FIN
présumer, à voir la place de Brisecœur, que, s'il avait été en bon état, il eût gagné.
Puis, c'est une suite ininterrompue de brillantes victoires : prix du Président de la République et prix Monarque, où il rend de 10 à 14 livres à tous ses opposants; prix de Longcham , de Guillaume-le- Conquérant et Grand Prix, à Deauville; prix Royal-Oak, où, sur la distance du Grand Prix, il sème Brisecœur: puis la Coupe d'Or de Maisons-Laffitte, qui se dispute pour la première fois, et où, par suite du manque de train, il faillit être pris de vitesse sur la fin par Glou-
i'hot. J. Delton.
Maintenon.
glou II, alors en pleine forme et qui bénéficiait d'un avantage de 6 livres; enfin le prix du Conseil Municipal, qu'il enlevait dans une allure impressionnante, en dépit du poids qu'il rendait à ses adversaires de tous âges.
Au cours de ces différentes rencontres, il avait battu à nouveau, non seulement tous les animaux de sa génération, mais encore — comme son camarade Prestige, au printemps — la crème des vieux chevaux. Punta-Gorda, notamment, eut le malheur de le trouver trois fois devant elle à l'arrivée, dans des épreuves de l'impor-
tance du prix du Président de la République, du Grand Prix de Deauville et du prix du Conseil Municipal!
Mainteîwn avait couru 16 fois, se plaçant 2 fois troisième, 2 fois deuxième et remportant 11 victoires, dont 8 consécutives. Le total de ses gains s'élevait à 841 .025 francs, la somme la plus forte qu'un cheval eût encore gagnée, en France, dans une campagne.
Après les deux cracks de M. Vanderbilt, vient, en second plan, tout un lot d'animaux qui se battent et s'entre-battent sans merci.
Flying Star, propre sœur de Le Soutenir, de triste mémoire, avait été retirée, par M. L. Mérino, à 95.000 francs, aux ventes de yearlings, à Deauville; plus heureuse que son frère, elle gagna au moins une .épreuve classique, le prix de Diane, après avoir pris la seconde place, derrière Maintenon, dans le prix Lupin; favorite du prix du Jockey- Club, elle n'y joua aucun rôle, non plus que dans le Grand Prix; — Sais enlève le prix Pénélope, la Poule d'Essai et le prix de Flore, qu'elle partage avec Arabie; — Bethsaicia, le prix Vermeille; — et Sourdine, une spécialiste des courtes distances, le Baden Prince of Wales, le Biennalet leprix de Seine-et-Oise, àMaisons-Laffitte.
£"1^6/' remporte le prix des Cars, la Poule d'Essai, sur ilf«m«e^ioAi, et le Grand Prix de Vichy; — Brisecœur, le prix Greffulhe; — Montlieu, les prix Delâtre et du Prince d'Orange; — Ganelon II, le Handicap Optional, le prix des Haras nationaux et le Grand Prix de Bruxelles ; — M. Périchon,\e prix Jouvence et le Handicap limité; — Glouglou II, les prix Flying Fox, de Longchamp et le Handicap de la Tamise; — Procope, le Grand Prix de Nice et le prix La Rochette; — Grillon, le prix Daru, sur Maintenon, après quoi un accident termine sa carrière sur le turf.
Mais le record des déplacements revient à Moulins-la-Marche, que Ton rencontre en compagnie de sa camarade Punta-Gorda, sur tous les hippodromes. Si tous les terrains et toutes les distances ne leur sont pas également favorables, ils n'en tentent pas moins la chance, de concert ou séparément, lui, dans 21 rencontres, et elle, dans 23!
Le poulain gagne 7 courses, dont les prix de l'International Sporting Club de Nice, de Guiche, sur Maintenon, de la Seine, Le Roi Soleil, à Saint-Cloud, du Printemps, et le Grand Prix de Lyon.
La jument est l'héroïne des vétérans, avec 148.747 fr. 50 et six victoires, parmi lesquelles le prix d'Amphitrite et le prix d'Inauguration, de 20.000 francs, au Tremblay ; nous avons vu qu'elle n'avait succombé que contre le seul Maintenon, dans les épreuves de grande importance qu'elle avait disputées.
A distance respectueuse viennent : Marsan, qui enlève la Coupe à Rataplan, le prix Rainbow à Strozzi, le prix Consul à Luzerne, et le prix de Satory à Clyde; — Génial, qui bat Strozzi, dans le Biennal, mais qui est battu par lui, dans le Cadran; le premier remporte ensuite le prix Hocquart, à Deauville, et, le second, le prix de Chantilly, à
1891 A Fi.N 1913 639
Paris, tous deux sur M. Périchon; celui-ci avait fait dead-heat, dans le prix de Seine-et-Marne, avec Clyde; mais M. E. Veil-Picard n'ayant pas voulu partager le pri^, alors que M. Champion refusait d'imposer à son cheval la fatigue d'une nouvelle rencontre, la jument faisait walk-over dans la seconde épreuve; précédemment, elle avait gagné le prix de Dangu, et elle terminait la saison par une facile victoire dans le prix Gladiateur.
Le cheval de deux ans qui donne les plus belles espérances est un fils de Perth et My Mary, payé 30.0C0 francs par M. Sol Joël, à la vente des yearlings du haras de Lormoy.
My Pet II ne courut qu'en Angleterre où, sur huit courses qu'il disputa, il en remporta 6; il ne fut battu que par Slieve Galion — le favori du prochain Derby — et passait pour bien supérieur à son compagnon Sagamore, qui eut facilement raison de Pernod, dans le prix de Deux Ans, à Deau ville.
Ce Pernod était, avec son camarade Calomel, le meilleur deux ans que nous eussions en France. Après eux, venaient Ouadi-Halfa, Mordant et Péroraison.
On vit à peine Biniou, et Sans-Souci II n'eut à son actif que le prix Le Destrier.
La Marmotte, en remportant le petit prix des Roches-Noires, à Deauville, inaugura les succès de la jeune écurie de M. Maurice de Rotshchild qui, fidèle aux deux couleurs adoptées de tout temps par sa famille, a choisi une casaque bleue, à brandebourgs, coutures et toque jaunes.
Les succès de My Pet II n'étaient pas les seuls que notre élevage eût remportés en Angleterre, Ob, 5 ans, à M. Maurice Ephrussi, y ayant enlevé d'une tête, avec 50 kil. 1/2, le Lincolnshire Handicap, au favori Dean Swift et 22 autres opposants. 11 était monté par Bellhouse, et était parti à 20/1.
A Bade, Phœnix cueillit le prix de la Fondation; — Hautbois, le Grand Prix, après avoir partagé avec Our Favorite le prix de Heildelberg; — Sourdine, le Prince of Wales; — et Tyrol, le Oos Handicap.
La pouliche allemande Fabula, à MM. A. et C. Weimberg, battit nos représentants La Serqueuse et Sans-Souci II, dans le prix de lAvenir.
Le meeting d'Ostende nous fut tout particulièrement favorable : Mordant y remporta le Grand Critérium; — Cavalcadour, le Grand Prix de la Ville; — Oakleigh, le Grand Prix de la Société des Bains; — North Pôle, le Grand Prix du Kursaal, — et divers autres, plus de 50.000 francs.
Ganelon II, comme nous l'avons dit, enleva le Grand Prix de Bruxelles.
Val d'Or et Jardy sont vendus à des éleveurs de l'Amérique du Sud, dans les 750.000 francs chaque {prix payé, l'année précédente, par un éleveur brésilien, pour Diamond Jubilee, l'étalon du roi d'Angleterre); Général, à l'Italie, et Adam, aux États-Unis.
L'Administration des Haras, limitée par son budget à des prix moindres, donne 150.000 francs deRataplan, 50.000 de Presto II et, fait sans précédent, 70.000 francs de Beaumanoir, le célèbre étalon trotteur de M. Th. Lallouët.
Little Duck était mort, en Allemagne, à l'âge de 25 ans, et Plaisanterie, en Angleterre, à l'âge de 24 ans.
Le meilleur produit de Little Duck avait été Champaubert, et le meilleur de Plaisanterie, Childwick, qu'elle eut de Saint-Simon.
Au bulletin nécrologique, nous comptons les décès du baron Roger, du baron Finot, de Ch. Pratt, et de W. Planner.
Le baron Roger, qui faisait courir en association avec le baron de Varennes, n'eut jamais qu'une très modeste écurie. Leurs couleurs — casaque rouge, toque jaune ^ — n'en remportèrent pas moins deux grandes épreuves : le prix du Jockey-Club, avec La Morinière, en 1900, et, l'année suivante, le Grand Steeple-Ghase, avec Calabrais.
Le baron J. Finot, qui venait de mourir à 80 ans, avait été un brillant cavalier. Bien qu'il se soit spécialisé dans les courses d'obstacles, il était trop répandu dans le monde du sport pour que nous ne mentionnions passa disparition. Connaisseur émérite en chevaux, il savait discerner, comme pas un, parmi les chevaux de plat d'ordre secondaire ceux qui, par leur conformation ou leurs aptitudes, étaient propres à faire de bons sauteurs, et il en dirigeait lui-même le dressage, à son établissement de Langé. Sa casaque marron était populaire à Auteuil, où elle connut les plus beaux succès, avec Astrolabe, La Veine, Basque, Baudres. Saïda, Vaucouleurs et Issoudun.
On se rappelle que c'est en soignant, à Spa, le comte de Saint-Germain qui venait de faire, avec sa jument Astrolabe, une chute terrible dont il mourut, que le baron Finot fit connaissance de la sœur du blessé, qu'il épousa par la suite.
Gomme M. H. Delamarre, le baron Finot était un peintre des plus distingués, et nous avons reproduit, dans le chapitre XXXIV, un de ses meilleurs tableaux.
Charles Pratt'était âgé de 73 ans. Après un apprentissage chez Rodgers, à Newmarket, il débuta, en 1852, comme jockey chez M. Fasquel (de^Courteuil), dont Kent était alors l'entraîneur. De là, il passa
J891 A FIN ]9l:J
chez H. Jennings, et monta pour le prince de Beauvaii. Puis il devint jockey de la Grande- Écurie (Lagrange-Nivière), pour laquelle il entraîna un moment à La Morlaye. On le trouve ensuite entraîneurjockey du major Fridolin (Ch. Laffitte-Nivière); c'est l'époque de ses plus grands succès, avec Sornette et Bigarreau, et la course en avant
Baron J. Finot.
qu'il fit avec la pouliche, dans le Grand Prix de 1870, est demeurée légendaire. Après le terrible accident dont il fut victime sur Bamboula, à Reims, en 1876, et qui mit fin à sa carrière de jockey, M. E. Blanc lui confia ses premiers chevaux, puis il succéda à H. Jennings comme entraîneur du comte de Juigné, au service de qui il mourut.
Charles Pratt était universellement estimé, tant pour l'aménité de son caractère et sa parfaite honorabilité, que pour ses grandes qualités jDrofessionnelles.