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gées de dépôt radio-actif {1}. Cette idée ne fut pas réalisée sur le moment, et plus tard, on vit que cela n’était pas pratique, la charge de ces aiguilles étant infinitésimale, et leur durée de rayonnement très courte, quelques heures, -avec une décroissance très rapide.
L’émanation, au contraire se prête facilement à une utilisation thérapeutique. Ses propriétés radio-actives sont les mêmes que celles du radium (avec cependant moins de rayons y|{ puisque c’est ee gaz qui communique au radium sa radio-activité. Son mode d'utilisation pourra done être analogue.
Une difficulté résidait dans la notation des doses, afin de pouvoir comparer entre eux, au point de vue de leur puissance, les appareils à sels, et les appareils à émanaton. L'énergie d’un appareil à sel, s’exprimait. par le poids de ce sel. Or, pratiquement, l’émanation est impondérable, tellement les quantités utilisées sont infimes (de l’ordre du 1/100 de millimètre cube).
Aussi a-t-on proposé pour unité radio-active, la quantité d'émanation, en équilibre avec un gramme de radium, et on lui a donné le nom de CURIE (2). Le curie représente 59/100 de millimètre cube d’émanation. Mais pour la pra-
(1) DaNNE, Conférences de radiumbiologie.
:x)-I1 nous faut expliquer ce que signifient ces mots : en équilibre. Continuellement le radium. produit de l'émanation, mais continuellement aussi l'émanation se détruit. Si nous enfer- mons le radium dans un appareil hermétiquement clos, il arrivera un moment ou la quantité d’émanation produite sera égale à la quantité d’'émanation détruite. L'appareil est alors «dit en équilibre radio-actif. Cela est obtenu un moins environ après la fermeture du tube, et cet intervalle est appelé : pé-. riode de maturation.
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tique, cette unité est trop grande, et on utilise le nullicurie, unité proposée par REGAUD et DEBIENNE, en 1914.
En une heure, { gramme de radium-élément (c’est-àdire de sel exprimé en radium-métal) fabrique 0,00751 curie, où 7.51 nullicuries. |
On peut ainsi facilement comparer les doses d’émanation à celles d’un sel de radium.
Mais si le rayonnement d’un tube de radium est pratiquement invariable, puisqui’il ne perd la moitié de son activité qu’en 1800 années environ, il n’en est pas de mème de l’émanation, dont la période de demi-transformation n’est que d'un peu moins de 4 jours, exactement 3,85 jours.
Le tube d'émanation émet done un rayonnement de composition uniforme, mais d'intensité décroissante, et telle qu’en un mois, il ne reste pratiquement rien dans ls tube. *: ee
Il faut donc exprimer l'énergie rayonnée, en émanation détruite, en millicuries détruits. Cette dose est facilement calculée à l’aide d’une table livrée avec chaque tube d’émanation.
BuRROWS (1), en 1915, employait 50 à 60 millicuries d'émanation, renfermés dans un tube intra-cervical, ‘et filtrés par 1 mm. d'argent. Simultanément deux ou trois aiguilles d’émaration sont incluses dans les ligaments larges et la lèvre postérieure du col. Le système est laissé de 24 à 48 heures en place. Burrows fait une seule application, dont l’action est renforcée par l’irradration d’une plaque à sels collés placée sur l’abdomen.
(1) BurRows, cité par Janeway.
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OLIVER (1), à la même époque, faisait une seule application d’un tube d’émanation, dont il ne précise pas la dose,
En 1918, BuRROWS et LUYTOoN (2) utilisaient un tube de 50 millicuries, placé dans un étui d’argent épais de 1 millimètre. Cet étui, introduit sous anesthésie dans le canal cervical, était laissé 24 heures en place: Mais les auteurs, à cette époque, font plusieurs séances d’irradiation. |
KELLY (3) recommande de ne pas donner plus de 1.500 millicuries-heures dans l'utérus, car une dose plus forte -amène un écoulement permanent, et des douleurs articulaires. Il applique, pendant trois heures, 500 millicuries d'émanation. Le tube de verre, renfermant l’émanation, est placé à l’extrémité d’un court tube métallique, assez épais pour ne laisser passer que les rayons +. Ce tube métallique est alors vissé à l'extrémité d’une sonde utérine ordinaire, et revêtu d’uné couverture en caoutchouc. Toutes les demi-heures on change la position de l’appareil en tournant de gauche à droite, et en le retirant de un centimètre.
Au Memorial Hospital de New-York (4) lémanation est enfermée dans des tubes de grandeur variable. Les plus grands ont 10 à 15 millimètres de longueur et contiennent de 100 à 250 millicuries. Ces tubes sont placés dans des
(1) OLIVER, cité par Janeway.
(2) Arthur Burrows et Henry Luyron, Archives of radiologyand électrotherapy, n° 193, 1918.
(3) KELLY, Surgery Gyn. and Obst., 1918, page 402. (4) CESBRON, Presse Médicale, 7 avril 1920.
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étuis d'argent ou de platine, longs de 16 millimètres, épais de 1/2 millimètre, leur diamètre extérieur étant dé 3 mm. environ. Ces tubes de métal sont ouverts aux deux bouts, le tube d’émanation y est maintenu par de la paraffine tamponnée à chaque extrémité.
Ces tubes absorbent environ 90 % des radiations, ne laissant passer que les rayons + et les # durs. Si l’on veut agir plus profondément, on utilise des filtres de 1 mm. à 1 mm.i de platine, ou de 2 mm. de plomb.
Les rayons secondaires sont filtrés par de l'aluminium, du caoutchouc, du bois, du feutre, de la gaze ou de la paraffine.
BAILEY (1) au début (1915) employait une capsule de plomb d’environ 2,5 em de long, et d’une épaisseur de 2 mm. Cette capsule était recouverte d’une couche de caoutchouc de 2-mm- d'épaisseur, et placée au fond du - vagin. Pour la maintenir en place, le vagin était bourré de gaze. C’était la technique habituelle dans le traitement du cancer du col. L'auteur ne fait connaître ni la dose d’émanation employée, ni la durée de l'application.
Pour les applications intra-utérines, qui étaient plus rares, Baïley a employé un tube spécial, en argent, non revêtu de caoutchouc. Pour le traitement des cancers du vagin, il utilisait un applicateur en plomb, de forme carrée, ayant 2 ém. 5 de.côté et 2 mm. d'épaisseur.
Les résultats ainsi obtenus, n'étant pas très favorables, l’auteur, l’année suivante (1916) modifia sa technique. Il emploie depuis lors, uniquement les filtres en platine, qui donneraient outre un meilleur filtrage, des rayons
(1) BAILEY, Surg. Gyn. and Obsf., 1918.
secondaires moins nocifs que le plomb. Ces tubes sont tou- Jours placés dans le col utérin. Le vagin est bourré de gaze pour maintenir les tubes en place. Les applications dans le rectum ou la vessie ne sont plus utilisées dans le but d'obtenir le « feu croisé ». L'auteur remplace ces apphecations, par l'emploi d'un appareil spécial : le « Bomb ».
Le « Bomb » est une cupule de fer, épaisse, recouverte de 3 mm. d'aluminium, à l’intérieur de laquelle se trouvent 2 em. d'épaisseur de mercure. Le fond est recouvert d’une plaque de plomb creusée pour recevoir les tubes d'argent contenant l’émanation, On place sur eux une plaque de { mm. de platine, puis un couvercle vissé de 3 mm d'aluminium. C’est seulement par sa base que l’appareil émet des rayons actifs. Une tige métallique fixée à l’autre extrémité permet d'orienter l’appareil.
M. Bailey, en 1918, laissait 6 heures dans le col un tube contenant 100 millicuries d'émanation. Le « Bomb » appliqué contre le col était laissé 2 heures dans le vagin, maintenu par des tampons de gaze, et par fixation de la tige métallique contre la cuisse, au moyen de leucoplaste. Le poids de l’appareil ne permettait pas des irradiations de plus longue durée et la patiente devait rester tout ce temps sur la table d’examen, pour que l'appareil ne se déplace pas. L'application suivante, le « Bomb» était appliqué une heure contre le paramètre droit, et une heure contre le paramètre gauche. |
En 1920, M. BaILEy semble avoir légèrement modifié sa technique (1). Le « Bomb » est maintenu en place par
(1) CESBRON, Presse Médicale, 7 avril 1920.
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une main mécanique fixée au lit de la malade. Cet appareil donne 1.000 millicuries-heures devant chaque paramètre, et devant le col, pendant qu'un tube de platine intracervical donne 2.000 mnillieuries-heures.
M. JAxEwAY (1) prend l'empreinte des lésions à traiter, avec la cire à modeler des dentistes. Il creuse sur ce moule, de petites rigoles, où seront placés les tubes d’émanation, préalablement enrobés d’une couche de paraffine de 4 mm. au moins. se
Outre le « Bomb » on utilise encore au Memorial Hospilal deux appareils particuliers, le « Pack » et le
« Block » destinés à donner de très grosses doses de ravons très pénétrants, que l’on fait ag à travers jas paroi abdominale, comme complément du traitement classique, par tube de platine intra-cervical.
Le « Pack » est une boîte plate de 7 à 10 em. Le fond: en plomb à 2 mm. d'épaisseur, et contient plusieurs rancées de clous sans tête, entre lesquels sont encastrés les tubes d’émanation, en argent, contenant en totalité 1.000 2.500 millicuries. L'appareil est maintenu par un paquet de gaze à 6 ou 10 centimètres de la peau. On peut donner jusqu’à 10.000 millicuries-heures à 6 cm. et 18.000 à 10 em. C’est la dose limite de la production d’érythème. se
Le « Block » est un cube de bois de 4 em. de côté, dont les quatre faces latérales sont recouvertes de 3 mm. de plomb. La face inférieure est nue. La face supérieure est recouverte d’une sorte de boîte en plomb de 2 mm. d'épaisseur, dans laquelle on place les tubes d'argent.
(1) CESBRON, loc. cit.