Grâha, ahigator ou crocodile du Gange {Lacerta gangetica
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pas de bonlieur dont on puisse jouir sans inlerruplion. »
« La racine est infestée par des serpents, les fleurs par des frelons , les branches par des singes , et le sommet par des onrs : il n'est pas une seule partie de cet arbre de sandal qui ne soit envahie par ce qu'il y a de plus impur et de plus immonde ! »
Je connais notre roi : son langage est doux comme le miel , mais son cœur ne renferme que du poison.
« De loin il vous tend les mains ; il a les yeux baignés de larmes ; il vous cède la moitié de son siège; il aime à vous serrer étroitement dans ses bras; il vous prodigue les paroles d'amitié, s'informe de votre santé et vous témoigne de grands égards; il garde au fond du cœur un poison caché , tandis qu'à l'extérieur il est tout miel , et il est habile dans l'art de tromper. Qu'est-ce donc que cette nouvelle espèce de comédie que savent jouer les méchants? w
« La barque a été inventée pour traverser l'espace des mers que l'on ne pouvait franchir ; la lampe , pour nous éclairer lorsque viennent les ténèbres; l'éventail, pour remédier au manque d'air, et le dard pour dompter Tardeur des éléphants furieux. Ainsi , dans ce monde , il n'est pas une seule chose pour l'invention de laquelle le Créateur ne nous ait pas donné la première idée ; mais je crois que Brahmâ lui-même verrait échouer ses efforts s'il voulait ôter du cœur des méchants tout ce qu'il renferme. »
Hélas ! s'écria Sandjîvaka en poussant un nouveau soupir, je ne vis que de grain : pourquoi donc le lion veut-il me faire périr?
« Lorsque deux adversaires sont égaux en fortune et en puissance , on doit s'attendre à une lutte ; mais il n'en est pas de même quand l'un est fort et l'autre faible. »
Je ne sais pas, ajouta-t-il après avoir encore réfléchi , ce qui a pu m'attirer l'aversion du roi. Il faut toujours redouter l'inimitié d'un prince , dès que Ion est auprès de lui.
« L'esprit d'un roi offensé par son ministre est comme un bracelet de cristal : ce bracelet une fois brisé , quel est celui qui pourrait le raccommoder ? »
« La foudre et la colère d'un roi sont deux choses très redoutables ; mais l'une ne tombe qu'à une seule place , tandis que l'autre tombe tout autour de nous.)--
Hé bien ! il vaut mieux mourir en combattant. Maintenant je ne dois plus obéir à ses ordres.
ce Si l'on meurt , on gagne le ciel ; si l'on tue son ennemi , on obtient le bonheur : ce sont là deux choses excellentes et difficiles à acquérir , même pour des héros. »
Et voici le moment où l'on doit combattre :
« Lorsqu'on ne combattant pas on est sûr de mourir , et qu'une lutte offre seule quelque chance de salut , c'est alors , disent les sages , qull est temps de combattre, w
ce Quand il ne voit plus pour lui aucun moyen de salut, si ce n'est dans un combat, le sage meurt avec son ennemi , en combattant. »
c( S'il est vainqueur , il obtient la fortune ; s'il meurt, il devient l'époux d'une apsarâ. Notre corps périt en un instant : pourquoi donc hésiter à mourir en combattant? »
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Après avoir fait ces réflexions , Sandjîvaka dit au chacal : Mon ami, dites-moi, à quoi reconnaîtrai-je que le lion veut me tuer? Damanaka lui répondit : Dès que Pingalaka vous regardera avec la queue dressée, la patte levée et la gueule béante, il faudra déployer votre force.
« L être le plus fort est quelquefois sans force : quel est celui qui est invincible ? Voyez les hommes : ils foulent sans rien craindre un tas de cendres sous leurs pieds. »
Mais il faut que tout cela se fasse en secret ; sinon, nous sommes perdus tous les deux.
En disant ces mots, Damanaka retourna vers Karataka. Hé bien! lui dit celui-ci, qu'as-tu fait? ■— Je les ai brouillés lun avec l'autre, répondit Damanaka. — Y a-t-il à en douter ? reprit Karataka.
« Quel est celui qui est l'ami des méchants ? Quel est celui qui ne se fâche pas lorsqu'on le sollicite trop souvent? Quel est celui à qui la fortune ne cause point de joie? Quel est celui qui n'est pas savant en fait de méchanceté? »
« Les gens artificieux , pour s'élever , font d'un homme distingué un misérable. La société des méchants n'est-elle pas aussi dangereuse que le feu ? »
Damanaka se rendit ensuite auprès de Pingalaka et lui dit : Sire, ce méchant vient vers vous; préparez-vous à combattre et attendez-le. Tout en disant ces mots , il fit prendre au lion l'attitude qu'il avait décrite au taureau. Sandjîvaka arriva bientôt, et, quand il vit le lion dans cette attitude hostile, il déploya toute sa force. Alors eut lieu un combat terrible, dans lequel Sandjîvaka perdit la vie. Après
avoir tué le taureau, Pingalaka reprit haleine ; puis il resta comme accablé de douleur, et s'écria : Quelle horrible action je viens de commettre !
ce Si le pouvoir d un roi est dans d'autres mains que les siennes, c'est sur lui que retombent tous les crimes qui sont commis. Un roi qui a transgressé la justice est comme le lion qui s'est souillé du meurtre d'un éléphant. »
« On peut perdre un bon territoire ou un serviteur intelligent. La perte d'un sersiteur est la ruine des princes. On recouvre aisément un territoire que Ton a perdu ; mais il n'en est pas de même des serviteurs. »
Sire, dit Damanaka, quelle est cette nouvelle manière de raisonner ? Comment ! vous regrettez d"avoir tué un ennemi ! On a dit :
« Un roi qui veut être puissant doit faire mettre à mort celui qui attente à sa vie, quand bien même ce serait son père, son frère, son fils ou son ami. »
^v Coini nui connaît la vertu, l'intérêt et le plaisir, ces trois règles de conduite qu il faut suivre, ne aoii pas avoir trop de pitié : en effet , celui qui est indulgent ne peut pas même conserver ce qu'il tient dans ses mains. »
« Pardonner à son ennemi et à son ami est une vertu chez les sages qui s'attachent à vaincre leurs passions ; mais, dans un roi, l'indulgence envers les coupables est un défaut. »
« Pour celui qui , par ambition de régner et par orgueil, désire prendre la place de son souverain, il n'y a pas d'autre expiation que la mort. »
ce Un roi trop indulgent, un brahmane qui mange
de tout , une femme insoumise , un ami d'un mauvais naturel, un serviteur indocile, un administrateur négligent et un homme ingrat sont autant de gens dont il faut se débarrasser. »
Et surtout, Sire, sachez bien ceci :
« De même qu'une courtisane , un roi habile en politique se montre sous divers aspects : il est sincère et faux, dur et aimable, cruel et compatissant, avare et libéral ; il dépense toujours et amasse une grande quantité de pierres précieuses et de richesses. »
Lorsque Damanaka eut ainsi apaisé sa douleur, Pingalaka reprit son humeur naturelle et s'assit sur son trône. Damanaka, transporté de joie, s'écria : Victoire à notre grand roi, et bonheur au monde entier ! A partir de ce jour, il vécut heureux.
Vous avez entendu le Souhridbhéda, dit Vichnousarman. — Grâce à votre complaisance, répondirent les jeunes princes, nous l'avons entendu, et nous en sommos sati^fahc __ hô bien: reprit Vichnousarman, écoutez encore ceci :
Puisse la désunion n'avoir jamais lieu que dans la maison de vos ennemis! Puisse le méchant être entraîné par la mort et marcher tous les jours à sa perte! Puisse le genre humain jouir sans cesse de toute espèce de bonheur et de prospérité ! Puisse cette fable amuser toujours la jeunesse !