‹ Historire de l'etablissement des protestants français en SuèdeChapitre 25 sur 48 · RELATIONS AVEC LES ÉGLISES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

RELATIONS AVEC LES ÉGLISES ÉTRANGÈRES

l'Eglise entrait en possession du terrain où devait s'élever le temple *.

Pour mener à bonne fin l'œuvre entreprise , le Consistoire n'avait pas cessé, dès l'origine, de faire des appels à la générosité des Eglises de l'étranger. En 1745, la communauté wallonne de Londres envoya une généreuse souscription à une Eglise qui se considérait à bien des égards comme la sœur de la riche congrégation de Londres. « Nous pourrions, avaient écrit les anciens du Consistoire, appeler notre Eglise une Eglise wallonne, puisqu'elle est fondée sur un ancien établissement de Wallons qu'un gentilhomme de la maison de De Geer fit venir ici pour travailler à des mines de fer. »

S'ils s'adressaient ainsi aux Eglises étrangères, c'était à cause de la situation difficile où ils se trouvaient. « 11 est vraisemblable, disaient-ils, que les membres qui augmenteront notre troupeau auront plus besoin de secours qu'ils ne seront en état d'en donner. Nous vous supplions donc par les compassions de Christ d'avoir égard à toutes ces choses et de faire dans votre Eglise une collecte en notre faveur. Nous recevrons avec une humble reconnaissance cette marque de votre charité et de votre tendresse, en priant le Seigneur de répandre ses plus précieuses bénédictions sur votre vé-

* Ce terrain , sur lequel se trouvaient de vieilles maisons, fut acheté du lieutenant-colonel Adlerbielko par l'intermédiaire du major Strolkirch pour la somme de 32 600 dalers (20 212 francs). A cette époque le daler de cuivre représentait une valeur équivalente à 62 centimes de notre monnaie. MM. E. Robert, J. Laurent, J. Toutin représenlôrent TEglise dans cette affaire.

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nérable Compagnie et sur tout votre troupeau , et de vous faire éprouver dans vos personnes et dans vos familles la rémunération préparée à ceux qui sèment la justice. »

En écrivant aux pasteurs et professeurs de Genève , ils remarquaient que « l'Eglise et l'Académie de cette ville tiennent un des premiers rangs entre les Etats protestants et les réfugiés qui sont sortis de France ». Faisant allusion au projet des Etats de favoriser l'étatablissement de colonies de réformés dans les villes maritimes du royaume, projet qui ne pouvait aboutir, l'émigration protestante étant presque complètement arrêtée , ils ajoutaient : « Ce nous est d'avance une véritable satisfaction de songer que nous trouverons dans votre Académie de dignes pasteurs. »

Sur le conseil de la Vénérable Compagnie des pasteurs de Genève , le Consistoire adressa une longue épitre à la Seigneurie de cette ville. « Nous nous excuserions de cette longueur, mais comme nous sommes devant un magistrat véritablement chrétien et pieux qui prend à cœur les intérêts de la gloire de Dieu, nous sommes assurés que notre lettre ne lui sera point importune. » Ils savaient, en effet, que Genève avait, depuis de longues années, donné, sans mesurer, aide et appui aux victimes des persécutions religieuses. S'il était un nom respecté, c'était celui de ces magistrats dont le dévouement à l'Eglise n'avait pu être égalé. Du nord de l'Europe leur arrivait un nouveau témoignage de l'admiration des réfugiés pour leur piété et leur charité.

Le Consistoire rappelait, en effet, avec émotion,

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