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CHAPITRE XIII

Le premier Derby français. — Frank. — Courses de Versailles. — Miss Annette et Volante (suite). — Paris particuliers.^ — Le premier cheval transporté dans un van. — Bay-Middleton et Bee's Wing. — Importation des juments Eva, Lustre, Weeper et Kermesse.

Le premier Derby français se courut par un temps couvert et un vent froid, devant une assistance peu nombreuse, le public ayant craint de faire quinze lieues en voiture, sous la pluie.

La réunion, fixée primitivement aux 16 et 18 mai, avait été avancée aux 22 et 24 avril, sans doute pour que, devançant cette fois celle du Champ -de -Mars, elle conservât tout l'attrait de la nouveauté. Mais cette décision ayant été prise un peu tardivement, certains chevaux ne purent être entraînés à point, ce qui souleva les plus vives critiques du Journal des Haras, bien que nous ayons dit plus haut ce qu'était encore l'entraînement à cette époque.

Les comptes rendus des journaux n'en furent pas moins dithyrambiques. Dans les Débats, le grave Jules Janin ne consacra pas moins de neuf colonnes, en petits caractères, à cette solennité hippique. U Eleveur et le Journal des Haras furent aussi enthousiastes. Seule, La Mode se permit de railler — et combien doucement encore — le baron Nathaniel de Rothschild sur la « fort mince valeur » de la coupe qu'il offrait.

Par exemple, les journaux différèrent d'avis sur « l'épreuve la plus intéressante de la réunion », Pour les uns, c'est « la course des haies de la fin, parce qu'elle était réservée aux gentlemen, tous en casaque à jabots et manchettes, culottes de daim blanc et coiffés de casquettes de velours » (1). Pour les autres, au contraire, c'est « le

(1) Ces courses de gentlemen jouirent longtemps du plus grand succès. Ce n'était pas seulement le spectacle de ces amateurs en tenue de jockeys qui plaisait au public, que le harnachement spécial des chevaux. Nous trouvons, en effet, dans les conditions du prix de la Reine Blanche, disputé en 1839, à Chantilly, cette mention bien typique des mœurs d'une époque : « Les chevaux dont les nattes seront tressées avec des rubans aux couleurs du propriétaire, porteront 2 Ml. 1/2 de moins. »

Deux ans plus tard, cette décharge est accordée aux chevaux qui portent les couleurs bleu et rouge du Jockey-Club.

Derby, la course étant faite par des jeunes chevaux inconnus des amateurs et du public »! ! !

Le Derby avait réuni sept engagements. Il y eut cinq partants. Le favori était Frank (Rainbow et Vérona), à lord H. Seymour. Monté par Robinson, le premier jockey de l'écurie, il l'emporta facilement sur Brougham, au duc d'Orléans, et Bèlida, à M. A. Lupin (1). Son camarade d'écurie, Icare, finissait quatrième, devant Nair, à M. Fasquel.

D'après le programme publié par la Société d'Encouragement, le prix du Jockey-Club était indiqué comme devant se courir en dernier.

Frank.

Ce fut cependant la troisième course, sans doute à la demande de lord Seymour, dont le cheval Frank était engagé, le même jour, dans la Coupe. Comme on le voit, à cette époque, les chevaux, y compris le vainqueur présumé du Derby, ne craignaient pas — et pour quels prix — de courir deux fois de suite.

(1) M. A. Lupin, dont Li casaque noire à toque rouge devait être une des plus glorieuses du turf, avait débuté comme gentleman-rider trois ans auparavant , c'est-à-dire avant même la création de la Société d'Encouragement, et remporté sa première victoire, le 22 septembre 1833, au Bois de Boulogne, sur Piccadilly dans un pari particulier contre Mathilda, au prince de la Moskova.

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A cet âge d'or du turf, la Société d'Encouragement — vraisemblablement dans le but de renforcer les champs, que la pénurie des chevaux rendait fort maigres — favorisait du reste ces exhibitions répétées, par cet article de son Règlement : (^. Les propriétaires dont les chevaux seront engagés pour plus d'une course le même jour, et qui désirent que les courses aient lieu plutôt dans un ordre que dans l'autre, sont priés d'en informer le secrétaire de la Société, quatre jours avant la réunion. »

On voit le caractère familial de ces premières luttes, en ce« temps héroïques.

Le prix de la Coupe suivait immédiatement cemi du Jockey-Club. Donc Frank, sans même avoir été dessellé, retourna au poteau de départ. On ne sera pas surpris d'apprendre qu'il échoua dans cette tâche et ne put prendre que la troisième place. La victoire revint à sa camarade, la fameuse Miss AnneUe, dont nous avons parlé précédemment, battant Volante, au duc d'Orléans, ^c Par ses succès antérieurs, écrit Jules Janin, Miss Annette passait pour à peu près invincible. Il fallait voir ses admirateurs et partisans pleurer de joie et son vieux palefrenier l'embrasser en sanglotant. »

Heureux temps, nous le répétons, où l'âme des spectateurs et des entraîneurs avait de tels attendrissements.

Après Chantilly, le Champ-de-Mars ouvre ses portes pour la continuation des courses de la Société d'Encouragement. La réunion comprend trois journées, les 2, 5 et S mai. Le premier jour, Frank fait walk-over dans le prix de Viroflay, 2.200 francs; le second jour, il bat à nouveau, dans le prix du Bue (1.200 fr., un tour en partie liée), ses compétiteurs du Derby, Belida et Brougham, qui finissent, cette fois, dans un ordre inverse. Le même jour, sa compagne Miss Annette enlève le prix de l^Ieudon, 4.000 fr., et le prix d'Hercule, 5.000 fr. (deux tours en partie liée), dans lequel elle fait walk-over, en parcourant la piste au pas, suivant l'usage, aboli depuis, qui datait des courses^ du xviii^ siècle, en Angleterre.

Puis vient l'inauguration de l'hippodrome de Satory- Versailles. Nous avons dit ce que valait celui du Champ-de-Mars. Si détestable qu'il fût, celui de Satory était pis encore. Quand il pleuvait, la boue y était tellement profonde, que les chevaux enfonçaient au point de pouvoir à peine avancer; et, par les temps secs, le sol en était si dur, que bien des jambes y restèrent, et que les jockeys étaient aveuglés par les graviers et les nuages de poussière. La piste, sur presque tout son parcours, était en contre-bas, en sorte que les spectateurs, même les plus favorisés, ne pouvaient saisir des courses que le départ et l'arrivée. Les tribunes et les estrades étaient inconfortables et mai disposées, et, comme au Champ -

de-Mars et à Chantilly, il n'existait pas d'abri pour les chevaux (1).

La réunion comprenait deux journées, 27 et 29 mai. Le premier jour, on disputa quatre courses, dont la plus importante fut le prix Henry Seymour (3.000 fr. offerts par lord Seymour); le second jour, huit courses, dont cinq paris particuliers, les trois autres épreuves étaient le prix de la ville de Versailles (1.200 fr.), le prix du Jockey-Club (un vase d'une valeur de 1.000 fr. et 2.000 fr. en espèces), enfin un service à thé, en argent, d'une valeur de 3.000 fr., offert par un membre du Jockey-Club.

Quatre partants — le champ le plus fourni de la réunion — se présentèrent pour ce service à thé, qui revint à Frank, le vainqueur du Derby de Chantilly

Nous aurons bien d'autres occasions, pendant toute cette première période des courses, que l'on pourrait appeler l'âge d'or du turf, de voir les meilleurs chevaux, non seulement prendre part à des épreuves qui nous paraissent misérables, mais encore aller fort loin pour les disputer, en dépit de la longueur et de l'incommodité des voyages (2). C'est ainsi que la célèbre Miss Annette ne craignait

(1) En dépit de toutes ces imperfections, le meeting de Versailles jouit pendant une vingtaine d'années d'une grande vogue — sans doute en raison de sa proximité de la capitale — et attira le même public élégant que les courses de printemps, à Paris. Puis, la mauvaise qualité du sol — dont on ne s'était pas trop ému tant que l'on n'avait que le Champ-de-Mars, qui ne valait guère mieux, mais dont la création de Longcliamp vint souligner les inconvénients — en éloigna de plus en plus les chevaux, et les courses de Satory furent supprimées en 1866.

Le tarif d'entrée dans les différentes enceintes de l'hippodrome était le même qu'à Paris.

En 1848, tant par suite des événements politiques que des travaux exécutés à Chantilly, la réunion de printemps, qui devait y avoir lieu, fut donnée à Versailles. C'est la seule fois que le prix du Jockey-Club fut couru ailleurs que sur l'hippodrome des Coudés.

(2) Jusqu'alors les chevaux voyageaient par la route, tenus en mains on montés par des palefreniers. Un petit fait, qui devait avoir la plus grande influence sur le développement des courses, tant en France qu'en Angleterre, date de cette même année : c'est l'utilisation des vans à bétail pour le transport des chevaux.

En raison de la difficulté du transport, les compétitions sportives avaient été toujours plus locales que générales, et il fallait vraiment avoir un cheval bien supérieur pour courir les risques et les dépenses d'un long voyage par route pour aller le mesurer au loin.

Le premier cheval transporté dans un van fut Elis, quand il courut et gagna" le Saint-Léger de Doncaster, en cette année 1836. Son propriétaire, lord George Bentinck, considérant que la cote de 5/1, à laquelle on l'offrait, était insuffisante, prévint que son cheval ne courrait pas, s'il ne pouvait trouver à miser £ 1.000 à 10/1 (25.000 fr. contre 250.000). Ce ne fut qu'au dernier moment, — quand il parut impossible aux donneurs quele cheval, qui n'avait pas encore quitté son centre d'entraînement, arrivât à temps pour la course — que le pari fut tenu.

A toute éventualité, lord Bentinck avait acheté à lord Chesterfleld un large van qui servait au transport des bestiaux. Elis y fut aussitôt embarqué avec un homme d'écurie, et le van, traîné par quatre vigoureux postiers, l'amena de Danebury à Doncaster, à la grande consternation du ring, autant qu'au profit de son ingénieux propriétaire.

pas, en cette même année, de se rendre à Bruxelles, pour y remporter des prix variant de 1.000 à 2.000 francs, quand ils ne consistaient pas simplement en « un vase et service de déjeuner ».

Mais n'oublions pas quelle était alors la modicité des allocations et combien peu nombreuses elles étaient. Aujourd'hui que les épreuves de 50.000, voire de 100.000 francs abondent, nous sourions de ces mœurs primitives, et nos cracks ne se dérangent plus que

Le premier van pour le transport des chevaux de course.

pour des fortunes à ramasser, mais il y a une quarantaine d'années encore, ils ne dédaignaient pas les épreuves plus modestes (1).

Avec la fondation du prix du Jockey-Club, on peut dire que les courses et, partant, l'élevage national étaient créés. Grâce à la sollicitude éclairée de la Société d'Encouragement, au dévouement, à la compétence et au désintéressement de ses gouvernants successifs, les courses allaient prendre — en dépit de toutes les critiques, de toutes

(1) Ainsi la célèbre Hervine courut à Chantilly, en 1855, à l'âge de 7 ans — dix mois après avoir mis bas — dans un prix de 3.000 francs.

Et plus tard encore, n'a-t-on pas vu Saint- Christophe, après sa victoire dans le Grand Prix de Paris, en 1877, aller disputer, à quelques jours de là, un prix de 10.000 francs, à Lyon, — et s'y faire battre.

les railleries, de toutes les attaques — un développement prodigieux.

Depuis 1891, il est surtout dû, il faut bien le reconnaître, aux subsides fournis par le prélèvement effectué sur les fonds engagés aux baraques du Pari Mutuel. Mais, à l'époque lointaine qui nous occupe, ce qui contribua le plus à l'essor des courses, ce fut la création du champ de courses de Chantilly. Rendons cette justice au duc d'Orléans, quels que fussent les motifs politiques qui le guidassent dans son désir de popularité, qu'il .prêta à la Société d'Encouragement, à l'instigation de lord Seymour et de ses amis, un concours des plus actifs, des plus décisifs même, en ce sens que, placée sous son égide, elle put résister aux coups répétés que lui porta l'Administration .des Haras. Certes, ce fut bien plus dans un but personnel que pour aider à la prospérité de lajeune Société, que le prince déploya tant de faste dans la façon royale dont il fit les honneurs du château. Mais enfin, les fêtes qu'il y donna au moment des courses — et auxquelles tout ce qui avait un nom parmi la jeunesse tenait à être vu — imprimèrent la plus grande vogue à ces déplacements.

Tous les écrivains du temps ont retracé le tableau de ces journées de plaisir. On se rendait à Chantilly en chaise de poste. On partait la veille, et bien des élégants même couchaient en route. On amenait de Paris ses domestiques, son argenterie, ses chevaux, ses mets et ses vins. On apportait jusqu'aux fleurs et aux glaces. On poussait la dépense et le luxe à l'extrême. Toutes les maisons, tous les appartements de Chantilly, étaient loués à des prix fous. Lord Seymour ne payait pas moins de mille francs, pour trois jours, un modeste pavillon, où il ne faisait que coucher... A VHôtel du Grand-Cerf^ le seul qui existât alors, c'étaient des festins et des fêtes sans fin, et un jeu d'enfer (1).

Il y avait chasse à courre par l'équipage du prince, entre les deux journées de courses, et fêtes de nuit sur la pelouse et les pièces d'eau.

Il en fut ainsi jusqu'à la mort du duc d'Orléans, en 1842.

Puis vinrent les chemins de fer qui, en enlevant le pittoresque de ces réunions, facilitèrent le voyage et assurèrent la prospérité des courses.

Par décret du 22 juin 1852, l'Empire fit vendre le domaine de Chantilly, qui fut adjugé, moyennant onze millions, aux banquiers anglais Coutts, représentants du duc d'Aumale.

Jusqu'en 1871, le château ne fut plus dès lors occupé que de temps à autre, soit par M. Duchâtel, ancien ministre de Louis-Philippe et homme d'affaires des d'Orléans, soit par lord Cowley ou le duc de la Trémoïlle, amis personnels du duc. C'est l'année qui suivit la

(1) On raconte que le maire ayant une fois risqué des remontrances contre le tapage nocturne, vit, la nuit suivante, sa maison investie, bombardée de pétards et incendiée de feux de Bengale, et que, forcé de capituler devant les assiégeants, il fut triomphalement porté par eux jusqu'à l'hôtel de ville, brillamment illuminé pour fêter sa capture. (Louis Enault. — Les Courses de Chevaux en France et en Angleterre, Paris, 1865.)

vente du domaine que la Société d'Encouragement prit à bail les pavillons, la pelouse et l'allée d'entraînement des Lions, et que les courses — organisées jusque-là pour le compte et aux frais de la ville de Chantilly — vont prendre leur réel développement.

A partir de 1842, aucune fête ne sera plus jamais donnée dans le château des Coudés. Mais il n'en était plus besoin, Chantilly était désormais lancé.

Cette vogue ira toujours en grandissant, et, actuellement, le jour du prix du Jockey-Club, la Compagnie du Nord transporte plus de 25.000 Parisiens à Chantilly. Avec le pubhc local et des environs, c'est près de 50.000 personnes qui assistent au blue ribbon français, La recette — en dépit de toutes les entrées gratuites imposées par le contrat de location — dépasse 140.000 francs (1).

Frank, qui remporta le premier prix du Jockey-Club, ne fut pas qu'un animal heureux. C'était un excellent cheval, doué de qualité et d'endurance, ainsi que le prouva la suite de sa carrière, et, sauf son insuccès dans la Coupe du baron de Rothschild, qu'il avait disputée, ainsi que nous Favons vu, immédiatement après sa victoire dans le Derby, il ne connut plus la défaite pendant ses campagnes de 3, 4 et 5 ans. Cette année même, en plus du prix du Jockey-Club, il avait remporté les prix de Viroflay (2.200 fr.), du Bue (1.200 fr.), d'Arrondissement (2.000 fr.), du duc d'Orléans (un vase de 1.000 fr. et 2.000 fr. espèces) et deux prix Principaux (3.500 et 4.500 fr.) à Paris, et un service à thé, de 3.000 fr., à Versailles.

Belida, à M. A. Lupin, troisième du prix du Jockey-Club, est la gagnante de deux paris particuliers et de deux prix, dont celui de la Ville de Versailles, de 6.000 francs.

Nous avons vu Miss Annette poursuivre le cours de ses succès; la première place, parmi les vieux chevaux, revient cependant à Volante (Rowlston et Géane), 4 ans, au duc d'Orléans qui, bien que ces deux juments s'entre-battent, inscrit six victoires à son actif, dont le Grand Prix Royal, de 12.000 francs.

Après elle, citons Fiorella, 6 ans, à M. Desmaisons de Bonnefond, gagnante de deux prix Principaux de 4.000 francs et du prix Royal du Midi, 5.000 fr., à Aurillac; — Miss Kelly, 5 ans, au comte de Blangy, la Coupe de Bruxelles (2.000 fr.) et le prix Royal, à Paris (6.000 fr.); — Azélie, 4 ans, au duc d'Orléans, prix du Roi (vase de 1.500 fr. et 4.500 fr. en espèces); — Elisondo, 4 ans, à lord Seymour, prix de 150 frédérics d'or, à Aix-la-Chapelle (3.120 fr.).

Parmi les nombreux paris particuliers disputés en fin de saison au Bois de Boulogne, nous relevons ceux de M. Privât fils, sur son pur sang Troubadour. C'est d'abord un match de 8.000 francs, sur

(1) Le record a été atteint en 1913, les entrées s'étant élevées à 157.000 francs.

le tour du Bois (6 miles 1/2), qu'il accomplit en 18 min. 5 sec, battant Face-Bla}iche,3iM.Bdi\ion.((l\y avait des paris, nous dit le Calendrier des Courses, jusqu'au montant de 63.000 francs. » Enhardi par ce succès, Privât fils, sur ce même Troubadour, voulut abaisser son propre record et prétendit faire le même trajet en seize minutes; il perdit de quarante-cinq secondes. Enfin, toujours sur Troubadour, qu'il montait, cette lois sans étriers, il battit à nouveau, sur 1 mile 1/2, la même Face-Blanche, montée par son propriétaire, sans selle.

En Angleterre, deux chevaux attirent particulièrement notre attention par leurs succès.

C'est, d'abord, Bay-Middleton (Sultan et Cobweb), qui ne courut que pendant un an et ne fut pas battu, remportant, entre autres épreuves, les Deux mille Guinées, le Derby et les Grand Duke Michœl Stakes; il sera le père de The Flying Dutchman.

Vient ensuite la fameuse Bee's Wing (D^ Syntax et une fille d'Ardrossan et Lady Eliza), qui courut pendant huit saisons consécutives, de deux à neuf ans, ne remportant pas moins de i8 courses sur les 56 qu'elle disputa, entre autres d'innombrables coupes, à Ascot, Doncaster (quatre fois), Newcastle (six fr Is), Lincoln, Richmond, Stockton, etc.

A la suite de sa dernière victoire dans le Doncaster Cup, elle fut victime d'un accident en rentrant à l'écurie : elle se démit une articulation et demeura estropiée pour toujours.

Elle sera la mère, avec le grand Touchstone, de N ewminster et de Nunnykirk.

Tout un lot d'excellentes poulinières nous vint, cette année-là, d'Angleterre :

Eva (Sultan et Eliza Leeds), née en 1832, qui sera la mère de Gigès, Cauchemar, Plenty;

Lustre (Swiss et Lunettes), née en 1830, mère de Georgette, qui sera elle-même la mère de Goélette et de Géologie;

Weeper (Woful et TherezaPanza), née en 1830, mère de Miserere, Wirthschaft, Matn'zelle Amanda, Locomotive, etc.;

Kermesse (Camel et Martha), née en 1832, mère de Jenny (mère de Fleur-de- Marie et Lioubliou), Électrique, Tertullia, Mi- Carême, etc.

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