MM. F
Sylphine (Bruce et N. de Souvenance), 2 ans. . L. Mérino. 36.200
Chapeau- Chinois (Bruce et Clarinette), 2 ans. . Ephrussi. 27.800
Calcéolaire (The Bard et Ella), yearling A. Abeille. 15 500
Lanterne- Magique (Bruce et Villeneuve), 2 ans. . Comte de Clermont-
Tonnerre. 10-600
CarméZi^e (Le Petit Caporal et Couvent), 11 ans. . Comte Lehndorff. 4 600
Mlle Préfère (Florestan et Carmélite), 4 ans. . Smith. 3.000
Florestan (Vermout et Deliane), 12 ans H. Ridgway. 16.000
18'Jl A FIN 19i;J 543
en plus du montant du prix et des allocations aux chevaux placés, stipulent désormais une redevance au profit du propriétaire de la mère du gagnant, au moment de sa naissance.
La Société d'Encouragement fut longtemps hostile à ces primes, qu'elle n'inscrivit dans ses programmes que huit ans plus tard, en
Quelles sont les raisons qui l'ont ainsi amenée à résipiscence? Nous l'ignorons. Pour notre part, nous croyons, comme elle le faisait en 1892, que ce ne sont pas les éleveurs qui font vivre les courses, mais bien les propriétaires qui font courir; que toute somme distribuée aux éleveurs est prise sur les propriétaires, et qu'il est assez inique de dépouiller ceux qui assument tous les frais, toutes les charges, au profit de ceux qui ne courent aucun risque.
Le plus gros argument qu'on fit valoir en faveur de l'institution de ces primes, consistait à prétendre qu'il était de toute équité que l'éleveur continuât à être intéressé aux succès sur le turf du poulain qu'il avait vendu.
Et l'on prenait l'exemple d'un poulain quelconque, vendu une quinzaine de mille francs, par exemple, qui gagnait par la suite quelques centaines de mille francs de prix, pour soutenir qu'une partie de cette somme devait revenir à l'éleveur, sans lequel l'acheteur du dit poulain n'eût rien gagné du tout.
A première vue, ce raisonnement paraissait judicieux, encore que la part à revenir à l'éleveur dût être prélevée uniquement sur celle revenant à l'acquéreur, et non enlevée aux autres propriétaires.
L'éleveur du gagnant du Grand Prix, par exemple, touche une prime de 20.000 francs. Si l'institution des primes n'eut pas existé, l'allocation du Grand Prix n'eût pas été augmentée de ces 20.000 francs; ce n'est donc pas le propriétaire du gagnant qui en pâtit. Cette somme eût servi à doter d'autres épreuves, qu'eussent gagnées d'autres propriétaires, en sorte que ce sont eux qui paient les frais de cette générosité.
Si l'on voulait admettre ces primes, il eût suffi — sans qu'il en coûtât rien aux Sociétés de courses et, partant, aux autres propriétaires — de décider que tout contrat de vente de yearling stipulât que le vendeur eût droit kx^. 100 des sommes gagnées sur le turf par ce produit.
C'eût été affaire à débattre entre les deux intéressés, le vendeur et l'acheteur, et les tiers n'eussent pas souffert de leurs conventions particulières.
Mais, en même temps, tout contrat de ce genre eût dû prévoir — car un contrat qui n'engage qu'une des parties est réputé pour léonin et n'est pas reconnu par la loi — qu'en cas d'insuccès, d'accident ou de mort du dit yearling, le vendeur s'engageât à rembourser X p. 100 du prix d'achat.
Il est entendu que, sans éleveurs, il n'y aurait pas de chevaux, mais il est non moins certain que, sans les propriétaires-acheteurs,
on ne verrait jamais sur le turf que les couleurs d'une demi-douzaine de gros éleveurs-propriétaires, qui sont désintéressés dans cette question, puisque peu leur importe de toucher ces sommes sous le nom de prix ou de primes.
Les autres éleveurs, ceux qui ne font pas courir, sont trop gourmands. Ils veulent avoir, tout à la fois, les profits de l'éleveur et ceux du propriétaire, sans courir leurs risques. C'est exagéré, et l'on peut les estimer largement payés, quand ils ont produit un bon cheval, par la plus-value que prennent ensuite les sujets de leur élevage.
Combien ne voit-on pas de yearlings, payés 20.000, 40.000, 60.000 francs, qui sont incapables de jamais paraître sur un hippodrome, ou qui y font si triste figure qu'autant vaut ne pas en parler.
L'éleveur a-t-il jamais proposé, dans ce cas, de rembourser quoi que ce soit de la somme encaissée?
A vouloir trop tirer sur la corde, les éleveurs risquent de la casser. Ils seraient bien avancés, vraiment, le jour où les propriétairesacheteurs, imitant en cela les marchands à l'Hôtel des Ventes, s'entendraient pour limiter les enchères publiques au minimum, et pour ne jamais payer un yearHng,quel qu'il soit, plus de 3.000 francs, par exemple, quittes à passer ensuite à la « revision », c'est-à-dire à le remettre aux enchères privées, entre eux!
En Angleterre, nous devons signaler deux chevaux de premier ordre.
La Flèche (Saint-Simon et Qui ver), que le baron de Hirsch avait payée, yearling, 131.250 francs.
Gagnante, à deux ans, de quatre épreuves importantes, elle confirme ces brillants débuts en enlevant les Deux mille Guinées, le Oaks, le Saint-Léger (sur Sir Hugo, qui l'avait battue d'une demilongueur, dans le Derby), le Lancashire Plate, les Great Duke Mikael Stakes et les Newmarket Oaks.
A quatre ans, elle remportera le LiverpoolAutumn Cup, et, l'année suivante, l'Ascot Gold Cup {swvCalllstrate) et les Champion Stakes.
Achetée 330.750 francs par' sir Tatton Sykes, à la dispersion de l'élevage du baron de Hirsch, en 1896, La Flèche, comme la plupart des grandes juments de courses, n'a pas brillé au haras.
Né au haras d'Eaton, chez le duc de Westminster, Orme (Ormonde et AngeUca) avait pour lui la naissance la plus illustre qui fût. Il avait, en effet, pour père l'un des plus grands chevaux du xix^ siècle, et pour mère, la propre sœur du fameux 6'am^-S'm^o^^ .
A deux ans, il avait gagné cinq épreuves, dont le Middle Park Plate et le Dewhurst Plate. A trois ans, son mauvais état de santé obligea de le retirer des Deux mille Guinées et du Derby. 11 remporta les Echpse Stakes, à Sandown Park, et les Sussex Stakes, à
Ooodwood; fit une course, trop mauvaise pour être exacte, dans le Saint-Léger, et termina la saison par trois victoires, dont les Great Foal Stakes, à Newmarket. A 4 ans, il enlèvera leRous Mémorial, à Ascot, et, pour la seconde fois, les Eclipse Stakes, ce qu'il est le seul à avoir fait jusqu'ici.
Il est le père du célèbre Flying Fox.
Par son père, Orme descendait du fameux Doncaster, qui mourut, -cette année même, à l'âge de 22 ans, au haras de Kisber (Hongrie).
Sous le titre Breeding Horses, hy the Figures System, un Anglais, M. Bruce Lowe, publie un ouvrage appelé au plus grand retentissement dans le monde sportif.
C'est la filiation, par les mères, de tous les pur sang, depuis l'établissement du Stud Book anglais. L'auteur a groupé toutes les poulinières en familles, subdivisées en trois séries :
1° les familles de coureurs, c'est-à-dire ayant produit les plus grands chevaux de course ( N°' 1, 2, 3, 4 et 5);
2° les familles d'étalons, c'est-à-dire ayant produit les étalons les plus remarquables (N^^ 3, 8, 11, 12 et 14);
30 les familles d'outsiders.
Ce travail aura pour corollaire, en 1896, les Tables de l'Allemand Hermann Gooz, qui faciliteront les travaux de recherches et qui permettront, grâce à un classement ingénieux, de trouver en quelques secondes tel renseignement que l'on désire.
Nous aurions voulu parler en détail de l'ouvrage de Bruce Lowe; mais, après l'étude très compétente que M. Roger de Salverte a publiée sur la question, dans le Jockey, il était difficile d'y revenir^ sans marcher sur ses brisées.
Le mieux était donc de lui demander de nous permettre de la reproduire, ce que, très aimablement, il nous a autorisé à faire. (Voir Livre VIII, Des Familles, de Bruce Lowe.)