CHAPITRE LXXX
Vote de la proposition Lempereur, portant à 8 p. 100 les prélèvements sur les fonds du pari mutuel. — Nomination de membres adjoints au Comité de la Société d'Encouragement. — • Suppression des prix du Gouvernement, en province. — ■ Le prix du Président de la République, à Maisons-Laffitte. — Qiio Vadis, Caïas, Vinicius, Ex-Voto, Alpha. — • Rose de Mai et le scandale du prix de Diane. — • La Camargo, Maximum, Amer Picon, Arizona (suite). — Mort de Le Pompon. — M^I. Edgard Clillois et le prince Soltykoff. — Retraite de M. H. Delamarre. — Rock Sand. — La question du doping.
Le 5 mars, la Chambre vote avec enthousiasme la proposition Lempereur. Mais, au lieu de distraire le 1 p. 100 demandé, des fonds provenant déjà du pari mutuel, elle décide que ce 1 p. 100 fera l'objet d'un prélèvement supplémentaire, ce qui porte à 8 p. 100 le total prélevé sur les sommes engagées au pari mutuel (1).
Le 29, le Sénat ratifiait cet amendement à la loi du 2 juin 1891.
Le 12 janvier, une décision ministérielle imposait d'office, au Comité de la Société d'Encouragement, six membres adjoints, pris
(l) Ce taux de 8 p- 100 est un pur trompe-rœil. Il ne serait que de 8 p. 100, en effet, si le prélèvement était opéré sur le bénéfice du joueur, au lieu de l'être sur Vensemhle des jnises engagées. Mais, tel qu'il se pratique, c'est, suivant les circonstances, jusqu'à 80 p. 100 que l'on prend aux parieurs
Nous n'en voulons pour preuve qu'un exemple.
Prenons une course, dans laquelle il a été engagé une somme totale de 1 00 .000 fr. dont 75.000, sur le grand favori A.
Supposons que celui-ci gagne et voyons quel eût été le bénéfice de ses partisans.
Sans prélèvement aucun, ils se fussent partagé l'ensemble des mises, soit 100.000 francs, ce qui constituait pour eux un bénéfice de 25.000 francs (100.000 — 75.000).
Après le prélèvement de 8 p. 100 sur la somme globale de 100.000 francs, ils
en dehors de son sein et nommés par le Ministre ; c'étaient : MM. Jean Dupuy, sénateur, ancien ministre de l'Agriculture, directeur du Petit Parisien, A. Abeille, P. Aumont, J. de Brémond, J. Prat et E. Veil-Picard.
La personnalité de ces nouveaux membres n'est point ici en cause. Les cinq derniers sont gens du métier, dont les avis valent d'être écoutés.
Mais pourquoi cette injure gratuite à la Société d'Encouragement, et qu'avait-elle donc fait qui justifiât cette mesure de défiance? Car la modification arbitraire que l'on apportait ainsi à son mode de recrutement équivalait à lui dire : « La besogne que vous accomplissez depuis soixante-dix ans ne vaut rien, et nous allons y remédier en vous imposant ce concours étranger dont vous vous êtes toujours défendue, mais sans lequel vous ne feriez rien de bon. »
Association privée, n'admettant dans son sein que qui bon lui semblait, la Société d'Encouragement, de par sa composition mondaine et l'indépendance de ses membres, avait échappé, jusqu'alors, à l'influence des politiciens.
C'était de quoi l'on voulut la punir, en lui faisant sentir que dorénavant elle n'était plus maîtresse chez elle: puisqu'il avait suffi, en effet, d'une simple décision ministérielle pour lui adjoindre ces six membres, il suffirait d'une autre décision de ce genre pour doubler tripler, quadrupler ce nombre, jusqu'à ce qu'elle soit absorbée par l'élément étranger.
Mais pourquoi tant d'hypocrisie et pourquoi cacher, sous des dehors de préoccupations d'élevage et de sport, le but que l'on poursuivait, c'est-à-dire la ruine morale de la puissante Société!
Sa force réside dans les principes dont elle ne s'est jamais départie, principes qui subordonnent toutes ses décisions à la cause de l'élevage, et qui lui ont permis de mener à bien l'œuvre considérable qu'elle a réalisée.
Mais, encore une fois, qui se soucie de la cause de l'élevage, aujourd'hui?
Jusques à quand la vieille forteresse tiendra-t-elle devant la ruée des intérêts et des appétits modernes?...
Souhaitons seulement à ceux qui mènent l'assaut, de rendre à leur pays les mêmes services, avec la même persévérance, la même compétence — et le même désintéressement]
n'encaissent plus que 92. 000 francs ; si l'on en retranche leurs mises (75.000 francs), leur bénéfice n'est plus que de 17.000 francs.
Or, le rapport de 17.000 à 25.000 n'est pas de 8 p. 100, mais de 31,25 p. iOO.
Si, au lieu de 75 000 fr., on en avait engagé 90. 000 sur A, le bénéfice, qui eût été de 10 000 francs sans prélèvement, eût été réduit à 2.000 fr. après prélèvement des 8 p. 100, ce qui constitue une différence de 50 p iOO!
On peut varier ces calculs à l'infini et l'on verra que, plus un cheval est favori, plus le pourcentage du prélèvement est exhorbitant.
Le sport est redevable à la Société Sportive d'une nouvelle épreuve similaire au prix Boïard, mais d'une allocation double et dont la création répondait à un réel besoin.
Le 17 juillet, se disputa, sur l'hippodrome de Maisons-Laffitte, le premier Prix du Président de la République, pour chevaux de 3 ans et au-dessus, poids pour âge, sans surcharge ni décharge.
La distance de 2.000 mètres était portée à 2.500 mètres, dès Tannée suivante, en même temps que l'allocation passait de 30.000 à 100.000 francs et qu'il y était ajouté un objet d'art.
Par ses conditions mêmes, cette riche épreuve permettait aux chevaux des différentes générations de se mesurer à armes égales, dans un prix très important, ce qu'ils n'avaient pas l'occasion de faire de toute l'année, les grandes épreuves de ce genre qui existaient — et qui existent encore— telles que le prix du Conseil Municipal ou le Grand Prix de D eau ville, comportant tout un jeu de surcharges et de décharges, qui favorisent souvent les sujets médiocres au détriment des bons.
Que les animaux d'ordre secondaire trouvent à gagner largement leur avoine, rien de plus juste, et nous voudrions qu'il y eût un bien plus grand nombre de prix de série, de 5.000 à 25.000 francs, par exemple, pour chevaux n'ayant pas gagné la somme de 20 .000 , 30 .000 , 50.000, 75.000 ou 100.000 francs, avec une décharge à déterminer dans chaque série, pour ceux n'ayant pas gagné la moitié de la somme maxima.
Mais que des épreuves de 100.000 francs, voire de 40.000 francs (comme l'était encore le Grand Prix de Deauville), pussent devenir des prix de consolation, c'est ce que nous nous refusons à comprendre.
La Société Sportive avait déjà créé le prix Boïard, la seule épreuve importante de cette nature.
On ne peut que lui être reconnaissant de l'initiative dont elle faisait preuve à nouveau en la circonstance. Le succès toujours grandissant du prix du Président de la République lui a prouvé d'ailleurs qu'elle avait été bien inspirée.
Depuis le remaniement apporté, en 1909, au calendrier sportif, par le recul du Grand Prix, au dernier dimanche de juin, le prix du Président de la République, par contre, a été avancé au premier dimanche de juillet, en sorte que ces deux belles épreuves se disputent maintenant à huit jours d'intervalle, ce qui a prolongé d'autant, au profit du commerce parisien, ce que l'on est convenu d'appeler « la Grande Semaine ».
Aucun nom ne s'impose parmi les trois ans, les lauréats mâles et femelles des grandes épreuves s' étant consciencieusement entre-
battus à tour de rôle, en sorte qu'un classement entre eux serait bien téméraire.
M. E. Blanc vient en tête des propriétaires gagnants avec 1.137.450 francs, dus en majeure partie aux victoires de Quo Vadis, Caïus et Vinicius, qui finirent dans cet ordre à l'arrivée du Grand Prix. C'était la première fois qu'un propriétaire prenait ainsi les trois premières places dans la grande épreuve de Longchamp. Chacun d'eux avait couru sa chance, et ce n'est qu'à la distance que Quo Vadis avait dépassé ses deux camarades, entre qui la lutte semblait circonscrite.
Quo Vadis (Winkfield's Pride et Filomeno), n'avait couru qu'une fois, sans succès, à deux ans. Vainqueur du prix Noailles, troisième derrière Caïus et Chatte Blanche, dans le prix Lupin, deuxième, à une longueur et demie d'Ex-Voto, dans le prix du Jockey-Club, il remporte de trois quarts de longueur le Grand Prix, sur Cams. Après quatre insuccès dans les prix de Seine-et-Marne, le Grand Prix de Deauviile, leRoyal-Oak et leCesarewitch, il est vendu auxharasimpériaux russes.
A deux ans, Caïus (Révérend et Choice) avait remporté quatre petits prix. Il ouvre la campagne par trois victoires, dont le Biennal sur Alpha, échoue contre La Camargo, dans le prix Boïard, enlève les prix Daru et Lupin, se place second, derrière son camarade Quo Vadis, dans le Grand Prix, et en reste là de ses succès à trois ans.
Battu à deux ans par Reine Margot, dans le Grand Critérium d'Ostende et le prix LaRochette, et par Rafale, dans le prix Échpse, Vinicius (Masqué et Wandora), avait remporté le Prix de Deux Ans^ à Deauviile, et le Grand Critérium, à Paris. Pour sa rentrée, il s'adjuge la Poule d'Essai, puis le prix La Rochette, ne figure pas dans le prix du Jockey-Club, est battu de deux longueurs par Rock Sand, dans le Derby d'Epsom, prend la troisième place dans le Grand Prix, et triomphe de La Camargo, dans le Grand Prix de Bade.
Après une carrière de deux ans des plus ternes, Ex-Voto (Le Sancy et Golden-Rod) , au comte H . de Pourtalès, remporte le prix Hocquart, ne joue aucun rôle dans la Poule d'Essai et le prix Lupin, enlève, à une cote d'extrême outsider (690 fr. 50 au rapport du pari mutuel au pesage), le prix du Jockey-Club, d'.une longueur et demie sur Quo Vadis, ne figure ni dans le Grand Prix ni dans le Royal-Oak, bat Caïus, dans le prix de Longchamp, à Deauviile, et termine la saison par une victoire dans le prix du Tibre, à Maisons-Laffitte.
Alpha (Fripon et Prima) fait triompher, le premier, les couleurs de M. Vanderbilt, dans des épreuves importantes, avec cinq victoires, dont les prix de Fontainebleau, Monarque (qui porte, cette année, le nom de prix du Président de la République), qu'il enlève de six longueurs à Flambeau, Rose de Mai, Caïus, etc., et le Grand Prix du Cercle International de Vichy. En outre, il avait pris la
seconde place, dans les prix Lagrange, Biennal, Greffulhe, Poule d'Essai, et Trocadéro, à Saint-Cloud; quatrième dans le Grand Prix, il n'avait pas figuré placé dans le Grand Prix de Deauville, gagné par Shebdiz, qui en recevait 7 livres.
Rose de Mai (Callistrate et May Pôle), au comte P. de Saint-Phalle, débuta par une place de troisième dans le prix Juigné. Restée au poteau dans le prix de Saint-James, elle enleva ensuite la Poule d'Essai, puis le prix d^ Diane, après un incident qui fit alors grand tapage.
En arrivant à Chantilly, on apprit que Rose de Mai avait toussé et ne courrait pas. Elle se présenta néanmoins au poteau, et gagna dans un canter. Avant la course même, un vétérinaire ayant été appelé, sa présence — bien qu'il eût autorisé le départ de la pouliche — n'avait fait que donner plus de consistance aux bruits fâcheux qui couraient.
Cette victoire imprévue causa un gros scandale, d'autant que Tod Sloan, qui était privé de licence en France et en Angleterre, l'avait galopée, le matin même, sur la piste des Aigles.
L'entraîneur J. Brethès fut frappé d'une amende de 2.000 fran c pour s'être servi sans autorisation des pistes de la Société d'Encouragement, et T. Sloan exclu des locaux affectés au pesage, ainsi que des terrains d'entraînement.
Il porta la question devant les Tribunaux qui, à la stupéfaction générale, condamnèrent la Société d'Encouragement aux dépens. La Cour d'Appel, plus clairvoyante, maintint le droit absolu de la Société d'être maîtresse chez elle.
Mauvaise troisième derrière Alpha et Flambeau, dans le prix Monarque, Rose de Mai remporte ensuite les prix d'Amphitrite et de Flore, d'une encolure sur Mater, à qui elle rend 8 livres, puis, à 7 livres d'écart seulement avec celle-ci, elle n'est pas placée dans le prix Vermeille.
Des autres trois ans, il n'y a guère à citer — Mireille et Reine Margot, les deux lauréates de deux ans, étant restées en route — que Torquato Tasso (prix Reiset et Royal-Oak) ; — Shehdiz (Grand Prix de Deauville) ; — Mater (prix Vermeille et Handicap limité); Flambé'au (prix Delâtre et Lagrange); — Hébron (Grand Prix de Nice), — et Le Tsar, à M. B. Chan, qui remporta sept courses, dont le prix Persimmon (25.000 francs et une Coupe, offerte par S. M. Edouard VII), à la réunion extraordinaire donnée, le samedi 2 mai, à Longchamp, en l'honneur du Roi d'Angleterre, qui accepte d'être le premier membre honoraire de la Société d'Encouragement.
La Camargo poursuit son éclatante carrière. Sans deux insuccès à Bade — où elle ne jouissait évidemment pas de la plénitude de ses
moyens, pour se faire battre par Alençon, dans le prix de la Ville, et par Vinicius, dans le Grand Prix, — elle n'aurait pas connu la défaite à cinq ans, ayant remporté dix courses sur les douze qu'elle disputa. Ses plus belles performances furent accomplies dans le prix des Sablons sur Retz et Maximum, le prix Boïard, sur Caïus et Retz, le prix de Meudon, sur Passaro, qui en recevait 14 livres et le sexe, et, finalement, dans le prix du Conseil Municipal, qu'elle gagnait pour la seconde fois, battant dans un canter le cheval anglais Wavelet's Pride, à qui elle ne rendait pas moins de 15 livres, l'année et le sexe.
Maximum inscrit à son actif le prix Rainbow et l'Ascot Goid Cup. 11 tombe dans l'iVlexandra Plate, s'adjuge le prix du Prince d'Orange, et ne figure pas dans le Gladiateur, qui revient, pour la seconde fois, à Ajner Picon.
Arizona enlève le prix La Rochette et l'Alexandra Plate; — Astronome II, le prix du Cadran; — Exéma, le prix du Pin ; — et Alençon^ le prix de Lutèce, puis, à Bade, les prix de la Ville et du Prince Hermann de Saxe-Weimar.
Nous avons relaté les succès de Maximum et d'Arizona, à Ascot, et ceux de Vinicius et d'Alençon, à Bade; ajoutons que La Chine, à M. E. Deschamps, y cueillit le Furstemberg Mémorial, et Ob, le crack des deux ans, le prix de l'Avenir et le Prince of Wales, avant de battre dans le Grand Critérium, à Paris, Gouvernant et French Fox, à M. E. Blanc, qui avaient déjà remporté plusieurs victoires.
Les principaux vainqueurs de la jeune génération sont ensuite Regina (gagnante du Grand Critérium d'Ostende), Thélème, Feuillede-Chou, Presto II, Fifre II, Ajax et Macdonald II.
L'étalon Le Pompon (Fripon et La Foudre), mourut à l'âge de douze ans, au moment même où sa production allait le mettre en évidence : Prestige venait, en effet, de naître, et la poulinière Bric-à- Brac était pleine de Biniou.
Au bulletin nécrologique, nous avons à enregistrer la mort de M. Edgard Gillois et du prince Soltykoff.
M. Edgard Gillois, un des fondateurs de la Société de Sport de France (qui donna son nom à son Biennal de 3 et 4 ans), était en même temps un des handicapeurs de la Société d'Encouragement, qui le remplaça par M. Paul Dousdebès.
Le prince Soltykoff, qui faisait courir depuis longtemps en Angleterre, avait remporté le Grand Prix de Paris, en 1878, avec le médiocre Tliurio, qui ne dut de battre Insulaire qu'à la maladresse du jockey de celui-ci.
Les anciennes écuries disparaissent Tune après l'autre. Ce fut le tour, dans le courant de l'année, de celle de M. H. Delamarre, qui fut vendue en bloc au comte R. de Clermont-Tonnerre.
Depuis plusieurs années, M. H. Delamarre se désintéressait des luttes du turf, et sa retraite, pour si regrettable qu'elle fût, ne surprit personne, en ra'son de son grand âge. Il n'en conservait pas mjins encore son haras, qu'il ne devait liquider définitivement qu'en 1912.
On parlait beaucoup de « doping » depuis quelque temps.
Le doping, d'origine américaine, est une pratique frauduleuse, qui consiste à administrer à un cheval, en vue d'une course déterminée, un stimulant de la famille des alcaloïdes d'origine végétale (morphine, cocaïne, strychnine, héroïne, caféine, théobromine), par voie d'absorption buccale ou anale ou encore par injection sous-cutanée.
Il y avait là un double danger : pour l'élevage, auquel le doping apporte un germe d'appauvrissement en augmentant la nervosité des animaux destinés à la reproduction; pour l'institution des courses, puisqu'il est de nature à fausser la sincérité des épreuves.
Dès le mois de juin, la Société d'Encouragement s'était préoccupée de ces pratiques qui semblaient vouloir s'implanter chez nous et, devant le double danger que nous venons de signaler, elle n'avait pas hésité à interdire l'emploi de tout stimulant (1). En même temps, elle avait saisi de la question trois vétérinaires, dont deux étaient titulaires d'une chaire à l'école d'Alfort. Mais, à la question posée de savoir « s'i'Z était possible de constater scientifiquemenf, avec certitude, quun cheval est sous V influence de substances susceptibles d'obtenir artificiellement de son organisme, à un moment précis, une somme d'efforts supérieure àcelle que comportent ses aptitudes normales développées par un entraînement rationnel? » ces trois praticiens avaient répondu négativement : « O/? pouvait bien constater, chez les chevaux soupçonnés d'être sous V empire de ces stimulants , une dilatation pupillaire exagérée, une salivation excessive, une sudation anormale et une
(1) Elle venait, en effet, d'ajouter au chapitre X du Code des Courses les articles suivants :
Art. 9.
I. — Il est interdit d'administrer ou de faire administrer à un cheval, le jour de la course et en vue de la course, un stimulant quelconque, par quelque procédé que ce soit.
III. — Les Commissaires, afin de pouvoir constater les infractions à cette règle, peuvent procéder ou faire procéder à l'examen des chevaux et prendre telles mesures qu'ils jugent utiles.
Art. 10.
I. — Quiconque aura contrevenu aux dispositions de l'article précédent et toute personne convaincue de complicité sera privé du droit d'engager, de faire courir, d'entraîner ou de monter un cheval, et sera exclu des locaux affectés au pesage ainsi que des terrains d'entraînement appartenant à la Société.
II. — Tout cheval ayant été l'instrument d'une semblable manœuvre sera distancé. Il pourra, en. route, être disqualifié.
dépression nerveuse que ne justifiait pas Veffort de la course, mais ce n'étaient là que des présomptions, ces signes extérieurs pouvant avoir d'autres causes. »
Dans ces conditions, les sanctions édictées par la Société d'Encouragement ne pouvaient avoir qu'un effet purement platonique, puisqu'il était impossible de constater avec certitude la fraude. Certains entraîneurs peu scrupuleux, forts de l'impuissance où l'on se trouvait de découvrir la preuve de leurs manœuvres, purent donc continuer tranquillement à empoisonner leurs chevaux. Le mal, cependant, fut moins grand que l'imagination populaire ne le voyait; ces pratiques coupables furent plutôt l'exception, et nombre d'interversions de forme qui étonnèrent, furent plus le fait de « la glorieuse incertitude du turf », que de stimulants nocifs.
Neuf années se passeront encore avant que ces mesures de répression cessent d'être lettre niorte et que la Société d'Encouragement soit enfin en état de sévir avec toute la certitude scientifique désirable.
En Angleterre, un très bon cheval. Rock Sand, fils de Sainfoin, avec qui Sir J. Miller avait déjà gagné le Derby, en 1890, réussit le triple event des trois grandes épreuves classiques.