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CHAPITRE LXXXIV

Avancement à la fin de juin des débuts des chevaux de deux ans. — Allocations aux chevaux placés. — Suppression de la dernière course pour gentlemen-riders des programmes de la Société d'Encouragement. — Certificat d'origine. — Suppression de la gratuité des fonctions de commissaires. — Les grandes épreuves de la Société de Sport de France.— Sans Souci II, Mordant, Biniou. — Recette-record au Grand Prix. — Maintenon, Quérido, Punta-Gorda, Moulins-la-Marche, Ob, Luzerne (suite). — L'écurie du baron Gourgaud. — Importation de Chaleureux. — Société d'Encouragement à l'élevage du Cheval de guerre.

L'année 1907 marque une évolution capitale dans l'histoire des courses en France, par la décision prise par la Société d'Encouragement d'avancer d'un mois l'époque du début des jeunes chevaux.

La Société d'Encouragement avait décidé, en effet, qu'il pourrait avoir lieu à l'avenir, à dater du dernier lundi de juin.

Foncièrement hostile jusque-là à toute mesure de ce genre, en dépit de l'exemple de l'Angleterre où les jeunes chevaux paraissent en public (iès-le mois d'avril, la Société d'Encouragement avait cédé moins par conviction personnelle que par lassitude des assauts subis depuis plusieurs années.

Avec le développement prodigieux qu'avait pris l'institution des courses depuis l'établissement du pari mutuel, de nouvelles mœurs et, aussi, des appétits nouveaux étaient nés.

On était loin du temps où une écurie de courses n'était qu'un luxe coûteux. C'étaient, maintenant, de véritables entreprises commerciales, dont les propriétaires surveillaient avec soin le doit et l'avoir. Il ne fallait plus de non-valeurs. Or, un cheval qui mange et qui ne rapporte rien est un capital dormant, et tout capital doit être productif. Aussi, sans se soucier de savoir s'ils ne mangeaient pas leur blé en herbe, les propriétaires exigeaient-ils à l'envi de toutes leurs unités le rendement le plus prompt, et il n'était pas de jour

que l'on ne réclamât la liberté de faire courir les jeunes animaux plus tôt : coûte que coûte, il fallait qu'un cheval gagnât de V argent!

Il y aurait beaucoup à dire sur cette importante question du début des deux ans, et nous nous réservons — car la chose nous entraînerait, ici, à trop longs développements — d'y revenir dans la conclusion de cet ouvrage.

En faisant, après tant d'années de résistance, cette concession aux exigences modernes, la Société d'Encouragement venait d'ouvrir la voie aux débuts plus hâtifs encore, et il est à craindre que l'on n'en reste pas là!

Elle voulut, cependant, palier dans la mesure du possible les conséquences fâcheuses qui pouvaient en résulter pour l'élevage, et, dans l'espoir que la modicité des prix offerts retarderait d'autant l'apparition des sujets d'avenir, elle ajouta que « les débuts des chevaux de deux ans, dans la période comprise entre le dernier lundi de juin et le dernier dimanche de juillet, ne seront autorisés que dans les prix oii la. somme o^erte ne dépassera pas 5.000 francs, dont la distance ne sera pas supérieure à 1.000 mètres et dont les engagements ne se font pas plus d'un mois à Vacance »,

On ne croirait pas que cette décision eut le don de soulever les protestations des députés de laNormandie, en raison du tort , prétendirentils, qu'elle faisait à leur région, qiù avait eu jusqu'alors la primeur de ces débuts. Us oubliaient que, depuis 1905, ces débuts se faisaient à Vincennes, puis à Saint-Glond, sur les hippodromes mêmes de la Société de Demi-Sang, titulaire des courses de Gaen!

La So iété d'Encouragement avait également apporté des modifications aux primes aux éleveurs (en en ajoutant à bon nombre d'épreuves d'importance moyenne, dans la proportion de 5 p. 100 du montant nominal du prix), et aux allocations aux chevaux placés, qui se trouvaient réglées ainsi :

« Sauf conditions contraires, dans toutes les courses de la Société, le second recevra les 3/5 et le troisième les 2/5 des entrées, après que le gagnant aura retiré la sienne, sans que le total de ces deux allocations puisse être supérieur à 30 p. 100 ni inférieur à 15 p. 100 de la valeur nominale du prix, primes à l'éleveur non comprises. En cas d'insuffisance des entrées pour atteindre ces 15 p. 100, ceux-ci seront garantis par le fonds de course. »

Elle avait aussi transformé le prix des Lions, la dernière des épreuves pour gentlemen-riders qui figurât encore à son programme, en une course ordinaire pour jockeys. La chose passa inaperçue.

Les courses de gentlemen avaient d'ailleurs fait leur temps. Ces épreuves, qui avaient eu leur raison d'être à l'origine des courses, alors que le sport était intime et que chaque propriétaire était doublé d'un cavalier militant, ne répondaient plus aux préoccupations modernes; trop d'intérêts sont maintenant en jeu, et l'on ne songe pas sansinquiè-

tude, devant la nervosité du public, à quels incidents regrettables l'insuffisance ou la maladresse d'un cavalier- amateur pouvait donner lieu.

Enfin elle avait pris une autre mesure, d'ordre purement administratif, en rendant obligatoire, avant l'engagement d"un cheval, le dépôt du certificat d'origine.

La Société Sportive convertit en espèces l'objet d'art du prix Lagrange, ce qui porte l'allocation de cette importante épreuve à 40.000 francs. ■

Celle de l'Omnium de Deux Ans, placé avec le prix Monarque, à la dernière journée du meeting d'été, est élevée à 20.000 francs.

Nous avons dit ce cprétait le fameux Comité Consultatif permanent des Courses.

Pour prouver son existence, il prit une décision capitale, dont l'importance ne peut échapper qu'aux esprits prévenus, en obligeant la Société d'Encouragement à biffer de l'article 10 de son Règlement les mots : «Les Commissaires ne peuvent recevoir aucune rémunération, aucun jeton de présence ni frais de déplacement. »

La Société d'Encouragement — où ces fonctions , il va sans dire, continueront à être gratuites — ne put faire autrement que de s'incliner devant la force.

Mais elle demeure encore maîtresse — jusqu'à quand? — de n'accorder de subventions qu'à qui lui plaît, et elle maintient le principe de n'en faire profiter que les Sociétés où, comme chez elle, les fonctions de Commissaires sont purement honorifiques.

Création par la Société de Sport de France, de ses grandes Poules pour trois ans, espacées sur toute l'année, contrairement à fusage qui groupe les épreuves de ce genre au printemps.

Ces cinq épreuves, en plus de leurs conditions particulières, comportent des combinaisons de surcharges et de décharges, comme le prix Citronelle, par exemple, de nature à apporter un dédommagement aux propriétaires qui ont dû interrompre de bonne heure la 'carrière de courses die leurs pouliches (1 ) .

(1) Vuici les condilions de ces cinq épreuves dont l'allocation est uniformément de 20.000 francs, avec une prime de 1000 francs à l'éleveur; 4.000 francs au deuxième et 2.000 francs au troisième :

Prix Citronelle, 1.600 mètres. — Poids,. 57 kilos;lesproduitsde juments n'ayant couru ni en plat ni en obstacles, après leur troisième année, recevront 2 kilos; n'ayant pas couru après leur deuxième année, 4 kilos. Un gagnant d'un prix de 15.000 francs portera 2 kilos de plus et ne pourra bénéficier des décharges.

Prix Flageolet, 2.000 mèires. — Poids : poulains, 54 kilos; pouliches, 51 kil.1/2. Vn gagnant de 50.000 francs ou d'un prix de 30.000 francs portera 3 kilos de plus;

I89J A FIN l'J]:J 645

Le Derby de Chantilly et le prix de Diane sont remportés par des outsiders à 25 et 30/1. C'est dire que l'année n'est pas bien fameuse.

Calomel et Pernod, Siprès quelques victoires, au début de la saison, qui font illusion, n'attendront pas la fin de la campagne pour passer en obstacles, et My Pet II, qui s'était couvert de gloire à deux ans, disparaîtra de la s:ène, après ses tentatives infructueuses du prix Daru et de la Poule d'Essai.

Le meilleur, bien qu'il n'inscrive aucune grande épreuve à son actif, est peut être Biniou (Le Pompon et Bric-à-Brac), à M. l. Wysocki.

11 avait couru obscurément à deux ans, et l'on ne commença à parler de lui qu'après le prix Citronelle, au Tremblay, dans lequel, bénéficiant de 8 livres, il avait fait dead-heat avec Mordant. Il enleva ensuite les prix Edgard de La Charme, du Point-du-Jour et Flying- Fox, à des adversaires assez médiocres, à la vérité, mais dans un style si plaisant, que M. E. Veil-Picard n'hésita pas à payer 75.000 francs la moitié de la propriété du poulain. Ce fut sous ses couleurs qu'il se plaça second, dans le prix du Jockey-Club, à 3/4 de longueur de Mordant, devançant de 2 longueurs Bravo, le favori Pernod, Ouadi- Halfa et huit autres. On compte encore à son actif les prix Monarque, et du Cèdre, et deux places de deuxièmes, d'abord dans la Coupe de Maisons-Laffitte, puis dans le prix du Conseil Municipal, où il est battu par Luzerne, qui ne lui rend qu'une livre et le sexe pour deux

de 100.000 francs ou d'un prix de 60.000 francs, 6 kilos. Les chevaux n'ayant été engagés dans aucun prix dont les engagements se font avant la naissance, recevront 3 kilos, s'ils n'ont gagné ni 30.000 francs ni un prix de 6.000 francs.

Prix Le Sancy. 2.600 mètres. — Poids, 52 kilos. Le gagnant de 50.000 francs ou d'un prix de 30.000 francs portera 3 kilos de plus ; du prix Hocquart ou du prix Greffulhe, au Bois de Boulogne, ou d'un prix de 100.000 francs, 6 kilos. Les chevaux n'ayant pas couru avant le 15 juin, recevront 3 kilos, s'ils n'ont gagné ni 30.000 francs ni un prix de 12.000 francs.

Prix Saint-Simon, 2. 300 mètres. — Poids, 52 kilos. Le gagnant de 50.000 francs ou d'un prix de 30.000 francs portera 3 kilos de plus; du prix Noailles ou du prix Daru, au Bois de Boulogne, ou d'un prix de 100.000 francs, 6 kilos. Les chevaux n'ayant pas couru avant le 15 juin, recvront 3 kilos, s'ils n'ont gagné ni 30.000 fr. ni un prix de 12.000 francs.

Prix Egdard Gillois, poule biennale :

à 3 ans, à courir à l'automne, distance, 2.600 mètres. — Poids, 50 kilos. Le gagnant de 50.000 francs ou d'un prix de 30.000 francs portera 3 kil. 1/2 de plus; de 100.000 francs ou d'un prix de 60.000 francs, 7 kilos;

à 4 ans, à courir au printemps, distance, 3.800 mètres. — Poids, 54 kilos. Le gagnant de 100.000 francs, ou, dans l'année, d'un prix de 20.000 francs, portera 3 kilos de surcharge; de 150.000 francs, ou, dans l'année, d'un prix de 40.000 francs 6 kilos.

Les engagements, pour toutes ces épreuves se font au commencement de décembre de l'année de la naissance. Entrée, 300 francs; forfait, 200, 100 ou 25 francs suivant l'époque de la déclaration.

années : il n'avait joué aucun rôle dans les Grands Prix de Paris et de Deauville.

Morclant (War Dance et Magdala), à M. Maurice Ephrussi, avait gagné, à deux ans, le Grand Critérium d'Ostende et le prix Galenge, à Cabourg. Non placé dans le prix Lagrange, il partage, comme nous l'avons vu, le prix Citronelle avec Biniou, qui en reçoit 8 livres; est battu dans le prix Greffulhe et dans la Poule d'Essai; enlève, à une cote d'outsider (274 francs, au rapport du pari mutuel au pesage), le prix du Jockey-Club, et succombe d'une encolure, contre Sans- Souci II, dans le Grand Prix, où il avait été victime d'un très mauvais départ.

Sans-Souci II (Le Roi Soleil et Sanctimony), au baron de Rothschild, avait couru 5 fois, à deux ans, pour remporter, en fin de saison, leprixLeDestrier.Aprèstrois insuccès dans les prix Greffulhe, Hocquart et des Cars, il triomphe successivement dans les prix Darn, Lupin et le Grand Prix (1). Il n'était pas engagé dans le prix du Jockey-Club.

Plus irrégulières encore sont les pouliches. Bornons-nous donc à rappeler que Saint- Astra remporta le prix de Diane, à 30/1 ; — Carto- /ma, le prix LaRochette ; — .4ZZ-ilf me, les prix Pénélope et de Flore ; — Anémone II, le prixRoyal-Oak, où elle n'avait rien à battre; — Ad Gloriani, le prix Amphitrite; — Claudia, le prix Vermeille, — et Madrée, la Poule d'Essai.

Celle-ci, bien que née en France, appartenait au comte F. Sheibler, le grand sportsman itahen, et était entraînée au delà des Alpes.

Maintenon semble vouloir poursuivre la série de ses succès et il ouvre brillamment la campagne en enlevant dans un canter le prix des Sablons, puis le prix Boïard. Aussi quelle ne fut pas la surprise quand, le surlendemain, on le vit succomber, dans le Biennal de Longchamp, contre le modeste Quérido!... Les conjectures marchèrent bon train, comme on pense, les uns penchant pour une défaillance passagère de Main'enon, les autres pour une transformation radicale de Quérido. La vérité, que l'on connut deux jours plus tard, était que Maintenon, qui souffrait déjà d'une jambe, était irrémédiablement claqué et que son propriétaire venait de déclarer forfait pour lui dans tous ses engagements. Dès le printemps, il faisait la monte au haras de Villebon(2).

(1) Lor.-i du premier Grand Prix, en 1863, la recette, la. plus belle que la Société d'Encouragement eût encore réalisée, avait dépassé 80.000 francs. En 1907, elle atteignit 346.255 francs, chiffre record jusqu'à 1913, inclus.

(2) Jusqu'à présent, et contrairement à tout ce que l'on pouvait en attendre Maintenon a donné des produits qui ont surtout brillé par la précocité. Il ne faudrait pas trop se hâter pourtant de le condamner sur ces premiers résultats.

La fausseté du résultat du Biennal fut du reste confirmée, quelques jours plus tard, dans la Coupe, où l'on vit ce même Quérido succomber à poids égal contre Moulins -la- M arche. Tout autant que leurs cadets d'ailleurs, les vétérans s'entre-battront à tour de rôle sans cause appréciable. Quérido sera un des plus heureux du lot. Après sa victoire inespérée sur Maintenon, il devra à son poids extrêmement avantageux de remporter le Chester-Gup, et l'absence de tout compétiteur sérieux lui permettra de créditer son propriétaire des 100.000 francs du prix du Président de la République.

Moulins-la- M arche et son inséparable compagne Punta-Gorda continuent leurs pérégrinations. En plus de la Coupe, le cheval gagne 6 courses, dont les prix Perth et du Pin. Quant à la vieille jument, c'est à Deauville qu'elle trouve sa meilleure forme, en réussissant le triple event des prix Hocquart, de Longchamp et du Grand Prix. Elle remporte ensuite les prix de Jouvence et de Chantilly, ne figure pas dans le prix du Conseil Municipal et termine sa carrière de courses par une victoire facile, mais sans gloire, dans le prix Gladiateur, où elle ne rencontrait que le médiocre Le Garga/i (1). Bien qu'elle fût encore aussi saine qu'au moment de ses débuts, elle fut alors retirée de l'entraînement et vendue comme poulinière à M.J.Arnaud, de chez qui, à la liquidation de son haras, en 1909, elle passera aux mains de M. Vanderbilt, qui ne craignit pas d'en donner 80.000 francs, malgré les exemples si nombreux de nonréussite au stud de juments de haute qualité étant restées trop longtemps sur le turf.

(1) Punia-Gorda détenait alors le record en France, qu'a battu depuis son camarade Moulins-la- Marche, des sorties publiques : dans ses quatre campagnes, en effet, elle n'avait pas disputé moins de 73 courses, sur lesquelles elle en avait remporté plus du tiers, s'élevant à 466.000 francs :

A 2 ans 1 course »

3 — 11 victoires sur 27 — Fr. 97.606 65

Au total : 25 victoires sur 73 courses, se montant à. . 466.278 75

M. J. Lieux avait été bien inspiré, on le voit, le jour où il l'avait réclamée pour 8.107 francs.

Cette endurance de Payita-Gorda et la qualité dont elle fit preuve sur tous les terrains et sur toutes les distances font d'autant plus regretter qu'elle ait été si peu ménagée et l'excès de ses sorties peut faire craindre pour sa carrière au haras : les meilleures poulinières, en effet, sont rarement celles qui ont pratiqué trop longtemps h^s luttes du turf.

Les victoires de la vieille jument avaient éveillé l'attention des éleveurs et. tandis que nous avons vu son premier propriétaire trop heureux de s'en défaire, à l'âge de deux ans, pour 900 francs, M. Sol Joël n'avait pas hésité, cette année même, aux ventes de yearlings, de Deauville, à donner 66.000 francs de son demifrère Poor Boy (Perth et Philse), comme il donnera 37.000 francs, en 1907, de la sœur de celui-ci, Phyllis.

Est-il besoin d'ajouter, tant il est rare que les frères et sœurs d'un bon cheval héritent les mêmes qualités, qu'aucun d'eux ne justifia par la suite ces prix élevés.

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Montieu remporte les prix de Lutèce, Rainbow et du Prince de Galles; — Procope, les prix La Rochette et Ajax et il partage le prix Dollar avec son camarade Eider; — et Luzerne, le Handicap limité et le prix du Conseil Municipal, qu'elle ne doit d'enlever à Biniou que grâce à son poids avantageux; elle avait 5 ans et ne portait que 53 kil. 1/2.

Trois pouliches, ce qui ne semble pas en faveur de la jeune génération, tiennent la tête parmi les deux ans : Sauge Pourprée, Valda et Halima. Puis viennent, dans l'ordre de leurs gains : Lamaneur, au comte Foy, dont M. E. Blanc offrit 200.000 francs, et qu'on ne revit plus sur le turf après sa seconde année, Northeast, Talo- Biribil, Princess Margaret, Scarlei, Monitor, Conquistador, Quintette et Mafia II.

Sea Sick, Grill-Room et Magellan ont passé à peu près inaperçus, et Médéah n'a pas couru.

Un autre bon deux ans est Agadir, vainqueur du prix de ia Ville de Caen, du Critérium de Bernay, et du Premier Critérium, à Chantilly, pour le compte du baron Gourgaud, dont les couleurs (casaque rouge, manches marron, toque rouge) connaissent ainsi le succès dès leurs débuts.

A l'étranger, il nous faut signaler, en plus de la victoire de Quérido^ dans le Chester Cup, celle de Monitor, dans les Windsor Castle Stakes, à Ascot, et de Oh qui, pour la seconde fois, remporte le Lincolnshire Handicap.

A Bade, Sauge Pourprée enlève le prix de l'Avenir; — Séjan, le Furstenberg Mémorial; — Flamette, le prix de la Fondation de Bade; — et Pont-d'Eragny, le prix de Heidelberg.

Enfin, en Itahe, c'est Madrée, dont nous avons déjà parlé, qui se classe comme le meilleur sujet de sa génération, avec, entre autres victoires, le Grand Prix Ambrosian, de 100.000 fr., à Milan.

Notons rimportation,par M. Ed. Blanc, de Chaleureux (Goodfellow et L'Été), père de Signorinetta, la gagnante du Derby et des Oaks, en 1909, payé 5.250 francs seulement. Il était âgé de dix ans et avait remporté quelques bonnes courses, comme le Chesterfield Cup, le Manchester November Handicap et le Cesarewitch, sous le poids, infime pour un quatre ans, de 46 kil. 1/2. .

Rappelons enfin le dépôt sur le bureau de la Chambre, au début

de l'année, de la proposition de loi Ruby, tendant à modifier la loi du 2 juin 1911 sur le pari mutuel. Cet honorable législateur ne demandait pas moins — afin de canaliser les sommes énormes qui s'en vont chaque année, sans profit pour l'État, aux agences clandestines (1) — que l'ouverture, dans Paris, de guichets officiels du pari mutuel, et il proposait d'en charger les étabhssements de crédit, dont les nombreuses succursales dans les différents quartiers semblaient se prêter à merveille à ce genre d'opérations.

Aussitôt V Union des Syndicats des gérants des débits de tabacs de France de réclamer à son profit l'installation, dans les.débits de tabacs, de ces agences légales du pari mutuel en dehors des champs de courses, « la plupart ayant non seulement le téléphone, mais en location l'appareil Weight, de l'agence Havas, qui leur permettrait de donner les résultats course par course. »

Si séduisante que fût la perspective de transformer Paris en une vaste agence de jeu, la Chambre ne crut pas devoir donner suite à la proposition Ruby : c'eût été pousser vraiment trop loin l'amour du lucre que de faciliter ainsi la ruine publique!

Signalons aussi, bien qu'elle n'ait pas trait directement aux courses, la création de la Société d' Encouragement à Vélevage du Cheval de Guerre français, en raison de son rôle éminemment patriotique et du concours qu'elle apporte à l'utihsation du pur sang comme reproducteur (2).

(1) En 1905, le seul Tribunal de la Seine avait jugé 865 inculpés pour infractions à la loi du 2 juin 1911.

Il n'est pas nécessaire d'affirmer que les sommes engagées clandestinement chaque année sont sensiblement égales à celles qui sont enregistrées officiellement et qui ne s'élevaient pas à moins, pour 1907, de 321.625.125 francs, ce qui représentait :

2 % pour les œuvres de bienfaisance. . Fr. 6.431.502 70 1 % — l'adduction d'eaux potables. . . . 3. 216. 251 35

1 % — l'élevage 3.216.251 35

4 % — les Sociétés de Courses 12.863.005 40

Au total, pour 1907. . Fr. 2^.727.010 80 Sur ce total de 321.625.125 francs, la région parisienne figure, à elle seule, pour 295.476.550 francs.

(2) Modestes au début et réservés au seul concours de Saumur, les encouragements de cette société allaient en augmentant chaque année, pour atteindre, en 1913, la somma de 142-000 francs, répartis sur 403 chevaux primés à ses treize concours régioraux de Saumur, Acgoulême, Pau, Auch, Alger, etc.

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