‹ Historique des courses de chevaux de l'antiquité à ce jourChapitre 65 sur 202 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

Adressé à Son Excellence le maréchal Vaillant, ministre de la Maison de V Empereur et des Beaux-Arts, par Son Excellence le Grand-Ecuyer, chargé de V administration des Haras.

Monsieur le Ministre,

Le nombre des hippodromes et les allocations qu'ils reçoivent, soit du Gouvernement, soit des Sociétés, des villes, des départements, etc., ont doublé depuis six ans. Ce développement rapide, si digne d'attention à tous les points de vue, est surtout remarquable en ce qu'il caractérise dans l'histoire des courses une phase d'émancipation. Le zèle des Sociétés constituées pour organiser les réunions, l'empressement du public, les ressources pécuniaires et les moyens d'action empruntés à la faveur dont jouit l'institution dans le pays, l'activité née des intérêts divers mis en jeu, la vulgarisation des notions techniques sur les règlements en vigueur et les usages reçus, ont progressivement diminué la nécessité de l'intervention administrative, en augmentant proportionnellement l'importance du rôle rempli par les particuliers et les associations.

Le moment me paraît venu de faire un nouveau pas dans cette voie, et d'accentuer cette tendance de décentralisation au profit de l'initiative privée qui constitue, d'ailleurs, en matière de courses, le mode de procéder en Angleterre. Li situation actuelle permet, suivant moi, au service des Haras de

(1) D'après l'article 28 du décret du 4 juillet 1806, que nous avons publié à sa place et qui régissait encore la matière, la juridiction des courses du Grouvernement était dévolue « aux maires pour le provisoire, et aux préfets pour la décision définitive » Dans la pratique, la juridiction administrative n'a jamais fonc tionné de cette manière, l'arrêté du 7 novembre 1806 ayant confié à des commissaires, nommés par le Ministre, le soin d'examiner et de trancher toutes les contestations relatives aux courses. Depuis lors, les différents arrêtés ministériel5 qui ont traité de la question ont successivement délégué à une Commission (7 avril 1840), puis à troi? commissaires (7 février 1851), la solution de toutes les questions soumises primitivement à la juridiction des maires et des préfets.

s'effacer dans certaines limites, et de restreindre son règlement général aux dispositions purement organiques, c'est-à-dire à celles qui ont pour but de définir le fonctionnement des sociétés, de fixer leurs attributions désormais plus étendues, de déterminer leurs rapports avec le Gouvernement.

Voici comment s'effectuerait cette transformation. A côté de l'ancienne Société d'Encouragement, s'occupant exclusivement du cheval de pur sang, dont le critérium est la course plate au galop, se sont fondées récemment deux grandes sociétés vouées à l'amélioration du cheval de service et de guerre; — l'une, la Société des Steeple-Chases, protégeant l'élevage des chevaux de selle, au moyen des courses à obstacles; — l'autre, la Société pour l'amélioration du cheval français de demi-sang, distribuant, sous forme de prix de courses au trot, de généreux encouragements aux chevaux destinés à Fattelage. Ces trois Sociétés mères représentent, dans sa triple acception, l'élevage du cheval en France, et chacune d'elles est régie par une législation distincte, œuvre des hommes les plus pratiques et les plus compétents.

En face de cette situation que l'usage a consacrée depuis longtemps pour le Jockey-Club, et que l'opinion publique est toute prête à accepter pour les deux Sociétés nouvelles, je suis convaincu qu'il n'y aurait aucun inconvénient pour l'État à renoncera toute juridiction administrative, à se rallier aux règlements des trois Sociétés, lesquels ne diffèrent, d'ailleurs, de ceux des Haras que dans quelques détails, et à en faire le Code général pour chaque spécialité, sur tous les hippodromes de France.

La mesure que je propose aurait pour effet, en unifiant la jurisprudence des courses, d'investir les commissaires du droit de juger désormais toutes les questions sans appel; toutefois, lorsque l'importance ou la difficulté du litige le comporterait, il aurait la faculté de le déférer au comité de l'une des trois Sociétés, suivant la nature de la course. La Commission centrale, créée par arrêté ministériel pour décider souverainement dans certains cas, cesserait donc d'exister, et la Commission du Stud-Book, confondue avec la précédente, serait reconstituée séparément.

Ce n'est pas à dire que l'Administration entendrait abdiquer son autorité. En faisant une plus large part à l'initiative individuelle, en suivant le courant actuel des idées économiques, elle ne renoncerait pas à diriger de haut l'institution des courses. Indépendamment du droit naturel d'établir la répartition des fonds et des conditions des prix de l'État, le Grand- Écuyer continuerait de nommer les commissaires, de contrôler les programmes, et conserverait une action disciplinaire pour la répression des délits et des fraudes.

Si les considérations qui précèdent obtiennent l'agrément de Votre Excellence, je la prierai de vouloir bien signer les deux arrêtés ci-joints.

Le Grand-Ecuyer,

GÉNÉRAL FlEURY.

A la suite de ce rapport, et conformément aux desiderata qui y étaient formulés, fut rendu l'arrêté suivant :

Le Ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, sur le rapport du Grand- Écuyer,

Vu les arrêtés ministériels eji date des 15 mars 1842, 26 avril 1849, 24 jan-

3i6 LES COURSES DE CHEVAUX

vier 1850, 17 février 1853, 30 janvier 1862 et 7 février 1863, relatifs aux courses de chevaux,

AlRRête :

Art. 1er. La présidence d'honneur des courses de chevaux appartient de droit aux préfets des départements.

Art. 2. — Les inspecteurs généraux des Haras, les directeurs des dépôts d'étalons et inspecteurs départementaux remplissent les fonctions de commissaires du Gouvernement pour les courses; ils y assistent, les surveillent et en rendent compte au Grand-Écuyer. Ils peuvent également faire partie des commissions.

Art. 3. — Il y a dans chaque localité trois commissaires des courses.

Art. 4. — La nomination des commissaires est faite par le Grand-Écuyer. Néanmoins, là où il existe des Sociétés de courses, le Grand-Écuyer peut déléguer aux dites Sociétés le choix des commissaires.

Art. 5. — Les commissaires des courses sont chargés de préparer le programme des courses, de le soumettre à l'approbation du Grand-Écuyer, de lui donner toute la publicité désirable, de recevoir les engagements, de décider sans appel de leur validité, de fixer l'ordre des courses, lequel devra être publié en moins de vingt-quatre heures, de surveiller l'exécution des dispositions du règlement.

Art. 6. — Les commissaires prennent les dispositions qui leur paraissent convenables pour le terrain des courses, le pesage des jockeys, la désignation des juges du départ et de l'arrivée. Dans le cas où deux commissaires sont seuls présents, ils choisissent d'un commun accord un remplaçant pour leur collègue absent. Ils ont, d'ailleurs, le droit de déléguer à telle personne qu'ils jugent à propos de désigner une partie de leurs attributions. Ni les commissaires, ni les personnes auxquelles ils délèguent leurs fonctions ne peuvent les exercer pour une course dans laquelle ils seraient directement ou indirectement intéressés.

Art. 7. — Toutes réclamations ou contestations élevées au sujet des courses sont jugées par les commissaires; leurs décisions sont sans appel. Ils peuvent toujours, lorsqu'ils le jugent convenable, appeler deux personnes compétentes à prendre part à leurs décisions. Néanmoins, lorsque l'importance ou la difficulté de la question leur paraît l'exiger, les commissaires peuvent encore en déférer le jugement : pour les courses plates, au Comité de la Société d'Encouragement pour V amélioration des races de chevaux en France; pour les courses à obstacles, au Comité de la Société générale des Steeple- Chases; pour les courses au trot, au Comité de la Société pour V amélioration du cheval de demi-sang.

Art. 8. — Il sera dressé par les soins des commissaires locaux procès-verbal de toutes les opérations. Ce procès-verbal, transmis dans le délai de vingtquatre heures au préfet du département, sera, à la diligence de ce fonctionnaire et dans un délai semblable, adressé au Grand-Écuyer.

Art. 9. — Lorsqu'un jockey, entraîneur ou propriétaire, se trouve sous le coup d'une exclusion ou d'une suspension régulièrement prononcée par une Commission locale, le Grand-Écuyer peut prononcer contre lui l'interdiction pour un temps plus ou moins long de monter, d'entraîner ou de posséder aucun cheval courant sur les hippodromes français.

Art. 10. — L'arrêté ministériel du 30 janvier 1862 portant règlement général des courses et les titres IV et V de l'arrêté du 7 février 1863 sont abrogés.

En~suite de cette suppression, les hippodromes seront régis désormais : pour les courses plates au galop, par le règlement de la Société d'Encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France; pour les courses à obstacles, par le règlement de la Société générale des Steeple-Chases; pour les courses au trot, par celui de la Société pour l'amélioration du cheval français de demi-sang.

Art. 11. — Le Grand- Écuyer est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Paris, le 16 mars 1866.

Maréchal Vaillant.

Ainsi que le remarque fort justement M. Henri Lenoble, dans sa Thèse pour le Doctorat sur les Courses de Chevaux (1899), cet arrêté ministériel, destiné, selon le vœu du général Fleury, à assurer l'émancipation des Sociétés de Courses, à ouvrir et à laisser le champ libre à l'initiative privée, contient une véritable abdication du Ministre au profit du Grand- Écuyer.

Désormais seul délégué du Ministre, c'est lui qui exerce tous ses pouvoirs; c'est à lui que les inspecteurs des Haras, chargés de la surveillance des courses, rendent comptent de leur mission; c'est à lui qu'appartient la nomination des commissaires des courses, soit qu'il désigne des personnes de son choix, soit qu'il en charge le Comité des trois Sociétés organisées et désormais officiellement reconnues; c'est à son approbation que doit être soumis le programme des courses élaboré par ces commissaires; c'est à lui que doivent être adressés par l'intermédiaire du préfet, les procès-verbaux des réunions; c'est lui, enfin, qui prononce les peines disciplinaires.

En ce qui concerne les Sociétés de Courses, cet arrêté était des plus importants pour elles : il les soustrayait à l'action administrative en ce qui avait trait à la dualité de réglementation des prix, et reconnaissait leur indépendance et leur compétence, sans les investir, toutefois, d'aucune mission officielle. Elles restaient sociétés privées et, comme telles, maîtresses absolues d'employer leurs ressources comme elles l'entendaient, de faire la police de leurs hippodromes et de modifier leurs règlements à leur guise.

L'autorité qui leur était conférée n'était que morale, et force leur était de respecter la liberté des sociétés de province, qui restaient libres d'adopter des règlements tout différents.

Ce fut là l'erreur et la cause de tout le mal futur, et il est fâcheux qu'on ne se soit pas aperçu de cette lacune : l'État aurait dû, en effet, dès ce moment, décréter l'obligation, pour toutes les Sociétés de courses en France, de se conformer aux règlements des trois Sociétés.

On eût ainsi coordonné plus efficacement des efforts qui s'éparpillèrent encore pendant longtemps, empêché des erreurs et des abus, et tué dans l'œuf l'industrie des hippodromes de spéculation, qui, par leurs scandales, faillirent emporter, vingt ans plus tard, l'œuvre si péniblement édifiée par la Société d'Encouragement.

Mais à quoi bon récriminer. Cet arrêté n'en marque pas moins une

étape féconde dans l'essor des Courses, qu'il dégageait enfin de l'action pernicieuse de l'Administration!

Nous avons dit que la Société d'Encouragement s'était vue dans l'obligation de disqualifier, à l'avenir, tous les chevaux qui courraient, sur le continent, avant le 1^^ août de leur deuxième année. Cette mesure de conservation lui était imposée par le développement du jeu sous toutes ses formes, poules, loteries, combinaisons, etc., qui poussait les organisateurs de réunions de courses à multiplier les épreuves pour les jeunes chevaux, afin d'attirer le public et, conséquemment, d'augmenter leurs recettes, qui étaient loin de faire retour à l'élevage.

Bon nombre de ces Sociétés, en effet, se souciaient fort peu de l'amélioration de la race chevaline et ne voyaient dans les courses qu'une spéculation. Nous verrons plus loin, au moment des « Suburbains », le péril que leurs agissements firent courir au turf, par la magnanimité, pour ne pas dire la faiblesse, de la Société d'Encouragement, qui se contenta de demi-mesures de sauvegarde, au lieu d'avoir recours aux moyens radicaux.

Cette décision — qui mettait une entrave à l'exploitation des jeunes animaux — fit pousser les hauts cris, comme bien on pense. Critiques et réclamations intéressées s'élevèrent de tous côtés. Mais la Société d'Encouragement tint bon, et plus de quarante années se passeront avant qu'elle consente à se relâcher de sa fermeté (1).

Revenons à Gladiateur.

A quatre ans, il courut six fois pour remporter six victoires.

Comme Fille de V Air, l'année précédente, il cueille tout d'abord les Derby Trial stakes et les Claret stakes, à Newmarket (dans lesquels il fait walk-over), le Grand Prix de l'Impératrice (Rainbow) et la Coupe, à Longchamp; puis il enlève de quarante longueurs l'Ascot Gold Cup et, dans un canter également, le GrandPrix de l'Empereur (aujourd'hui prix Gladiateur) sur Vertugadin qui, cette fois encore, ose seul se présenter contre lui. Dans cette dernière course, Gladiateur est monté par G. Pratt (frère du célèbre Charles Pratt), son jockey habituel, H. Grimshaw, s'étant tué quelques jours auparavant, dans une chute de voiture.

L'état des jambes de Gladiateur n'avait jamais cessé de causer les plus vives inquiétudes à son entraîneur. Après le Grand Prix de l'Empereur, il n'y eut plus à s'illusionner : un de ses boulets chauffait tellement que force fut de le retirer de l'entraînement.

(1) Ce n'est qu'en 1907, en effet, que la Société d'Encouragement autorisera, sous certaines conditions, les débuts des jeunes chevaux à partir du dernier lundi de juin.

C'était précisément la crainte qu'inspirait ce mauvais état de ses jambes, qui avait obligé Grimshaw à la course d'attente prolongée ' — plus encore que dans le Grand Prix, l'année précédente, — qu'il lui imposa, dans la Coupe d'Or d'Ascot, la plus extraordinaire de ses performances, peut-être. A la descente qui précède la ligne d'arrivée. Gladiateur était tellement loin encore dernière Regalia et Bredalbane, que le public le crut irrémédiablement battu et que l'amiral Rous lui-même fit part de ses craintes au comte de Lagrange, lequel lui répondit tranquillement : « Mais non, monsieur l'Amiral, il a gagné. » Et c'était vrai. A peine le danger de la descente avait-il disparu, en effet, que Grimshaw n'avait, comme à l'ordinaire, qu'à lâcher la tête à son cheval, pour que celui-ci, libre alors de s'étendre dans cette action dont la puissance stupéfiait les spectateurs, l'emportât de ce qu'il voulut. Et, cette fois encore, ce fut de quarajite longueurs!

Gladiateur avait gagné, dans son étonnante carrière, près d'un million de francs d'argent public (980.300 francs), chiffre inconnu jusqu'alors et qui constituerait encore un record — bien que le fameux /smgf/ass l'ait porté, depuis, à 1.466.375 fr., — si les épreuves eussent été dotées de leurs allocations actuelles. Pour le Grand Prix seul, la différence est de plus de 250.000 francs.

On a comparé Gladiateur à Eclipse, on l'a même surnommé « l'Eclipsé moderne ». La comparaison est juste en ce qui concerne le mécanisme prodigieux de chacun de ces deux chevaux et les qualités hors ligne qu'ils déployèrent tous deux sur le turf. Elle s'arrête malheureusement là, car, autant Eclipse s'illustra au haras, autant Gladiateur s'y montra médiocre.

L'histoire n'a conservé le nom d'aucun de ses produits, dont le premier seul, en raison de l'illustration de son origine mérite, d'être rappelé, bien qu'il n'ait pu donner sa mesure, étant pied-bot. Ce poulain, nommé Éole, était, en effet, par Gladiateur et Fille de V Air!

Quand Gladiateur fut retiré de l'entraînement, les offres les plus brillantes furent faites à son propriétaire, et des Américains lui proposèrent de mettre le cheval aux enchères à 400.000 francs. Le comte de Lagrange refusa. Ce n'était pas qu'il trouvât l'offre inacceptable et qu'il demandât le Nouveau-Monde de son étalon, ainsi que le duc de Westminster l'avait fait de Touchstone {1), mais il préféra le

(1) Une députation américaine, venue en Angleterre pour acheter quelques étalons de pur sang, ayant entendu parler du fameux Touchstone, s'en fut trouver son propriétaire, le duc de Wesniinster.

— Nous venons, dirent les députés, pour vous acheter Touchstone.

— Acheter Touchstone ! s'exclama dédaigneusement le duc, vous n'êtes pas assez riches 1

Piqués au jeu, les Américains en offrirent d'abord 4.000 livres, puis 8.000, 12.000, 20.000 et finalement 30.000 (750.000 francs). Le duc refusait toujours.

— Mais qu'en voulez-vous donc? s'écrièrent-ils.

^— J'en veux les États-Unis I dit le duc de Westminster, en leur tournant les talons.

louer pour deux ans, à M. Blenkiron, de Middle Park, au prix de 75.000 francs par an, avec réserve de dix saillies gratuites.

Après deux années de monte en Angleterre, Gladiateur fut ramené en France, quand éclatèrent les événements de 1870. Vendu avec toute l'écurie du comte de Lagrange,il fut acheté pour 152.250 francs, par M. Blenkiron; puis, à la liquidation de son stud, en 1872, il devint la propriété de M. Harcourt, pour 7.000 guinées (183.750 francs).

Gladiateur mourut à l'âge de quatorze ans, en 1876, des suites d'une inflammation.

Les autres vétérans qui font quelque figure après lui, sont : Vertugadin, gagnant du prix de l'Empereur (13.000 francs) et du prix Jouvence, à Paris; et de trois courses, dont deux prix Impériaux, à Gaen et à Deauville. Une fois encore, mais sans plus de succès, comme on l'a vu, il avait tenté la fortune contre Gladiateur, dans le Grand Prix de l'Empereur, où il n'avait pu prendre que la seconde place, à distance respectueuse.

Tourmalet remporta cinq courses, dont le Handicap de Paris (6.000 fr.) et le prix Jeanne d'Arc (7.000 fr.), à Rouen; — La Fortune, le prix du Cadran, — et Affidavit, la Coupe de Deauville.

Le meilleur trois ans est sans contredit Étoile Filante (Y. Gladiator et Goélette), à M. H. Lunel, qui ne trouva sa véritable forme qu'à l'automne, en enlevant, à Bade, le Saint-Léger Continental, le prix de la Ville et le Grand Prix, puis, à Longchamp, le Grand Prix du Prince Impérial (Royal-Oak); au printemps, elle n'avait gagné que le prix de Lutèce, échouant dans ses autres tentatives.

Les autres sont de quahté vraiment médiocre. Non seulement ils ne Jouèrent aucun rôle dans le Grand Prix, où les trois premières places furent prises par les anglais, Ceylon, Primate et Mazeppa, qu'il était difficile cependant de considérer comme des foudres de guerre, mais, à l'exception du prix du Jockey-Club, que Florentin, à M. H. Delamarre, enleva péniblement d'une encolure à Baïonnette, et de la Poule d'Essai, que remporta Marengo, toutes les autres épreuves importantes revinrent à des pouliches, qui s'entre-battirent à l'envi dans leurs rencontres successives.

Le détail de ces performances contradictoires serait sans intérêt et nous nous bornerons à rappeler leurs succès : — à M. H . Delamarre : Victorieuse (prix de Longchamp et prix de Diane), et Vérité (Saint- Léger de Moulins et Poule des Produits, à Bade); — au comte de Lagrange:7^/eMre«e(prix des Acacias et prix du Ministère, de 7.000 fr., au Pin), et La Favorite (Grand Prix de Bourgogne, de 7.000 fr., à Chalon-sur-Saône, et prix de Chantilly); — Lesbos, à M. J. Verry (Prix de l'Empereur, Grande Poule); — Marcella, à M. A. Fould (Grand Prix du Midi, de 10.000 fr., à Toulouse).

Battu pour ses débuts par Le Petit Caporal, à M. A. Fould, dans

le prix Morny, à Deauville, Montgoubert, au comte de Lagrange, enlève ensuite le prix de La Toucques, le prix de l'Avenir et le prix de Carlsruhe, à Bade, et le Grand Critérium, à Longchamp, ce qui lui vaut l'honneur d'être aussitôt inscrit en tête de la cote du prochain prix du Jockey-Club.

Le meeting de Bade avait vu, avec la victoire de Apsley, dans le prix de la Forêt -Noire, le premier succès sur le turf de la casaque cerise, manches et toque grises du duc de Hamilton, qui venait d'installer une écurie de courses à Chantilly, sous la direction de W. Planner.

Nous avons rappelé les succès de Gladiateur, en Angleterre, au cours de sa quatrième année.

Plutus et Auguste, également au comte de Lagrange, y avaient remporté, l'un le Great Eastern Railway handicap, et l'autre les Drawing Room stakes, à la réunion de Goodwood, où Sultan, au major Fridolin, y avait enlevé le Steward' s Cup.

C'est l'année, chez nos voisins, de Lord Lyon (Stockwell et Paradigm), à M. Sutton, vainqueur, comme West-Australian et Gladiateur, de la triple couronne Deux mille Guinées-Derby-Saint-Léger.

D'Angleterre fut importée, au cours de l'année, Woman in Red (Wild Dayrell et Agnès Weekfield), née en 1857, qui sera la mère de Mars (père de Jongleur, 1874), Revigny (1869) et Montargis (1870).

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