‹ Historique des différentes techniques d'application du radium dans le cancer utérinChapitre 8 sur 27 · HR RE · texte numérisé non relu

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le filtrage, pour n'avoir plus que les-rayons les plus pénétrants. Depuis 1914 cet auteur recommande d'associer au -“adium, le traitement rœntgenthérapique ; et enfin contre la leucopénie consécutive aux irradiations, il emploie ie courant diathermique appliqué sur la région splénique.

Finzr (1) emploie de préférence des filtres de platine, aux filtres d’argent, qui pour la même épaisseur n’absorbent que 60 % des rayons absorbés par le platine.

Les filtres de platine auront deux millimètres d’épaisseur. SA

Pour éviter les rayons secondaires il emploie un filtre d'aluminium de 0,25 millimètres qui coupe 30 % desrayons les plus nocifs, puis un filtre de caoutchouc très pur de un millimètre.

Finzi recommande d'opérer autant que possible en milieu aseptique, car les tissus supportent mieux ainsi les grosses doses. Il recommande aussi de donner la dose requise en moins de deux jours, et d'employer en conséquence une quantité suffisante de radium. Mais Finzi ne. croit pas que la technique soit assez perfectionnée pour obtenir la guérison en une seule séance. Il fait donc plusieurs irradiations espacées d'au moins six semaines : et il fait encore deux applications après la guérison apparente.

DEBACKER de Gand (2) dans le traitement curiethérapique du cancer, introduit ses tubes radifères en arrière

(1) Fini, in Cesbron, la radiumthérapie en Angleterre, Presse Médicale, 1919, n° 70, et Journal de radiologie et d'électrologie, n° 11, 1920.

(2) DEBACKER. V® Congrès de Physiothérapie, Anvers, sept. 1920. :

de la tumeur, et le plus profondément possible, au moyen d’un trocart et d’un dilatateur. Un fil est passé dans chaque tube pour le retirer facilement. Tous les quatre ôu cinq centimètres un repère est marqué sur le fil. De temps en temps on fait glisser le tube de la distance d’un repère, de façon à irradier une coque derrière Ja tumeur.

L'auteur utilise cinquante milligrammes de bromure de radium, filtré par un demi où un millimètre de plomb.

Après irradiation, on enlève la tumeur, et trois semaines plus tard on irradie la cicatrice.

Pour le cancer utérin, les tubes de radium sont introduits par le rectum ou la vessie. |

SIMONE LABORDE (1) conseille de donner une dose suffisante pour amener la guérison en une seule séance, mais de se méfier des trop fortes doses qui frappent de mort tous les tissus. Cette dose suffisante est variable avec chaque cas, et c’est l'expérience acquise qui guide le radium-" thérapeute dans le choix de cette dose.

Si le radium doit être placé dans le col ou le vagin Mademoiselle Laborde conseille des filtres épais de un milmètre d’or ou de platine. Si les tubes sont enfoncés dans la masse néoplasique, on peut utiliser les rayons 6, et se servir de filtres moins épais.

Dans une néoplasme intracervical, avec gros col ulcéré, par exemple, Mademoiselle Laborde emploie cinquante milligrammes de radium-élément, avec filtre de 4 mm. 5 de platine. Ce tube est placé dans un drain de caoutchouc et laissé quarante-huit heures en place, dans le canal

(1) S. LABORDE, Journal d’électrologie et de radiologie, 1920, n° 4.

cervical ; énmême temps qu'un tube de platine contenant, vingt-cinq millig'ammes de radium-élément, également de 1 mm. 5 d'épaisseur, est entouré d’une épaisseur de gaxe de 1/2 centimètre, placé à la surface externe du col et maintenu en place par un tamponnement vaginal.

Si la lésion intéresse les culs-de-sac, Pirradiation vaginale sera plus intense, et la dose intracervicale plus forte. ; |

Si le néoplame est bourgeonnant, Mademoiselle Laborde conseille d'introduire au Sein des tissus, des tubes re platine d’un demi millimètre d'épaisseur, de façon à utiliser les rayons mous. É

HARTMANN (1) dans son service, avec la eollaboration de Maingot et de Madame Fabre, emploie un ou deux tubes de cinquante mikigrammes de sel de radium, plus deux aiguilles d’émanation. Il laisse le tot quarante-huit heur?s

“en place. Fe

RoUFFART de Bruxelles (2) après un curettage qui déba-

rasse le col utérin de ses végétations place quinze à vingt

. Centigrammes de radium dans le vagin, ou dans la cavité du col. Le radium est laissé quarante-huit heures en plase filtré par une enveloppe de platine de 1/3 de millimètre, et une autre d'argent de même épaisseur, autour desquelles l'auteur enroule trente à quarante tours de bande de gaze, pour éviter l’action des rayons secondaires.

Six semaïnes, ou deux mois après, une nouvelle irradia- Hion est faite dans les mêmes conditions. |

(1) HARTMANN, discussion au Ve Congrès international de. . chirurgie. |

(2) RoUrFART, Revue Mensuelle de Gynécologie et d'Obstétrique, juillet 1919, |

SC

DeGrais (1) au Congrès de Bruxelles recommande l’emploi des rayons 8 qui lorsqu'on n'a pas de tissu sain à ménager permettent à la fois de gagner du temps et d'utiliser une plus faible quantité de radium.

Il faut aussi employer des doses suffisantes mais non exagérées, ces dernières ne pouvant être laissées suffisamment de temps en place pour imprégner les cellules cancéreuses. Les doses varieront de vingt-Sept à deux cents millicuries (2). Les filtres iront de 3/10 de millimètre de platine à-un millimètre d'argent. Le temps d'application sera de quarante-huit à soixante heures.

Nocrer (3) pose d’abord comme règles d’une bonne application radiumthérapique.

1° Que le rayonnement du radium doit agir au sein de la masse néoplasique.

2° Que le rayonnement du radium doit être sélectionné par une filtration convenable suivant les formes de néoplasme et leur extension. |

M. Nogier emploie, suivant les cas, des doses variant de 425 à 300 milligrammes, réparties en tubes de platine, et laissées quarante-huit heures en place au sein de fa tumeur.

Les tubes de platine ont une paroi de 0 mm. 5 d’épaisseur. Ces tubes sont inclus dans un tube de caoutchoure, et fixés à un porte-coton intra-utérin, puis entourés de

(1) Decrais. Rapport au I Congrès des Gynécologues et Obstétriciens de Langue Française et discussion. Bruxelles, sept. 1919.

(2) Nous définirons plus loin, à propos de lémanation, c@ qu'est un millicurie.

(3) NoGrER, Paris Médical, 7 février 1920.

plusieurs tours de bande de gaze. L'auteur recommande de faire au-dessous des tubes, un « butoir » avec de nombreux tours de bande, de façon à limiter la pénétration du porte-coton dans le canal cervical.

L'appareil est introduit dans le col à l’aide d’un Sspéculum, puis maintenu en place, par un tamponnement vaginal, et par quatre lacs qui fixent le porte-coton ‘aux sous-cuisses d’un bandage. de corps.

M. Nogier insiste sur la nécessité d’une asepsie rigoureuse du matériel et de l'opérateur, et sur la préparation de la malade par des injections vaginales avec de la liqueur de Labarraque.

M. Nogier expose aussi les modifications à apporter à la technique suivant les cas.

S'il s'agit par exemple d'un cancer bourgeonnant, avec cratère central, l'application de radium sera précédée d’un curettage, et si lé cratère est volumineux, Fappareil sera monté de la façon suivante : l'extrémité du porte-coton sera entourée de gaze, et c’est contre ce cylindre de gaze que seront fixés les tudes de radium (trois tubes de 50 mulligrammes), chaque tube étant engaîné de caoutchouc.

Si les culs de sac sont envahis, l’irradiation devant alors s'étendre au loin, il faudra utiliser au moins 200 millierammes de bromure de radium pendant 48 heures ; et la filtration sera augmentée en engainant chaque tube de platine, d’un étui d'argent de un millimètre d'épaisseur, et en enfermant tous ces tubes dans un dé en nickel de un millimètre d'épaisseur de paroi, lequel dé se fixe à l’extrémité d’un manche spécial. Les rayons secondaires seront arrêtés par de nombreux tours de bande de gaze.

Enfin si le vagin, la vessie et le rectum sont envahis,

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M. Nogier conseille trois applications : intra-utérine, vaginale et rectale. Le point délicat est ici d'éviter la perforation des parois recto-vaginales ou vésico-vaginales. Dans ce but, il faut ménager les cellules saines, en modifiant progressivement les tissus, par des rayons filtrés énergiquement, et émanés d’un foyer aussi éloigné que possible. Le filtrage sera assuré comme dans le cas précédent par 0 mm. 5 de platine, fmm. d'argent et fmm.-de nickel. L’étui de nickel sera ensuite entouré de gaze de façon à former un cylindre d'un aussi gros diamètre que puisse recevoir le vagin. La gaze sera alors revêtue de trois « préservatifs » en caoutchouc. L'appareil ainsi monté avec 200 ou 250 mllligrammes de bromure de radium sera laissé trente-six heures en place, dans le vagin. Une technique assez analogue sera employée pour l'irradiation intra-rectale. :

BARCAT (1) cherche à obtenir la guérison en une seule séance, Car les irradiations suivantes sont moins efficaces. Les meilleurs résultats lui semblent être atteints par les doses de 4 à 5.000 milligrammes-heures métal (2) ; mais la quantité de radium ne doit pas être inférieure à 53 mmgr. 61 de radium-métal ou à 70 millicuries s’il s’agit de tubes. d’émanation- |

Il ne lui semble pas qu'il y ait intérêt à augmenter la quantité -de radium, ou le temp d'application, car les résultats obtenus par les auteurs américains (KELLY, BAI-

(1) Barcar, La Gazette Médicale du Centre, 15 décembre 1920.

(2) La dose en milligrammes heures-métal est déterminée en multipliant la quantité de radium métallique utilisé, par le temps d'application (NOGIER).

LEY) dans ces conditions ne sont pas sensiblement différents de ceux obtenus en France avec les doses habituelles : et on risque en outre, les escarres, les réactions rectales et vésicales, et certains phénomènes généraux (fièvre, nausées, prostration) qui parfois peuvent être inquiétants.

Nous venons de parcourir rapidement les diverses méthodes, utilisant les sels de radium. Mais actuellement, en Angleterre; en Amérique, et en France, à Paris, les radiumthérapeutes ont délaissé le radium lui-même, pour ‘employer son émanalion.

Dès 1889, M. et M” Curie avaient remarqué que tout corps solide plongé dans l’atmosphère qui surmonte un sel de radium en vase clos, acquérait la propriété d’être tem-

porairement radio-actif. C’est ce qu'ils appelaient la

radio-activité mduite. *

: RUTHERFORD, en 1900, reconnut que cette radio-acuvité était due à un dépôt solide, laissé sur ces corps, par une autre substance matérielle, issue du radium : l’émanation. En 1902, RUTHEFORD et SOpby montrent que l’émanation est un gaz véritable, analogue aux gaz rares de l’atmosphère, et en 1903 ils expliquent la formation de l’émanation et des dépôts radio-actifs, par des désintégrations successives de l’atome radium. La même année ils découvrent la condensation de l'émanation, aux basses températures. RamSAY et Soppy l’isolent en 4904. DEBIENNE

en 1909 indique les moyens chimiques de séparer facile- :

. ment l’émanation des autres gaz qui l’accompagnent. La découverte de la radio-activité induite, éveilla l’idée de traiter les cancers par l'implantation d'aiguilles char-

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