‹ Historique du Chancre mouChapitre 19 sur 24 · PRE · texte numérisé non relu

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1° Transmission du chancre simple.

Le chancre simple de sujets vierges de syphilis se transmet aux sujels vierges de syphilis sous forme de chancre simple,

Le chancre simple se transmet aux sujets syphilitiques sous forme de chancre simple,

2° Transmission du chancre mfectant.

Le chancre‘infectant peut reconnaître une triple origine : |

a) Ou bien c'est un chancre analogue qui lui a donné naissance, c'est-à-dire un chancre induré suivi d’infeclion conslilulionnelle sur le sujet qui a transmis la contagion, :

b) Ou bien il reconnait comme ascendant un chanere à base molle, developpé chez un sujet qui anlérieurement à celle nouvelle contaminalion, subissait l'in- [luence de la diathèse syphilitique, c'est-à-dire avait contraclé antérieurement un chancre syphilitique,

c) Ou bien enfin il dérive par contagion d’un aceident de syphilis conséculive, accident dont il nous faudra plus loin discuter avec soin la forme et la nature, :

Je n'ai jamais vu que chaque variété de chancres ne se lransmelle pas isolément:il n'y a pas croisement. d'espèces.

Je n'ai jamais vu le chancre infectant dériver d’une blennhorragie simple. | |

La diathèse syphililique ne se double pas.

Le chancre induré ne récidive pas ou tout au moins

l'induration ne récidive pas.

Suivent des observations de sujets syphilitiques non douteux ayant contracté longtemps après des chancres à base molle : ces derniers chancres ont été transmis tantôt sous forme de chancres simples non suivis de vérole, tantôt mais plus rarement sous forme de chancre induré suivi de syphilis constitulionnelle.

D'où il résulle qu'un sujet vérolé, contractant un nouveau chancre peut encore lransmeltre la vérole.

Voici ensuite un fait intéressant observé par le docteur Mararray, de Nevers: « Deux jeunes gens ont commercé le même jour avec une même femme affectée de chancre induré et chez laquelle se développèrent consécutivement des accidents de syphilis constitutionnelle. L'un d'eux se trouvait, à cette époque, sous le coup d'une infection syphililique antérieure. Il contracla avec celle femme un chancre à base molle qui subit la dévialion phagédénique. Le second, vierge de tout accident syphilitique antérieur, prit un chancre induré, lequel s’accompagna de pléiade ganglionnaire caractéristique et fut suivi d'accidents constitulionnels de la syphilis. .

Il est presque d'accord avec M. Napaub pour dire : « lé pus du chancre induré ne s'inocule pas sur le terrain diathésé qui l’a fourni. Je vais même plus loin encore : malgré le petit nombre de faits que je possède à cet égard, je crois que le pus du chancre infectant, lors même qu'il provient d'une source étrangère, ne s'inocule pas davantage sur un lerrain diathésé. »

Il admet que le chancre infectant puisse être produit

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par un accident de syphilis conséculive, tout en Ss'élonnant qu'un accident secondaire puisse donner naissance À un accident primilif.

Il examine ensuite les cas ‘appelés de contagion médiale, c’est-à-dire de chancres venus par des rapports avec une personne saine ét chez laquelle l'attention la plus scrupuleuse ne fait absolument rien découvrir qui ait pu donner lieu à da contagion. Tout en reconnaissant que les médecins font’ de ce mode de contagion souventune « hypothèse aventureuse », il l'admet en disant que dans ces cas la personne saine à servi d'intermédiaire avant pris le virus tout récemment d'une troisième personne, sans avoir contracté la maladie et ayant pu le transmettre pendant un {temps {rès court.

infin il nous rappelle que les idées de M. Ricord qui faisait dépendre du sujet seul, les différences d'évolution des accidents consécutifs aux chancres, sont maintenant de plus en plus ébranlées : « J'adoptai, dit M. Ricord, (Leçons sur le chancre) et je soutins longtemps celle doctrine ; je dois avouer aujourd'hui que le temps et l'observation ontébranlé surce pointmes opinions premières. Après avoir trop accordé à lapuissance modificatrice du terrain, j'en suis venu à celle conviction qu'il faut également faire à la graine sa part d'influence : en d'autres termes, et sans vouloir néanmoins m'engager sur ce point d’une facon absolue, j'admettrais volontiers qu'un chancre prend telle ou telle forme, non pas seulement à cause de certaines disposilions particulières à

l'individu qui le contracte, mais encore en raison de la

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source à laquelle il a été puisé, en raison, si vous voulez me permellre ce mot du chancre qui lui sert d'ascendant ».

Chancre mixte (Rollet 1860. Chancre mixte artificiel. Chancre mou des syphilitiques. Véroloïde et secondes Véroles {Diday 1862),

Malgré cetle dualité, les virus syphilitique et du chanere simple sont-ils neutralisés l’un par Fautre ? Autrement ces deux maladies peuvent-elles coexister sur la même lésion? C'est ce que nous allons maintenant exposer.

En 1855, CLerc annonça le premier que le chancre syphililique n'élait pas moculable à un autre sujet por- {ant un chancre analogue ou alteint de syphilis constitulionnelle (communication à la Société de chirurgie, 30 oct. 1859.

En 1856, M. Fournier fil l'expérience et en examivant les résullats semblables fournis par Puce, Pois- SON, NADAUD, il arriva à celle conclusion que le chancre

-induré n’est pas inoculable au malade plus de deux fois sur cent. Ricord expliquait ce fait en disant que le résultat était négatif quand le chancre était à la période de réparation.

Rozcer en 1855, à l'Antiquaille, fit les mêmes inoculations avec Basset et Laroyenne et trouva le chanere induré réinoculable six fois sur cent. |

Préoccupé de cette exception, il analysa les vingtqualre cas connus d’inoculation syphilitique et les mil-

liers de cas d’inoculation du chancre simple et, se ba-

sant sur les différences des périodes d'incubation et sur l'aspect clinique de la lésion, il émit en 1860 cetle hypothèse que ces ekceplions pourraient être mises sur le comple d’ « hybrides ». «On voit donc, conclut-il, cette chose remarquable, le chancre simple et le chancre induré rester encore distincts, alors même que le hasard les a superposés. »

L'inoculation du chancre simple et de la syphilis sur Ja même lésion offre uu intérêt lout particulier.

Elle a élé pratiquée de trois manières différentes, les trois seules possibles : on a inoculé dans une même piqûre un mélange de virus syphilitique et de chancre simple ; on a inoculé du virus syphilitique à la surface d'un chancre simple ; on a enfin inoculé du pus de chancre simple à la surface d'une lésion syphilitique et notamment sur le chancre syphiliique primitif.

Ou doit à Melchior Rogerr la seule expérience bien faile, vraiment concluante dans laquelle on ait znoculé séemullanément dans la même piqüre un mélange de virus syphilitique el de pus de chancre simple. (Considérations sur l'aulo-inoculalion du chancre infectant (1862). Cette expérience est digne à tous égards de prendre rang à côlé de celle de Hunter dans laquelle un mélange de virus Syphilitique et de muco-pus blennorrhagique fut inoculé.

Or, qu'a produit celle inoculation ? Elle a produit, ce qui élait facile à prévoir, les effets réunis du pus de chancre simple et du virus syphilitique, c'est-à-dire

qu'un chancre simple s'est montré de suite au siège de

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l'inoculation, sous forme de pustule chancreuse développée sans incubalion ou à peu près ; puis après une incubalion de vingt-trois jours, ke chancre syphililique estapparu sous le chancre simple avec son induralion caractéristique, el un peu plus tard, environ six semaines après le début de l'accident primitif, sont venus les accidents secondaires, une angine et une syphilide papuleuse confluente. Les deux virus n'ont donc pas élé neulralisés Fun par l'autre, el ont été aussi aclifs que s'ils avaient été inoculés séparément. MArarRAY a fait une inoculalion du même genre (Thèse de Paris 1854). DaxigLssEex à fait de même (Boeck, Recherches sur la syphilis 1862 el leurs expériences ont eu le même résultal. ;

L'inoculation mixte a élé faite d'une autre manière: du virus syphililique a élé porté sur la surface d'un chancre simple. C'est à LiNbwurm que nous devons cette expérience.

Le chancre simple sur lequel le virus syphililique a été déposé n’a été pour ce dernier qu'une surface absorbante, en quelque sorte toule préparée pour le recevoir sans l’altérer, une plaie d’inoculalion comme toutes Îles autres, au fond de laquelle il s'est développé régulièrement. Il y a eu une incubation de quatre semaines pendant lesquelles le chancre simple pansé méthodiquement a eu le temps de se cicatriser. Le premier effet du virus syphilitique s'est manifesté immédiatement après, dans la cicatrice même du chancre qui est décrite

comme saillanle, rougeâtre, et rappelant’assez bien la

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