‹ Historique du Chancre mouChapitre 18 sur 24 · REA RE · texte numérisé non relu

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verra un tout pelit ulcère qui rappelle parfaitement le chancre, il parcourra de même toutes les périodes de progrès, de transformation et de cicatrisation, mais beaucoup plus rapidement. Le peu de pus qu'il fourmira pendant la période de progrès sera aussi virulent que celui d'un chancre vingt fois plus étendu. »

Au contraire Auzias a prétendu que le pus emprunté à ces petites pustules ne produisait à l'inoculalion que de petits chancres se cicatrisant vile. Il le considère comme du pus faible, eu égard au pus fort qui provient de chancres bien développés et tels qu'on en observe parfois parexemple chez les conscrits, dit-il, qui contractent la maladie pour la première fois. EH avait même cru pouvoir oblenir à volonté du pus faible et du pus fort : du pus faible en inoculant la même malière au même individu jusqu'à production de pustules abortives ; du pus fort en transportant au contraire la matière contagieuse d’un individu en voie de syphilisation chez un autre individu vierge d'inoculalion chancreuses, puis chez d'autres sujels dans les mêmes condilions. 11 pense que le pus chancreux transplanté comme une semence sur un terrain neufs'y regépère.

Toutefois l'amoindrissement progressif du chancre d'inoculalion n'est pas constant. On a vu des pustules chancreuses, même sur des sujets soumis à des inoculalions déjà très nombreuses devenir phagédéniques.

L'immunilé complète a élé, de l'aveu des syphilisa-

icurs très rarement obtenue. Meccmoe Robert avait

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renoncé à la fin, à faire plus de 30 à 40 inoculalions en tout au même individu. Même dans les cas rares où on dit l'avoir oblenu, celte immunilé parait n'avoir pas toujours élé générale, ni absolue, ni permanente.

. Faye prélendit que les couches superficielles seules de la peau avaientacquis l’immunilé et que le tissus cellulaire sous-culané persistait à être Loujours réinoculable.

L’immunité qui n’est parfois que parlielle, n’est parfois aussi que relative. Les syphilisaleurs ont en effet remarqué qu'un individu pouvail être réfractaire au pus chancreux d’une cerlaine provenance et ne pas l'être au pus d'une autre provenance, doué apparemment d'une plus grande activité que le premier. Enfin cette immunité n’est pas permanente. Le docteur Lavaz qui avait été tenu pour syphilisé par Auzras, à pu être réinoculé avec succès par Ricorb. Il en a été de même chez plusieurs femmes que SPERINO avait trouvées réfractaires une première fois à l'inoculation et à qui il a pu inoculer ultérieurement de nouveaux éhancres.

D'ailleurs, nous dit Rorzer, cetle immunilé a souvent élé constalée par des moyens d’épreuve employés prématurément ou défectueux. Dans les six cas où Boeck l’a oblenue, on n'a pas la preuve qu'elle fut durable : dans un seul de ces six cas, il s’élait déjà écoulé trois mois depuis la fin des réinoculations, lorsqu'on fit sur le malade un derniér essai sans résullat : dans les cinq autres, 1l n'y eut que %5, 17, 12, 70 et 40 jours entre la fin de la cufe et l’inoculation probatoire. D'un autre côté,

comme il s'agit presque toujours dans ces expériences

d'inoculations chancreuses failes sur des sujets syphilitiques, pour savoir si limmunité est réelle, il faudrait qu'il fut bien spécifié qu'on a fait l'épreuve avec du pus de changre simple et non avec du pus de chancre syphililique, ce qué n'ont pas distingué les syphilisateurs. Ils n'étaient par dualistes et c'est précisément ce qui a mis tant d’obscurité dans leurs théories et de singularité dans leurs prétentions. On a vu quelle idée Auzras avait de celte immunilé. Il croyait qu'avec elle on élait à l'abri de toutes les maladies vénériennes, de la svphilis comme du chancre simple. Ceux qui ont expérimenté après lui ont eu les mêmes HÉUSIGNSE EN

En opérant, comme ils le faisaient dans la plupart des cas, sur les sujets syphilitiques, il n'y avait en général, il est vrai, pas d'affection nouvelle à redouter. Mais on se demande comment ceux qui ont inoculé des sujets sains ou ayant d'autres maladies que la syphilis, ne se rendaient pas compte des dangers auxquels ils les exposaient avec des inoculalions faites de toutes les espèces de chancres indistinctement. Car nous ne manquons pas d'exemples de syphilis contractées de celte facon. Le docteur LiNbmanx de décembre 1850 à janvier 1851 se faisait tous les 5 jours une inoculation de pus chancreux comme essai de syphilisation : jusque-là rien de grave, l’ulcéralion se développe rapidement, mais le 8 juillet suivant, il prit la matière contagieuse sur l'amygdale d’un de ses amis en pleine syphilis. Il s'étonnait, de n'oblenir aucun résultat quand le onzième jour se dé-

veloppe sur le point inoculé une papule grosse comme

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la têle d'une épingle, d'un rouge rosé et d'une dureté remarquable. Vers le quinzième jour, la papule s'étant

élendue, devint croûteuse et 45 spi après, arrivèrent les accidents secondaires.

Il en a été de même chez le docteur Warnery. Il s'était inoculé 13 chancres simples quand une inoculation faite le 13 février 1852 ne donna naissance au chancre que 23 jours après, suivi plus tard d’éruption secondaire.

= Nombreux en effet furent les médecins qui honorërent la science en prenant leur propre personne pour sujet d'étude et d'observation.

Même résultat entre les mains de DanieLzsenx. Chez un lépreux à qui il avait inoculé à partir du 2% avril 1857, 287 chancres simples sans ‘amener aucun -symptôme d'infection générale, un chancre syphilitique fut inoculé le 28 septembre de li même année. Cette fois l'inoculalion fut suivie d'accidents syphilitiques primilifs puis d'accidents secondaires qui éclatèrent le 5 janvier 1858.

C'était pourtant bien la preuve de la dualité chancreuse : comment donc les gens avertis qui observaient ces différences persistaient-ils à ne pas admettre Îles

théories de BASSEREAU ?

: Fournier (1860)

En 1860, voici les conclusions que nous expose A. Fournier dans son frailé sur la Contagion syphi-

litique.

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