FIN
Mais le fait saillant — indépendamment de la première victoire d'un cheval français — est l'exploit, sans précédent encore, réalisé par West-Australian (Melbourne et Mowerina, par Touchstone), qui, le premier, cueille la « triple couronne » des Deux mille Guinées, Derby et Saint-Léger.
Né à Streatlam-Castle, chez M. Bowes, West-Australian n'avait encore été battu qu'une seule fois, pour ses débuts à 2 ans, dans les Criterion Stakes, à Newmarket, par Speed the Plough.
A 4 ans, West-Australian sera vendu 118.000 francs à lord Londesborrough, pour lequel il remporta le Triennal et le Gold Cup
West-Australian.
d'Ascot, battant d'une tête Kingston, el ayant couvert les 4.000 mètres en 4' 27'Ml cueillit encore le Goodwood Cup, après quoi il fut retiré de l'entraînement. Il avait gagné sept courses sur huit, et 340.875 francs d'argent public, ce qui passait alors pour fabuleux.
Nous en reparlerons comme étalon, lors de son importation, en
Un autre cheval, qui marque sa place sur le turf anglais^ est Rataplan (The Baron et Pocahontas), propre frère du fameux Stockwell. Il eut une longue carrière, et ne disputa pas moins de 72 courses, sur lesquelles il en remporta 42, dont la Coupe de la Reine, à Ascot, et le Doncaster Cup.
Moins heureux que son frère, au haras, il ne compte qu'un produit marquant, Kettledrum, vainqueur du Derby, en 1861.
Transportons-nous maintenant aux États-Unis.
C'est la première fois que les choses du turf nous font franchir l'Atlantique.
Le voyage en vaut la peine. C'est, en eïîet, l'année du fameux Lexington, le grand chef de race américaine, dont le nom se retrouvera à tout instant dans le pedigree des étalons et poulinières que les principaux éleveurs de ce pays importeront chez nous, au commencement du xxe siècle, quand des lois draconiennes auront ruiné, chez eux, l'élevage et les courses.
Ces notes sont extraites de l'étude intitulée Memoir of Lexington, publiée, à la fin de 1911, par M. B.-G. Bruce.
Lexington est resté légendaire, en Amérique, comme cheval de courses et comme étalon. Il était fils de Boston, dont la carrière avait été également extraordinaire, et d'Alice Carneal (1); il avait la robe baie et était né, en 1850, dans un haras situé à proximité de la ville dont il portait le nom.
Il courut à 3, 4 et 5 ans, gagnant en partie liée sur toutes les distances, de 1.600 à 6.400 mètres. Une de ses plus curieuses perfor-
(1) Boston avait eu une carrière de courses tout à fait remarquable, tant par sa durée que par le nombre de ses succès, dont la plupart avaient été remportés dans des épreuves en partie liée sur les longues distances : il n'avait pas gagné moins de 40 courses sur les 45 qu'il avait disputées, de trois à dix ans.
A 3 ans, il avait remporté 2 courses sur 3 4 — 4 4
Au total 40 courses sur 45
C'est là un record vraiment extraordinaire.
Sa mère, Alice Carneal, a fourni une carrière également curieuse. D'une extrême nervosité, elle n'a débuté qu'à cinq ans, pour courir quatre fois, gagnant une course; ses rares tentatives à six et à sept ans ont échoué. Elle est fille de Sarpedon, un bon performer en Angleterre, né en 1828 et importé en Amérique en 1834. Pendant son séjour au haras, de 1845 à 1859, Alice Carneal a donné, entre autres vainqueurs, Umpire qui fut importé en Angleterre où il gagna vingt-deux course?, mais elle est surtout connue comme mère de Lexington.
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mances est un match sur quatre miles (6.400 mètres), contre le temps: il s'agissait débattre le record qui était de 7' 26", l'enjeu était de 20.000 doWava ; Lexington en vint à bout, accomplissant le parcours en 7'19" 3/4 (l^r mile, l'47" 1/4; 2^ mile, l'52" 1/4; 3e mile, l'51" 1/2; 4^ mile, l'48" 3/4). Le poids porté était de 103 li\Tes;'deux cheYâux, Joë Blackburn et ^rrow s'étaient successivement relayés pour lui servir de leaders, le premier sur le premier et le dernier mile, l'autre sur les deux miles intermédiaires. A la suite de cet exploit, Lexington termina sa carrière par une victoire en un match demeuré célèbre, contre son rival Lecomte, fils comme lui de Boston, et âgé également de 4 ans, sur 6.400 mètres en partie liée.
Lexington était devenu aveugle peu de temps après sa dernière course, mais ce défaut ne s'est pas répété chez ses descendants. Entré au haras en 1857, il y est resté pendant vingt et un ans, et pendant ce laps de temps, il a donné 236 vainqueurs de 1.176 courses d'une valeur totale qui n'est pas inférieure à 1.200.000 dollars, soit 6.000.000 de francs, chiffre fort élevé pour une époque où les courses ont été gravement troublées par la guerre de décession.
Mais ce qui étonnera surtout les éleveurs modernes, c'est la façon vraiment anormale dont Lexington fut utilisé pendant les huit premières années de son séjour au haras. De 1857 à 1864, en effet, il lui fut présenté, annuellement, une moyenne de 74 juments! ... En 1857, ce chiffre n'était que de 59, mais dès l'année suivante, il s'élevait à 83!...
Après l'année 1864, on usa d'un peu plus de modération dans ses services, mais dans sa carrière entière d'étalon, il égala à peu près le record du fameux roi Salomon, puisque ce cheval eut quelque chose comme 840 épouses!