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femme par noire puissance : auquel de nous deux doit-elle appartenir? Le brahmane répondit :

« Il faut honorer le brahmane parcequ'il est de la caste^la plus élevée; le kchatriya, parcequ'il est fort; le vaïsya, parcequ'il possède beaucoup d'argent et de grain, et le soûdra, parcequ'il sert le brahmane * . «

Le devoir du kchatriya est celui que vous devez remplir, et l'obligation qui vous est imposée est de combattre. Lorsque le brahmane eut dit ces mots, les deux Daïtyas furent d'avis qu'il avait bien parlé. Ils se précipitèrent en même temps l'un sur l'autre, et, comme ils étaient de force égale, ils se tuèrent tous les deux.

Voilà pourquoi je dis : Il faut désirer la paix , même avec son égal, etc.

Pourquoi ne m'avez- vous pas dit cela plus tôt? dit le roi. — Mais avez-vous bien compris tout ce que je vous ai dit? répondit le ministre. Ce n'est pas avec mon approbation que cette guerre a été entreprise , car Hiranyagarbha mérite que l'on fasse une alliance avec lui, et il ne faut pas lui faire la guerre.

On a dit :

« Il y a, dit-on, sept espèces de gens avec lesquels on doit faire une alliance ; ce sont : l'homme sin-

1. Les noms cités dans ce passage sont ceux des quatre grandes castes dont se composait anciennement la société dans rinde. Ces quatre castes avaient des attributs et des devoirs spéciaux : les brahmanes formaient la classe sacerdotale ; les kchatriyas, la classe guerrière ; les vaïsyas, la classe commerçante et agricole, et les soûdras, la classe scrvile.

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cère, l'homme respectable, Thomme juste, l'homme méprisable, celui qui a beaucoup de frères, celui qui est fort, et celui qui a été vainqueur dans plus d'une bataille. »

« L'homme sincère conserve toujours sa sincérité ; lorsqu'il a fait une alliance, il ne change pas d'avis. L'homme respectable ne consent jamais à se déshonorer, même quand il y va de sa vie. »

« Lorsque l'homme juste est attaqué , tout le monde combat pour lui : grâce à l'amour de ses sujets et à sa justice, un prince juste est difticile à renverser. »

« Nous devons aussi faire une alliance avec l'homme méprisable lorsque nous sommes menacés de périr, et que sa protection seule peut nous sauver de la mort. »

« On ne pourrait briser des bambous réunis en un faisceau épais , bien serré, et garni d'épines : il en est de même de celui qui a beaucoup de frères. »

« Lutter contre celui qui est fort, c'est une chose à laquelle rien ne nous oblige : jamais le nuage ne va contre le vent. »

« Celui qui a été vainqueur dans plus d'une bataille est comme le fils d'Yamadagni * : partout et toujours, il commande à tous par sa puissance. »

« Celui qui fait une alliance avec un prince qui a été vainqueur dans plusieurs batailles a bientôt réduit ses ennemis sous le joug, grâce à la puissance de son allié. »

1. Ou Djamadagni, sage qui eut pour fils Parasourâraa, auquel il est fait allusion dans ce passage.

Ce prince possède une foule de qualités : il faut par conséquent faire un traité de paix avec lui.

Je sais tout, dit le tchakravàka. Grue, va; et lorsque tu connaîtras bien la manière de vivre de notre ennemi, tu reviendras.

Cependant Hiranyagarbha dit au tchakravàka : Ministre, combien y a-t-il de sortes de gens avec lesquels on ne doit point faire une alliance? C'est encore une chose que je veux apprendre. — Sire, répondit le ministre, je vais vous le dire. Ecoutez :

« Un enfant, un vieillard, un homme malade depuis long-temps, celui qui a été chassé par sa famille, celui qui est lâche, celui qui a des lâches pour soldats, celui qui est avide, celui qui a des hommes avides à son senice, celui dont les principaux officiers n'ont pas de dévoûment, celui qui est trop attaché aux plaisirs des sens, celui qui change continuellement d'avis dans le conseil, celui qui méprise les dieux et les brahmanes, celui dont la destinée est malheureuse, celui qui attribue tout au destin, celui qui a contre lui la famine et les calamités, celui dont l'armée est en désordre, celui qui ne reste pas sur son territoiref celui qui a beaucoup d'ennemis, celui qui prend mal son temps, et celui qui n'est ni sincère ni juste : voilà vingt espèces d'hommes avec lesquels on ne doit point faire une alliance, mais seulement combattre : car, dès qu'ils ont la guerre, ils tombent bientôt sous le joug de l'ennemi. »

« Les hommes ne veulent pas se battre pour un enfant , parceque l'enfant a peu de puissance , et ne peut pas récompenser ou punir, suivant que

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l'on a combattu ou que Ton na pas combattu. »

« N'ayant plus ni force, ni énergie, le vieillard et riiomme malade depuis long-temps deviennent tous deux un objet de mépris pour les leurs même : c'est une chose certaine. »

« Celui qui a été chassé par sa famille est facile à .renverser, car tous ses i)roches s'unissent avec les autres pour le faire périr. »

a Le lâche déserte le champ de bataille, et se retire volontairement : lorsque ses soldats sont auh^si iâches que lui, ils l'abandonnent dans le combat. »

a Lorsqu'un prince est avide, ceux qui le servent refusent de combattre, parcequ'il ne leur donne aucune part du butin, et, quand les serviteurs sont avides, ils se laissent corrompre par les présents, et font périr leur maître. «

ce Quand un prince a pour officiers des hommes qui n'ont point de dévoûment, il est abandonné par eux au milieu d'une bataille. Celui qui est trop attaché aux plaisirs des sens est facile à attaquer. »

« Celui qui change continuellement d'avis dans le conseil devient odieux à ses ministres, et , lorsqu'il s'agit d'une affaire, ceux-ci le t^itent avec dédain, à cause de la légèreté de son esprit. »

ce Comme la puissance de la loi est toujours souveraine, celui qui méprise les dieux et les brahmanes se consume de lui-môme : il en est ainsi de celui dont la destinée est malheureuse. »

ce Celui qui attribue tout au destin, et croit qu'il est la seule cause du bonheur et du malheur, ne fait jamais aucun effort lui-même. »

« Celui qui a contre lui la famine et les calamités

succombe de lui-même. Celui dont l'armée est en désordre n'a pas la force de combattre. »

« Celui qui ne reste pas sur son territoire se laisse battre même par un faible ennemi : dans l'eau, le plus petit alligator * vient à bout du plus fort éléphant. »

« Celui qui a beaucoup d'ennemis passe ses jours au milieu des alarmes, comme un pigeon entouré par des faucons : quel que soit le chemin qu'il prenne, il ne tarde pas à trouver la mort. »

« Celui qui ne fait pas avancer son armée lorsqu'il le faut est vaincu par celui qui sait choisir le moment favorable pour combattre ; de même que, pendant la nuit, le corbeau privé de la lumière se laisse vaincre par le hibou, w

« Il ne faut jamais faire une alliance avec celui qui n'est ni sincère ni juste : car, lors même qu'un tel homme est lié par un traité, sa méchanceté naturelle le fait bientôt changer de dispositions envers nous. » Je vais vous dire encore autre chose : Faire la paix, entreprendre la guerre, faire halte, se mettre en marche , avoir recours à la protection d'un prince puissant, et semer la discorde, voilà ce qu'on appelle les six opérations. Trouver le moyen de commencer ce que l'on veut faire, être bien pourvu d'hommes et de munitions, connaître le lieu et le temps favorables, rendre à l'ennemi le mal qu'il nous fait, et atteindre au but qu'on se propose, c'est ce que l'on nomme les cinq parties de la délibération. La conciliation, les présents, la division, et le châtiment, sont

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