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EN FRANCE, de 1805 a fin 1833
même des efforts individuels — tant en ce qui concernait l'amélioration de la race que la nature des épreuves à instituer — en annulait la portée. On cherchait, on tâtonnait, sans savoir ce qu'il fallait préférer, du pur sang ou du demJ-sang, de l'arabe ou des races étrangères, des courses plates ou des courses à obstacles (1). En 1831, à l'occasion de la fête donnée, le dimanche 22 mai, au
Courses de chevaux en liberté.
Champ-de-Mars, en l'honneur de la garde nationale, on avait même organisé des courses de chevaux en liberté, renouvelées de celles qui eurent lieu sous Néron et qui se perpétuèrent à Rome et à Florence-, au moment du carnaval, jusqu'à la fm du xix^ siècle.
(1) Le 4 août 1825, avait eu lieu un match sensationnel entre deux chevaux cosaques soigneusement choisis, et deux pur sang, très ordinaires, Sharper et Mina, qui leur rendaient 42 livres, sur 40 miles (64 kilomètres) Les cosaques prirent d'abord l'avantage. Dès le départ, en effet, une des étrivières de Sharper se rompit ; il se déroba, entraînant aveclui Mina, et perdant de ce fait près d'unelieue
Arrivés au but qui marquait la première moitié du parcours, les deux anglais étaient en bon état, ainsi que l'un des cosaques; l'autre était déjà hors d'affaire. Au retour, Mina tomba boiteuse et dût s'arrêter. Sharper continua seul et gagna de huit minutes.
Outre que les réunions de plat comportaient presque toujours des courses de barrières ou de haies, toutes les tentatives particulières qui furent faites, en elTet.en dehors de Champ-de-Mars, ne s'appliquaient qu'aux steeple-chases.
C'est ainsi qu'au parc du Raincy — que le duc d'Orléans avait choisi parce qu'il était clos et que le public n'y avait pas accès — on avait tracé un parcours assez difficile. Un accident grave signala le Grand Prix, qui fut gagné par Toy, montépar M.LeCouteulx, sur Aiexander, piloté par M-d'Hédouville. A la douve Sèche, qui était fort large, le comte Walewski, sur Terragone, au comte de Morny, fit panache et resta près de six heures sans reprendre connaissance. Il se remit cependant de cette terrible chute, mais l'affaire transpira et fit un bruit tel qu'i
Quelques semaines plus tard, à la fête du Roi, les courses de chevaux, régulières cette fois, étaient agrémentées de courses à pied qui se disputaient simultanément, non plus sur des pistes concentriques, comme à la Révolution, mais dans le grand axe de l'hippodrome (1).
En un mot, on pataugeait lamentablement, et les courses, bien qu'à peine nées, n'eussent pas manqué de disparaître au milieu de toutes ces contradictions, sans le concours précieux que leur prêtèrent, à l'avènement de Louis-Philippe, le jeune duc d'Orléans et, surtout, lord Henry Seymour.
Louis-Philippe n'était guère partisan des courses, bien que, dans le but de rallier à sa cause la jeunesse élégante, il laissât toute liberté à ce sujet à son fils, le duc d'Orléans. Il avait dû s'en occuper cependant (ordonnances des 31 octobre et l^r décembre 1832) et avait même envoyé Thiers en Angleterre, avec mission d'étudier le système anglais en vue d'établir un livre des naissances.
D'où la fameuse ordonnance du 3 mars 1833, prescrivant la création d'un registre matricule ou Stud-Book français, pour l'enregistrement, avec leur généalogie, des chevaux de pur sang anglais, nés ou importés en France, et instituant, en même temps, une Commission spéciale, qui fonctionna régulièrement à partir de 1838.
Sous l'ancienne monarchie, on avait couru et sur quels terrains! aux Sablons, à Fontainebleau, à Vincennes.
Le Champ-de-Mars, qui les avait remplacés, ne valait guère mieux. Construit en 1770, pour les exercices des élèves de l'École Militaire, il offrait un sol aride, dur et nu, qui se transformait en marécage par les temps de pluie, et où pataugeaient à l'envi piétons et chevaux.
vint jusqu'aux oreilles du roi, et que ce fut la mort de l'hippodrome du Raincy.
Puis, c'est une course au clocher, près de Jouy-en-Josas, où Charles Laffitte avait monté un équipage pour chasser le daim dans la vallée de la Bièvre. Lord Pembroke, le comte DemidofT, Edouard Ney, de Vaublanc, de Normandie, de Perrégaux, etc., qui étaient très assidus à ces rendez-vous, où venaient également les princes d'Orléans. La première course au clocher qui y fut courue le 7 avril 1836, réunit neuf partants et revint à Mayfly, montée par son propriétiire, M. de Vaublanc. Mais ces épreuves — bientôt signalées par des accidents di genre de celui qui avait marqué le steeple-chase du Raincy — ne se renouvelèrent plus que rarement.
On courut encore des courses au clocher à La Croix-de-Berny : le 2 avril 1841, le baron Le Couteulx, sur son cheval Reveller, y gagnait un prix de 7.000 francs; en 1846 et 1847, on y disputa des steeple-chases de 12-000 francs, puis ce genre d'épreuves passa de mode et ne retrouva sa vogue que sous le second Empire, aux réunions de La Marche.
(1) La curieuse gravure ci-contre que nous devons à l'obligeance de M. P. Tissandier de pouvoir reproduire, montre combien les spectateurs étaient rares. On remarquera aussi que le juge à l'arrivée se tenait alors modestement sur la pelouse, en conta-ît avec le public, à deux pas de montagnes russes improvisées...
La mire dont il se servait différait sensiblement de celle qui est en usage de nos jours sur les champs de courses.
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Pour ceux-ci, nul abri. La largeur et la configuration de la piste étaient telles, qu'il eût été dangereux d'y faire courir plus de quatie chevaux à la fois. Elle était délimitée par des cordes et passait au pied de l'École Militaire, devant laquelle se trouvaient l'arrivée et les tribunes (1).
Qui sait ce qu'il fut advenu du sort des courses sur un tel hippodrome, quand un hasard vint les révolutionner et faire plus pour leur développement que tous les efforts tentés jusqu'alors.
Depuis la mort tragique du dernier des Condés (2), le château et la forêt de Chantilly étaient complètement abandonnés, lorsque le prince Lobanoff obtint la permission d'y envoyer son équipage de chasse.
Un jour qu'en compagnie de ses amis, MM. de Normandie, d'Hédouville, de Wagram et de Plaisance, ils traversaient à cheval la vaste pelouse gazonnée qui s'étend devant le château, l'élasticité du terrain
(1) Ces tribunes n'étaient que de hideuses et incommodes baraques, que le beau monde envahira, cependant, surtout aux réunions de printemps. Les pelousards n'existaient pas encore, et le peuple qui venait aux courses se contentait de monter sur les talus qui environnaient l'hippodrome. Pendant de nombreuses années, il ne manifestera que peu d'enthousiasme pour ces luttes hippiques, auxquelles il sera longtemps du reste avant de comprendre grand'chose, et qu'il ne commencera à suivre assidûment que lorsque le jeu fera son apparition. Il ne faut pas se le dissimuler, en effet, le Français — au contraire de l'Anglais qui aime les course» pour les luttes du sport — ne voit en elles qu'une occasion de spéculation, et elles ne se sont développées chez nous que parallèlement aux paris.
Il est juste de reconnaître qu'à l'origine, l'organisation très rudimentaire des réunions ne permettait guère au public de s'intéresser aux courses, dont les résultats mêmes lui échappaient. « J'ai déjà constaté — écrit ingénument M. Armand Séguin, « membre correspondant de l'Académie Royale des Sciences », dans une plaquette, aujourd'hui introuvable, publiée en 1822, sous le titre Observations sur les Courses du Champ-de- Mars, — qu'il était très important pour la vivification de l'institution des courses, non seulement de mettre le public préalablement dans la confidence des éléments d'organisation de chaque course (ce qui heureusement se fait depuis l'année dernière), mais, de plus, de le mettre instantanément après la terminaison de chacune d'elles, dans la confidence de ses résultats détaillés, dont la majorité des spectateurs n'a connaissance que par les journaux du lendemain, alors que déjà l'exaltation de l'intérêt est presque totalement refroidie. » Et l'auteur, après avoir constaté le mal, proposait, non moins ingénument, « comme moyen pratique d'y remédier, d'arborer sur le point de mire, après chaque manche — car toutes les courses étaient alors en partie liée — une oriflamme à la couleur du jockey du cheval arrivé premier. De plus, des sonneries successives (de trompette pour- les minutes; de cor pour les secondes; de cornet d'infanterie pour les fractions de seconde) auraient indiqué le temps mis par ce cheval à couvrir la distance ». ■ Ce moyen « pratique » a été avantageusement remplacé de nos jours par le simple affichage, dans l'ordre d'arrivée, des numéros des chevaux placés par le juge.
(2) Le prince de Condé (Louis-Marie-Joseph, duc de Bourbon) était âgé de 74 ans. Étant en résidence à son château de Taverny, il fut étranglé, dans la nuit du 26 août 1830, à l'instigation de sa maîtresse, l'Anglaise Sophie Dowes, créature dévouée des d'Orléans, épouse séparée du baron de Feuchères, colonel dans la garde royale.
les engagea à organiser une poule. Elle fut courue séance tenante et gagnée par M. de Normandie, le futur président du Jockey-Club.
Ce n'eut été là qu'une de ces courses particulières comme il s'en disputait tant à cette époque entre amateurs, si, depuis plusieurs mois, les partisans des principes anglais, sous l'impulsion de lord Henry Seymour, qui en avait eu le premier l'idée, n'avaient groupé des adhérents, élaboré un programme et un règlement de courses que, seule l'indécision où ils étaient du choix d'un nouvel hippodrome, les avait empêchés jusque-là de mettre à exécution.
Les uns penchaient, en effet, pour Versailles, d'autres pour Vincennes, d'autres enfin pour Maisons-sur-Seine (qui deviendra Maisons- Laffitte), en raison des avantages consentis par la municipalité de l'endroit, qui offrait aux propriétaires des chevaux vainqueurs, 450 toises de terrain, au choix, dans le parc.
Ils en étaient là de leurs hésitations — aucun des hippodromes projetés ne les satisfaisant complètement — quand, au retour de cette partie de chasse à Chantilly, et de la course qui l'avait suivie, M. de Normandie leur vanta les avantages et l'heureuse disposition de la pelouse, la beauté du site et l'élasticité du sol, si propres à l'établissement d'un hippodrome semblable à ceux d'Angleterre.
Il n'en fallut pas plus. Avec l'appui du duc d'Orléans, ils jetèrent les bases d'une réunion de courses pour le printemps suivant, arrêtèrent leur programme, et, dans une dernière séance, tenue auNouveau Tivoli, le 11 novembre 1833, ils constituèrent définitivement leur association sous le nom de Société d'Encouragement pour l'amélioration
DES RACES DE CHEVAUX EN FrANCE