chapitre: lxxix
Kizil-Kourgan, Retz, Maximum, La Loreley, Red Cedav, Exéma. — La Camargo, Codoman, Chéri et Amer Picon (suite). — Mort de The Bard et d'Enguerrande. — Importation de Childwick. — Marquis de Farges (Touchstone), J. Watts. — • Retrait de licence à de nombreux jockeys en France, en Angleterre et en Amérique. — Sceptre,veQ,ovà du prix de vente d'un yearling en Angleterre. — Demandes d'annulation de courses pour cause de mauvais départ. — • Propositions d'augmentation du taux des prélèvements sur les fonds du pari mutuel. — Championnat du Cheval d'armes.
L'héroïne de la campagne est Kizil-Kourgan (Omnium II et Kasbah), à M. E. de Saint-Alary, qui avait fini seconde, pour sa seule sortie à deux ans, dans le prix de la Forêt. Elle enlève successivement la Poule d'Essai, le prix Lupin, le prix de Diane (d'une tête à La Loreley) et le Grand Prix, qui donne lieu à une des arrivées les plus disputées qu'on eût vues depuis longtemps. Arizona, compagnon d'écurie de Kizil-Kourgan, avait mené jusqu'à l'entrée de la ligne droite, où il entrait le premier, suivi à^Retz, qui se détachait bientôt. On pouvait croire à sa victoire, quand Kizil-Kourgan et Maximum venaient l'attaquer. Après une lutte acharnée, la pouliche l'emportait d'une tête s^iv Retz et Ma^imi<m, dead-heat pour la seconde place.
Parmi les non-placés se trouvait la fameuse pouliche anglaise Sceptre, dont nous parlons plus loin.
Kizil-Kourgan ne reparut que dans le prix de Flore, où elle ne put rendre 8 livres à La Loreley, qui l'avait approchée de si près au printemps.
Retz (Le Hardy et Betrouw), à M. C. Blanc, avait couru quatre fois, à deux ans, pour remporter deux courses, dont le Grand Critérium de Nice, sur un lot des plus médiocres. Vainqueur du prix de Guiche, de la Poule d'Essai, des prix de Fontainebleau et du Jockey-Club, où Maximum ne figure pas, il partage ensuite avec lui la seconde place dans le Grand Prix, à une tête de Kizil-
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Kourgan. A l'automne, nous le trouvons premier dans le prix de Villebon, second à une tête de La Camargo, dans le prix du Prince d'Orange (précédant Maximum, à qui il rend 6 livres), troisième derrière Eunice et Quand-Même, dans le prix du Ranelagh, et non placé dans le prix de la Forêt.
Maximum (Chalet et Urgence) avait été payé 19.000 francs, à la vente des yearlings du haras de Lonray, par M. J. Hirschfeld, pour le compte de qui il remporta à deux ans, le petit prix de Nexon, à Longchamp, après quoi M. J. de Brémond le réclama pour 15.500 francs.
Nous venons de relater ses performances dans le prix du Jockey- Club et le Grand Prix, avant lesquels il avait enlevé les prix Hocquart et Grefîulhe. Il triompha ensuite, à Deauville, dans le prix de Longchamp et le Grand Prix; battit facilement Amer Picon, dans le prix de Chantilly; succomba contre La Camargo et Retz, qui lui rendait 6 livres, dans le prix du Prince d'Orange; et ne fut pas placé dans le prix du Conseil Municipal.
Après eux, on peut citer encore La Loreley, qui gagne trois courses dont les prix d'Amphitrite et de Flore; — Red Cedar, le Grand Prix du Cercle International de Vichy et trois autres épreuves; — Exéma, sept courses (prix du Prince de Galles, Ispahan, Monarque); — Fer, quatre courses (Royal-Oak).
La Camargo ne compte pas moins de sept victoires à son actif, s' élevant à plus de 300.000 francs. Battue par Codoman, dans le prix des Sablons, par ^mer Picon, dansleRainbow, et non placée dans la Coupe d'Or d'Ascot, elle enlève le Biennal, le Cadran, le La Rochette, le Grand Prix de Bade, les prix du Prince d'Orange, du Conseil Municipal et du Pin.
Après deux victoires dans le prix des Sablons et le prix Hédouville, Codoman tombe broken-down dans le Grand Prix de Bade, où le betting le préférait à La Camargo.
Chéri enlève le prix Boïard, ne figure pas dans le Cadran et, comme Perth, claque dans l'Ascot Gold Cup.
Amer Picon et son compagnon d'écurie Passaro confirment leurs qualités de stayers, en s' adjugeant, le premier, le Rainbow et le Gladiateur, le second, les prix de Satory, de Dangu et Jouvence.
Quatre victoires et une place de seconde sur cinq courses, tel est le bilan de Mireille, qui vient en tête des jeunes chevaux, suivie de sa camarade Reine Margot, de Vinicius, Caïus, Camisole, Alpha et Hébron.
A r étranger, indépendamment de la victoire de La Camargo, dans le Grand Prix de Bade, notre élevage triomphe encore avec
Mireille, dans le prix de l'Avenir, et Doriiie, dans le Prince of Wales. Reine Margot et Vinicius avaient pris les deux premières places dans le Grand Critérium d'Ostende, — et Lm^ro s'était offert le prix du Prince Amédée, à Turin.
La vieille Enguerrande (Vermout et Deliane), meurt, à l'âge de 29 ans, au haras du Perray, chez M. Gaston-Dreyfus, qui s'en était rendu acquéreur pour 8 .000 francs, à la vente de l'écurie Lupin, en 1 893 .
Elle avait partagé les Oaks, divec. Camélia, au comte de Lagrange, en 1876. Son rôle au haras fut effacé.
A noter aussi la mort de The Bard (Petrarch et Magdalena),que M. H. Say paya 275.000 francs, en 1887, à l'âge de 4 ans. Ses meilleurs produits furent Saxon et Tibère, qui s'étaienl signalés l'année précédente.
Childwick (Saint-Simon et Plaisanterie), né en 1890, est importé par M.E. Veil-Picard qui l'avait acheté 250.000 francs, à M. Blundell- Maple. Il jouera un rôle de premier ordre dans notre élevage. Après La Camargo, qui venait de le mettre en vedette, il donnera, en effet, des animaux comme Clyde, Négojol, Kenihvorth et autres, dont nous rencontrerons ultérieurement les noms.
Le marquis de Farges, ancien officier de cavalerie, mourut dans le courant de l'année. Sous le pseudonyme de Touchstone, il s'était fait un nom réputé comme écrivain sportif. Il est l'auteur de divers ouvrages appréciés sur les courses et l'élevage, dont le plus connu est Les Courses de chevaux en France et à VÉtranger, auquel nous sommes redevables de maints emprunts.
J. Watts, qui fut un des meilleurs jockeys anglais de son époque, mourut à Newmarket, où il s'était retiré depuis quelques années. En Angleterre, il avait gagné quatre Derby, quatre Oaks, deux Deux mille Guinées et cinq Saint-Léger. Moins heureux chez nous, où il était rare qu'il ne montât pas dans les grandes épreuves, il necomptait à son actif qu'un demi-succès dans le prix du Jockey- Club, avec Sycomore, lors de son dead-heat avec Upas,en 1886, et une victoire, dans le prix du Conseil Municipal, avec Winkfield's Pride,enlS91.
Les jockeys font beaucoup parler d'eux au cours de l'année 1902. En France, Rigby, Mac-Intyre, Milton Henry et J. Reiff se voient retirer leur licence.
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J . Reifî songe un instant à intenter un procès à la Société d'Encouragement, auquel il a le bon esprit de ne pas donner suite, cependant que Milton Henry attaque La Vie au Grand air, en 100.000 francs de dommages et intérêts, en raison de ses appréciations sur la peine disciplinaire qui l'avait frappé. Le journal est condamné à 1.000 francs d'amende et à six insertions du jugement.
En Angleterre, le Jockey-Club refuse de rendre la licence au fameux Tod Sloan, mais l'autorise à entraîner et à monter à l'exercice.
Enfin, en Amérique, aux courses de Charlestown, le jockey Kennedy est disqualifié, ainsi que le cheval qu'il montait, pour s'être servi d'éperons reliés par des fils électriques à une pile cachée dans sa poche/...
En Angleterre, Sceptre (Persimmon et Ornameni ), s'affirme comme une des meilleures juments de courses qu'on ait vues depuis longtemps.
Née au haras d'Eaton, chez le duc de Westminster, elle avait été vendue yearling, à la mort de celui-ci, et payée par M. R. Siever la somme de 262.200 francs, prix record que détenait jusqu'alors Childwick, avec 157.000 francs.
Après sa double victoire dans les Deux mille et Mille Guinées, son propriétaire en avait refusé la somme énorme de 875.000 francs. Grosse fut donc la déception du public lors de son échec dans le Derby, où, partie grande favorite, elle ne put prendre que la quatrième place. Elle fut plus heureuse dans les Oaks, qu'elle enleva sans lutte, mais elle échoua complètement dans le Grand Prix de Paris, comme nous l'avons dit. Ce n'était pas la tenue qui lui faisait défaut, cependant, car on la vit se promener, à l'automne, dans le Saint- Léger de Doncastei
Une seule pouliche, avant Sceptre, avait réalisé ce quadruple event des Mille et Deux mille Guinées, Oaks et Saint-Léger, Formosa, en 1862, encore partagea-t-elle les Deux mille Guinées avec Moslem.
Au début de sa quatrième année, Sceptre fut vendue 625.000 francs à M. Wilham Bass, pour qui elle remportera également de nombreuses victoires, dont les Hardwicke Stakes, à Ascot, les Duke of York Stakes, à Goodwood, les Jockey-Club et Champion Stakes, à Newmarket.
Les mauvais départs continuent à motiver l'intervention oiseuse — mais pacifique, cette fois, — du pubhc.
C'est ainsi que le favori Intérim, étant resté au poteau, dans le prix Juigné, à Longchamp, deux conseillers municipaux font une
démarche ridicule auprès des Commissaires, pour obtenir l'annulation de la course!
A leur exemple, quelques jours plus tard, à Saint-Cloud, une délégation de la pelouse vint formuler la même demande.
Quand donc le public comprendra-t-il qu'il n'est pas au pouvoir des Commissaires d'une société de courses d'annuler un départ, le starter étant seul juge de sa validité.
Si les conseillers municipaux se mêlent, aux courses, de choses qui ne les regardent pas, de leur côté, les députés semblent se faire une idée très fausse du but du pari mutuel, qui a été institué pour réglementer le jeu aux courses, et non pour satisfaire sans fin à leurs besoins électoraux.
Cela n'empêche pas un groupe d'entre eux de déposer sur le bureau de la Chambre une proposition de loi tendant à élever de 2 à 5 p. 100 les prélèvements sur le pari mutuel destinés à l'assistance pubhque,
La Chambre a la sagesse de ne pas y donner suite, mais elle prête une oreille plus attentive au sieur Lempereur, quand il demande de distraire 1 p. 100 sur les fonds provenant du pari mutuel, pourfournir en eau potable les localités qui en sont dépourvues.
Nous allons voir comment la Commission, à qui fut renvoyée cette proposition, comprit les mots « provenant du pari mutuel ».
Bien qu'il ne s'agisse pas de course à proprement parler, mais d'une épreuve purement militaire, destinée à faire valoir les qualités du cavaUer (science du dressage, connaissance du train et de la valeur du cheval, hardiesse sur les obstacles), signalons la création, par le ministère de la Guerre, du Championnat du Cheval d' Armes, qui comprend quatre épreuves:
10 parcours sur route, qui se termine sur l'hippodrome de Saint- Cloud;
20 présentation des cnevaux, à l'Ecole supérieure de Guerre;
3° épreuve de dressage, au Grand Palais;
40 épreuve finale de saut d'obstacles sur l'hippodrome d'Auteuil.
Comme toujours, qu'il s'agisse de raids sur route ou d'épreuves sur piste, les pur sang confirmeront leur supériorité.