‹ Historire de l'etablissement des protestants français en SuèdeChapitre 36 sur 48 · DIFFICULTÉS DE LA SITUATION · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE LA SITUATION

plus désirable. M. Giron insistait surtout, car il comprenait parfaitement que ce serait le seul moyen d'avoir un pasteur résolu à se fixer en Suède. Dans la séance du 18 décembre 1824, il fut décidé qu'on demanderait à M. Gauthey, que présentait alors M. Van Brienen, s'il se sentait capable de prêcher dans les deux langues comme aussi de diriger les intérêts religieux des deux communautés ; malheureusement M. Gauthey ne put accepter *. Ce fut un de ses condisciples à la Faculté de Lausanne qui se rendit à Stockholm. M. Secrétan appartenait à cette jeune école dont Vinet allait devenir le maître respecté. Son talent original et souple, ses idées généreuses devaient lui concilier l'affection de ses auditeurs. Son séjour en Suède ne fut malheureusement que de courte durée , car, arrivé dans l'automne de 182S, il quittait Stockholm dès l'année suivante. L'appel que lui avait adressé l'Eglise française de la Haye justifiait ce départ. Par son importance et la considération dont elle jouissait, cette communauté, en effet, offrait au jeune pasteur un avenir que ne pouvait lui assurer celle de Stockholm.

M. Secrétan avait promis que son départ ne serait pas préjudiciable aux intérêts de l'Eglise et qu'il trouverait un remplaçant. Le départ de ce prédicateur de

* Le service devait se faire tous les quinze jours dans chaque temple avec alternance lors des grandes fêtes. La communauté hollandaise avait en outre stipulé « que Ton n'offrirait rien au pasteur pour les actes de son ministère ». C'est à partir de cette époque que le culte français ne fut plus célébré que du premier dimanche d'octobre à la Pentecôte. Avec le retour des beaux jours la petite colonie réfugiée, comme les auditeurs habituels du service français, quittait Stockholm pour les campagnes de la Suède.

mérite fut regretté de tous ceux qui Tavaient entendu, à Téglise française comme à l'église hollandaise, où il avait donné, pendant tout l'hiver de 1825-26, des prédications mensuelles.

Son successeur, M. Bauty, arrivait de Lausanne sous l'impression de ce grand mouvement religieux qui marqua les premières années du siècle. La pensée théologique, si longtemps captive, affirmait sa liberté, en même temps que la vie religieuse se manifestait par une ardeur généreuse pour le succès des œuvres chrétiennes.

On s'éloignait tous les jours plus de cette vague sentimentalité, legs des doutes et des aspirations du déisme du xviii* siècle, pour se rallier aune intelligence plus ferme et à une pratique plus réelle des devoirs de la vie chrétienne.

La prédication avait subi l'influence de ces conceptions nouvelles et était sortie du cercle étroit où elle se mouvait depuis si longtemps. Trop intellectuelle, demeurant dans des généralités dogmatiques et morales, elle n'avait pas su, par des appels incisifs et énergiques, réveiller les consciences.

M. Bauty, qui arriva à Stockholm à la fin de 1826, semble avoir étonné les auditeurs habituels de l'Eglise française. « Ses opinions, écrit M. Giron, avaient une forte teinte de méthodisme. » C'était là, en effet, le mot bizarre par lequel on qualifiait cette évolution des idées religieuses , mot pris trop souvent en mauvaise part et synonyme, aux yeux d'un grand nombre, d'étroitesse dogmatique et sectaire. Dans l'ardeur des premiers mouvements, dans Télan qui accompagne les

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