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CHAPITRE LXXIV

Modification à l'institution des Commissaires de la Société d'Encouragement. — ■ Première victoire de l'écurie W.-K. Vanderbilt. — Palmiste, Doge, Roxelane, Castelnau, Quilda, Masqué. — Champaubert, Elf, Winkfield's Pride (suite). — • Prix Vermeille. — Liquidation de l'écurie de M. H. Ridgway. —- Mort du baron de Soubeyran et de J. Hudson. — Les Tables d'Hermann Gooz.

La Société d'Encouragement décide qu'à l'avenir les Commissaires ne pourront rester plus de trois années consécutives en fonctions.

La casaque blanche à brassards noirs de M. W.-K. Vanderbilt remporte sa première victoire avec Malborougk (Stuart et Albania), dans le petit prix de Lessard-le-Chêne, à Maisons-Laffitte.

On sait de quels succès retentissants ce modeste début devait être suivi.

Les principaux protagonistes de l'année sont Pahniste, Doge et Roxelane.

Palmiste (Le Sancy et Perplexité), au baron de Schickler, n'avait succombé que d'une tête, pour ses débuts, contre Roxelane, dans le Grand Critérium; favori du Critérium International, il avait perdu la course dès le départ, après de violentes incartades causées par le mal de dents dont il souffrait. Pour sa rentrée, il avait enlevé d'une tête le prix Greffulhe, à Chambertin, puis, d'une encolure, le prix Lupin, à Indian Chiej. Second favori, à 5/1, dans le prix du Jockey- Club, il l'emporta de deux longueurs et demie, sur Doge et Flacon, dead-heat pour la deuxième place. Dans le Grand Prix, il allait encore fort librement quand, à l'entrée de la ligne droite, il tombait boiteux ,

On put croire alors que la favorite Roxelane (War Dance et Rose of York), à M. Gaillault, était maîtresse de la partie. Elle provenait de l'élevage de M. Maurice Ephrussi et n'avait pas encore connu la défaite, ayant. successivement remporté, à deux ans, les prix du Premier Pas, La Rochette, et le Grand Critérium, et, cette année, la Poule d'Essai et le prix de Diane, où elle s'était littéralement promenée. Dans le Grand Prix, elle entrait la première dans la ligne droite, et filait résolument au poteau quand, à la hauteur des tribunes, Dodge amenait Doge dans un rush foudroyant, et la battait d'une demi-longueur.

Il ne sembla pas que Tom Lane, qui avait cependant triomphé tant de fois dans le Grand Prix, eût monté sur Roxelane une de ses meilleures courses et, s'il fit preuve de toute l'énergie désirable dans la lutte finale, on put lui reprocher d'être venu trop tôt. Sans doute avait-il perdu quelque peu de sa maîtrise, durant la longue inaction à laquelle l'avait condamné la Société d'Encouragment, qui venait seulement de lui rendre sa licence, après une suspension de trois années.

Roxelane ne retrouva plus sa brillante forme, et, pas plus dans le prix de Flore que dans le prix Vermeille, elle ne put rendre quelques livres aux rivales qu'elle avait semées au printemps.

Doge (Fricandeau et Dogaresse), à M. J. Arnaud, ne s'était révélé que dans le prix du Jockey-Club. Jusque-là, il n'avait couru que deux fois : d'abord pour prendre la seconde place, à trois longueurs d'Indian Chief, à M. H. Say, dans la Poule d'Essai, puis, pour gagner le petit prix du Trocadéro. Il fut retiré de l'entraînement après sa fructueuse victoire du Grand Prix.

Après ces chefs de file on peut rappeler les noms de Flacon (prix Noailles et La Rochette); — Chambertin (Saint-Léger et Royal- Oak); — Coniorn (Delâtre, Derby de l'Ouest, à Nantes, et prix de Seine-et-Marne); — et Caudeyran (prix Lagrange et des Acacias).

Castelnau (prix de Vincennes, de Guiche et Boïard), était un réformé de l'écurie E. Blanc. Acheté 14.000 francs par le comte Cornude à la vente des yearlings de Jardy, ce fiîs de Révérend et Carmélite avait été remis plus tard aux enchères et payé 6.000 francs par M. de Saint-Alary, pour qui il avait déjà remporté, à deux ans, le Critérium de Vincennes et le prix de la Forêt. Favori du prix du Jockey-Club, il n'y joua aucun rôle et en resta là de ses succès.

Quilda (Gamin et Quickthought), à M. Menier, avait couru cinq fois à deux ans et remporté un petit prix. Elle parut treize fois sur le turf à trois ans, pour gagner quatre courses, dont le prix Daru et le prix de Flore. C'est surtout l'année suivante qu'elle trouva sa véritable forme.

Masqué, ex Valentin (Tyrant et Maskery), à M. Chéri R. Halbroun, court 10 fois pour remporter 3 courses, dont l'Ascot Handicap de 50.000 francs; il fut acheté à la fm de la saison par M. E. Blanc.

Sur 16 courses dans lesquels il se présente, Chainpaubtn en enlève 8 et 5 places (prix des Sablons, Hédouville, Dangu,Ispahan, La Jonchère, du Pin). Il n'avait pas été placé dans le prix Boïard, le prix du Conseil Municipal, — où il rendait respectivement 12 et 27 livres aux deux premiers, — et le prix de la Forêt, et avait été battu, au début de la saison, dans le prix Rainbow, par Elf.

Elf (Upas et Analogy) provenait de l'élevage du comte de Berteux. Il avait été payé, à deux ans, 7.000 francs par M. de Mézailles, qui l'avait rétrocédé à M. J. Khan, lequel, après l'avoir essayé sans succès en plat, l'avait mis en haies, où il n'avait pas fait mieux. A la fin de sa troisième année, M. Khan avait été trop heureux do le céder, pour un prix modeste, à M. J. de Brémond, qui s'aperçut que le poulain souffrait des dents, alors qu'on le croyait atteint d'entérite, et qu'il dépérissait tout simplement du régime auquel il était soumis. Il ne tarda pas à le prouver en gagnant, à peu de temps de là, le prix d'Enghien, à Chantilly, sur 3.000 mètres, donnant ainsi les premières marques de son aptitude à tenir la distance.

A quatre ans, il enleva 4 courses dont la Coupe, le Rainbow et le Gladiateur, trois épreuves qu'il devait remporter à nouveau l'année suivante. Il échoua dans les prix du Prince d'Orange et du Conseil Municipal, manifestement trop courts pour lui.

Quant à Omnium II, on regretta que M. de Saint-Alary ne lui eût pas accordé le repos auquel il avait droit. Il courut cinq fois, hors de toute forme, et ce fut grande tristesse vraiment de voir ce vaillant lutteur se faire battre par ceux-là mêmes dont il avait toujours triomphé. Quand la condition d'un cheval est absente, à quoi sert sa qualité? Omnium II montra la même résistance, le même courage, mais ses moyens trahissaient chaque fois sa bonne volonté. C'est aux propriétaires et aux entraîneurs à avoir souci de la renommée de leurs cracks, et à ne pas les exposer à des exhibitions pénibles.

Le Justicier avait été vendu par le baron de Schickkr à l'Allemagne.

WinkfielcVs Pride (Winkfield et Alimony) s'était litt^^ralement promené dans le prix du Conseil Municipal. Il avait quatre ans •et ne portait que 58 kilogrammes.

Les lauréats, parmi les jeunes, sont Washington, Cazi\t-at, Royal Mint, Cambridge, Volnay et Le Roi Soleil.

En avril, M. H. Ridgway avait liquidé son écurie de courses. Les vingt-trois chevaux qui la composaient réalisèrent 436.400 francs. Canvass Rack, qui venait de gagner le prix Hocquait, fut payé 51.000 francs par M. J. Lebaudy, et Coq, propre frère Je Courlis, 76.000 francs par le comte Boni de Castellane.

Aucun d'eux ne justifia ces prix élevés.

Parmi les yearlings qui passèrent en vente, à Deauville, on relève — provenant du haras du Gazon, à M. Maurice Ephrussi — les noms ■de Penh, payé 27.500 francs, par M. Caillault, et Sésara, 28.000 fr. par M. A. Menier.

Une épreuve importante date de J897, le prix yermcille (40.000 fr., 2.400 mètres, G. P.), pour pouliches de trois ans, poids 54 kilos avec surcharge de 3 kil. 1/2 pour la gagnante, dans l'année, d'un prix de 20.000 francs. Les engagements se font à l'issue de la campagne, de deux ans.

C'était comme une contre-épreuve, à l'automne, du prix de Flore, qui se dispute une quinzaine de jours plus tôt, à Maisons-Laffitte,

Les Sociétés de courses entraient de plus en plus dans la voie qui consiste à réserver aux pouliches des occasions de se rencontrer entre elles, sans avoir à lutter contre les mâles, leur évitant ainsi des -efforts dont peut se ressentir leur carrière de reproductrices.

Le baron de Soubeyran était mort au mois de février. Ancien associé d'Edouard Fould, puis du duc de Castries, il avait, au décès 4e celui-ci, en 1886, reconstitué l'écurie sous son propre nom, avec le vicomte d'Harcourt et le comte Hallez-Claparède.

En 1890, l'association fut dissoute : il conserva Frontin et Little- Duck pour son élevage d'Albian, près de Jouy-en-Josas, tandis que Silvio et Saint- Léon demeuraient chez le vicomte d'Harcourt, à Saint-Georges (Allier).

Il fit courir seul jusqu'en 1894, époque où il liquida définitivement, <;omme nous l'avons vu, son écurie et son haras,

J. Hudson mourut à la fin de l'année, à l'âge de 47 ans. Ce fut le meilleur jockey de son époque. Il avait monté principalement pour M. A. Lupin et le comte de Lagrange, puis pour M. E. Blanc. Il se trouvait en selle sur Saint- Christophe et Nubienne, quand ils remportèrent le Grand Prix.

Nous l'avons vu préférer constamment Saint- Cyr à Salvator, et avons raconté le terrible accident dont il fut victime à Chantilly, en 1880, et qui mit fin à sa carrière.

Pubhcation, en Allemagne, des Tables [Die Stamm- Militer des Engli-schen Vollblutpferdes, Alphabet isches Verzeichniss) de Hermann Oooz, corollaire de l'ouvrage de Bruce Lowe, dont nous avons parlé €n 1892.

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