CHAPITRE LXX
Prix du Conseil Municipal et Critérium International. — 'Prix Monarque, de- Flore et Amphitrite. — Eagotsky, Fousi-Yama, Callistrate, Praline, Ramleh. — Chêne-Royal, Fra AngeUco et Galette (suite). — H. Jennings. — Liquidation du haras de Viroflay : retraite définitive de M. A. Lupin. — • Retrait de la licence de Tom 'Lane. — Création d'une Caisse de secours, par la Société d'Encouragement. — Isinglass : record des sommes gagnées. — Allocation ajoutée à l'Ascot Gold Cup.
L'année est marquée par la création de nombreuses épreuves importantes, dont la capitale est le Prix du Conseil Municipal (100.000 francs, 2.400 mètres, G. P.), à l'automne, pour chevaux de trois ans et au-dessus de tous pays, poids pour âge avec surcharges et décharges (1).
Cette grande épreuve internationnale avait été imposée par le Conseil Municipal et faisait partie des charges du nouveau bail que la Ville de Paris venait de consentir à la Société d'Encouragement,, en remplacement de celui en cours, qui avait été résilié à l'amiable, comme nous l'avons vu précédemment.
Les conditions de la course parurent d'abord draconiennes pour les bons chevaux et firent craindre, par exemple, que les gagnants du prix du Jockey-Club ou du Grand Prix ne pussent rendre le poids aux concurrents les plus avantagés.
;.(!) Poids : 3 ans, 53 kilos; 4 ans et au-dessus, 58 kilos. Le gagnant d'un prix (le 50 000 francs portera 3 kilos de plus; de 2 prix de 50.000 francs ou d'un de 100 000, 6 kilos. Les chevaux de 3 ans n'ayant pas gagné un prix de 12 500 francs et ceux de 4 ans et au-dessus n'ayant pas gagné un prix de 25.000 francs recevront 3 kilos; les chevaux de 4 ans et au-dessus n'ayant pas gagné un prix de 12.500 francs, 6 kilos.
Le deuxième reçoit 15.000 francs, et le troisième 7.500; en outre, depuis l'institution des primes, il est alloué une somme de 7 500 francs à l'éleveur du gagnant, si celui-ci est né en France.
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L'événement ne devait pas tarder à dissiper ces craintes et, si certains animaux succombèrent par la suite à la tâche, nous n'en avons vu bien d'autres triompher avec la grosse surcharge de leur âge(l).
Si; pour notre part, nous regrettons qu'une épreuve de cette importance ne soit pas le pendant, à l'automne, du prix Boïard — c'està-dire une course exclusivement à poids pour âge — nous n'en constatons pas moins le très vif succès qu'elle n'a cessé de rencontrer, tant en France qu'en Angleterre, et il est fort rare qu'elle n'attire pas quelque candidat étranger de bonne class3. On y a m8m3 vu, mais ce fut la seul 3 fois, une jument de grand ordre comme Pretty Polly, qui était alors le crack de sa génération.
On n'en peut dire autant du Critérium International, pour chevaux de deux ans de tout pays, disputé, pour la première fois, le jour même du prix du Conseil Municipal, et qui n'aura jamais d'international que le nom.
La Société Sportive continue, de son côté, d'enrichir ses programmes et le Handicap Optional, la Poule des Yearlings Chéri, qui ne dura que quelques années, le prix Monarque et le prix de Flore datent de cette même année (2).
C'est également en 1893 que se disputa, pour la première fois, à Dieppe, le prix d' Amphitrite (20.0C0 fr., 2.400 m.) pour pouliches de 3 ans et au-dessus, poids pour âge, avec surcharges et décharges.
En 1892, le baron A. de Schickler avait fini en tête des propriétaires gagnants, avec 653.000 francs, ne précédant guère que de
. (1) En consultant la liste des gagnants, que nous publions au cliap. IX, on constatera que, depui? sa fondation, le prix du Conseil Municipal a été remporté dix fois par des chevaux portant le poids maximum : quatre 3 ans. Omnium IF, Gardefeu, Màintenon et Nimbus; ci.iq 4 ans, Omaiiim JI, La, Ca,margo. Macdonald II, Biniou et Ossian, et un 5 ans, La Camargo.
(2) Le Prix Monarque se dispute, en juillet, sur 2000 mètres. Il est pour chevaux de 3 ans; le gagnant, dans l'année, d'un prix de 50.000 francs, porte 2 kilos de plus; d'une somme de 100.000 francs, 5 kilos; de 200 000, 7 kilos.
A l'allocation primitive de 20.000 francs, a été ajouté, en 1895, un objet d'art d'une valeur de 6. 000 francs, portée à 10.000, en 1898; en 1904, l'objet d'art a été supprimé et l'allocation, élevée à 30.000 francs; en 1906, à 40.000; en 1911, à 80.000, plus 12.000 au deuxième et 8.000 au troisième; il était, en outre, alloué une prime de 4.000 à l'éleveur du gagnant. En même temps, ce prix prenait le nom de prix Eugène Adam.
Le Prix de Flore se court fm octobre. Il est réservé aux pouliches de 3 ans. La gagnante, dans l'année, d'un prix de" 40.000 francs, porte 3 kilos déplus; d'une somme de 80 000 francs, 5 kilos; de 150 000, 7 kilos. Les pouliches n'ayant pas gagné depuis le l^"" août dernier, reçoivent 2 kilos.
Distance, 2000 mètres; allocation, 20.000 francs, portée à 25.000, en 1907.
80.000 francs M. E. Blanc; en 1893, avec un gain de 853.000 francs, il battait de plus de 450.000 francs M. Michel Ephrussi, son suivant immédiat.
Ragotsky (Perplexe et Czardas) — propre frère de Fra Angelico — figure à lui seul pour plus de la moitié dans cette somme, avec ses trois victoires du prix Hocquart, du prix du Jockey-Club et du Grand Prix. Entre temps, il avait fini troisième, dans le prix Lagrange, dernière Callistrate et Stanislas, et n'avait pas été placé dans la Poule d'Essai, gagnée par Le Nicham II.
A Chantilly, Ragotsky précédait de deux longueurs son camarade Fousi-Yama (vainqueur des prix La Rochette et Daru), qui ne fut que quatrième dans le Grand Prix. La seconde place y fut prise par Ravensbury (le runner-up d'Isinglass, dans le Derby), que son jockey Morning Cannon avait si maladroitement engagé que, lorsqu'il put enfin le sortir du peloton, il était trop tard. En dépit de ses foulées magnifiques, Ravensbury ne put rejoindre complètement Ragotsky, qui gagna d'une courte tête.
Le troisième — le meilleur du lot,, sans doute, — était Callistrate (Cambyse et Citronelle), que M. A. Abeille n'avait payé que 7.000 francs, à la vente des yearlings du baron Foy, à Deauville.
Comme nous l'avons vu, il avait débuté tardivement, l'année précédente, dans le prix de Saint-Firmin, où il passait inaperçu. Depuis , l'ouverture de la saison, il n'avait pas connu la défaite, ayant remporté successivement laPoule des Yearlings Chéri et le prix Lagrange, à Maisons-Laffitte, puis la GrandePouledesProduits, sur Le iVîc/ia/n// et Fousi-Yama. Pas inscrit dans le prix du Jockey-Club, il ne reparut que dans le Grand Prix, où il partit favori à 6/4. Comme ce n'était pas la tenue qui lui manquait, ainsi qu'il le prouva par la suite, son échec ne peut être imputé qu'à un déclin de forme passager, qui ne lui permit pas davantage de rendre quatre livres, dans le prix Monarque, à des performers aussi médiocres aue Saint- Fer jeux et Boissière.
Il se réhabilita, à l'automne, en enlevant, sous le poids de 56 kilos, le premier prix du Conseil Municipal, où il laissait à trois longueurs Fripon, 4 ans, 52 kilos, cette même Boissière, 51 kilos, et treize autres adversaires, parmi lesquels Fra Angelico, 4 ans, 61 kilos, Fousi- Yama et Saint-Fer jeux, 53 kilos, Bucaneer, 5 ans, 58 kilos, etc.
Callistrate termina la campagne par une tentative infructueuse dans le Cambridgeshire, dont la distance de 1 .800 mètres n'était nullement dans ses moyens.
Le prix de Diane — la chose est assez rare pour être notée — revint à une débutante. Praline (Saxifrage et Pâquerette), à M. P. Aumont, fort délaissée à 40/1.
Après de nombreux succès en province, notamment dans la Poule d'Essai, àPau,laPouledesProduits et le Derby du Midi, à Bordeaux,
Ramleh (Grandmaster et Brillante), à M. A. Fould, en clôture brillamment la série par le prixRoyal-Oak, sur les animaux de seconde classe de sa génération.
Parmi les vieux — Chêne-Royal ayant claqué après avoir enlevé le prix du Cadran, — • il faut citer Fra Angelico qui gagne 114.000 francs et sept courses (dont les prix Hédouville, Seine-et-Marne, Hocquart, à Deauville, Bois-Roussel et du Prince d'Orange), et Galette, 106.000 francs et sept courses également, dont le Grand Prix de Deauville et le premier prix d'Amphitrite, à Dieppe.
Dolmo Baghtché, au baron de Schickler, se détache nettement, parmi les deux ans, ses trois sorties dans le prix La Rochette, le Grand Critérium et le prix de la Forêt, ayant été trois faciles victoires.
Après lui, on peut citer également Melchior et Polygone, de l'élevage de M. A. Lupin, achetés par M. E. Veil-Picard, — ■ ainsi que La Nièvre et Styx, au baron de Rothschild (1).
N'oublions pas enfin de signaler le vainqueur du prix de la Salamandre, dont le nom devait avoir un triste retentissement.
Il provenait de l'élevage de Victot, appartenait à M. Michel Ephrussi, et s'appelait Gospodar.
Le vieil entraîneur Henry Jennings mourut à Newmarket, où il s'était retiré, à l'âge de 77 ans. Nous renvoyons à la notice que nous lui avons consacrée lors de sa retraite du turf, en 1837.
Le jockey Tom Lane s'était vu retirer sa licence, à la suite de certaines courses qui avaient paru sujettes à caution.
11 restera pendant trois ans sans reparaître en selle, après quoi la Société d'Encouragement lèvera l'interdiction qui le tenait éloigné du champ de ses victoires.
En 1891, M. A. Lupin avait liquidé son écurie de courses.
A la veille du prix du Conseil Municipal, il procéda de même
(!) Ces deux derniers n'avaient paru qu'en Angleterre, où ils avaient remporté : la pouliche, les Molecomb Stakes, à Goodwood,et les Clearwell Stakes, à Newmarket; le poulain, les Corporations Stakes, à Brighton, et les Gimcrack Stakes, à York, soit, ensemble, plus de 60 000 francs.
Avec les victoires de Le Xicham II, Médicis, Ha-rfleur II et Amandier, l'écurie de Rothschild arrivait à un gain de près de 240.000 francs en Angleterre seule ment.
la dispersion de son haras de Viroflay, dont Teffectif réalisa 661.330 francs (1).
Cette fois, c'était la retraite du turf du glorieux doyen de nos éleveurs-propriétaires, de celui qui, le premier était allé triompher en Angleterre.
M. A. Lupin était le doyen, tout à la fois, des membres de la Société d'Encouragement — dont il faisait partie pour ainsi dire depuis l'origine, y étant entré en 1835 — et de nos éleveurs-propriétaires. Ses couleurs — casaque noire, toque rouge — avaient débuté, en effet, dans le premier prix du Jockey-Club, gagné par Frank, à lord Seymour, en 1836; elles étaient portées par Belinda, qui prit la troisième place sur cinq partants.
Comme tous les hommes de sa génération qu'intéressaient les questions hippiques, M. A. Lupin avait commencé par être l'un de nos plus brillants cavaliers, et nombreux furent les matches qu'il disputa, tant à la Porte-Maillot qu'au Champ-de-Mars et à Chantilly.
Il fut le premier à importer pour son haras de Vaucresson — il ne s'installa qu'en 1867, à Viroflay, dans l'étabhssement qu'avaient occupé avant lui M. Rieussec et le duc de Morny — des poulinières anglaises de grande valeur, comme Tarentella, Fraudulent, Impérieuse, Payment et autres, qui furent la base de son élevage.
Il est également le premier qui ait triomphé, en Angleterre, avec un cheval français, lorsqu'il remporta le Goodwood Cup, en 1853, avec Jouvence, qui venait, dix ans après Lanterne, de réussir le double event des prix de Diane et du Jockey-Club.
M. Lupin était un homme d'une intégrité absolue, et jamais le moindre soupçon ne vint l'effleurer, quelque interversion de forme que montrassent ses chevaux. 11 n'était pas une exception d'ailleurs, et nous sommes heureux de saisir cette occasion de saluer la haute probité de tous ces grands sportsmen du temps passé, qui faisaient courir par goût, et non par lucre, et dans le seul but d'être utiles à eur pays, en le dotant d'un élevage indigène.
M. Lupin était un connaisseur émérite, et les brillants succès de son haras aux différentes époques de sa longue carrière sont dus à sa compétence éclairée dans cette difficile question des croisements. Il n'en connut pas moins les heures de découragement et, à plusieurs
(l) Les deux (Halons Xainlrailles (Flageolet et Deliane) et Bocage (Dollar et Jeune Première), furent acquis par M. R. Lebaudy, pour 200 000 et 41 000 francs.
Les 22 poulinières firent 221.070 francs. Le comte Lehndorff acheta pour l'Allemagne Yvrande (Montargis et Ermeline), 53.000; Brienne (Dollar et Finlande), 30 000; MlleBîjart (Dollar et Jeune Première), 18 500; — M E Blanc, Voilette (Dollar et Gardevisure), 14.000; — M. R. de Monbel, Isménie (Plutus et Promise), 21 .600 ; — M. J. Lebaudy, Printa,nière (Cliattanooga et Summerside), 8 200 ; Enguerrande (Vermout et Deiiane), 8.000; Pristina, (Dollar et Pergola), 10 000; .\s<rée (Dollar et Étoile Filante), 7.000; A /ma7i:a (Dollar et Bravade), 1 400-
Seize yearling? et chevaux de 2 ans atteignirent 153.350 francs; aucun nom n'est à retenir
a'eprises, il liquida son écurie de courses... pour la reconstituer, d"ailîïeurs, presque aussitôt.
De tous le chevaux qu'il éleva, le plus célèbre est Dollar (The Flying Dutch.man et Payment), né en 1860, qui, bien qu'ayant joué un rôle brillant sur le turf, doit sa véritable notoriété à ses qualités de reproducteur. On peut le citer comme l'un des meilleurs étalons -que nous ayons eus. Nous renvoyons, pourplus amples détails, à ce que nous en avons dit au cours clés années 1863 et 1864.
Vouloir énumérer tous les succès de l'écurie Lupin serait refaire l'historique même des courses depuis le début, et nous nous bornerons à rappeler qu'elle remporta deux fois le Grand Prix, six fois le prix du Jockey-Club, quatre fois le prix de Diane et la Grande Poule, et onze fois la Poule d'Essai (1).
M. Lupin avait été moins heureux en Angleterre où, comme ■ épreuve classique, il ne gagna que les Oaks, que sa pouliche Enguerrande partagea, en 1876, avec Camélia, au comte de Lagrange. Il avait tenté aussi, mais en vain, la fortune dans le Derby d'Epsom, en 1885 : on se souvient de son beau geste quand, sacrifiant l'argent à l'honneur, il abandonna le prix du Jockey-Club, qu'il avait à sa merci, avec Xaintraillés, pour envoyer son poulain disputer le blue Tibbon, où il reçut une grave atteinte, cjui mit fin à sa carrière de -courses.
C'est en 1893 que fut créée, par les soins de la Société d'Encouragement,la Caisss de secours des Entraîneurs , Jockeys et Hommes d'écurie de chevaux de courses plates, destinée à venir en aide à ceux d'entre eux qui se trouvent dans des circonstances difficiles, résultant de l'âge, de la maladie, d'un accident ou de quelque malheur, ainsi qu'à leurs femmes et à leurs enfants.
Cette caisse est ahmentée : 1° par les fonds provenant des amendes; 2^ par les cotisations des entraîneurs et des jockeys; 3° par les dons particuliers, et enfin, depuis l'établissement du pari mutuel, par les tickets impayés.
Elle est administrée par un Conseil de direction, composé de neuf membres, savoir : les trois Commissaires de la Société d'Encourage- .ment, deux membres du Comité, un membre du Syndicat de Chantilly et trois entraîneurs établis en France.
Le trésorier est le secrétaire de la Société d'Encouragement.
(1) Parmi ses meilleurs chevaux, on peut citer : de 1836 afin 185G : Fiam?vie//a, Angora, Myszha, Gambefti, Saint-Germain, Amalfi, Jouvence, Lysisca, Isolier; — de 1857 à fm 1870 : Florin, Potocki, La Malacleita, Pergola, Stentor, Tourmalet, Jeune- Première, Glaneur; — - depuis 1871 : Perla, Salvalor, Saint-Cijr, Almanza, Enguerrande, Astrée, La Jonchère, Fontainebleau, Voilette, Prométhée, ■Cimier, Yvrande. Xaintraillés, Presta, Bocage, Galaor, Aérolilhe, Cromaiella. JSIelchior, Polygone.
En Angleterre, c'est l'année du fameux Isinglass (Isonomy et Deadlock), à M. Mac Calmont, vainqueur des Deux mille Guinées,. Newmarket Stakes, Derby et Saint-Léger. Il ne fut battu qu'une fois dans sa carrière, à l'automne, dans le Lancashire Plate de £ 7.000 (qui se courut pour la dernière fois), par Rœhuni, qui dut
Isinglass.
moins de triompher à l'allégeance de 10 livres dont il bénéficiait, qu'à la paresse incurable d' Isinglass qui, forcé de mener le train, le fit avec
(1> L'histoire de la naissance û' Isinglass vaut d'être rappelée.
Sa mère, Deadlock (par Wenlock), appartenait à lord Alington, qui la vendit pour 475 francs au capitaine Machell, lequel s'en débarrassa après qu'elle eut produit Gervas (par Trappist). Mais celui-ci ayant fait preuve d'une certaine qualité, le capitaine voulut rentrer en possession de Deadlock et, après force recherches, il la trouva attelée à la charrette d'un fermier, qui consentit à l'échanger contre un poulain de lait.
' Le capitaine Machell l'envoya alors à Isonomy, et, l'année suivante, la vendit avec son fpal Islington, pour 12.500 francs, à M. Mac Calme at, lequel la fit saillir à nouveau par Isonomy. C'est de cette seconde alliance que naquit Isinglass.
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une telle lenteur que la course se trouva réduite à un déboulé de quelques centaines de mètres, dans lequel il fut pris de vitesse.
Déjà, à 2 ans, il s'était montré si paresseux qu'il avait été impossible de lui faire fournir un essai sérieux à l'entraînement, ce qui ne l'empêcha pas de remporter les trois courses qu'il disputa, dont le Middle Park Plate.
A 4 ans, il enlèvera, ce qu'aucun autre n'a encore fait, les trois grosses épreuves anglaises de 250.000 francs, Princess of Wales, Eclipse et Jockey-Club Stakes, et, à 5 ans, l'Ascot Gold Cup.
Insinglass est le cheval qui a gagné le plus d'argent public, avec le total formidable de 1.466.375 francs (le record était détenu jusqu'alors par DoAioc^an, avec 1.378.850 francs).
Au haras, il causa une assez forte déception, comme nous le verrons au moment de sa mort, en 1911.
Par le prestige de ses victoires, Isinglass efface tous les autres chevaux de sa génération. Il en est un, cependant, dont la constante régularité eût mérité un meilleur sort. Mais, de même que Flageolet, jadis, s'était heurté à Boïard, de même Ravenshury — qui perdit de si peu le Grand Prix — dut se contenter de la seconde place dans toutes les grandes épreuves classiques.
Les Deux mille Guinées et le Derby offrirent même ce spectacle — unique dans les annales du turf anglais — que les trois premiers y finirent dans le même ordre. Le troisième était ce Rœburn, qui dut à une circonstance heureuse, comme nous l'avons vu plus haut, de battre Isinglass en fin de saison.
Nous avons dit la nécessité où l'on s'était trouvé, en 1890, d'ajouter une allocation importante à des épreuves comme le Derby et les Oaks, afin de conserver leur prestige.
En 1893, c'est le tour de l'antique Ascot Gold Cup d'être pourvue d'une allocation de 2.000 souverains, indépendamment des entrées et de l'objet d'art, d'une valeur de 1.000 souverains. Cette allocation sera portée à 3.000 souverains en 1897 et à 3.500, en 1905, mais la valeur de l'objet d'art sera alors diminuée de moitié (1).
(1) L'entrée, primitivement fixée à 10 guinées, avait été doublée dès la seconde année, en 1808.
La valeur de l'objet d'art avait varié : 100 guinées, en 1807; 200 souverains, en 1832; 300, en 1834; 500, en 1845; 300, en 1854; 500, en 1868, et 1.000 en 1877,
A différentes reprises, il avait été ajouté une petite allocation aux souscriptions : 100 souverains, en 1832; 300, en 1834, supprimés en 1845; 200, en 1854 supprimés à nouveau en 1868.