‹ Historique des courses de chevaux de l'antiquité à ce jourChapitre 50 sur 202 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Celehrity. — Ce que Ton donnait au jockey qui remportait le prix du Jockey- Club. — Roy al-Quand- Même, Fitz-Gladiator, Hervine, Moustique et Dame d'Honneur (suite). — Critérium de Moulins. — Débuts de Monarque. — • Le Sport. — Nos insuccès en Angleterre. — King Tom.

L'année n'est pas fameuse, les chevaux s' entrebattant à chaque rencontre et les cinq grandes épreuves classiques de l'époque (Poule d'Essai, Poule des Produits, Diane, Jockey-Club et Grand Saint-Léger) revenant à des vainqueurs difîérents.

C'est ainsi que Celebrity (Gladiator et Annetta), à M. J. Reiset, qui n'avait pu prendre que la troisième place, dans la Poule d'Essai, derrière Nancy et Coustraiîiville, enlève le prix du Jockey-Club, dans lequel ces deux chevaux ne sont pas placés, non plus que Honesty (Gladiator et Effie Deans), à Th. Carter, qui venait de battre Nancy, d'une encolure, dans le prix de Diane.

Lysisca (Sting et Cassica), à M. Lupin, n'avait pas figuré dans cette dernière épreuve, après avoir remporté la Poule des Produits.

Nancy (M. Waggs et Nativa), au prince Marc de Beauvau, était allée, entre la Poule d'Essai et le prix du Jockey-Club, cueillir le Derby Continental, à Gand.

Enfin, Coustrainville (Gladiator et Bee'sWing), à M. Aumont, enlevait le Grand Saint-Léger de Moulins à Celehrity, dont il recevait 10 livres, il est vrai. ^

Celehrity — dont la mère, Annetta, était une fille de la célèbre Miss Annette, qui avait porté si glorieusement, aux premières heures des courses, la casaque orange de lord Seymour — avait donné les plus grandes espérances à 2 ans, mais après sa défaite par Ravières^ dans le deuxième Critérium, à Chantilly, son propriétaire, Th. Carter, l'avait vendu à M. J. Reiset, pour le compte duquel peu de jours après il enlevait le Grand Critérium.

Sa première sortie, à 3 ans, dans la Poule d'Essai, n'avait pas confirmé cette performance, et il ne dut son succès, dans le prix du Jôckey- Club, qu'à la dérobade de Blason, à M. Aumont, à quelques mètres du but, alors qu'il avait course gagnée.

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En témoignage de sa satisfaction de cette victoire, M. J. Reiset donna une gratification de 200 francs à son jockey Bartholomew, et V invita à prendre une tasse de thé, ce qui fut considéré, tout à la fois, comme un acte de prodigalité et de grande condescendance.

Les meilleurs jockeys ne gagnaient que 3 à 4.000 francs par an. Il y a loin de ces modestes émoluments aux 100.000 francs de fixe et même davantage — • sans compter les gratifications et les cadeaux — qu'exigent aujourd'hui nos fines cravaches. Pour ne rappeler qu'un exemple, Fred Archer, qui se suicida, en 1888, dans un accès de fièvre chaude, après quinze années de succès retentissants, était plusieurs fois millionnaire, et le prince de Galles lui-même n'avait pas cru déroger en assistant à son mariage.

La province compte un très bon 3 ans en Fa-Dièze (Commodore Napier et Sylvia), au comte de Coux, qui gagne plus de 20.000 francs en huit courses, dont le Derby du Midi.

Les vieux chevaux de l'écurie Aumont triomphent sur toute la ligne. C'est d'abord Royal-Quand-Même, qui vient en tête, avec neuf victoires et 50.000 francs, dont huit prix gouvernementaux et le Grand prix Impérial, à Paris; — Fitz-Gladiator, après avoir enlevé un prix de 4.000 francs, faisait son travail en vue de la Coupe de Goodwood, quand il tomba broken-down et dut être retiré de l'entraînement (1) ; — //er(^me gagne six courses, dont le prix de l'Empereur, 10.000 francs, à Chantilly, et le prix Municipal, à Gand, quand elle tomba boiteuse pendant sa préparation pour le Cambridgeshire; — ■ Échelle, trois courses, dont le prix des Pavillons; — Papillon, le Cadran (2) et six autres prix, s' élevant à plus de 20.000 francs.

Parmi les autres vétérans. Moustique, au comte d'Hédouville, Dame-de-Cœur, à M. de Baracé, enlèvent chacun cinq courses, dont le prix de la Ville de Paris pour le premier, et l'Omnium pour la seconde.

Enfin, en province, Agar, k M. Jordan, gagne huit courses, s'élevant à la somme globale d'une vingtaine de mille francs, dans laquelle le Grand Prix du Midi, à Pompadour, entre pour 5.000 francs.

Le meeting de MouHns, qui tenait déjà une place prépondérante dans le calendrier hippique, avec le Grand Saint-Léger de France,

(1) L'Administration des Haras voulut Tacheter, mais M. A. Aumont préféra le conserver pour son haras de Victot, où, comme son père, il se montra reproducteur de premier ordre.

Parmi ses produits, on peut citer Mon Étoile, Palestro, Dangu, Compiègne, Royallieu, Gabrielle d'Estrées, Orphelin, Vertugadin, etc.

Racheté pour 33.000 francs par M. P. Aumont, à la mort de son père, en 1860, il fut revendu peu après, pour le même prix, à l'Administration des Haras.

(2) La surcharge de 5 livres qui frappait, depuis la création de cette épreuve (1837), tout gagnant dans l'année, venait d'être supprimée.

enrichit son programme du Critérium, de 3.000 francs, qui sera, jusqu'aux dernières années de l'Empire, une des épreuves les plus importantes pour les jeunes chevaux.

Il sera remporté par Allez-y -gaiement, à M. H. Mosselman, qui aura la gloire, à l'automne, de battre Monarque, dans le Grand Critérium.

Ronzi, qui remportera par la suite quelques grandes épreuves, figurait parmi les non placés; elle n'avait pas joué un rôle plus actif, au printemps, dans le prix du Premier Pas, qu'avait enlevé Triumvir, vainqueur également du prix de l'Oise.

Le Premier Critérium était revenu kPeu d' Espoir, et le Deuxième à Cendrillon, et le prix de l'Empereur (handicap), à Blois, à Estrées, qu'il ne faut pas confondre avec la fameuse Gahrielle d' Estrées, que nous verrons en 1861 .

Sous un tout petit format d'abord, parut, le 17 septembre 1854, un journal hebdomadaire, qui n'allait pas tarder à devenir l'organe sportif du monde élégant.

Fondé par Eugène Chapus, qui le céda quelques années plus tard à Saint-Albin Lagayère, le Sport, jusqu'à l'apparition de la presse sportive quotidienne, fut comme le Moniteur des Courses, et sa rédaction compta successivement tous les écrivains hippiques les plus compétents, à commencer par son fondateur.

Nos tentatives en Angleterre n'avaient pas été heureuses : Valéria finit troisième sur trois dans le Goodwoop Cup et les Brighton Stakes; — • Aguila fut non placé dans le Great Ebor Handicap et le Great Yorkshire Handicap ; — Lysisca, dans le City and Suburban; — • Jouvence courut six fois vainement; — Trust fut troisième dans le Stewards Cup; — • et nous n'eûmes pour toute fiche de consolation que les 50 souverains d'un petit prix gagné par Rémus, à M. Achille Fould, à la réunion d'automne d'Epsom,

King Tom, le troisième des fils de Pocahontas (avec Harkaway, cette fois), n'eut pas, sur le turf, la carrière de ses aînés, et, bien que l'année fût médiocre, il ne put prendre que la seconde place dans le Derby. Mais il se distingua au haras, et produisit, entre autres vainqueurs, Tomato (Mille Guinées, 1864), Tormentor et Hippia (Oaks, 1866 et 1867), Kingeraft (Derby, 1870) et Hannah (Mille Guinées, Oaks et Saint-Léger, 1871).

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