‹ Historire de l'etablissement des protestants français en SuèdeChapitre 23 sur 48 · LETTRES AUX ÉGLISES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

LETTRES AUX ÉGLISES PROTESTANTES

sioii qu'elle est toujours dans la disposition de semer abondamment et de rendre ses aumônes et les œuvres de sa bénéâcence recommandables est aussi celle dont nous pouvons attendre le plus de secours. »

Ils aimaient à rappeler à l'évêque de Londres la sollicitude de son illustre prédécesseur, le docteur Robinson , pour la communauté française de Stockholm . Sachant l'intérêt que le prélat avait montré pour la construction de l'église suédoise de Londres, ils ne doutaient pas de sa sympathie pour l'œuvre qu'ils entreprenaient. En s'adressant au Synode wallon le Consistoire put dire que l'Eglise de Stockholm était fille des glorieuses Eglises de la Hollande. N'était-ce pas en effet à la famille de Geer, qui avait tout abandonné pour la cause de l'Evangile, qu'était dû l'établissement de la colonie de Finspoug, dont les pasteurs avaient été nommés par les synodes wallons ?

Pendant les mois qui suivirent, M. D'Artis entretint la plus active correspondance avec les diverses Eglises du Refuge, jaloux de faire réussir une œuvre qu'il considérait comme l'achèvement de sa carrière.

Le 27 octobre 1741 , il écrivait au nom du Consistoire une importante lettre aux pasteurs et aux anciens de l'Eglise française de Hambourg.

La liberté, disait-il, que le Roi et les Etats ont donnée aux Réformés de battir des églises dans ce Roiaume, et d'y exercer librement leur Religion, en jouissant des privilèges des autres sujets, comme cela paroît par la résolution imprimée de S. M. en date du 27 août, cette liberté a été pour nous un grand sujet de joie à laquelle nous sommes persuadés que toutes les Eglises du Seigneur prendront une véritable part.

Cette grâce qui nous a été accordée est une de celles dont, avec la bénédiction de Dieu, on peut attendre le plus heureux succès, outre que tout bon réfugié françois doit voir avec une singulière édification que les Eglises de notre langue s'étendent jusqu'à Stockholm; il y a actuellement en France un grand nombre de Religionnaires qui seront encouragés d'en sortir en voiant une nouvelle retraite ou un nouveau lieu de Refuge que la Providence ouvre en leur faveur*.

Le Consistoire adressait en même temps une supplique au roi pour obtenir l'autorisation de faire une collecte dans les Ëtats de Hesse-Cassel, dépendance héréditaire de la cour de Suède. Le 21 mai 1742, D'Artis pouvait annoncer qu'une réponse gracieuse avait été faite à cette demande. Ce n'était pas en vain que de si nombreux appels avaient été lancés à l'étranger; à maintes reprises des lettres d'encouragement étaient parvenues au Consistoire avec les témoignages d'une fraternelle sympathie. Au premier rang s'étaient placées les Eglises allemandes et françaises de Copenhague, qui avaient envoyé 315 rixdalers argent (575 fr.). « On résolut d'en faire un article sur nos registres pour en conserver la mémoire à nos descendants, » peut-on lire dans les documents de TEglise.

Le Synode des Eglises wallonnes ne répondit pas avec moins d'empressement à la demande de l'Eglise de Stockholm.

La Compagnie, est-il dit dans les actes du Synode d'Arnheim, mai 1742, ne sauroit assez bénir Dieu d'un tel établisse-

' Nous publions le texte de cette importante lettre aux Pièces justificatives, n» IX.

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