‹ Historique du Chancre mouChapitre 22 sur 24 · MP À · texte numérisé non relu

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confirmèrent les résultats de Sreacss dans toute leur rigueur. La conclusion étant donc la nécessité d'une conta- misalion secondaire pour que l'inoculation soit positive. Cependant bientôt des discordances naquirent et plu- -feursexpérimentaleurs signalérent la réussite de l'inoculation primitive, Horreiocr, Fourier protestérent les premiers. Huuserr (1883) signale 2réussites sur 33 essais, Cravesss sur 48, Srrauss lui-même (1853) à Ja suite de nouvelles expériences, déclare que 5 fois sur 118 inocubons primilives, Ja pustule chancreuse fit son appalion, Plus tard enfin d'autres veneréologistes constalérent, à colé de cas très positifs, l'existence des bubons - absolument dépoursus de microbes (Axony 1893). =! D'aprés Pscogp, l'abcés péri-ganglionnaire dépourvu de virulence s'ouvrait d'abord et l'inoeulation de son pus ne donnait pas de résultats, Ceux-ci n'apparaissaient qu'avec louserture plus lardive du ganglion lui-même, à contesu virulent. Hosresovr croyait que la gangrène ganglionnaire suffisait à tuer la wirulence qui réapparaissait une fois le ganglion ouvert, après élimination

dela partie centrale sphacélée.

Avesrx, comme conséquence de ses expériences sur effet de Ja chaleur, pense que la température est trop haute dans le ganglions fermés pour que le virus chan- crelleux puisse vivre el y coloriser. Les conditions chan-

| be. FRERE sa cavilé esl mise en communicalion avec

2 aie. pue Luces, trouvant un microbe spécifi- De aerobie, expliquait par cela méme la nécessité de

eh er

Les recherches de DusreuiL ont démontré que le bacille de Ducrey peut être contenu dans le pus du bubon au moment même de son ouverture. En réalité, les inoculations de pus prélevé à l'ouverture. du bubon donnent très souvent des résultats négalifs. La nouvelle méthode de cultures sur sang gelosé de Besançon, Grarron el Le Sourp, permet de déceler souvent Ia présence du bacille dans le ganglion suppuré dans des cas où les aulres moyens d'insligalion avaient donné des résultats négatifs. Le bacille de Ducrey peut donc passer directement du chancre aux ganglions par voie lymphalique.

Tout récemment Tomascewski (1905) à entrepris: Ja recherche systématique du bacille dans une série de bubons, par la culture sur milieux spéciaux el principalement sur sang gelosé. Il est ainsi parvenu à metllre en évidence la présence des bacilles dans 40 0/0 des bubons expérimentés.

En somme les recherches récentes (Nicosra, CoLom- BINI, TomasczEwski, LiPscnuTrz) montrent que dans la très grande majorilé des cas, le bubon est toujours dû à limmigralion des slreplobacilles partis du .chancre. Quand la virulence parait ne pas exister dès l'ouverture du bubon, le plus souvent elle reparait les jours suivants, sans qu'il y ait une infection provenant de l'extérieur, mais par l’apparilion dans le pus de bacilles provenant des parois du foyer. |

Disons encore que quelques auteurs ont admis la

possibilité du bubon chancrelleux d'emblée (Bauuës et

Vipar,, puis Daniez Morriëre et Dipav), c'est-à-dire formalion d’une adénite conséculive à l'inoculalion du pus chancrelleux, alors que l'épiderme est resté intact. Mais il s’agit là d'observations antérieures à la décou- - verte du bacille de Ducrer. Pour reconnaître leur valeur, il faudrait de nouvelles observations complétées par l'examen bactériologique. De plus aucune des expériences tentées pour faire pénétrer le pus à travers l'épi- . derme sain n’a réussi (JuLLien) et d’un autre côté il est des cas où le peu d'acuité des symptômes peut tromper un malade qui peut avoir élé porteur d’un chancre mou

sans s’en douter.

Inoculation du baciile de Ducrey aux animaux

Après avoir réussi à culliver le virus du chancre mou, on s’appliqua à l'étudier en l’inoculant aux animaux. Nous avons dit déjà qu'Auzias TuRENNE avail fait plusieurs tentatives, mais la dualité du virus n’élant pas alors admise, on ne peut se baser sur le résullat de ces expériences bien qu'il semble qu’à plusieurs reprises AUZIAS TURENNE ait réussi chez des singes à inoculer le chancre mou. Nous avons vu que ces Lentatives avaient élé en quelque sorte le point de départ de la « syphilisalion ». Il a même noté l’insuccès fréquent des inoculations faites aux organes génitaux et signalé comme région de prédilection la face el notamment les paupières, les sourcils, le nez et surtout les oreilles, considé-

rant le macaque (sans préciser davantage l'espèce)

comme le singe le plus favorable pour l'expérience. L'absence d'incubation prolongée, la constance de l’aspect des lésions, leur réinoculabilité en série prouvent que ce n'étaient pas là des lésions banales, mais bien : le produit d'un agent spécifique. Pourtant le peu d’étendue de ces chancres, leurs caractères atténués par rap-

oéné-

port à ceux de l'homme ont contribué à faire en g

ral méconnaitre ces lésions.

Rogerr pe Wezz inocula un singe el se porta le pus sur le bras. Les lésions qui s'y produisirent furent reconnues par Ricorp comme élant des chancres simples.

Mais loutes ces expériences manquent de certitude, comme toutes celles qui furent faites avant lavènement de la baclériologie, celles de KRiISHABER, FOURNIER, BarTHELEMY en 1882. Il n’y eut alors aucune contamination de singe à singe et les auteurs conclurent que le singe élait un mauvais terrain sur lequel il dégénère.

Les premières expériences où les résultats furent contrôlés par les recherches du bacille de Ducrex furent celles de NicoLre, qui obtint sur un macaque deux chancres de la région frontale réinoculés ensuite avec succès sur l'oreille gauche, le sommet de la tête et la région temporale. Des inoculalions spontanées en provoquèrent même un à l'oreille droite et deux aux paupières. Le pus de toutes ces ulcérations renfermaient le bacille de Ducrey. En 1900, il donne le bonnet chinois comme élant l'espèce chez laquelle le chancre simple se

développe le mieux.

Les inoculalions de MM. TmiBierce, Ravaur et Le-

SOURD à l'hôpital Broca en 1905 établissent encore que le bord libre de la paupière du macaque est un lieu d'élection indubitable pour ces expériences, bien qu'elles ne soient jamais suivies de suppurations, de grandes pertes de substances ni d'adénopathie, et les bacilles se rencontrant seulement dans les régions superficielles et ne se montrant ni dans le derme ni dans le issu conjonclif sous-jacent.

On peut dire de plus que l'inoculalion au singe est un procédé de diagnostic, ear le chancre ainsi produit est tout différent de Paccident primilif syphilitique transmis au singe et qui ne se développe chez lui qu'au bout de 23 jours environ Celle inoculalion a la même valeur que l’ancienne aulo-inoculation.

Enfin ces auteurs ont constaté que, contrairement à la doctrine classique de la réinoculabilité indéfinie du chancre simple, la 3° inoculation chez le singe échouait, ou ne donnait que des lésions très atlénuées el que la 4° avortait constamment ; ce fait, disent-ils, Lent-il à une modification analomique du tissu cieatrisé ou doit-il

êlre rapproché de ce qu'Auzis-TURENNE avait constaté chez l'homme, en s’en servant comme base pour sa svphilisalion ?

En somme la conclusion de {ous ces travaux conduit à faire du chancre mou une maladie locale spécifique, réinoculable au porleur avec des caractères idenliques et due à l'introduction au point lésé d'un microbe spé-

cial, bacille de Ducrey ou streplobacille/de Uxxa.

Pourtant certains auteurs ne sont pas complètement convaincus et se basent pour cela :

1° sur l'identité non suffisamment prouvée des bactéries décrites par Ducrex el UNNA ; |

2 Sur les recherches de Luca et de Gigerr qui, sur des chancres mous types, n'ont pu trouver que des microbes ordinaires ou des staphylocoques dorés, dont les. cultures pures inoculées ont donné des ulcères analogues à la première lésion et réinoculables en générations <

3° Sur les expériences de WELANDER qui aurait obtenu des chancres mous (?) par linoculation de l'humeur secrétée par des pustules syphililiques, des pustules d'acné, d'impéligo ou d'eczéma ;

4 Sur le fait que la plupart des partisans de la spécificité ne vont pas jusqu'à regarder le bacille de Ducrey comme la cause unique du chancre mou et admeltent la possibilité de l'intervention d'autres agents pathogènes.

On peut leur répondre que cespseudo-chancres sans Dbubon sont sans doute des ulcéralions banales : Et il y aura peut-être alors à ajouter à la pathologie vénérienne une autre classe d’ulcéralions pour ainsi dire exceptionnelles et d'origine banale.

Nous disons : exceptionnelles, car si les suppurations de diverses causes qui se produisent aux organes génitaux pouvaient engendrer le chancre simple, celui-ci devrail être d'une fréquence extrême. Orsi BumsteaD, Fin- GER, Taycor, Cooper ont combattu la spécificité du Chancre mou en faisant remarquer que presque toutes

les suppuralions sont inoculablés (pus de la balano-

ET re

posthile, de l'urétrile, de diverses éruptions, ecthyma, acné, pemphigus, gale, elc.) il n'en est pas moins vrai que la confrontation montre loujours à son origine, non une suppuralion quelconque, mais seulement un chancre simple et cela suffirait pour établir qu'il constitue bien une affection distincte et autonome ; ces inoculations ont produit des lésions suppuralives et ulcéreuses, elles n'ont pu produire le chancre simple que lorsqu'il a élé expérimenté réellement avec du pus de chancre simple. Ce qui est vrai, c'est que le chancré simple peut être classé dans la nosologie à côté des dermiles suppuralives, el notamment à côlé de dermites streptococ- -ciques ; c'est une pyodermile ulcérense due à un strepdobarille spécial, le streplobacille de. Ducrey dont la présence dans le pus, conslalée au microscope, est le plus sûr et le plus rapide moyen de diagnostic, supprimant l'épreuve ancienne de la réinoculalion qui n'était pas exemple d’inconvénients. Ô Pour faire cette recherche, on râcle légèrement la surface du chancre, on étale sur une lame le pus ainsi recueilli, en ayant soin de ne pas trop frolter et surtout ne pas écraser le pus de crainte de dissocier les chaîneltes de bacilles. On colore la préparation soil avec la solution phéniquée de bleu de méthylène ou du violet de / gentiane, soit avec la liqueur de Ziehl diluée. A la surface du chancre, on trouve souvent de plus des associalions de saprophyles cutanés, en particulier le staphylocoque et la bactérie commune de la peau. (Nicolle).

Rarement unique à cause de la facilité avec laquelle

il se réinocule, le chancre simple est presque toujours. (quatre fois sur cinq, Fournier) accompagné de pelits chancres simples satellites dus à des inoculations secondaires et reconnaissables comme le prenuer à leur base molle, œdémateuse, à leur pus abondant et leurs bords sinueux, nettement taillés à pic et décollés, non accom-

pagnés de pléïiade ganglionnaire.

Gallia décèle la présence de sensibilisatrices dans le sang des sujets

atteints de chancre mou (1907)

Plus lard, après les expériences de Bordet et Gengon sur la recherche de sensibilisatrices, basées sur la méthode de déviation du complément, Gallia en 1907 au laboratoire de Parasitologie de l'Université royale de Turin, rechercha, en partant du même principe, s'il y avait des sensibilisatrices spéciales dans la secrétion du chancre mou, dues au bacille de Ducrey-Unna. I à examiné si dans le sang d'individus atteints de chancre mou, on pouvait déceler la présence d'anticorps spécifiques vis-à-vis de la sécrélion du chancre même ou vis-à-vis du bacille de Ducrey-Unna. Nous trouvons le résullat des ses expériences dans les annales des maladies vénériennes (novembre 1907).

«On racle le chancre (après l'avoir préalablement. lavé avec de l’eau stérilisée), avec une cuillère également stérilisée, et le produit du raclage ainsi obtenu est délayé dans un mortier stérilisé, avec de la poudre de

verre el repris au moyen d'une solution physiologique à

8 0/00. L'émulsion ainsi oblenue, après avoir été centrifugée el rendue inactive à 56° pendant une demi-heure, est mélangée à du sérum sanguin, également inactif, du même individu atteint de chancre mou, el avec de l’alexine fraiche (sérum de sang de cobaye saigné le jour précédent).

Après un éerlain Lemps (de 4 à 5 heures) on ajoule à ce mélange une petite quantité de sérum de cobaye hémolytique pourles globules rouges du sang de lapin inactivé et pour les globules rouges de lapin lavés et -centrilugés.

Dans certains cas, le sérum du sang a élé mis en ‘apport avec l’émulsion du culture du bacille de Ducrey- Unna, cullure oblenue au moyen d'un milieu qui me ful conseillé par M. le professeur BrüscHETTINI et qui donna. d'ailleurs avec assez de facilité des cultures très vigoureuses : ce milieu se composait de gélose, de blanc d'œuf et de De

D'autres fois, le sérum du sang a élé mélangé à de la sécrélion de chancre syphililique et à du suc de ganglions inguinaux syphililiques.

Dans toutes ces expériences, j'ai apporté la plus scrupuleuse exactitude et le plus rigoureux contrôle pour m'assurer soit de l'efficacité du sérum hémolytique, soit de l’inactivement à 56°.

Je résume dans les tableaux suivants le résultat de mes expériences :

Dans le cas n° 4 on n'a pas pu trouver les bacilles

de Ducrey-UNNA tandis que dans les 3 premiers, les bacilles étaient très évidents.

Je conclus donc que dans le sang d'individus affectés de chancres mous, on peut mettre en évidence des senstbilisatriees spécifiques, soit pour la secrétion du chancre mou soil pour les bacilles de Ducrey-Unna.

Ce qui démontre bien que les sensibilisatrices sont spécifiques, c'est que l’on n'obtient pas la déviation ‘du complément quand on emploie le sérum de sang d'individus syphilitiques ou lorsque Île sérum d'individus. atteints de chancre mou est mis en rapport avec la secré-

üon de ganglions lymphaliques de syphililiques.

Sérum d'individus affectés de chancres mous et suc de chancres.

dn même individu

Lapin traité

lapin

de cobaye

Aléxine Sérum de Cobaye avec globules rouge Globules rouges de Hémolyse

Suc de chancre mou Sérum d'individus avec chancre mou

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