DÉCÈS
Du ier janvier 1 85g au 3i décembre 1869
Du 1er janvier 1870 au 3 1 décembre 1879
Du 1" janvier 1 880 au 3i décembre 1889
Du i*r janvier 1890 au ier décembre 1899
Totaux.
LD
CO
D’après les renseignements tournis par te Dr Noël, directeur actuel de la léproserie, le chiffre des entrées dans l’établissement s’est élevé à 91, de 1800 à 1810; de i85o à 1867, on en a compté 236 et enregistré 175 décès.
En faisant entrer dans la statistique ci-dessus le chiffre des admissions et des décès enregistrés de i85o à 1857, on arrive à un total de GtG entrées contre 2 3 décès pour une période de h 7 années.
La mortalité a beaucoup varié, suivant les années, et a été influencée par les épidémies régnantes; c’est ainsi qu’en 1887, sur 60 malades des deux sexes, il ne s’est produit que 6 décès qui ont été fournis principalement par des vieillards, tandis qu’en 186 5- 1 8 G 6 , époque à laquelle la Guadeloupe fut visitée par le choléra, il se produisit 26 décès sur 120 lépreux internés.
Les naissances ont été peu nombreuses à la léproserie : de 1827 à i834, on en relève 5; de i834 à 1857, 28; de 1869 à 1899, 10. Tous ces enfanls sont nés sans porter de traces de la maladie de leurs auteurs.
Depuis douze années que le Dr Noël est a la tête de la léproserie de la Désii’ade, il prend les mesures ci-api'es pour les enfants. Dès leur naissance, ils doivent être séparés de leurs mèi’es et transportés lioi’s de l’hospice. L allaitement artificiel étant défectueux, surtout aux pays chauds, il ne doit etre tenté qu’après trois mois au plus tôt, alors que 1 entant est déjà un peu développé et qu’il est susceptible de supporter l’usage du
biberon.
Dans ia journée, on donne a 1 enfant, a peu près toutes les trois heures, le sein de la mère préalablement lave a 1 eau boriquée ou avec une solution de permanganate de potasse. Le mamelon est garni d’un bout de sein en caoutchouc constamment tenu aseptique. L’enfant est entièrement recouvert d’une blouse et n’a aucun contact direct avec la peau de la mère; il est enlevé aussitôt après la tétée. La nuit, il prend de l’eau bouillie sucrée et aromatisée pendant les premières semaines; plus tard, on lui donne du lait coupé. Le sevrage n a lieu qu’à six mois, et c’est alors seulement qu’il est confie a des
parents qui Veulent bien s’en charger et l’emmener hors du foyer lépreux. L’enfant n’est nourri au biberon dès sa naissance que quand la mère ne peut pas nourrir, ce qui est excessivement rare.
Après avoir essayé tous les médicaments préconisés contre la lèpre, le D1' Noël dit que seuls l’huile de chaulmoogra et l’europhène lui ont paru utiles.
Les malades acceptant difficilement l’huile de chaulmoogra en nature et à haute dose, on en fait des pilules dans lesquelles on incorpore de l’acide gynocardique et du sulfate de strychnine.
L’europhène employé en frictions, à la dose de 5 p. 100 dans l’huile de chaulmoogra, serait d’une réelle efficacité contre les douleurs généralisées du début de la maladie, qui sont souvent intolérables.
Colonies de la côte occidentale d’Afrique.
La lepre existe dans toutes nos colonies de la côte occidentale d Afrique et y a été signalée de tout temps. Venue sans doute de l’Arabie et de l’Égypte, elle s’est étendue peu à peu à tous les peuples de ce continent.
D'après les relations de Mungo Part et de Moore, parmi les esclaves introduits du Soudan à la côte occidentale d’Afrique, plusieurs étaient atteints de lèpre.
Barth, dans son voyage au centre de l’Afrique, en 1862, raconte qu il a été frappé delà fréquence, chez les nègres du Baghirmi, de mutilations d’orteils dont la nature lépreuse ne peut laisser subsister aucun doute.
D’après Eben-Omir et Tounsy ( Voyage au Darfour, 1 845 ) , la lèpre serait commune au Darfour et dans le Bornou.
i Nos possessions africaines, tant de l’intérieur que des côtes, n’ont pas échappé au fléau.