SOUDAN FRANÇAIS
L’état de guerre, qui vient à peine de prendre fin dans les territoires du Soudan, n’a pas permis à nos médecins de se
dans nos DIVERSES POSSESSIONS COLONIALES. 17
renseigner, comme iis l’auraient voulu, sur la lepre dans ces régions.
En 1889, Liotard , lors d’une mission scientifique au Boudou , ayant eu l’occasion de séjourner dans un gros village où il fut l'hôte d’un marabout renommé, avait été frappé de l’aspect de plaies ulcéreuses dont la nature lui parut suspecte. Il remarqua, en même temps, un grand nombre de cas d’aïnhum, ce qui laisse supposer que plusieurs de ces malades n’étaient autres que des lépreux. Primet en a vu des cas en 1891-1892, au cours d’une expédition. De son côté, Henric, qui a passé six ans au Soudan, n’a rencontré que peu de lépreux dans toute la région comprise dans la boucle du Niger, mais les malades seraient plus nombreux chez les Touaregs de la rive gauche et dans les pays Haoussas. Il n’a vu que peu de cas de lèpre bien caractérisée dans la région qui s’étend du Niger à Zinder, mais il en a observé plusieurs cas près de Say, dans le Mossi et le Gourma.
La lèpre a été constatée à Tombouctou, à Gao, dans le Lobi, où, d’après le docteur Ruelle, elle se répand de plus en plus, dans l’Ouagadougou et dans le bassin de la Volta.
Les renseignements sont forcément incomplets, car les noirs sont méfiants et cachent avec soin tous leurs malades; aussi 11’est-ce le plus souvent que tout à fait incidemment que les médecins qui séjournent ou ne font que passer dans ces régions ont pu découvrir des lépreux, qui s’adressent de préférence aux marabouts ou aux traitants qui vendent des médicaments.