mal de terrain, fut surpris, dans les dernières foulées, et battu d'une demi-longueur par Arreau, que Barlen avait très adroitement glissé à la corde. Champaubert èidM monté par Boon, excellent jockey d'obstacles, qui l'avait très heureusement piloté dans le Derby, mais qui manqua de décision en la circonstance, en ne filant pas assez franchement au poteau.

Arreau (Clover et Astra), avait gagné précédemme^nt le Biennal et la Poule d'Essai sur Le Basilic, qui, lui aussi, s'était dérobé au dernier tournant; il avait fini ensuite mauvais troisième dans le prix Lupin et n'avait pas été placé dans le prix du Jockey-Club, où il avait fait le jeu pour son camarade Trébons. Il en resta là de ses succès, ne figura pas dans le Royal-Oak, que remporta Champaubert, et, à la fin de l'année, il s'en fut remplacer, au haras de Saint- James, chez M. J. Stern, l'étalon Fitz-Roya, qui venait de mourir d'une paralysie des reins (1).

A côté de ces premiers sujets. Indus, à M. H. Ridgvvay, ne vaut d'être cité, qu'en raison du singulier accident dont il fut victime dans le prix de la Reine Marguerite. Il venait de l'emporter dans un canter quand, quelques mètres après le poteau, il tomba raide mort de la rupture d'un vaisseau.

Marly, à M. E. Blanc, qui avait fait illusion de crack, à deux ans, et qui souffrait d'une maladie de cœur, mourut de la même façon.

Omnium II, Le Sagittaire et Le Justicier poursuivent le cours do leurs succès, le cheval de M. de Saint-Alary confirmant sa supériorité sur les deux représentants du baron de Schickler.

Le prix Boïard, notamment, qui réunit l'élite des quatre ans, fut une des plus belles courses de l'année, bien que, pour la première fois, aucun trois ans n'eût osé se mettre en ligne. Après une lutte superbe, Omnium II l'emporta d'une encolure sur Le Justicier, que Le Sagittaire suivait à une demi-longueur; non placés, Launaij. Quélus et Merlin, dont ce fut la dernière sortie (2).

(l ) En même temps que Fitz-Roya., venait de mourir Camby~e, qui sera le père de Codoman et de Garde/eu.

(2) Après une victoire facile dans le prix de Lutèce, sur un lot de comparses Merlin n'avait pu rendre 5 livre? k Satan, dans le prix de la Seine, et il n'avait pas existé, dans le prix des Sablons, contre Le Sagittaire et Launay.

Omnium II avait déjà remporté le prix du Cadran, par une encolure, sur Le Sagittaire y et le prix Rainbow. Dans le prix de Dangu, Bombon, qui n'en recevait cependant que sept livres — écart de poids insuffisant pour compenser la différence de classe — lui infligea une défaite ridiculement aisée, et, par cela même, absolument fausse, ainsi que l'atteste la victoire, non moins facile que, quelques jours plus tard, Le Justicier remportait dans le prix d'Escoville, sur ce même Bombon. Second à Ascot, dans le Gold Gup, puis dans l'Alexandra Plate, Omnium II inscrit trois magnifiques victoires à son actif, avec les prix du Prince d'Orange, du Conseil Municipal et Gladiateur, et il prend ses quartiers d'hiver, après une tentative infructueuse sous le top weight de 62 kilos, dans le Cambridgeshire, dont la distance n'était nullement dans ses aptitudes.

Les deux ans qui attirent le plus l'attention sont Boxelane, Palmiste, Chambertin, Castebiau, Quilda, Indian Chief et Général Albert.

Signalons une heureuse modification apportée au prix de Longchamp à Deauville, qui cesse d'être une course à surcharges et décharges pour devenir un prix à poids pour âge. C'est la seule épreuve importante de ce genre que nous ayons encore avec le prix Boïard, à Maisons-Laffitte,

M. C.-J. Lefèvre mourut à la fin de juin, dans Tappartement même où était mort le comte de Lagrange, 2, rue du Cirque, succombant, comme lui, à une attaque de goutte.

Vers 1850, il avait commencé à tâter des courses avec quelques chevaux qu'il avait confiés à T.-R. Carter. Puis de grosses affaires financières à l'étranger l'avaient tenu éloigné du turf jusqu'en 1870, où, à la liquidation de l'écurie Lagrange, il avait racheté la majeure partie des chevaux mis aux enchères et s'était assuré pour trois ans la production de^Dangu. Sous le pseudonyme de « T. Lombard », il avait alors fait courir en Angleterre, avec Tom Jennings comme entraîneur, puis en France, sous celui de « Haras de Chaînant », — ■ du nom du domaine qu'il venait d'acheter, près de Senlis, et dont il avait fait un établissement d'élevage et d'entraînement unique en son genre, — puis sous son propre nom. Il entretint à Chaînant une cavalerie formidable, que dirigèrent successivement Weatherell, G. Cunnington, R. Carter junior et R. Denman, aujourd'hui chez M. E. Blanc, à La Fouilleuse.

De 1871 à 1890, époque à laquelle il renonça aux choses du sport, il avait gagné, tant en France qu'en Angleterre, seul ou en association

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