‹ Historique du Chancre mouChapitre 6 sur 24 · AUS · texte numérisé non relu

AUS

Guy de CHauriAc, à propos des chancres, propose la circoncision pour le traitement de certains phimosis. VaLescus de TARENTE, au contraire, s'oppose à la circoncision et préfère les injeclions.

« Les ulcères de la verge, dit LaAnrranc, de Milan, pro-

- viennent de pustules chaudes qui s'ouvrent ensuile ou

d'humeurs âcres qui ulcèrent la partie, ou bien du com-

merce avec une femme sale qui a coïlé avec un homme atteint d'une semblable maladie ».

Pierre d'ArGeLATA insiste tout parliculièrement sur le bubon. Il faut même, d'après lui, purger les malades sinon il leur surviendrail dans laine un bubon qui pourrait suppurer. D'ailleurs il indique un préservalif : Ne ergo istae puslulae oriantur. vobis, cauli esse debelis. Quare post coïlum illarum mulierum, quae foedae suit, debélis facere lolionem » (1).

Nous sommes ici en 1840, quinze ans par conséquent avant l'apparition de la syphilis en Europe.

| Les textes démontrent donc avec la dernière évidence que bien antérieurement à l'invasion de la vérole on avail reconnu el signalé des ulcéralions des organes qénilaux, d'origine vénérienne, réputées contagieuses et pouvant se compliquer de bubons ou de phagédénisme.

A. Fournier veut pourlant douter que ces descriptions s'appliquent au chancre mou et il se demande « si ces ulcéralions ne seraient pas explicables par d’autres

affections telles que les balano-posthiles inflammatoires

(1) Chirurg. 1. VI (Venet 1480).

es 99

ou gangreneuses, l'herpès, l'eczéma, Fanthrax, le paraphimosis, la gangrène, le cancer, l'esthionème », mais il reconnait qu'il manque de preuves pour appuyer son

objeclion.

La Syphilis, maladie nouvelle 1494)

Quant à l'origine moderne de la syphilis, il faut pour s’en convaincre lire les descriptions inoubliables que nous en avons des auteurs contemporains.

Les partisans de l'ancienneté de la syphilis ont bien cru la reconnaïîlre dans la lèpre du Levilique, dans les ulcères de Jog, dans le mal de Campanie dont le visage de Messus portait les cicatrices (Horace, lv. IT, sat. 5), dans la menlagre décrite par Pre, dans l'éruplion qui, au dire de Tacire, déformait la face de TiBère, dans le feu de Perse de Coradin Gélini, mais que sont ces affections présque banales à côté de la vérole ? Comment expliquer une pareille recrudescence dans la gravilé des symplômes dans une maladie qui aurait élé éteinte ?

L'apparilion de la vérole, nous dit Rozzer, a fait époque. Non seulement tous les médecins l'ont décrite comme une maladie nouvelle, mais ils semblent avoir parlagé l’effroi que ce mal inconnu jusqu'alors, répandit dans les populations. L'effet produit en-Europe par la première apparition du choléra n’est rien en comparaison de celui dont on trouve la lrace dans les ouvrages

des premiers auleurs qui ont parlé de la vérole. Le nom-

Page 1