CHAPITRE LXXXYin
Question des départs. — Exode des chevaux étrangers. — Suppression du Critérium International. — Augmentation de l'allocation de nombreuses épreuves. — Le prix de Deux Ans, à Deauville, reprend le nom de prix Morny. — Faucheur, Alcantara II, As d' Atout, Combourg, Tripolette, Rose Verte. — Basse-Pointe, Badajoz, La Française (suite). — Retraite de Moulins-la-Marche. — Montrose II, record des sommes gagnées par un cheval de 2 ans en France. — Arrivées photographiées. — Nécrologie : MM. Ed. Cavailhon, Nayler, H. Blount, vicomte de Bouëxic, E. Blascowitz, baron Gustave de RothschiM, comte de Lastours, comte Florian de Kergorlay. — ■ Retraite du comte Lehndorff. — Mort de Flying-Fox, Chalet et Isinglass. — Commission de contrôle des fonds provenant du pari mutuel. — Encore une idée de politiciens.
La question des départs étant à Tordre du jour, au sein des diverses Sociétés de courses, le fameux Comité Consultatif permanent des Courses affirme son existence en demandant une uniformité de réglementation concernant les instructions à donner au starter pour le départ des chevaux placés sous ses ordres.
Quand un cheval est-il ou n'est-il pas sous les ordres du starter? Aucun texte n'ayant jusqu'ici paru assez clair, M. le marquis de Ganay proposa la rédaction suivante, qui écartait toute ambiguïté : « Un cheval sera considéré comme étant sous les ordres du starter, lorsque le jockey aura répondu à l'appel de son nom au poteau de départ. »
Ceci ne résolvait pas la question même des départs, et les Sociétés n'ayant pu se mettre d'accord, la Société d'Encouragement et la Société de Sport de France continuèrent à employer la starting gâte, alors que l'on y renonçait à Maisons-Laffltte et à Saint-Cloud, et que l'on revenait au drapeau, avec le lining-ribbon, qui sert seulement à aligner les chevaux.
Le Comité Consultatif s'était préoccupé également de l'exode des chevaux américains en France; mais, tandis que son rapporteur.
M. Jean Joubert, demandait qu'on restreignît le nombre des courses d'obstacles ouvertes aux chevaux étrangers, il crut suffisant d'émettre le vœu « qu'il n'en soit pas ouvert davantage ».
Pour les courses plates, la question ne s'était pas posée, les allocations de la Société d'Encouragement, par exemple, étant exclusivement réservées aux chevaux nés en France et, de toutes les autres Sociétés, la Société Sportive étant la seule qui consacre aux chevaux étrangers une réunion spéciale, à l'automne.
'Bn Angleterre, où la presque totalité des courses plates sont ouvertes aux chevaux de tous pays, les stewards du Jockey-Club, en réponse à une pétition d'un groupe d'éleveurs-propriétaires, avaient déclaré que, tout en se rendant compte du danger éventuel pour l'élevage anglais créé par l'importation d'un trop grand nombre de yearlings d'origine américaine, ils ne croyaient pas la situation actuelle alarmante et qu'il ne leur semblait pas opportun de prendre dès maintenant des mesures préservatrices : il serait toujours loisible d'ailleurs de soumettre la question en temps utile au Jockey-Club.
Parmi les décisions prises, au cours de l'année, par la Société d'Encouragement, la plus importante a trait à l'augmentation future des allocations de certaines grandes épreuves, comme les prix du Cadran, de Diane et Royal-Oak, qui seront respectivement élevées, à partir de 1913, les deux premières à 75.000 francs, et la troisième à 60.000 francs. De plus, il était décidé que le prix du Cadran serait alors ouvert aux chevaux de 4 ans et au-dessus, de tous pays.
Nous reviendrons, lors de son application, sur cette transformation, qui constituait un fait capital.
Parmi les épreuves importantes dont l'allocation profite, dès l'année courante, d'une augmentation appréciable, citons l'antique prix de la Forêt et le prix La Force, qui passent à 30.000 francs; le prix du Prince d'Orange, à 25.000; les prix de Condé, de Villebon et de Courbevoie, à 20.000. Ce dernier reçoit, en outre, le nom de prix Kergorlay, en souvenir du comte Florian de Kergorlay, qui venait de mourir, lequel était membre du Comité et Commissaire de la Société d'Encouragement, en même temps que Président de la Société des Courses de Deauville.
A côté de ces épreuves qui prospèrent, il en est d'autres, au contraire, qui périclitent, tel le Critérium International, que la Société d'Encouragement supprima, comme n'ayant jamais atteint le but en vue duquel il avait été créé, en 1893. 11 n'avait jamais eu, en effet, d'international que le nom. Mais pouvait-on vraiment espérer que son allocation de 25.000 francs serait suffisante à attirer les concurrents étrangers.
Une heureuse modification est apportée au parcours des Poules d'Essai et du Grand Critérium, qui émigrent de la petite à la moyenne
piste, ce qui diminue les chances de bousculade dans le dernier tournant, beaucoup moins court.
Deux des plus riches épreuves deMaisons-Laffitte bénéficient, elles aussi, d'une plus-value considérable: c'est ainsi que le prix Monarque — qui devient le prix Eugène Adam, sur 2.000 mètres de la piste tournante, et non plus en ligne droite — voit élever son allocation de 40 à 80.000 francs, et FOmnium de Deux Ans, la sienne, de 25 à 50.000 francs.
A Deauville, on commence les travaux d'une piste en ligne droite de 1.600 mètres, qui sera inaugurée en 1913.
Pour remplacer le comte Florian de Kergorlay, la Société des Courses avait fait choix du comte Le Marois. Elle avait été heureusement inspirée et ses destinées ne pouvaient être en meilleures mains.
Le nouveau Président s'empressa, non seulement de donner le nom de son prédécesseur à une des épreuves les plus importantes de la réunion, mais il voulut encore que le nom du fondateur même de la Société fut tiré de l'oubli et, sur son ordre, le prix de Deux Ans redevint, comme avant 1870, le prix Morny.
Quele Conseil Municipal de cette localité, au lendemain de la chute de l'Empire, eût enlevé, de la place où elle se dressait., la statue du créateur de Deauville, ce n'était là qu'une de ces couardises dont les assemblées politiques sont coutumières. Mais on attendait moins d'ingratitude, et plus de dignité, de la Société des Courses, et l'ostracisme dont elle frappa, pendant quarante ans, le nom de son fondateur peut paraître regrettable.
On ne saurait donc trop féliciter le comte Le Marois, dont le premier geste fut un acte de réparation.
A quand le tour de la Société d'Encouragement de réinscrire le nom de l'instigateur de l'hippodrome de Longchamp et du Grand Prix de Paris en tête d'une de ses grandes épreuves?
L'année 1911 compte deux bons chevaux. Faucheur et Alcantara II, qu'il eût été intéressant de voir aux prises, à égalité de moyens et de condition. Malheureusement, au moment où Faucheur triomphait, Alcantara n'était pas encore lui-même, et quand on employa la tactique qui semblait rendre Alcantara invincible, Faucheur n'était plus qu'un invalide, hors de combat.
Faucheur (Perth et Fourragère), au baron Maurice de Rothschild, avait pris ses quartiers d'hiver après sa brillante victoire dans le Grand Critérium. Très gros d'ouvrage, il fait sa rentrée dans le prix de Saint-Cloud, qu'il enlève d'une encolure à des adversaires mé-
diocres; il ne triomphe que d'une tête, dans le prix Delàtre, où il n'a rien abattre [Alcantara II, qui y faisait sa rentrée, ne comptant pas encore) ; puis il se promène, dans les prix Lagrange, devant Combourg et autres, et finalement a raison, par trois quarts de longueur, de Alcantara II, dans le prix Hocquart. Quelques jours plus tard, il tombait boiteux. On ne désespéra pas, cependant, de le conserver pour le Derby de Chantilly, et on l'envoya chez M. H . de Mûmm, à Reims, à l'effet d'y suivre un traitement particulier. Chaque jour, pendant près d'une demi-heure, le poulain se livrait à la natation, dans une piscine; puis il faisait, monté par son lad habituel, sous le poids de 75 kilos, un exercice d'une heure et demie :long trotting sur une côte, puis canter raccourci. Faucheur étant entraîné à fond quand son accident survint, on espéra que la natation entretiendrait suffisamment la liberté des poumons et que la gymnastique du travail quotidien maintiendrait en état les muscles des reins et de l'arrière main. Ce n'était pas la première fois, d'ailleurs, qu'on tentait d'employer le régime humide pour la remise en état des tendons claqués, et quelques années auparavant, on avait vu un cheval raccommodé par ce moyen, gagner plusieurs épreuves importantes à Auteuil. Faucheur partit donc dans le prix du Jockey-Club, où sa présence apporta un élément de curiosité à défaut d'intérêt, car il paraissait assez invraisemblable que le poulain fût en état de soutenir une course particulièrement sévère, comme celle qu'on présumait qii Alcantara II allait mener : et de fait, s'il resta sur ses jambes jusqu'au bout, il ne joua aucun rôle. L'effort avait été suffisant cependant pour que le tendon malade claquât définitivement à quelques jours de là; cette fois, Faucheur fut retiré de l'entraînement et vendu pour la reproduction à un groupe d'éleveurs, au prix de 400.000 francs, chiffre considérable pour un poulain qui quittait le turf sans avoir accompli aucune de ces grandes performances classiques qui consacrent une réputation.
Alcantara II (Perth et Toison d'Or), au baron de Rothschild, était un poulain bai, très racing-like, à qui il manqua peu de chose pour être un grand cheval. Il avait eu une bonne carrière à deux ans, et ses victoiTes, sur les 1.600 mètres des prix Heaume et Eclipse, dénotaient tout au moins qu'il avait de la tenue. Pendant toute la première partie de sa campagne de trois ans, il courut assez médiocrement : non placé dans le prix Delâtre, troisième derrière Rondede-Nuit et Sablonnet, dans le prix Perplexité, second dans le prix Hocquart, à trois quarts de longueur de Faucheur, alors en pleine gloire, et non placé dans la Poule d'Essai.
Au cours de ces différentes sorties, il parut manifeste que le caractère du poulain s'était aigri et qu'il se rebutait à la tâche qu'on lui imposait : il se battait contre son mors, tentait de se dérober et même se jetait sur ses rivaux pour les mordre. Comme il s'employait très docilement à l'exercice, au contraire, on en avait conclu qu'il tournait
au rogue et on l'affubla de capuchon et d'œillères, afin de l'empêcher de se livrer à ses incartades. On pensa, en outre, que le mieux serait de l'isoler en course et de profiter de l'extraordinaire jump-ofî dont il était doué, pour lui faire prendre la tête, dès le départ, au lieu de le tenir dans le peloton, comme on l'avait fait jusque là.
Rarement changement de tactique en course eut un résultat aussi surprenant. Alcantara II n'était pas un rogue, comme on le pensait, mais impressionnable et nerveux à l'excès, il soufrait du bruit, ce qui explique qu'il ne galopait bien que seul : il s'étendait alors librement, dans une action souple et coulante, qui rappelait celle de son aïeul maternel Archiduc, et qui brisait tous ses adversaires.
Du jour où l'on adopta cette tactique de la course en avant, il sembla invincible, et ce fut dansuncanter, sans avoir été rejoint, qu'il remporta successivement le prix La Rochette, le prix Lupin où As d'Atout ne fut pas placé), et le prix du Jockey-Club. 11 y partit grand favori, bien que certains craignissent qu'il ne pût soutenir son propre train sur un parcours aussi sévère, et l'on rappelait à ce propos l'exemple même d'Archidur, qui s'était étouffé à vouloir suivre le train d'enfer mené par /fi^s, et qui s'était trouvé sans ressources pour résister à l'assaut final de Little-Duck.
Ces craintes n'étaient pas fondées, et Alcantara II accomplit, ce jour- là, une performance digne d'un grand cheval. Parti en tête, il mena d'une allure soutenue avec plusieurs longueurs d'avance sur le lot jusqu'aux écuries, où son jockey le reprit un instant, pour le pousser à nouveau au commencement de la descente : dès lors la course était finie, Alcantara II repartait de plus belle, pour gagner au petit galop, au milieu des acclamations de la foule, électrisée par ce bel exploit sportif.
La suite de sa carrière ne répondit pas à cette brillante période. Il est vrai qu'aucun cheval, fût-ce Gladiateur lui-même, n'eût résisté à la course folle qu'on lui infligea dans le Grand Prix.
M. Michel Ephrussi y avait deux représentants : Matchless, en qui il avait grande confiance, et Granité, cheval excessivement vite sur douze cents mètres, qui devait essayer d'user Alcantara II dès le départ. Tous les journaux l'avaient annoncé, tous les sportsmen en causaient, et il n'était pas jusqu'au dernier pelousard qui ne le sût.
L'écurie de Rothschild, son entraîneur et son jockey semblent avoir été les seuls à l'ignorer.
Au départ, Granité, qui avait la corde, file à toute vitesse et prend plusieurs longueurs d'avance. Il suffisait à Milton Henry, afin d'isoler son cheval — qui était à l'extérieur — de le placer entre Granité et le peloton : il se serait, par la force des choses, trouvé en tête quand le leader eût été au bout de son rouleau et aurait alors forcé 1" allure à son gré. Au lieu d'agir ainsi, il commit la folie de vouloir ravir le commandement à Granité. Jusqu'au petit bois, ce fut une lutte acharnée entre les deux chevaux. On savait qw" Alcantara II finirait par prendre le meilleur, et il le prit, en effet. Mais cet effort prématuré
l'avait réellement usé. Il tenta de démarrer dans la descente, mais les autres étaient déjà sur ses talons et, dans le tournant, il s'effondrait.
Jamais on n'avait vu massacrer un cheval de la sorte.
M. Michel Ephrussi ne profita que très imparfaitement du tour qu'il avait joué au favori, et ce fut pour un troisième larron que Granité avait tiré les marrons du feu. Matchless, en effet, ne put prendre que la troisième place, derrière As d'Atout et Combourg.
Les performances d'As d'Atout (Le Sagittaire et Anastasie), au marquis de Ganay, n'étaient pas de nature à l'indiquer comme le gagnant d'une épreuve de cette importance, bien que nous ayons entendu personnellement son entraîneur, W. Barker, quelques jours avant le Grand Prix, déclarer que, si la course était menée très sévèrement, son poulain avait grande chance d'y triompher.
As d'Atout n'avait pas couru à deux ans. Battu par T race rsin, lors de ses débuts dans le prix Juigné, on ne l'avait vu — sauf dans le prix Lupin, où il ne fut pas placé — que dans des petites épreuves à côté, où il n'avait rien à battre. Sa derrière sortie était une victoire dans un handicap, le prix de la Pelouse, à Chantilly.
A défaut de celui d' Alcantara II, nul succès ne pouvait être plus sympathiquement accueilli que celui des couleurs du marquis de Ganay.
A quoi tiennent les choses du turf, cependant. As d'Atout, qui cueillait ce trophée tant envié, ne devait-il pas à un pur hasard de n'avoir pas été vendu, en raison de sa petite taille, comme poney de polo!
U était parti à la cote de 16/1, et était monté par O'Neil, qui s'affirmait de plus en plus comme le meilleur jockey de l'heure actuelle.
De ce qu'il n'avait pu venir à bout d'une tâche impossible dans le Grand Prix, on en conclut alors que la course en avant ne valait plus rien pour Alcantara II, et l'on en revint à la course d'attente, qui ne lui avait' jamais réussi : aussi fut-il battu, d'abord dans le prix Eugène Adam, par Gavarni III, — à qui il rendait 14 livres, et tout en laissant loin derrière lui Matchless, à ce même écart de poids, — puis, dans le prix Royal-Oak, par Combourg; il tordit ensuite Italus et Ossian, dans le prix du Prince d'Orange, et ne fut nulle part dans le prix du Conseil Municipal.
Enfin, en compagnie d'As d' Atout — - qui venait de remporter les prix Le Sancy et de Satory — tous deux se firent battre, au Tremblay, dans le prix Edgard Gillois, par Conti-la-Belle et Consols, chevaux d'ordre très modeste, à qui ils rendaient sept kilos.
Cet écart de poids, étant donnée la différence de classe, serait insuffisant à justifier ce résultat, que peut seul expliquer un déclin complet de forme.
Ce fut leur dernière [course, et aucun des deux ne reparut en public.
Le plus régulier, après eux, est Comhourg (Bay Ronald et Chiffonnette), à M. F. Jay-Gould, gagnant des prix Noailles et Greffiilhe, dans lesquels il ne rencontra rien, et, à l'automne, du prix Royal-Oak, où, comme nous l'avons vu, il battit' d'une encolure , Alcantara II. Il s'était placé troisième dans le Grand Prix de Nice; second, dans les prix de Guiche, Lagrange, Hédouville, du Jockey- Club, le Grand Prix et le prix Flageolet, et n'avait pas été placé dans le Biennal, la Poule d'Essai et le Conseil Municipal.
Des deux cracks de deux ans, Manfred et Lord Burgoyne, le premier a disparu, et le second doit se contenter d'une heureuse victoire dans la Poule d'Essai, après laquelle il ne causera que des déboires à son propriétaire, qui le vendra bientôt pour les obstacles.
Les autres gagnants d'épreuves importantes sont : Manzanarès, prix Citronelle et Kergorlay; — Shetland, prix Daru; — Gavarni III, prix Eugène-Adam; — Matchless, prix Miss Gladiator et La Force; troisième dans le Grand Prix et le prix du Conseil Municipal; — Cavallo, prix Edgard de La Charme et de Lonray; troisième dans le prix du Jockey-Club; — Radis Noir, frère de Radis Rose, Poule d'Essai de Pau et Derby du Midi, à Bordeaux; à son retour, il est brûlé dans le wagon qui le ramenait; — Traversin, prix Juigné et Grand Saint-Léger, à Caen.
La victoire la plus sensationnelle, sinon la plus concluante, remportée, en 1911, par les pouliches, est celle de la médiocre Conti-la- Belle (Childwick et Cousine Bette), à M. F. Jay-Gould, dans le prix Edgard Gillois, au Tremblay, à l'arrière-saison. Nous avons vu qu'elle y avait battu As d' Atout et Alcantara II, qui avaient même fini derrière Consols!...
Les quatorze livres qu'elle recevait ne suffisent pas à expliquer ce succès et elle ne se trouve pas classée pour cela à la tête des pouliches de sa génération. La meilleure est, sans contredit, Tripolette (Elf et Tribune), au comte E. de Boisgehn. Bien qu'elle ait échoué dans la plupart des grandes épreuves qu'elle ait disputées (Grand Prix de l'Exposition à Turin, prix Flying-Fox, Fille-de-l'Air, Eugène- Adam, Grand Prix de Vichy et prix du Conseil Municipal), elle n'en remporta pas moins sept victoires, dont les prix Vanteaux, Semendria, de Victot, Amphitrite (battant Basse-Pointe, qui lui rendait 23 livres). Omnium et Vermeille.
Autant l'on vit souvent Tripolette, qui ne courut pas moins de vingt-six fois, autant l'on vit peu Rose Verte (Elf et RoseNini), à M. A. Aumont, qui ne parut que cinq fois en public. Après un petit succès au Tremblay, et des tentatives obscures dans le prix Hocquart et la Poule d'Essai, elle enleva facilement le prix de Diane, où, couplée avec sa camarade Ombrelle, qui comptait quelques partisans, elle ne rapporta que 101 fr. 50 gagnante, mais donna 375 francs à la place, ce qui indiquait combien sa chance paraissait problématique. Rose Verte resta sur cette victoire; envoyée aux ventes
craiitomne de Newmarket, elle fut achetée comme poulinière, pour ';8.750 francs, par M. Muller.
Bolide II avait gagné le prix de Saint-James et la Poule d'Essai; — La Grave, le prix La Rochette et le Handicap d'Octobre; — La Bohême II, le prix des Villas, à Deauville, et le prix de Flore.
Deux chevaux, parmi les vétérans, font preuve d'une haute qualité, que ne laissaient pas présager leurs performances de trois ans, si honorables fussent-elles.
Basse-Pointe ne trouve sa forme, comme l'année précédente, d'ailleurs, qu'à partir de l'été. Troisième, avec Dor, dans la Coupe, battue facilement par La Française, dans le prix Rainbow, par Gros Papa, dans le prix Consul et par le vieux Boy al Bealm, dans l'Alexandra Plate, à Ascot, elle enlève ensuite le prix Fille-de-1'Air, et à Deauville, le prix Hocquart et le Grand Prix, battant les meilleurs performers du moment. A Dieppe, elle ne peut rendre 23 livres à Tripolette, dans le prix Amphitrite; mais elle termine la campagne par une double victoire, d'abord dans le prix du Conseil Municipal sur Melbourne , Matchless, Bronzino, Tripolette, La Française, Alcantara II, Combourg, etc., puis dans le prix Gladiateur, où elle a "facilement raison de La Française. Ses gains pour l'année s'élèvent à 326.860 francs.
Badajoz la suit de près avec 300.475 francs. Battu par Italus, puis par Moulins-la- Marche, au début de l'année, dans des épreuves secondaires, il remporte successivement le prix Boïard (sur Bire-aux- Larmes, Gros Papa, Italus, etc.), l'Omnium International, de 100.000 francs à l'inauguration de l'hippodrome des Paroh, à Rome, le prix Ajax (dans lequel il rend 10 livres à son aîné Négofol, et 12 à son contemporain Cadet- Boussel III), le prix Flying-Fox (sur Dor, Tripolette, Bonde-de-Nuit, Moulins-la- Marche, etc.), le Handicap limité, sur les 3.000 mètres de Longchamp, ave: le top weight de 62 kilos, et le Grand Prix de Bade; entre temps, il avait échoué dans le prix du Président, à Maisons-Laffitte, où il n'avait pu prendre que la troisième place.
Après ces deux triomphateurs, vient tout un groupe d'excellents performers qui, suivant leurs aptitudes ou les circonstances, triomphent tour à tour.
C'est d'abord La Française, qui semble se spécialiser sur les longs parcours et qui enlève les prix du Cadran, Rainbow, La Rochette, Florian de Kergorlay, à Deauville, et de Chantilly; elle n'estpas placée dans la Coupe, le prix du Président, le Grand Prix de Deauville et le prix du Conseil Municipal, et elle avait dû se contenter d'accessits dans les prix Salverte, Gladiateur et du Pin.
Ossian, vainqueur des prix Perplexe, des Sablons, Le Roi Soleil, d'Ispahan, et du prix du Président, à Maisons-Laffitte, qu'il enlève
d'une encolure à l'anglais Mushroom; — Cadet-Roussel III, cinq victoires, dont le prix de Seine-et-Marne, la Coupe d'Or, dé la Société Sportive, et le prix du Pin; — Dor, prix de Dangu et Grand Prix de Vichy; — Sablonnet, prix de Lutèce, Biennal de Longchamp, Grand Prix du Commerce, à Milan, et prix Guillaume-le-Conquérant, à Deauville; à la fin de la campagne il est acheté 80.000 francs par l'Administration des Haras; — Ronde-de-Nuit, prix de la Seine et Perplexité; — ■ Rire-aux- Larmes, la Coupe et le prix du Prince de Galles; — Olivier II qui ne paraît qu'une fois, pour gagner le Grand Prix de Nice; — Radis Rose, prix Hermit, à Saint-Cloud, et de la Fondation de Bade; — Italus, les prix Dollar et Hédouville; il sera vendu ensuite comme étalon à la Belgique; — Gros Papa, prix Consul; — Reinhart, prix Jouvence, après quoi il est acheté par les Haras Impériaux allemands.
Enfin, c'est le vétéran des vétérans, Moulins-la-Marche , à qui l'âge semble n'avoir rien enlevé de sa vigueur. Malgré ses huit ans, il n'en paraît pas moins encore une vingtaine de fois en public, pour gagner près de 40.000 francs.
Il avait débuté à l'âge de deux ans, et, depuis sept campagnes consécutives il était sur la brèche, courant pai' tous les temps, sur toutes les pistes, sur toutes les distances.
Aucun cheval de plat n'est resté aussi longtemps sur le turf, chez nous; aucun, à coup sûr, n'approche du nombre de courses qu'il a disputées pendant cette laborieuse carrière, nombre qui ne s'élève pas à moins de cent-vingt! (1).
II lui a fallu une endurance vraiment exceptionnelle pour résister à ce métier, qui l'a fait surnommer le « Juif-Errant du Turf ».
Un seul cheval pouvait jusqu'ici disputer à Moulins -la- Marche cette palme peu ordinaire, avec 25 victoires sur 73 sorties, et c'était Punta-Gorda, sa camarade d'écurie.
M. J. Lieux est vraiment un homme terrible... pour les jarrets de ses chevaux.
Durant leur carrière sur le turf, Punta-Gorda et Moulins-la- Marche lui ont rapporté plus d'un milUon. C'est là un résultat devant lequel il n'y a, paraît-il, qu'à s'incliner, et, comme on le voit, «l'entraînement en wagon» — ainsi qu'on le dit malicieusiment des chevaux qui courent si souvent qu'il semble impossible qu'ils puissent travailler ailleurs qu'en cours de route — a du bon. Ne peut-on se demander toutefois si, ménagés davantage, ces deux chevaux n'auraient pas fait mieux encore et inscrit leur nom au hvre d'or de certaines grandes épreuves qu'ils disputèrent toujours en vain.
A la fm de la campagne, on apprit que Moulins-la-Marche prenait
(1) Si invraisemblable que cela soit, ce n'est iDourtant pas là \\n record, et nous avons vu que Coulàinville (Plutus et Miss Herrine), ne en 1879, avait couru 235 fois, de 2 à 12 ans, tant en obstacles que dans les flat races des Suburbains 1
enfin sa retraite et que dès la saison suivante il ferait la monte au haras de Marly-la-Ville. La stupeur fut grande dans le monde des courses : on était habitué depuis si longtemps à voir ce vieux lutteur un peu partout, à Longchamp comme à Maisons-Laffitte, à Chantilly comme au Tremblay, à Saint-Cloud comme à Deauville, qu'on se figurait qu'il serait éternellement de toutes les parties.
Moulins -la- Marche quittait le turf aussi net et aussi sain que le jour de ses débuts. Étant donnée la réelle qualité dont il fit preuve certains jours, on peut se demander ce que, mieux ménagé, il eût pu faire. M. J. Lieux, comme on le sait, l'avait réclamé, après une petite victoire, à deux ans, pour 10.113 francs.
Sur les 120 courses que Moulins -la- M arche avait disputées, il en avait remporté 41 et avait été placé 34 fois.
Ses gains s'élèvent à la somme de 569.392 francs (1).
Bien qu'il eût échoué dans le prix de Deux Ans, à Deauville, où sa course fut trop mauvaise pour être exacte, un poulain se détache nettement sur l'ensemble de la jeune génération par ses brillantes performances.
Montrose II (Maintenon et Mario) provenait de l'élevage de Mme Lemaire de Villers. Il avait été payé yearling 65.000 francs par M. W.-K. Vanderbilt, qui recherchait tous les produits de son propre étalon Maintenon.
Montrose II justifia ce prix élevé en enlevant l'Omnium de Deux Ans, le Biennal, le Critérium et le prix de Seine-et-Oise, à Maisons- Laffitte, le Grand Critérium, à Paris, et le prix de la Forêt, qu'il partagea avec sa camarade Pétulance, et en créditant son propriétaire de 209.900 francs, chiffre qu'aucun cheval de deux ans n'avait encore atteint en France.
Après lui le meilleur deux ans est sa camarade d'écurie Pétulance (Maintenon et Perpétua), qui, en plus de la demi- victoire précitée, avait remporté le Grand Critérium International d'Ostende et le prix La Pochette de son sexe.
Comme on le verra plus loin, une intirmité commune devait, malheureusement, paralyser leur haute qualité, à trois ans.
(1) Voici le relevé de ces performances :
Francs.
En 1905, à 2 ans, 11 courses, 6 victoires, 2 places 37.300
Au ' total : 120 courses, 41 victoires, 34 places. . Fr. . 569.392
Viennent ensuite Porte- Maillot, gagnante de quatre courses, dont le prix Morny, à Deauville; — Quai-des- Fleurs, quatre victoires (prix de l'Avenir, à Bade); — Mongolie, 6 victoires, dont les prix Heaume, de Condé et le Critérium de Saint-Cloud; • — La Plata II (Critérium de Deauville); — Shannon, prix de Villers et de la Salamandre; — Zénith II, prix La Rochette.
Houli, De Viris, Amoureux III, Qu elle- est- Belle II , Prédicateur, Gorgorito et Wagram II, ont paru plus ou moins souvent, sans succès.
Priant II et Floraison n'ont pas couru.
En Angleterre, l'Esher Cup, de 25.000 francs, à Sandown Park, et le Cambridgeshire étaient revenus à deux anciens chevaux français, Maréchal Strozzi et Long Set.
Maréchal Strozzi (Strozzi et Équinoxe) fut acheté à la vente des yearlings du comte Danger, par M. C.-T. Pulley; quant à Long Set (Rabelais et Balle-Perdue), il avait appartenu au comte de Fels, qui le céda, au cours de sa troisième année, à M. Sol Joël.
Nous avons dit les succès remportés en Italie par Badajoz et Sablonnet. A l'actif de notre élevage, il faut y ajouter la victoire, dans le Grand Prix de l'Exposition de 50.000 francs, à Turin, de Misraïm (Le Sagittaire et Mérope), qui, bien qu'appartenant à un propriétaire italien, M. Chimelli da Zara, était né en France.
A Bade, en plus des victoires de Badajoz, dans le Grand Prix, de Radis Rose, dans le prix de la Fondation de Bade, et de Quai-des- Fleurs, dans le prix de l'Avenir, Imrak avait remporté trois courses, dont le Prince of Wales de 25.000 francs.
A Bruxelles, le Grand Prix échappe à Rioumajou, mais nous avons vu Pétulance s'adjuger le Grand Critérium d'Ostende, où la favorite Porte-Maillot n'était pas placée.
Puisque nous sommes en Belgique, rappelons la très intéressante expérience d'arrivées photographiées, qui fut faite aux courses de Zellick, et qui réussit parfaitement.
Le résultat des arrivées très disputées n'a été proclamé qu'après le développement des plaques, développement qui ne dura que trente secondes, et l'on constata qu'il était absolument conforme au verdict du juge, notamment dans un dead-heat qui eut lieu.
Il est regrettable que cet exemple n'ait pas été suivi.
Le bulletin nécrologique est très chargé et nous avons à enregistrer, en plus du décès du comte F. de Kergorlay que nous avons déjà rappelé, celui des personnalités suivantes :
M. Edouard Cavailhon, écrivain sportif, fondateur de la France Chevaline.
M. Nayler, fondateur de la Chronique du Turf.
M. Henry Bloiint, l'un des anciens associés de l'écurie Lagrange, sous le nom de qui coururent les chevaux rachetés, à la vente après décès du comte de Lagrange, par la Société des écuries et du haras de Dangu.
Vicomte Médéric du Bouëxic de la Dryennais, qui s'éteignit à l'âge de 90 ans; il avait été un des partisans de la première heure du pur sang et nous avons rappelé, au cours de l'année 1846, un des matches qu'il courut. Il fut aussi un des premiers gentlemen qui montèrent à LaCroix-de-Berny , et le promoteur des cross-countries en Normandie et en Bretagne, où ils avaient été introduits à Avranches, en 1842, par un cavalier émérite de ses amis, l'anglais Moggridge.
M. E. Blascowitz, éleveur hongrois, qui fut propriétaire de l'invincible pouliche Kincsem, dont nous avons relaté la carrière quand elle vint enlever le Grand Prix de Deauville, en 1878.
Baron Gustave de Rothschild, membre du Comité de la Société d'Encouragement et propriétaire d' Alcantara II.
Comte de Lastours, éleveur, un moment associé de M. H. Ridgway, membre du Comité de la Société d'Encouragement et du Conseil supérieur des Haras; son meilleur produit avait été Négofol, vainqueur du prix du Jockey-Club, en 1909, sous les couleurs de M. Vanderbilt.
Le comte Lehndorfî, grand-maître des haras allemands, prit sa retraite, après 45 ans d'éminents services rendus à son pays. Sa haute compétence en faisait une personnalité sportive de premier plan et il peut être considéré comme le réorganisateur de l'élevage allemand, dont il prit la direction, en 1866, au lendemain des événements de Sadowa. On sait à quel degré de prospérité il a porté le haras de Graditz où, à côté d'étalons comme Ard Patrick et Galtee More, il avait importé successivement Charriant, Gouverneur^ Le Destrier, Little-Duck, Caïus, Alpha et récemment Nuage et Biniou.
Avant d'être appelé au poste que le roi de Prusse lui confia en 1866, le comte Lehndorfî, alors jeune officier de cavalerie, possédait une importante écurie de courses en Allemagne. Il venait souvent en France, et sa jument Faustina, qui provenait de l'écur^e Lagrange, remporta le Grand Prix de Marseille, en 1862. Luimême, en 1865, gagna une course de gentleman-riders à Chantilly, sur Gaulois.
Son successeur est M. Burchard von Wottingen, directeur du Haras royal de Trakhenen.
Trois étalons célèbres disparaissent, Flying-Fox et Chalet, en France, et Isinglass, en Angleterre.
Nous avons, lors de son importation, en 1900, retracé la carrière sur leturf deF/2/mg-Fo.r, queM.EdmondBlancavaitpayé984.375fr.,
prix que n'avait et que n'a pas encore atteint un étalon. Ses premiers produits parurent en 1903 : c'étaient Aj'ax, Gouvernant, French- Fox; puis vinrent Jardy, Val cVOr, Adam. La suite ne tint pas les promesses de ces heureux débuts, et ce fut surtout par la précocité que se signalèrent ses autres produits, dont les meilleurs furent les pouliches Sais, Madrée, Flying-Star et Mcssaouda. L'ensemble des gains de ses fils et filles s'élevait, à fin 1912, à plus de quatre millions; les prix obtenus par ceux qui ont été vendus àl'étranger dépassent trois millions de francs ( Val d'Or et Jardy sont en Argentine, et Adam, qui avait été acheté par les États-Unis, est revenu en France).
Chalet (Beauminet et The Friskj^-Matron) était né en 1887. Son meilleur produit en plat fut Maximum; de ses filles, descendent Sauge Pourprée et Mystificateur; mais il fut surtout un reproducteur de chevaux d'obstacles : dans cette branche, ses produits gagnaient, à fin 1912, plus de trois millions de francs d'argent pubHc.
Comme Flying-Fox, Isinglass mourut subitement. Il était âgé de 21 ans. Nous avons rappelé sa carrière en 1893. On sait qu'il détient encore à l'heure actuelle le record des sommesgagnéespar un cheval dans sa carrière de courses, avec le chiffre formidable de 1.466.375 francs.
Au haras, il déçut les espérances qu'on avait fondées sur lui et fit mieux dans les pouliches que dans les poulains. Les meilleurs de ceux-ci sont John O'Gaunt, Kilglass, Admirable Crickton et Jacohus. Parmi ses filles, on compte: Cherry Lass et Glace Doll, gagnantes des Oaks, en 1905 et 1907; Glasalt, mère de King-Williatn; Lady Lightfoot, mère de Prince Palatine; Vain Duchess, mère de Helicon; Goody two Shoes, mère de Charles O'Maley. En France : Lygie, mère de Médéah et Azalée; First Sight, mère de Second Sight, Foresight, Oversight et Presight; Jeunesse Dorée, mère de Joie.
Nous avons dit que Rose Verte, la gagnante du prix de Diane, avait été achetée par l'Angleterre.
Nos voisins nous enlevèrent aussi une jument qui connut les grands triomphes, La Camargo, dont M. Edmond Blanc avait donné jadis un prix fort élevé. Mais elle n'avait pas tenu, au haras, les promesses de sa brillante carrière sur le turf, et cette année même, il l'avait réformée : les enchères ne furent pas très vives et elle fut adjugée pour 31.000 francs, à Lady James Douglas.
Parmi les autres petits faits, nous ne voyons guère à signaler que les deux suivants :
Depuis vingt ans qu'est appliquée la loi du 2 juin 1891, on sait quelles sommes considérables, provenant du prélèvement de 2 p. 100 opéré sur les fonds engagés au pari mutuel, ont été mises à la dis-
position de la Charité officielle (1). On pouvait croire qu'un contrôle vigilant veillait à leur répartition, et que, de ce côté tout au moins, le gaspillage qui préside aux finances publiques était évité. Il n'en était rien, hélas! et le Conseil des Ministres dut, en fin d'année, nommer une commission chargée de déterminer une méthode propre à assurer d'une façon plus efficace le contrôle et le bon emploi des subventions accordées sur les fonds provenant des prélèvements sur le pari mutuel et les jeux!...
Devant cet aveu même du Gouvernement, toutes les conjectures sont permises, et l'on pourrait s'étonner qu'aucun député n'ait eu la curiosité d'interroger à ce sujet le répartiteur de ces fonds pris aux courses, si l'on ne savait la conception que nos politiciens se font des choses du sport.
Nous n'en voulons pour preuve que la nouvelle qui courut, en fin d'année, d'après laquelle un groupe de sénateurs et de députés des stations thermales et balnéaires se proposaient de réclamer le retour du Grand Prix au commencement de juin, en raison du tort causé à leurs régions par la date actuelle.
Le succès de fou rire qui accueilht ce ballon d'essai empêcha seul d'y donner suite.
(1) Pour la seule année 1911, les prélèvements de l'État se sont élevés à 1.719.000 francs, ainsi affectés :
Œuvres lociles de bienfaisance 15.359.500 francs..
Travaux d'adduction d'eau potable 7.639.500 —
Élevage 7.630.500 —