C. Wood montait Saint-Simon, et F. Webb, Tristan
Des paris énormes avaient été engagés sur le poulain du duc de Portland, pour lequel on payait 30/100.
Deux comparses, Credo, 5 ans, 6 st. 2 1., et lambic, 3 ans, 5 st. 8, prirent part à cet essai, dans lequel, à aucun moment,ils ne figurèrent.
Saint-Simon gagna dans un canter de six longueurs, après avoir été maître de la partie d'un bout à l'autre.
M. Lefèvre se rendit à l'évidence, et Saint-Simon fit walk-over dans l'EpsomCup.
Son entraîneur, Matthew Dawson, qui avait eu des chevaux comme Thormanhy et Wheel of Fortune, et qui allait avoir Minting, déclare que c'est le meilleur animal qu'il ait jamais entraîné, et il le place à une stone au-dessus d'Ormonde lui-même.
Au haras, Saint-Simon se montra, nous l'avons dit, un des étalons les plus extraordinaires qu'on ait vus. Nous renvoyons à la notice que nous lui consacrons à sa mort, en 1908.
Mais revenons en France où une grave question avait surgi depuis quelques années, qui préoccupait les pouvoirs publics en même temps que la Société d'Encouragement, par les abus qu'elle avait provoqués et le réel danger qu'elle faisait courir à la cause même des courses : nous voulons parler de l'extension prodigieuse des paris à la cote et de l'omnipotence des bookmakers, qui étaient devenus les véritables maîtres du turf.
L'industrie des bookmakers était de date toute récente. Elle avait pris naissance à la suite du jugement de 1874, qui avait condamné, comme illégal, le pari mutuel inventé par 011er, en l'assimilant aux jeux de hasard, prohibés par la loi de 1836.
Le jeu étant, qu'on le veuille ou non, nécessaire, indispensable en France, à l'existence même des courses de chevaux, le public n'eût pas manqué de déserter les hippodromes — ainsi qu'il ne manquera pas de le faire, comme nous le verrons, quand on voudra l'empêcher de parier — s'il n'eût trouvé un nouveau moyen de satisfaire sa passion.
Ce n'était pas le pari au Uvre — que l'on peut considérer, de par ses conditions mêmes, comme étant un jeu privé — qui pouvait remplacer pour lui les poules et les paris mutuels aboHs dont il avait l'habitude.
Ce nouveau mode de jeu public simple et facile qu'il réclamait, les bookmakers le lui offrirent sous laïorme du pari à la cote.
Nombreux sont les écrivains qui ont traité la question du jeu aux courses, et il est impossible de l'étudier sans retomber dans les redites. Nous nous inspirerons tout particuhèrement de l'historique qu'en ont tracé deux membres du barreau parisien, MM. H. Lenoble et P. BufTard, dans leurs ouvrages cités à l'index bibliographique, tout en laissant de côté, comme sortant du cadre de notre travail, les savantes considérations juridiques dont ils l'ont accompagné.
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