CHAPITRE LV
Scission Lagrange-Lefèvre. — La Société d'Encouragement supprime toute subvention aux Sociétés qui profitent du jeu. — Le prix du Nabob. — Clémentine, Insulaire, Brie, Sthathouder. — Saint- Christophe et Verneuil (record de celui-ci en Angleterre; sa vente à l'Autriche) et Fontainebleau (suite). — Kincsem. — Arrivée tumultueuse dans l'Omnium. — Swift. — Mort du baron de Nexon. — Retraite momentanée de M. H. Say. — Apparition des couleurs de MM. H. Bouy et Camille Blanc. — Mort de Fille-de- VAir.
Si la Société d'Encouragement avait toujours tenu à honneur de rester totalement étrangère à l'exploitation du jeu sur ses hippodromes, certaines Sociétés de province et la plupart des petits champs de courses des environs de Paris, que dirigeait Adolphe Dennetier, étaient loin d'avoir partagé les mêmes scrupules et tiraient, au contraire, large profit de l'autorisation qu'ils accordaient aux bookmakers d'exercer leur industrie dans leurs différentes enceintes.
C'était déjà, dans l'œuf, le germe des « Suburbains ». On sait à quels abus et à quels scandales cette protection intéressée devait donner lieu !
Société privée, ne jouissant que d'une autorité purement morale, sans action directe, on a dit qu'il n'était pas au pouvoir de la Société d'Encouragement d'empêcher ces agissements, qui allaient compromettre si gravement l'institution qu'elle avait eu tant de peine à édifier.
Nous reconnaissons volontiers qu'elle n'était pas maîtresse d'imposer, à ceux qui prétendaient s'en passer, son code et son règlement. Mais, put-on croire, un instant, que la mesure qu'elle prit « de refuser à l'avenir toute subvention aux Sociétés de Courses qui bénéficiaient du jeu, sous quelque forme que ce soit », était de nature à effrayer les dissidents?
Encore cette décision, pour si anodine qu'elle fût, ne sera-t-elle pas partout également appliquée (1).
Dès l'année suivante, éclairée sur le peu d'effet de la mesure qu'elle avait prise, la Société d'Encouragement fera davantage. Nous verrons cependant que, cette fois encore, elle s'arrêtera à michemin, ne jugeant pas nécessaire ou n'osant pas aller jusqu'au bout.
Certes, si le Gouvernement, prenant résolument la question en mains, avait décrété obligatoire pour toutes les Sociétés de Courses l'adoption du code et du règlement de la Société d'Encouragement, le mal eût été coupé dans sa racine.
Mais la République semble n'avoir jamais compris, comme l'Empire l'avait fait, le rôle des courses, et déjà un vent de fronde soufflait contre la Société d'Encouragement, en raison même de la barrière qu'elle opposait aux appétits naissants (2).
Et comme la Société d'Encouragement n'était qu'une émanation du Jockey-Club, que ses dirigeants étaient des gens du monde, riches et titrés, et pour la plupart attachés aux régimes déchus, la République ne voyait pas d'un mauvais œil les embarras que l'on créait à la vieille Société.
Unies depuis 1870, les écuries Lagrange et Lefèvre reprennent chacune sa liberté individuelle.
Le comte de Lagrange abandonne Royallieu et se sépare de Gunnington; il conserve Dangu, avec Weatherell, et Phantom Cottage, avec T. Jennings ; M. G.-J. Lefèvre gardait Chamant, avec Richard Carter, et Lowther House, à Newmarket, avec Ch. Jennings junior.
Le PRIX DU Nabob, qui vient d'être créé (3), est gagné par Clémentine, une propre sœur de Verneuil, au comte de Lagrange, dont nous
(1) Un conflit s'éleva à ce sujet avec la Société des Courses de Caen, qui continua à opérer un prélèvement sur les bookmakers. Sous prétexte que celle-ci n'était pas une société privée comme celles de Dennetier et que ces prélèvements ne constituaient pas des bénéfices personnels, puisqu'ils étaient affectés aux allocations, la Société d'Encouragement eut la faiblesse de céder.
Ce fut une faute et mieux eût valu rompre carrément, que de créer ce précédent.
(2) N'est-ce pas le Grouvernement qui, en 1907, imposera à la Société l'obligation de rayer de son règlement la gratuité des fonctions de commissaires, sans laquelle aucun programme de courses n'était publié au Bulletin Officiel?
(3) Poule de 10.000 francs, sur 2.500 mètres, pour chevaux issus de juments saillies par des étalons nés hors de France. En 1896, cette épreuve reçut le nom de prix Noailles, en souvenir du comte A. de Noailles, membre du Comité de la Société d'Encouragement.
L'allocation primitive de 10.000 francs a été portée à 20.000, en 1883,
avons dit les succès à deux ans; elle enlève aussi la Poule d'Essai et la Grande Poule, mais est retirée du prix de Diane, en raison de l'état de l'une de ses jambes. On ne lui trouve plus ensuite que des places dans les Mille Guinées, les Oaks, le Goodwood Derby, les Grand Duke' Mikael, les Nassau Stakes, les Newmarket Oaks et le prix Royal-Oak, où elle avait fini à une demi-longueur de son camarade Inval. A quatre et cinq ans, elle remportera de nouveaux et brillants succès et quittera le turf après une course extraordinaire dans le prix Gladiateur, que nous retracerons en son temps.
Battu d'une encolure par Pilgrimage, dans les Deux mille Guinées, Insulaire (Dutch Stakes et Green Sleeves), trouve une compensation dans le prix du Jockey-Club, qu'il enlève au petit galop, après quoi il reprend sa série malheureuse d'éternel second, déjà commencée à deux ans : battu d'une demi-longueur, dans le Derby d'Epsom, par Sefton, qu'il a devancé dans les Deux mille Guinées, il précède de loin Thurio, qui le bat d'une tête, sur le poteau, dans le Grand Prix!... Sa défaite, en cette circonstance, est exclusivement imputable à son jockey Goater, qui avait course gagnée, mais qui voulut finasser et faire — ce qui était alors de mode chez les grandes cravaches — « une belle arrivée ».
Pour prouver l'inexactitude de ce résultat. Insulaire, quelques jours plus tard, avait raison de Jannette, dans l'Ascot Derby, puis, à nouveau, il finit deuxième dans nombre d'épreuves, notamment dans les Sussex Stakes, derrière Clocher, dans le Newmarket Saint- Léger, derrière Sefton, et dans le Jockey-Club Cup, derrière Silvio; il ne fut placé ni dans le Saint-Léger de Doncaster, ni dans le Cambridgeshire.
Brie, sœur de Kilt et de Stracchino, au baron de Rothschild, avait remporté les prix de Diane et de Villebon, après avoir pris la seconde place, dans le prix Daru et la Grande Poule; — Clocher (Gathedral et Couvent), à M. L. Delâtre, gagnant du Biennal et deuxième derrière Insulaire, à Chantilly, avait pris sa revanche à Goodwood, dans les Sussex Stakes; — Stathouder, à M. Ed. Fould, avait eu en partage les prix Daru et de Longchamp; — Mourle, à M. L. André, le Grand Saint-Léger; — et Mantille, la brillante lauréate de deux ans, n'avait commencé à retrouver quelque forme que tard dans la saison : sa meilleure performance, sur les sept prix qu'elle gagna, fut d'enlever le prix de la Forêt.
et 30.000, en 1891. Actuellement le prix s'élève à 63.000 francs environ pour le gagnant, plus une prime de 4.000, à l'éleveur; il est alloué, en outre, 5.000 au 2e, et 2.500 francs au 3«.
Comme pour les prix similaires Hocquart, Greffulhe et Daru, les engagements se font le 31 octobre de l'année de la saillie. Entrée : 500 francs; forfaits : 300 et 250, suivant l'époque de déclaration.
Le prix du Cadran remit en présence — le fait est assez rare pour être rappelé — les quatre premiers du précédent Grand Prix. Saint- Christophe finit à nouveau en tête, mais le classement des trois autres fut interverti, Vemeuil ayant pris la seconde place devant Jongleur et Stracchino. Dans le Rainbow, Saint- Christophe n'eut pas de peine à devancer sa rivale du prix de Chantilly, Mondaine.
Jongleur eut en partage le Biennal, les prix d'Apremont, de Dangu et de D eau ville, mais il succomba, à 7 livres seulement, contre Fo?itainebleau, dans le prix de Seine-et-Marne, après quoi il fut retiré de l'entraînement. Comme nous l'avons dit, il mourut à l'automne, du tétanos, des suites d'une blessure au paturon.
La Jonchère remporta la Bourse, mais elle succomba, dans le prix Jouvence, contre Auguste, lequel baissa pavillon, dans le prix Gladiateur, devant son camarade Vemeuil, qui s'était couvert de gloire en Angleterre, comme nous le verrons plus loin. Leur compagnon Balagny eut en partage le prix de Lutèce et la Coupe.
Fontainebleau, après avoir gagné les prix de la Seine, Seine-et- Marne, et du Conseil général, à Rouen, n'était pas de taille à disputer la victoire, dans le Grand Prix de Deauville, à l'invincible jument hongroise Kincsem (Cambuscan et Water Nymph), à M. Blascowitz. Elle était alors âgée de quatre ans, et venait de remporter le Goodwood Cup, à la suite de quoi le capitaine Machell, un des premiers sportsmen d'Angleterre, en offrit, sans succès, 250.000 francs à son heureux propriétaire. Jusque-là, elle n'avait pas quitté l'Allemagne où, depuis ses débuts à deux ans, elle comptait trente-six victoires sur trente-six sorties (1). Fontainebleau cueillit encore le Grand Prix de Beauvais et le prix de Bois-Roussel.
C'est enfin Réveillon, dont le succès, dans l'Omnium, donna, une fois de plus, lieu aux plus bruyantes manifestations.
Le baron de Rothschild avait deux chevaux dans la course. Réserviste II, favori à 7/1, monté par Macdonald, et ce Réveillon, complètement négligé à 50/1, monté par Rolfe. Très loyalement l'écurie, une des plus honorables qui soit, déclara son intention de vouloir gagner avec le premier nommé, et Rolfe devait faire le jeu et céder la place à son camarade au moment voulu. Les choses se
(1) Kincsem ne connut pas la défaite de toute sa carrière, sa performance la moins heureuse ayant été de partager, en 1878, le Grand Prix de Bade, avec Prince Giles I.
Elle remporta 54 victoires, dont 10 à deux ans, 17 à trois ans, 15 à quatre ans, et 12 à cinq ans.
Au début de sa sixième année, elle reçut un tel coup de pied d'un autre cheval, qu'elle dut être retirée de l'entraînement et envoyée au haras, où elle fit très bien.
passèrent comme elle l'avait espéré, en ce sens que, à la distance, ses deux représentants, Réveillon en tête, étaient nettement détachés et maîtres de la partie. Suivant les instructions données, on s'attendait donc à voir Rolfe baisser les mains pour laisser passer Réserviste II. Mais il n'en fit rien, et, continuant à pousser vigoureusement son cheval, il atteignit le poteau avec une longueur d'avance sur son compagnon.
On juge de la nature des clameurs qui accueillirent cette arrivée, clameurs qui s'adressaient exclusivement au jockey fautif.
Si des sommes considérables furent perdues de ce fait, on peut hardiment affirmer, suivant l'expression populaire, « qu'elles ne furent pas perdues pour tout le monde ».
Mais, si coupable que Rolfe fût de fait, professionnellement sa faute ne tombait pas sous le coup du Code des Courses qui veut, au contraire, qu'un jockey coure toujours pour gagner. Aussi les Commissaires ne purent-ils sévir.
Le même incident devait se reproduire, sept ans plus tard, dans le prix Hocquart, avec Extra et Léopard, à M. P. Donon.
Fitz Revigny avait remporté le prix du Premier Pas, — Commandant, le prix de Villers, le Grand Critérium de Dieppe et le Premier Critérium, à Fontainebleau, — et Shéridan, le prix de Condé.
Mais l'héroïne des deux ans était l'extraordinaire Swift (Kingcraft et Sycee), au comte P. de Meeûs, qui provenait de l'élevage du haras de Villebon, à feu Charles Laffitte.
Elle courut dix fois et ne fut battue, après neuf victoires consécutives (prix de Deux Ans, Grand Critérium, prix de la Salamandre, etc.), que dans le prix de la Forêt, — qui venait d'être réduit à 1.600 mètres,
— par Phénix et Faisan, deux trois ans, spécialistes des courtes distances.
Cette carrière éblouissante ne devait pas avoir de lendemain.
Deux autres poulains, dont nous parlons ci-après, M. Philippe et
Rayon d'Or, s'étaient également signalés par leurs succès de l'autre
côté du détroit.
• En Angleterre, l'année, sans être aussi brillante qu'en 1876, avait été excellente pour nos chevaux qui, bien qu'ayant échoué dans toutes les grandes épreuves de trois ans, n'en avaient pas moins gagné une centaine de prix, s'élevant à près de 550.000 francs.
Clocher figurait dans cette somme pour 47.375 fr., avec les Sussex Stakes remportés sur Insulaire, vainqueur de l'Ascot Derby,
— Lollypop, pour 70.550 (cinq prix, dont les First Challenge Stakes, à Newmarket); — Japonica, pour cinq victoires et 40.850 fr., etc.
Mais l'exploit le plus remarquable — qui n'avait pas été encore
réalisé jusque-là et qui n'a pas été renouvelé depuis — fut accompli par Verneuil, qui réussit, à Ascot, le triple event des Gold Cup, Gold Vase et Alexandra Plate, se montant à 65.750 francs. (Aujourd'hui le Gold Cup seul atteint près de 80.000 francs.)
Ce Verneuil était un magnifique cheval, de haute taille, 1 m. 66, admirablement proportionné et bâti en force. Au lendemain de sa triple victoire à Ascot, un télégramme de New- York, adressé « Comte de Lagrange, Jockey-Club, Paris », lui en offrait 250.000 francs. Le comte de Lagrange souffrait alors d'une attaque de goutte et resta longtemps sans paraître au Cercle, où le portier conserva le télégramme, au lieu de le faire suivre à son domicile privé. Pendant ce temps, le propriétaire de Verneuil était entré en pourparlers avec M. Cavaliero, pour le compte du gouvernement hongrois, auquel il le vendit 200.000 francs. Ce n'est qu'une fois remis et lorsqu'il revint au Jockey-Club, qu'il apprit que la stupidité du concierge lui coûtait 50.000 francs.
Après leurs aînés, deux poulains de deux ans avaient attiré l'attention, M. Philippe et Rayon d'Or.
M. Philippe, à M. L. André, avait remporté les Criterion Stakes de £ 1.070, battant Lancashire et plusieurs autres, dont Zut et Rayon d'Or, au comte de Lagrange, qui avait aussitôt offert 50.000 fr. du vainqueur. L'offre ne fut pas jugée suffisante, heureusement pour lui, M. Philippe, en raison de ses mauvaises jambes, n'ayant plus rien fait par la suite, alors que Zut gagnera le prix du Jockey-Club, et que Rayon d'Or prendra rang parmi les chevaux célèbres.
Avant sa défaite dans les Criterion Stakes, ce dernier avait déjà montré sa valeur en enlevant successivement les Lavant Stakes à Goodwood, un Sweepstakes et les Clearwell Stakes, à Doncaster, et les Glasgow Stakes, à Newmarket, formant un gain total de près de 70.000 francs.
Quelques épreuves anglaises importantes datent de cette année :
lesRous Mémorial Stakes, à Ascot, pour trois ans et au-dessus, que
remportèrent Phénix, Rayon d'Or et Poulet, en 1879, 1880 et 1881;
— les Challenge Stakes, au Newmarket Second October meeting;
Rayon d'Or y triompha, en 1879, et le V\e\\ Amandier partagea le prix
avec Chasseur, en 1895; — enfin les Craven Stakes, pour trois ans,
également à Newmarket.
Rappelons encore, à l'actif de notre élevage, le brillant succès obtenu à la section chevaline de l'Exposition Universelle, par les produits du comte de Lagrange. Le grand prix d'honneur fut, en effet, décerné à M. C.-J. Lefebvre, qui avait présenté un lot remarquable, composé de Flageolet, Mortemer, Reine, Camélia et Regalia, tous nés, sauf la dernière, au haras de Dangu.
Des bravos chaleureux saluèrent le passage de ces grands vainqueurs quand, au milieu de septembre, avait eu lieu, sous la présidence du maréchal de Mac-Mahon, le défilé des animaux primés sur l'esplanade des Invalides.
L'hippodrome de Maisons-Laffitte, sous la direction de J. Oller, s'était transformé. Les courses d'obstacles y avaient fait place aux
Baron de Nexon.
courses plates, et le prince d'Orange, le comte de Turenne et le comte de Gouy d'Arcy avaient accepté de remplir les fonctions de commissaires de la nouvelle société, dont l'existence fut un feu de paille. Les prix étaient trop modestes, l'état de la piste trop imparfait et l'installation trop insuffisante pour légitimer de grandes espérances de réussite.
De la part d'un homme avisé comme l'était l'initiateur de cette entreprise, la chose surprit.
Notons la mort du baron de Nexon, membre adjoint du Comité de la Société d'Encouragement, fondateur du haras de son nom et propriétaire d'une des plus anciennes et des plus importantes écuries du Sud-Ouest. Son fils continuera l'œuvre paternelle et, sous son habile direction, la casaque grise connaîtra encore de beaux jours,
A la fin de l'année, M. H. Say, sur le point d'entreprendre un grand voyage autour du monde, liquida, en même temps que ses attelages et son équipage de chasse, son écurie de courses. Le prix le plus élevé fut atteint par le trois ans Fitz-Plutus (Plutus et New Star), — -qu'il avait lui-même acheté à M. Maurice Ephrussi, — qui fut adjugé à M. E. Blanc, pour 31.800 francs.
L'année avait vu, par contre, l'apparition de deux nouvelles casaques : celle de M. Camille Blanc (vert-olive, toque bleu-ciel), qui remporta son premier succès à la petite réunion du Vésinet, au début de la saison, et celle, plus modeste, de M. H. Bouy (grenat, toque noire), qui — en attendant l'heure de gloire retentissante que lui ménageait Plaisanterie — débuta sur un réformé du haras de Lonray, Vermisseau, qui venait de remporter plusieurs petits succès sous les couleurs du comte de Gouy d'Arcy, neveu du comte de Lagrange.
La célèbre Fille de VAir mourut au haras de Dangu, à l'âge de 17 ans. Nous avons vu qu'elle n'avait pas tenu, comme poulinière, les espérances qu'on était en droit d'attendre de sa magnifique carrière de courses. Son meilleur produit avait été Reine, gagnante des Mille Guinées et des Oaks, en 1872.