CHAPITRE VII DE LOUIS XVI A L EMPIRE (1774 A
Les sportsmen de l'époque. — Importation de chevaux de pur sang. — Organisation régulière des courses; les « Plateaux » du Roi; le Règlement de 1780. — La Révolution.
En Italie, des courses de chevaux non montés — renouvelées de celles de l'ancienne Rome — avaient acquis, dès le milieu du xvii^ siècle, une vogue considérable. Le bruit en était venu jusqu'à Versailles (1), sans cependant y susciter aucun désir d'imitation. Seules, comme nous
(l) « Feu M. de Guise étant à Florence, — lisons-nous dans les Historiettes de Tallemant des Réaux, — avait un coursier fort vite; on voulut le faire courir pour le prix à la Saint-Jean, car on a gardé celi des anciens, et même de faire aller des chariots autour de deux pyramides, comme dans le Cirque; or, c'est dans une rue qui l'est pas droite que les chevaux courent. Ce coursier fit un effort pour gagner un tournant qu'il y avait au tiers ou au milieu de la carrière, et, quand il l'eut gagné, la rue étant plus étroite, à coups de pied il faisait tenir derrière tous les autres chevaux, qui étaient beaucoup plus petits que lui, et il s'en alla gravement au petit pas jusqu'au bout de la carrière. » (Contes de Bêtes, chap. CCCLXII.)
De plus amples détails nous sont donnés sur ce genre de courses, par les Mémoires pour l'Académie de Paris, 1767 :
a La ville de Florence n'est jamais plus belle que le jour des courses de chevaux, qui se font vers la Saint-Jean. J'en ai vu le spectacle le 29 juin 1765. La course commence à la petite porte occidentale de la ville, dans l'endroit appelé « IlPrato », et finit à deux miles plus loin, vers la « Porta délia Croce ». Le jour de cette course, tout le peuple était en mouvement ; les rues étaient garnies de deux tiles de carrosses jusqu'à l'heure de la course, et toutes les fenêtres occupées.
« Le gouverneur, placé sur une terrasse, vers le lieu du départ, fut instruit le premier, par les fusées du Dôme, du nom du cheval qui était vainqueur. Le Grand Diable, cheval anglais de M. Alexandri, est celui qui eut le prix. Il y a vingt ans qu'il ne le manque presque jamais (???).
« Le prix consiste en une pièce de velours ciselé à fond- d'or, de 60 brasses (ou plus de 30 aunes de France), estimée 2.240 livres.
« Les chevaux qui courent le prix sont abandonnés à eux-mêmes; ils ont sur
l'avons vu, les choses d'Outre-Manche avaient intéressé les « sportsmen « de la cour de Louis XIV.
Seules, elles devaient intéresser davantage encore les anglonianes du règne de Louis XVI, en dépit du jugement plus sévère que judicieux que Voltaire, dans un moment de mauvaise humeur, avait porté sur ces manifestations hippiques (1). Les hauts faits des descendants de Darley Arahian et de Goc^o//j/im 'défrayaient toutes leurs conversations. Les résultats surprenants obtenus par nos voisins, tant au point de vue de la vitesse que de l'endurance de cette nouvelle race, avaient donné à réfléchir et éveillé bien des projets.
Dès 1770, Le Boucher du Crosco, proclamait, dans son Mémoire sur les Haras, « la nécessité de l'établissement de courses à l'anglaise chez nous pour amener cette amélioration », et Bourgelat, dont l'autorité faisait loi en la matière, écrivait : « Par les courses, la race des chevaux a été totalement changée en Angleterre, et la race vile et méprisable qui avait précédé celle-ci s'est entièrement évanouie (2). » Aussi, le bruit des exploits d'E'c/ipse, le cheval quasi-fabuleux, fut-il « comme l'étincelle qui mit le feu à la mèche «, et chacun, à la Cour, ne rêva plus que chevaux anglais, entraîneurs anglais, grooms ou « jaquets » anglais.
Ce fut, à Versailles, une crise aiguë d'anglomanie.
le dos quatre plaques de plomb, hérissées de pointes qui leur piquent les flancs et les animent de plus en plus.
« Une grande toile tendue au bout de la carrière sert à les arrêter. L'espace, d'environ 1.500 toises, est parcouru en quatre minutes, ce qui revient à 35 pies à la seconde.
« M. de La Condamine a observé qu'à Rome, le Cours ou « Corso », qui a 865 toises, se parcourt en 2'-21", ce qui fait près de 37 pies par seconde. On assure cependant qu'en Angleterre les chevaux font quelquefois 54 pies par seconde. »
(1) « Alors que je m'attendais à voir à Newmarket un spectacle incomparable, un nombre prodigieux des chevaux les plus vites de l'Europe, volant dans une carrière de gazon vert à perte de vue, sous des postillons vêtus d'étoffes de soie, en présence de toute la Cour, j'ai été chercher ce beau spectacle et j'ai vu des maquignons qui pariaient l'un contre l'autre et qui mettaient dans cette solennité infmiment plus de filouterie que de magnificence. » (Lettre à M..., 1727.)
(2) « Les courses ont offert le plus sûr moyen de s'assurer de la vigueur et de la bonne organisation des chevaux, de distinguer ceux qui pourraient démentir leur origine et de choisir, sans crainte de se tromper, parmi ceux qu'on peut regarder comme bons, les animaux qui méritent d'être préférés pour le service des cavales.
« Des chevaux précieux que des soins et un esprit d'ordre et de suite naturels à la nation anglaise ont perfectionnés et perfectionnent encore chaque jour^ au moyen d'une attention exacte à renouveler et à rafraîchir les races, à en consigner publiquement et authentiquement la généalogie et situation dans des registres, et à s'opposer constamment à toutes les souillures qui pourraient résulter de mésalliances et de mélanges, sont et ont été pour elle la base et le fondement d'un nouvel objet de commerce qui, jusqu'alors, lui avait été totalement inconnu, et que le double attrait du bénéfice des courses et du bénéfice des saillies, joint à une entière liberté et aux lumières que donne l'expérience, soutiendra toujours. » (Bourgelat, Traité de la, conformation extérieure du. cheval, Paris, 1770.)
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Le duc d'Artois (qui sera Charles X) menait le mouvement, avec le duc de Chartres (Philippe-Égalité), les ducs de Lauraguais, déjà cité, de Lauzun, de Fitz-James; les princes de Nassau, de Guéméné, d'Hénin; les marquis de Conflans, de Voyer, de Champcenetz; le comte de Guerches, MM. de Vercel, de Champreux, Fitz-Gerald, Lunn, N. Parker-Forth, qui, tous ont des chevaux de courses (1).
Dès l'année 1775, commence l'importation, soit à titre permanent, soit seulement pour certaines -courses ou pour la saison de monte, de bon nombre de pur sang anglais. Parmi ceux qui restèrent chez nous, citons : — au comte d'Artois, King Pépin (Turf et Cygnet), Barhary (Pangloss et Riddle), Cornus (Otho et Crab) et les deux juments Dulcinea (Whistle Jacket et Cade mare) et Sphinx (Marske et Shepherd's Crab mare); — au duc de Chartres, P^/^^^"*^ (Matchem et JennyO!)et la jument Helen (Conductor et Shakespeare mare); — au marquis de Conflans, Glowworm (Eclipse et Traveller mare) et Teucer (Northumberland et Snip); etc.
Un comité s'était formé, la plaine des Sablons, dans le haut de Passy, s'était métamorphosée en hippodrome, et, pendant une dizaine d'années, elle sera le théâtre des principales courses. On s'y rendait à cheval, montant à l'anglaise sur des selles anglaises et vêtus à l'anglaise de riding coats (habits de cheval, dont nous avons fait redingotes ).
L'inauguration eut lieu le 20 avril 1776. Depuis quinze jours, toutes les gazettes de Paris parlaient de ces luttes hippiques, et des polémiques sans fln s'étaient engagées sur les pratiques de ce nouveau sport, l'entraînement, la monte, la pesée des jockeys que l'on appelait jaquets, etc.
Toute la Cour — sauf le Roi, qui avait préféré aller chasser — - était aux Sablons. Une foule considérable de gens de toutes conditions, hommes, femmes et enfants, avides de ce spectacle inconnu des Parisiens, s'écrasaient le long de la piste, à l'une des extrémités de laquelle on avait construit une estrade pour la Reine et sa suite. Plus d'étiquette, plus de costumes de cour!... Le comte d'Artois, le duc de Chartres et autres, en bottes et en chenille, vont e: viennent, affairés, de la tribune royale aux écuries.
Des paris énormes s'inscrivent « par-devant M« Clos-Dufresnoy, notaire royal ». On parie de l'argent, des bijoux, de la vaisselle plate, des chevaux, des terres. On .parie jusqu'à sa maîtresse.
(1) Voici les couleurs des principales de ces écuries :
Comte d'Artois Casaque vert-pomme, galonnée de rose.
Duc de Chartres — noire, galonnée de rose.
Marquis de Champcenetz... — bleu de roi.
Marquis de Conflans — rouge, galonnée de noir.
Duc de Fitz-James — bleu et chamois.
Duc de Lauraguais — rouge.
Duc de Lauzun — noire, garnie de vert.
De Verceil — jaune.
Marquis de Voyer — puce.
Cher! s'écrie un petit-maître, en s'adressant à un ami, voulezvous courir la duchesse?
Et le mot fait fureur (1).
Le comte d'Artois est parmi les plu? excités. Il engage des sommes fantastiques sur son cheval King Pépin, qui est battu par Teucer, au duc de Chartres, et l'on a toutes les peines du monde à l'empêcher de rosser son infortuné jockey (2).
A l'automne, pendant cinq jours de suite, du 6 au 10 novembre^ nouvelles courses aux Sablons. Ce ne sont toujours que poules et paris particuliers, de 2.500 à 5.000 livres, sur des parcours variant de un à quatre miles. Les vainqueurs, de provenance anglaise pour la plupart, sont : Teucer, au marquis de Conflans, contre Cornus, au duc de Chartres; — Dethroner,- à M. Fitzgerald, contre un cheval arabe, au prince de Nassau; — L'Abbé, cheval français, au prince de Guéméné, contre Partner, au duc de Chartres, et Frivole, jument française, au comte d'Artois; — Nip, au marquis de Conflans, contre Pyrrhus, à M. de Champcreux; — Barbary, au comte d'Artois, contre Sweet Cadee, au duc de Chartres.
A la dernière journée, une course de 2.500 livres avait été arrêtée entre le comte d'Artois et le major Banks, mais, au dernier moment, elle fut annulée d'un commun accord.
Le 11, à Fontainebleau, les champs sont plus fournis. Glowworm (par Eclipse), importé par le marquis de Conflans pour le compte du duc de Chartres, y remporte deux victoires, d'abord sur Marshall, à lord Claremont et deux autres adversaires; puis, sur King Pépin et Barbary, au comte d'Artois, et sur son compagnon d'écurie, Cadet.
Une jolie anecdote à ce sujet. Avant la course, et pendant que le comte d'Artois donnait ses dernières instructions à ses jockeys, la Reine flatta de sa main dégantée les naseaux de King Pépin; puis, étonnée de les trouver si doux au toucher, elle y appuya ses lèvres.
— Madame, s'écria galamment le prince, vous venez de le rendre invincible !
Hélas! le baiser royal ne supprimait pas les tournants, et King Pépin fut battu.
Toutes ces réunions sont des plus suivies; celles de Fontainebleau,
(1) Dalimal, Les courses de chevaux sous Louis XVI {Figaro, 1907).
(2) King Pépin était un grand cheval gris, haut sur jambes et très allongé, presque imbattable en ligne droite, mais auquel les tournants répétés ne convenaient pas. Cette particularité, ignorée du comte d'Artois, était connue de ses adversaires, qui ne le défièrent jamai? que sur des pistes où il nt pouvait déployer ses longues foulées. Aussi le comte d'Artois perdit-il sur lui des sommes folles.
King Pépin provenait de l'écurie du marquis de Rockingham, auquel le prince l'avait acheté, au Newmarket second spring meeting, en 1776, au moment où il allait courir un match contre l'iavincible Dorimant. Le prix était de 1.000 guinées, plus 700 guinée.s s'il triomphait de son redoutable adversaire. King Pépin ayant gagné, le comte d'Artois l'avait donc payé 1.700 guinées(44 625 francs), prix énorme pour l'époque.
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notamment, avaient attiré une foule énorme. On est tout àla nouveauté de ce sport. Marie-Antoinette, elle-même, veut avoir une écurie de courses, mais Louis XVI s'y oppose formellement, la conduite de la Reine ne prêtant déjà que trop à la critique (1).
Il tente même, afin d'empêcher la noblesse de se ruiner en paris effrénés, de donner une leçon aux courtisans.
« A la dernière course de chevaux — écrit Mme de Genlis dans ses Souvenirs de Félicie — M. de L... a perdu 172.000 livres, M. le comte
(i) Ce ne sont pas que les pamphlétaires qui incriminent Marie-Antoinette. Le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur de sa mère, l'impératrice Marie- Thérèse, ne tarit pas en doléances, dans sa cori-espondance avec sa souveraine» au cours de cette année 1776, sur ie goût de la Reine pour ces passe-temps frivoles et sur le manque de tenue qui caractérisait ces réunions.
« M. le comte d'Artois, M. le duc de Chartres et un nombre de jeunes gens ont remis en vogue les courses de chevaux. Elles se font à Paris et la Reine y assiste régulièrement. Sa Majesté, après avoir été la nuit du 11 au bal de l'Opéra, jusqu'à cinq heures du matin, rentra à Versailles à six heures et demie et en repartit à dix heures pour venir voir une course de chevaux qui se faisait au bois de Boulogne. Des promenades si multipliées, si rapides et qui pourraient déranger une santé des plus robustes, occasionnent des critiques. » (Lettre du 28 février.) « J'avais espéré pendant le carême plus de recueillement, mais mon attente à cet égard a été excessivement déçue. Chaque semaine, il y a plusieurs courses de chevaux, et la Reine, qui a pris un goût extraordinaire pour ce genre de spectacles, n'en a manqué aucune. » (Lettre du 13 avril.)
A l'automne, la Cour se rend à Fontainebleau. « Le local destiné aux courses était à une lieue et demie (de la ville), dans une grande bruyère, où l'on avait arrangé deux routes fort larges, chacune d'une demi-lieue (sic) de largeur et se joignmt par une partie circulaire. A l'extrémité et au milieu de ces deux routes, on avait élevé un bâtiment en bois, dont l'étage supérieur formait un grand salon avec une galerie tournante, d'où la Reine et toute sa suite voyaient les courses. Les hommes arrivaient à cheval et la plupart dans un négligé peu décent. Il était cependant permis à chacun de monter dans ce salon où se tenait la Reine; c'était dans ce lieu (que) se faisaient les paris, et ils n'étaient jamais arrangés sans beaucoup de propo3, de bruit et de tumulte. M. le comte d'Artois y hasardait des sommes assez considérables, et s'impatientait fort quand il perdait, ce qui lui est presque toujours arrivé. » (Lettre du 10 nDvembre.)
« Les courses de chevaux étaient des occasions bien fâcheuses et, j'ose le dire, indécentes par la façon dont la Reine s'y trouvait. A la première course je m'y rendi? à cheval et j'eus grand soin de me tenir dans la foule, à une distance du pavillon de la Reine, où tous les jeunes gens entraient en bottes et en cheville (costume non habillé). Le soir, la Reine qui m'avait aperçu, me demanda, à son jeu, pourquoi je n'étais pas monté dans le pavillon pendant la course? Je répondis, assez haut pour être entendu de plusieurs étourdis qui étaient présents, que je me trouvais en bottes et en habit de cheval, et que je ne m'accoutumerais jamais à croire que l'on pût paraître devant la Reine en pareil équipage. Sa Majesté sourit et les coupables me jetèrent des regards fort mécontents. A la seconde course, je m'y rendis en voiture, et habillé en habits de ville; je montai au pavillon, où je trouvai une grande table couverte d'une ample collation, qui était comme au pillage d'une troupe de jeunes gens indignement vêtus, faisant une cohue et un bruit à ne pas s'entendre, et, au milieu de cette foule, étaient la Reine, Madame, Mme d'Artois, Mme Elisabeth, Monsieur et M. le Comte d'Artois, lequel dernier courait de haut en bas, pariant^ se désolant quand il perdait et se livrant à des joies pitoyables quand il gagnait, s'élançant dans la foule du peuple pour aller encourager ses postillons ou jaquets et présentant à la Reine celui qui lui avait gagné une course. J'avais le cœur très serré de voir ce spectacle. » (Lettre du 28 décembre.)
d'Artois en a gagné 150.000. Le Roi a parié un petit écu. C'est une leçon bien douce et de bien bon goût sur l'extravagance des paris. »
La leçon, est-il besoin de le dire, fut donnée en pure perte, les courtisans — si grande que fût leur servilité envers le Roi — ayant proféré continuer à imiter les folies de son frère, le comte d'Artois.
Louis XVI n'aimait pas les courses, d'ailleurs, et ne s'y rendait guère qu'à son corps défendant. Il y préférait le grand exercice de la chasse, ou, chez lui, les travaux manuels, le colin-maillard et l'humble jeu de loto, sur lesquels Mercy-Argenteau entre également dans les plus menus détails, qui ne trouveraient pas leur place ici.
En 1777, nous ne relevons que deux courses, en octobre. Le 7, aux Sablons, où L'Abbé, 5 ans, au prince de Guéménée, déjà vainqueur l'année précédente, enlève une poule d'une bourse d'or, sur trois miles, à trois chevaux de 4 ans, auxquels il rend 21 livres; et le 13, à Fontainebleau, où Cornus, au comte d'Artois, triomphe de Mousquetaire, à M. Parker-Forth ; enjeu deux cents louis chacun, distance inconnue. Ce pari particulier est encadré entre une course à pied, qui permit d'apprécier l'agilité de plusieurs gentilshommes de la Cour, et une course pour ânes du pays; le prix consiste en un chardon d'or et une bourse de cent écus.
En 1778, 1779 et 1780, une seule course par année. La Reine, dépitée de n'avoir pu posséder une écurie à soi, s'est lassée de ces divertissements, et l'engouement général qu'ils avaient suscité au début semble tourner à l'indifférence.
Le temps est passé où les femmes elles-mêmes s'intéressaient aux choses d'écurie, au grand mécontentement du grand contempteur des courses. Mercier, qui s'écriait, dans son Tableau de Paris : « Les femmes conduisent des calèches et, après avoir passé la nuit au bal, il faut qu'elles prennent parti pour telle ou telle jument. »
Mais le comte d'Artois et ses amis n'en sont que plus ardents a défendre leur œuvre, et ils finissent, non seulement par avoir raison de l'hostilité du Roi, mais encore par le convaincre de l'utilité pratique des courses en vue de l'amélioration de l'élevage. C'est ainsi qu'ils obtiennent de lui, en 1780, d'abord des prix « oa Plateaux du Roi », comme en Angleterre (1), puis un règlement complet qui fixe tous les détails des courses et détermine la manière dont la généalogie des chevaux doit être établie. Un commissaire — le marquis de Conflans — est nommé par le Roi pour présider aux Courses , trancher toutes les contestations qui peuvent s'élever,déciderdetous les cas de disqualification qui sont strictement prévus, et distribuer les certificats aux vainqueurs.
Ce règlement contenait, en germe, le futur Code des Courses. C'est
(1) Les « Plateaux du Roi » sont exclusivement réservés aux juments, tant françaises qu'étrangères, importées en France. C'est, en effet, celles-ci qu'il s'agit d'attirer, les étalons étant déjà en nombre suffisant.
La distance est de 1.500 ou 2.000 toises (3.000 ou 4.000 mètres environ, la toise équivalant à 1 m. 94).
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un document trop intéressant pour l'histoire du turf en France, pour que nous ne le publions pas in extenso. On y verra, entre autres particularités, que l'on s'en rapportait alors à la seule bonne foi du propriétaire pour la déclaration d'âge et d'origine de ses pouliches.