CHAPITRE XXXYII
M. Alexandre Aumont. — Mon Étoile, Capucine, Surprise, Beauvais, Pierre fojids, Gustave, Violette. — Géologie et Light (suite). — Le prix des Lions.
— Premières allocations de la Société d'Encouragement à la province. — Suppression des courses de haies, à Longchamp. — Courses à Marseille.
— Fusion des écuries Lagrange et Nivière : « la Grande Écurie ». — En Angleterre : première tentative d'un cheval français dans le Derby d'Epsom; Thornianhy ei Buccaneer; création de la Brighton Cup; fixation d'un poids minimum en courses. — Importation de West-Australian. — Réorganisation des Haras.
La mort de M. A. Aumont, la réorganisation des Haras et la fusion des écuries Lagrange et Nivière sont, dans l'ordre chronologique, les faits dominants de l'année.
Nous renverrons la réorganisation des Haras à la fin de ce chapitre, pour nous occuper d'abord des choses intéressant plus directement les courses.
M. Alexandre Aumont mourut au début de l'année, au moment où, comme nous l'avons vu, ses couleurs — absentes du turf depuis trois ans — semblaient appelées à de brillants succès, avec sa pouliche Mon Étoile (Fi' z-Gladia^oi" et Hervine), l'héroïne de la campagne de deux ans.
M. A. Aumont était alors une des personnalités les plus considérables du monde du sport. Nous avons dit comment, en 1844, il avait pris la suite de l'écurie de courses plates de son frère Eugène^ après le scandale Tontine-Herodia, et nous l'avons vu, depuis lors, marcher de succès en succès, et faire de son haras de Victot comme le type de l'élevage français (1).
( 1 ) Avant de prendre la suite de son frère Eugène, M. A. Aumont était associé à Saint-Contest, près de Cacn- avec M. Basly, le créateur du demi-sang en Normandie, qui le quitta quanti il le vit se consacrer ainsi au pur sang. Connais-
Sous la casaque de son fils Paul, Mon Étoile — bien que disqualifiée, par la mort de son nominator, dans toutes les grandes épreuves classiques, en vertu du règlement anglais, qui était alors en vigueur chez nous — n'en fournit pas moins une carrière fructueuse, remportant notamment, à l'automne, le prix de l'Empereur, à Chantilly, et l'Omnium, prenant, dans les deux circonstances, sa revanche sur Capucine, qui l'avait battue dans le Grand Prix de Bade (1).
Capucine (Gladiator et Bathilde) était également la gagnante, à Bade, du Saint-Léger Continental; à Gand, du Derby Continental; àSpa,du prixdelaSauvinière,et de nombreuses courses en province, mais elle n'avait pas figuré dans le prix de Diane, qui était revenu à Surprise (Gladiator et Gringalette), au baron Nivière.
Surprise — • qui sera avec Light, dont nous parlons plus loin, la mère de la célèbre Sornette — avait remporté, au préalable, le prix de la Neva, et, par la suite, le Grand Prix de Versailles, celui de Mouhns et celui de Marseille, ainsi que le prix Municipal, à Gand; mais elle succomba, dans le prix Prmcipal, à Paris, contre 5/ac/f- Prince, qui lui rendait 19 livres et le sexe.
Parmi les autres non placées du prix de Diane, figurait Sauvagine, qui sera la mère de Salvator.
Après ces trois pouliches, un seul poulain se détache, Beauvais (Elthiron et Wirthschaft), à Mme Latache de Fay, qui, après avoir succombé contre Pierrefonds (Buckthorn et Muley Moloch mare), dans le prix de la Ville de Paris, remporte le prix de l'Empereur (Grande Poule), le prix du Jockey-Club (qu'il n'enlève que d'une tête à Gouverneur, qui ne précède Pierrefonds que d'une encolure), et plusieurs courses en province, dont le Grand Prix, à Pompadour.
Gustave (Lanercost et Bounty), au baron N. de Rothschild, peut être cité pour ses victoires du prix du Printemps et de la Poule d'Essai sur Violette (Ion et Launcelot mare), qui remporta ensuite la Poule des Produits et un petit prix à Bade.
Parmi les quatre ans, Géologie et Light, au baron Nivière, se distinguent tout particulièrement : la jument, en triomphant dans six épreuves, sur toutes les distances, depuis les 800 mètres du prix du Gros-Chêne, jusqu'aux 4.200 mètres du Cadran; et le cheval, en établissant le record du nombre des courses gagnées d'affilée, avec
seur émérite en chevaux, A. Aiimont — qui prit alors pour associé et entraîneur To n Hurst — fonda le haras de Victot, dont l'élevage ne tarda pas à jouir d'une grande réputation. Ce fut l'époque des succès de Déception, Fitz Emilius, Liverpool et Moroh. En 1848, désirant être seul maître chez soi, il se sépara de Torn Hurst, vendit sa cavalerie et, pendant deux ans, cessa de faire courir. II confia ensuite ses chevaux à Tom Jennings et, jusqu'à la fin de 1856, où il avait cédé son écurie en bloc au comte de Lagrange, il occupa une place prépondérante sur le turf avec La Clôture, Hervine, Porthos, Échelle, Aguila, Royal-Quand- Même, Fitz-Gladiator et Monarque.
(1) Mon Étoile sera l'arrière-grand'mère de Plaisanterie.
19 victoires consécutives, aux quatre coins de la France, sur tous les parcours, avant de succomber d'une tête, dans le Liverpool Autumn Cup, contre The Brewer, cheval âgé, auquel il rendait 12 livres. Il n'avait pas été placé, dans le Grand Prix de 1 Empereur (Gladiateur), qui était revenu à Lysiscote, au comte de Lagrange.
Né en 1856, chez le marquis de Talhouët et vendu yearling au baron Nivière, Light (The Prime Warden et Balaclava), n'avait pas couru à deux ans et n'avait commencé à trouver sa véritable forme qu'au miheu de sa troisième année. Il sera le père, avec Surprise dont nous venons de parler, de Sorjiette, et, avec Bataglia, de Bigarreau, les deux chevaux qui, en 1870, porteront si glorieusement la casaque de Charles Laffitte.
Mlle de Chantilly ramasse sept prix gouvernementaux à Caen, Moulins, Angoulême, etc.; — 5/ac/c-Prmce, le prix Principal (5.000 fr.), à Paris; — et GouQieux, trois courses, dont le prix Impérial (6.000 fr.), à Longchamp.
Isabelle avait enlevé le Grand Critérium, et Egmont, le prix du Premier Pas.
Le budget total des coursesplates, en 1860, s'élève à 862.700 francs, dont plus du tiers (300.000 fr.) sont encore faits par le Gouvernement. Celui-ci touche à la fin de sa mainmise sur les courses, et peu d'années nous séparent du moment où la Société d'Encouragement sera enfin libre de ses mouvements.
En attendant, il n'est pas de campagne où elle n'augmente son budget (1) et ne crée de nouvelles épreuves-.
Cette fois, c'est, au printemps, le prix des Lions (2.000 fr.), qui, en dépit de son peu d'importance, jouira longtemps d'une vogue spéciale, et permettra aux plus habiles gentlemen-riders des différentes époques de se faire applaudir du public. La liste serait longue de tous les cavaliers mondains qui y prirent part, et, pour ne citer que les plus connus, on peut rappeler, au hasard, les noms de MM. le baron de La Rochette, comte d'Hédouville, baron Finot, comte Lehndorff, — qui sera, pendant trente ans, le grand maître des Haras impériaux d'Allemagne, — duc de Gramont-Caderousse, prince d'Orange, H. Blount, Edmond Blanc, Maurice Ephrussi, etc.
Enfin Tannée 1860 voit la dernière course de haies sur Th'ppodrome de Longchamp, dont plus d'une réunion se terminait par une épreuve de ce genre.
(1) Pour la première fois, la Société distribue des allocations à la province. Ces subsides régionaux — qui dépasseront un million de francs, en 1913 — sont encore bien modestes et ne s'élév-ent qu'à 12 000 francs, répartis en six prix de 2.000 francs chaque, à Angoulême, Caen, Mont-de-Marsan, Moulins, Toulouse et Valenciennes. ...
Les courses de Marseille datent de cette année, car on ne peut vraiment considérer comme telles les info/mes tentatives faites précédemment.
Sous l'active impulsion de M. Delahante, il y a réunion au printemps et à l'automne, et le budget s'élève dès le début, à près de 50.000 francs, dont 17.000 francs pour les courses d'obstacles. Les épreuves principales sont : le Grand Prix de Marseille (10.000 fr.), le prix du Château- B or elli (6.000 fr.), et le prix des Phocéens (4.000 fr.) pour chevaux de deux ans.
Le meeting d'automne — • le plus important des deux — très habilement placé à l'extrême limite de la saison de plat, alors que Longchamp a déjà fermé ses portes, aura le privilège d'attirer de nombreux représentants des écuries parisiennes, qui en assureront le succès croissant (1).
A noter, à la petite réunion de Craon, le prix Vernet, doté d'une allocation de 1.500 francs et d'un tableau d'Horace Vernet. I
Un gros événement marque l'année : nous voulons parler de la fusion des écuries du comte de Lagrange et du baron Nivière, qui eut lieu à l'automne. La chose fit grand bruit et cette formidable association — la « Grande Écurie », comme on l'appela — • inspira, un moment, les craintes les plus sérieuses pour l'avenir du turf. Déjà puissantes séparément, les deux écuries, en réunissant leurs forces, formaient une coalition redoutable qui semblait devoir régner en maîtresse absolue sur les hippodromes et décourager, par cela même, tous les autres propriétaires, ainsi condamnés à se contenter des miettes du festin qu'elle voudrait bien leur laisser.
Gomme on le verra, ces appréhensions étaient non seulement exagérées, mais encore mal fondées, car, malgré ses succès, la Grande Écurie — dont l'existence fut du reste éphémère, — loin de nuire à l'essor des courses, ne fit au contraire que contribuer à leur développement, par l'émulation qu'elle suscita.
Au printemps, le comte de Lagrange, mettant en pratique le projet qu'il avait formé d'attaquer nos voisins d'Outre-Manche dans leurs
(1) Aujourd'hui, le budget total des courses de Marseille s'élève à 346.000 francs, dont 209.000 francs pour le plat, répartis sur 19 journées (8 au printemps, 3 à l'été, et 8 à l'automne).
Après Deauville, Nice et Vichy, c'est actuellement la ville de France la plus richement dotée, bien que son programme ne comporte encore aucune épreuve de l'importance du Derby du Midi, à Bordeaux.
positions les plus inexpugnables, avait fait une tentative qui, pour ne pas réussir, n'en fit pas moins couler des flots d'encre.
Depuis l'année 1794, où Cantator, né en Angleterre, avait porté les couleurs de Philippe- Égalité, dans le Derby d'Epsom, nos compatriotes n'avaient jamais tenté la fortune en Angleterre que dans les handicaps ou dans celles des épreuves où leurs chevaux étaient avantagés au poids, comme la Goodwood Cup, par exemple.
Mais aucun n'aurait songé à risquer l'aventure dans une grande épreuve classique, à poids égal.
Ce que nul n'avait osé jusque-là, le comte de Lagrange l'osa, et son poulain Dangu — né en France, de Fitz-Gladiator et Maidof-Hearth, — alla disputer le Derby d'Epsom
Cette tentative — qu'un succès éclatant devait cependant couronner cinq ans plus tard — fut taxée de « folie pure », et, pour bien montrer le peu de cas qu'il faisait d'un tel adversaire, le betting anglais laissa partir Dangu à 200/1.
Cet adversaire était des plus médiocres, en effet, ce qui ne l'empêcha toutefois pas de finir quatrième, à la stupéfaction générale, devant un lot qui comprenait Buccaneer.
Sa camarade d'écurie, Mlle de Chantilly, n'avait été battue que d'une tête, par Weatherbound, dans le Cambridgeshire, et par The Brewer, dans le Liverpool Autumn Cup.
En Angleterre, deux chevaux de trois ans méritent de fixer notre attention.
C'est d'abord Thormanhy (Melbourne ou Windhound et Alice Hawthorn), à M. Merry, vainqueur, à deux ans, de 9 courses sur 14; à trois ans, du Derby, des Claret-Stakes; à quatre ans, de l'Ascot Gold Cup, etc.
Thormanhy est le père à.' Atlantic (Deux mille Guinées, 1874), père lui-même de Le Sancy; — de Charibert (Deux mille Guinées, 1879), — et de Hester (Mille Guinées, 1870).
Puis Buccaneer (Wild Dayrell et Red Rover mare, issue de Miss Granfield) gagnant, à deux ans, des July Stakes, et père de la célèbre Formosa (Mille Guinées, Deux mille Guinées, Oaks et Saint-Léger, 1868); — Kisber (Derby et Grand Prix, 1879;) — Brigantine (Oaks, 1869).
Création de. la Brighton Cup, que remporteront Dollar, à M. A. Lupin (1864), et Fénelon, au duc de Hamilton (1882).
C'est en cette même année 1860 que, pour donner satisfaction à lord Redesdale — qui avait déposé une motion à la Chambre des
Lords, tendant à ce que le poids minimum que pût porter un cheval en courses fut de 7 st. (44 kil. 390), — le Jockey-Club préféra ne pas laisser la chose venir en discussion publique, et coupa la poire en deux, en fixant à 5 st. 7 1. (35 kilos) ce minimum, qui était alors bien inférieur Tannée précédente, avait remporté le Liverpool Autumn Cup avec 4 st. 12 1. (29 kilos 1/2).
Le Jockey-Club craignit, en effet, que la Chambre Haute n'intervînt trop brutalement dans cette question des apprentis jockeys, en interdisant remploi de trop jeunes enfants, si recherchés en raison de leur poids minuscule.
C'est dans ce but que le Jockey-Club vint de lui-même à composition, au grand désespoir des vieux sportsmen endurcis, qui n'envisageaient que leurs seuls intérêts.
Depuis lors, la législation s'est occupée, tant en France qu'en Angleterre, de la réglementation du travail de l'enfance, et elle a fixé à douze ans l'âge minimum auquel les apprentis peuvent être employés en courses.
Le célèbre West-Australian, dont nous avons longuement parlé en 1853, fut importé par k duc de Morny, qui l" avait payé SO.COa francs.
Venons maintenant à la réorganisation de rAdministration des Haras, la grosse question de l'année 1860.
Un des premiers soins du Gouvernement impérial, dès sa constitution, avait été de s'occuper de la question chevaline. Sa sollicitude s'était portée de suite, non seulement sur les courses, dont il avait facilité l'extension en province par tous les moyens en son pouvoir, mais aussi sur l'élevage national, qui n'était pas encore à la hauteur du rôle qu'on était en droit d'en attendre, en dépit des progrès immenses réalisés depuis la fondation de la Société d'Encouragement.
Depuis longtemps, les règlements de l'Administration des Haras donnaient Ueu aux plus vives critiques, alors qu'elle-même se plaignait de n'être pas en mesure de rendre les services qu'on exigeait d'elle, faute des ressources nécessaires. D'autre part, si cette Administration achetait ses chevaux trop tard, la Remonte les achetait trop tôt, et le commerce général languissait, pris entre ces deux services pubhcs qui, faits pour s'entendre, s'ingéniaient à s'ignorer et à faire tout le contraire l'un de l'autre.
Les choses en étaient arrivées à un point où le statu quo ne pouvait durer, sans risquer de faire courir à l'élevage naissant les plus grands dangers. Tout le monde était d'accord sur ce point, mais on différait
sur les moyens à employer. Tandis que les uns ne voyaient de salut que dans le renforcement de l'intervention directe de l'État, qu'ils voulaient plus énergique et plus omnipotente encore, afin de secouer l'inertie et la routine de l'ensemble des éleveurs, les autres, au contraire — prenant l'exemple de l'Angleterre, où l'institution gouvernementale des haras n'existe pas — la jugeaient nuisible, par l'inflexibilité des principes mêmes qu'elle imposait, et ils préconisaient la liberté de l'initiative privée, soutenue par les encouragements officiels.
Une première Commission hippique, réunie, en février 1859, sous la présidence de l'Empereur, avait déjà signalé tous les inconvénients de l'état de choses existant et montré la connexité qui existait entre la question commerciale et la question militaire. Mais elle n'avait pas eu à prendre parti.
Devant les deux avis opposés, étages l'un et l'autre sur des raisons qui semblaient également probantes, l'Empereur nomma, en mai 1860, une nouvelle Commission, sous la présidence du prince Napoléon, pour étudier la question sous toutes ses faces et lui présenter une solution.
Ces deux mêmes courants se retrouvèrent au sein de la nouvelle Commission, qu'ils partagèrent presque par moitié : en effet, sur les vingt-six membres qui la composaient, un ne prit pas part au vote, 13 se déclarèrent en faveur de l'intervention directe de l'État et du maintien du système en vigueur, en augmentant les allocations budgétaires de l'Administration des Haras, et 12 conclurent, sinon à la suppression de cette institution, du moins à la transformation complète du système d'intervention (1).
La question, on le voit, restait en suspens. Le prince Napoléon n'eut d'autre ressource que de remettre à l'Empereur, en le priant de trancher le différend, les rapports mêmes de chacun des deux partis de la Commission, qui avaient été rédigés, celui de la majorité par le maréchal Randon lui-même, celui de la minorité — qui comprenait, il est curieux de le constater, tous les sportsmen de cette Commission — par le baron de La Rochette.
L'Empereur chargea le comte Walewski, ministre d'r^tat, de résoudre la question. Celui-ci, tout en reconnaissant la nécessité du maintien de l'intervention directe, pencha en faveur de certains desiderata de la minorité, et soumit à l'Empereur un programme d'organisation, qui aboutit au décret du 19 décembre 1860.
(1) Membres de la majorité: maréchal Randon, ministre de la Guerre; Geoffroy de Villeneuve; H. de Saint-Germain; comte de Kergorlay; marquis de Croix; de Caulaincourt; Werlé; général de Brancion; comte de Tromelin; de Goulhot de Saint-Germain; Vuillefroy; A. Roques et A. de Baylen.
Membres de la minorité : prince Napoélon; baron de La Rochette; comte de Morny; vicomte Paul Daru; Ferdinand Barrot; de Boureuille; Achille Fould ; Rouher; baron de Pierres; Le Couteulx; duc d'Albuféra et Monny de Mornay.
Ce décret réunissait toutes les dispositions éparses dans les règlements, arrêtés, ordonnances et décrets antérieurs, en les modifiant sous certains rapports. Il avait pour but de protéger et d'encourager les éleveurs, d'unifier les vues des Haras et de la Remonte, d'assurer des ressources plus larges au commerce des chevaux de race pure et de donner tout le développement nécessaire à cette industrie.
Le service des Haras était constitué en Direction générale et distrait du ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, pour être placé dans les attributions du ministère d'État. Au-dessous du Directeur général, un employé supérieur, qui prenait le titre d'Administrateur, centralisait les détails du service; le personnel du service comprenait 8 inspecteurs généraux et 26 directeurs de dépôts d'étalons.
L'article 19 instituait, auprès du Ministre, un Conseil supérieur des Haras, composé de 10 membres, nommés par le Ministre et choisis parmi les sénateurs, les députés, les membres du Conseil d'État, les officiers généraux de l'armée et les personnes versées dans les matières hippiques. Ce Conseil, qui se réunissait chaque fois que le ministre le jugeait utile, était appelé à aider de ses avis le Directeur général dans toutes les questions importantes.
U était établi, en outre, auprès du Directeur général, et sous sa présidence, un Comité consultatif des Haras, composé des inspecteurs généraux.
Les encouragements à l'élevage — augmentés de 600.000 francs — ■ comprenaient dans leur ensemble : les prix de courses plates au galop et au trot, et de courses avec obstacles; les primes aux étalons, juments poulinières et pouliches de toute espèce (1) ; les primes aux poulains castrés de bonne heure et convenablement dressés à la selle ou à l'attelage; les subventions aux concours régionaux, aux écoles d'équitation et de dressage.
Le jour même — -19 décembre — • où ce décret était rendu, un arrêté nommait comme Directeur général des haras, le général Fleury, premier écuyer, aide de camp de l'Empereur, et deux autres arrêtés
(1) Ces primes étaient ainsi fixées :
Pour un étalon approuvé de pur sang de 500 à 1.500 francs.
— de demi-sang de 400 à 1.000 —
— de trait de 300 à 500 —
Toutefois, pour les animaux d'une valeur élevée et d'un mérite exceptionnel, ces primes pouvaient atteindre :
Pour un étalon de pur sang 3.000 francs.
— de demi-sang 1.500 —
— de trait 800 —
Les primes aux juments poulinières suivies de leur production de l'année étaient portées :
Pour une jument poulinière de pur sang de 200 à 600 francs.
— de demi-sang de 100 àI400 —
— de trait de 100 à 300 —
constituaient la Commission supérieure des Haras et la Commission centrale des Courses et du Stud-Book (1).
(1 ) Commission supérieure des Haras : Général prince de la Moskowa, premier veneur, aide de camp de l'Empereur, et comte Boulay de la Meurthe, sénateurs; — Vuitry, président de section au Conseil d'État; — marquis de Caulaincourt, Hervé de Saint-Germain, comte F. de Lagrange et Geoffroy de Villeneuve, députés au Corps législatif; — général Féray; — baron de La Rochette; — duc d'Isly.
Commissioyi centrale des Courses et du Stud-Book : Comte de Morny, président du Corps législatif, membre du Conseil privé, président; — général prince de la Moskcwa, premier veneur, aide de camp de l'Empereur, sénateur; — général Fleury, premier écuyer, aide de camp de l'Empereur, directeur général des Haras; — comte F. de Lagrange et Hervé de Saint-Germain, députés au Corps législatif; — baron de Pierres, premier écuyer de l'Impératrice; — • vicomte Paul Daru, président du Comité des Courses de la Société d'Encouragement; — baron de La Rocliette; — comte A. de Noailles; — comte d'Hédouville; — Jacques Reiset; — vicomte de Baracé; — H. Mosselman; — A. Lupin; — - Hennessy; — baron de Nexon; — de Vanteaux; — Ferdinand Régis; — comte d'Aure; — comte de Laroque-Ordan; — Ernest Leroy; — A. de Baylen, administrateur des Haras.