ARCHIPEL DES COMORES
Il est à présumer que la lèpre existe depuis longtemps aux Comores, les habitants de cet archipel étant en relations constantes, depuis des siècles, avec l’Arabie, la Perse, l’Inde et le continent africain.
Les indigènes connaissent la contagiosité de cette affection; aussi se sont-ils empressés de tout temps d’isoler les lépreux.
MAYOTTE.
Mayotte, centre administratif des Comores, possède une léproserie dans file de M’Zambourou, située au Nord de la Grande Terre et séparée d’elle par un bras de mer de h milles environ. Elle se trouve à plus de 3o kilomètres de distance de Dzaoudzy, chef-lieu de la colonie.
Au point de vue de l’isolement, l’emplacement a été bien choisi, car les communications ne sont pas toujours faciles. A part la crique où les lépreux ont bâti leurs demeures, les côtes de l’île sont à pic, rendant toute escalade et toute fuite impossibles. On n’y rencontre qu’une seule source; le sol est volcanique.
Au dernier recensement, les lépreux étaient au nombre de 6ù, dont 53 hommes et 1 1 femmes; ils y vivent en communauté, s’entraidant les uns les autres, et ont élu un chef qui n’a d’autre prérogative que de faire valoir à qui de droit les desiderata dé ses compagnons de misère.
Les lépreux se sont répartis en deux villages sur le liane Ouest de l’île , séparés l’un de l’autre par une distance de 200 mètres et auxquels ils ont donné les noms figurés de Mountacoundia (je vois arriver) et de M’sanga mououni (gros sable). Ils vivent là réunis par familles ou par groupes sympathiques dans des cases d’une exquise propreté qu’ils ont construites par leurs propres moyens. Les plus valides cultivent un peu de manioc, qui vient s’ajouter à l’ordinaire que leur fournit l’Administration.
MOUÉLI.
La lèpre existe dans file sous toutes ses formes; elle y fait des levages et tend à prendre d’autant plus d’extension que le.malades ne sont pas isolés et vont où ils veulent. Les indigènes n’éloignent leurs lépreux qu’à une période très avancée de la maladie et les gens aisés gardent près d’eux leurs malades. Un point d’isolement avait été choisi dans la vallée de Déméani, vers Nioubadjou, mais les isolés 11 y restaient pas.