‹ Historire de l'etablissement des protestants français en SuèdeChapitre 24 sur 48 · APPUI DES SYNODES WALLONS · texte numérisé non relu

APPUI DES SYNODES WALLONS

ment, qui semble être d'un bon augure pour serrer les nœuds de l'union fraternelle entre les Réformés et nos frères Luthériens de ces quartiers-là. Il est d'ailleurs à espérer que puisque cette Eglise s'est si longtemps maintenue, lorsqu'elle n'était pas encore fondée sur Tautorité du gouvernement, les charités qu'elle obtiendra seront emploiées à des usages d'autant permanent qu'elle est présentement appuiée sur cet heureux fondement. Le Synode la recommande fortement aux Eglises. Le secrétaire est chargé de la part de la Compagnie d'envoier copie de cet article à l'Eglise de Stockholm. Ceux qui seront dans le dessein de contribuer à ce pieux établissement sont priés de faire leurs remises à l'Eglise d'Amsterdam *.

Au Synode de la Brille (septembre 1742), on peut constater que les Eglises d'Arnheim, de La Haye, de Leewaarde, de Leyden, deBreda, deDordrecht, d'Amsterdam, avaient répondu généreusement à l'appel. « La Compagnie continue à recommander aux Eglises celle de Stockholm '. »

Tout semblait faire présager le plus heureux succès, mais si le principe de la liberté des cultes avait été inscrit dans la loi, les réformés purent bientôt se convaincre qu'il avait encore de sérieux adversaires. Le Consistoire rencontra en effet, dans maintes circonstances, un tel mauvais vouloir de la part de l'administration que tous ses efforts furent paralysés, et en 1743 il fallut suspendre tout projet d'acquisition.

En 1744 (26 avril), une commission fut nommée pour suivre de près cette importante affaire. Un mo-

* Synode d'Arnheim, art. 28.

' Synode de la Brille, art. 40.

ment le Consistoire put croire que les démarches des comtes de Tessin et de Gyllenborg pour obtenir l'autorisation d'acheter la maison de la chancellerie royale à Riddarholm aboutiraient, mais elle fut refusée et tout fut remis en question (1745). Quelques mois plus tard l'acquisition d'une autre maison dans la rue Neuve fut décidée, mais encore une fois l'autorisation nécessaire ne fut pas accordée.

Des paroles de découragement se firent entendre et ce fut en vain que M. Lefebvre offrit de céder à l'Eglise un étage de sa maison. Il appartenait à un homme de cœur et d'énergie d'intervenir dans ces pénibles circonstances. Dans une séance du Consistoire (25 décembre 1747), M. Isaac Toutin prit la parole. « J'ai été appelé à la charge d'ancien, dit-il, sans l'avoir recherchée mais après l'avoir acceptée, j'ai senti l'obligation de parler. »

Il refit alors l'histoire du passé, rappela l'enthousiasme des premiers jours, les appels adressés à l'étranger et les réponses reçues. Fallait-il. donc abandonner une œuvre si nécessaire? « Avant de le faire, s'écria-t-il , je tâcherai, s'il est possible, de l'imprimer sur vos consciences et je demande une générale convocation de l'Assemblée , afin que je puisse donner part de toutes démarches que j'ai faites pour le maintien de ce petit troupeau qui va être dispersé bientôt si Dieu , par sa grâce, ne le maintient. »

Désormais le succès était assuré , car la ferme volonté d'un seul suffit souvent pour vaincre l'indifférence du grand nombre. Quelques mois plus tard, en effet, le 31 mars 1748, après de longues années d'attente.

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