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même qu'une imitation du Pantchatantra^ recueil plus ancien, lequel a dii recevoir sa forme actuelle vers la fin du v^ siècle de Tère chrétienne, et a été traduit du sanscrit en pehivi dans la première moitié du vi*^ siècle, du pehivi en arahe dans le viii** siècle, et, plus tard, de Tarabe dans les principales langues de TAsie et de l'Europe.
Quoique le plan général de THitopadésa ne diffère pas beaucoup de celui du Pantchatantra^ l'auteur de ce recueil ne s'est pas attaché à reproduire avec exactitude le modèle qu'il avait sous les yeux. Au lieu de donner un abrégé de l'ancienne rédaction sanscrite, il a choisi, dans les cinq livres dont elle est composée, une certaine quantité de fables et d'histoires, qu'il a disposées dans un ordre nouveau, et racontées quelquefois d'une autre manière. La partie de l'ancien recueil (|u'il a le plus fidèlement imitée est l'introduction qui sert à rattacher les unes aux autres les diverses portions de l'ouvrage. D'ailleurs, comme il le déclare lui-même dans sa préface , le Pantchatantra n'est pas la seule source où il ait puisé les sujets de ses fables : des quarante-trois contes et apologues contenus dans THitopadésa, dix-sept ont été tirés d'un recueil dont on ne connaît pas encore le texte original.
L'Hitopadésa a été traduit dans presque tous les idiomes modernes de l'Inde : il en existe des versions en bengali, en mahratte, et en différents
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dialectes hindouis. Parmi ces dernières , la plus remarquable est celle qui a été publiée en bradjbliâkhapar LalloLi-Lâl, sousle titre de Râdjnùi^ ou la Politique des rois. Je dois citer aussi une traduction persane faite par un mufti nommé Tâdj-el diQ , et intitulée Moufarrih-al-kouloilb (ce qui réjouit les cœurs). Cet ouvrage, sur lequel le savant Silvestre de Sacy a publié un mémoire intéressant dans le tome X des yofices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque du Pwi , est plutôt une imitation de THitopadésa qu'une traduction des contes et apologues contenus dans ce recueil. Comme la plupart des traducteurs musulmans auxquels on doit des versions de livres sanscrits, Tâdj-el-din a supprimé loutce qui, dans Toriginal, a rapport aux croyances religieuses, à la philosophie et aux mœurs des Hindous, pour y substituer des idées empruntées au mahométisme. En ce qui concerne le choix et la disposition des sujets, il a pris la même liberté, ou, pour mieux dire, la même licence, et, en même temps qu'il a introduit de nouvelles fables dans son livre, il a laissé de côté un grand nombre de celles dont est composé le recueil sanscrit. La version de Tâdj-eldîn a été traduite en hindoustani par Mîr Bahâ-
1. Rajneeti; or Taies exhibiting the moral doctrines and the civil and military policy of (he Hindoos; translated froin the original sanscrit of "Saragun Pundit , into Brij Bhasha , by Sree Lulloo Lai Kub. Calcutta, 1809, in-S*'.
viij Avant-propos.
dour Alî Houçaïni, en i8o2, et publiée l'année suivante, à Calcutta, sous le titre à'Akhlâqu-i— Hinclî^ ^ ou Morale indienne.
Comme Tuu des recueils d'apologues le plus répandus dans Tlnde, IHitopadésa devait attirer de bonne heure Tattention de ceux qui se sont livrés les pieraiers à l'étude de la littérature sanscrite. Aussi, dès la fin du siècle dernier, a-t-il été traduit en anglais par le savant Wilkins - et par le célèbre William Jones ^. Ces deux traducteurs, ayant vécu à une époque oùles études indiennes étaient encore peu avancées, se sont souvent éloignés du sens de l'original, et ne l'ont pas toujours bien compris. En
1. Vkhlaqi Hindee, or inilian etkics, translated from a persian version of Ihe celebraled Hitoopades , or Salutary coun— ncl , bij Meer Buhadoor Ulee, head-moonshe in the hin~ doostanee department of the new collège, at Fort-William , for the lise ofthe students. Calcutta, i8o3, iu-4*'.
2. The Heetopades of Veeshnoo-Sarma, in a séries of collected Faites interspersed with moral, prudential anàpolitical maxinis; translated fro7n an ancient manuscripf in the sanstireet langiiage, with explanatonj notes, by Ch. Wilkins.Bath, 1787 , n-B».
Le premier chapitre de cet ouvrage a été traduit en français par Langlès. Voyez Fables et Contes indiens nouvellement traduits, avec un Discours préliminaire et des notes sur la religion , la littérature, les mœurs, etc., des Hindoux, par L. Langlès. Paris, 1790, in-18.
3. Voyez Worhs o/" sir William Joues , tome vi de Téditionin-4", London, 1799, et tome xni de Tédition in-8°,
Avant-propos. ix
i844> M. M. Miiller a donné une traduction allemande^ du texte publié à Bonn, en 1829, par MM. Schlegel et Lassen. Mais ce texte, dont s'est servi M. Johnson, auteur d'une nouvelle traduc tion anglaise*, est plus abrégé et moins complet que ceux de Serampouret de Calcutta^. Quelques fables insérées dans le Journal asiatique et dans d'autres recueils, et une traduction du premier chapitie de la version anglaise de Wilkins, voilà tout ce que l'on connaît de l'Hitopadésa en France jusqu'à présent. Je crois donc faire une œuvre agréable aux amis de la littérature orientale en publiant une traduction française de Foriginal sanscrit. Avant d'entreprendre cette traduction , j'ai eu soin de coUationner les principales éditions du texte publiées dans l'Inde et en Europe. J'ai
1. Hitopadesa. Eine alte indische Fabelsammlung , ans dem Sanskrit zum erstenmal in dos Deutsche ûbersetzt von M. Millier. Leipzig, 1844» in-12.
2. Hitopadesa or Salutary counsels of Vishnu Sarman, in a séries of connected fables., interspersed with moral , prudential, and political maxims^ translated literally from the original into english, for the use of the sanskrit student, by Francis Johnson. London, 1848, in-4°.
5. Pour compléter la liste des traducteurs de l'Hitopadésa, je dois citer D. Galauos, à qui Ton doit une version grecque d'une partie de ce recueil. Voyez Xncr.x'J'i.7::-j(. -t, nx>- TTX-TôvTi'îa, Ttidi YfiraxoO (Uu9c/6vcsct •jj/.xsfAvu.i, y.eTz- (spxiBh^x èx xo~J lip-xyjj.'x-JL/.Ct\> nx^'.T. ^ftfi:t,7(i!.ov rx^xvov, A^irivatOJ , vjv 'jk KféÛiZryj iy.i'oBé-Jtx i^aKscv/i fj.kv /.v.i ixe/ÀT^ lew/jyiOJ K. TurtxicToj. Ev A^VjVxt?, i85i , in-S".
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pu, en me livrant à ce travail souvent péniblo et fastidieux, combler certaines lacunes qui existent dans quelques éditions de THitopadésa, et donner de ce livre une version plus complète et plus fidèle que celles qui ont paru jusqu'à ce jour.
Dans l'Hitopadésa , comme dans le Pantchatantra^ chaque livre se compose d'un apologue principal dans lequel sont renfermés d'autres apologues récités par les personnages mis en action. Il n'est même pas rare d'y rencontrer plusieurs fables contenues les unes dans les autres. Le récit des histoires et des apologues est entremêlé d'une foule de sentences, de maximes, et de pensées remarquables, extraites des codes des législateurs, des poèmes héroïques, des drames, et des recueils de poésie. Le premier livre, intitulé Mitralâbha, ou l'Acquisition des amis, a pour but de démontrer combien il est avantageux de s'unir les uns aux autres. L'apologue principal de ce livre, tiré du Pantchàtantra (livre II), a fourni à La Fontaine le sujet d'une de ses plus jolies fables : le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et le Rat. Le second livre a pour titre Souhridbhéda, ou la Désunion des amis, et répond à la première partie du Pantchàtantra. La fable du Taureau, des deux Chacals etdu Lion, qui en est l'apologue principal , a été composée pour faire connaître aux rois combien il est dangereux de prêter l'oreille aux insinuations perfides de ceux qui cherchent à semer la division entre un
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Avant-propos. xj
prince et ses amis les plus fidèles. Le troisième livre, Vigraha, ou la Guerre, est imité du troisième livre àxxPantchatantra. La fable des Cygnes et des Paons, dans laquelle sont encadrés les divers apologues dont se compose cette partie du recueil, sert à démontrer le danger de se fier à des inconnus ou à des ennemis. Enfin, le quatrième livre, intitulé Sandhi, ou la Paix, n'est que la suite du précédent, et il ne se rapporte à aucune des cinq parties à\xPantchatantra, bien qu'il renferme plusieurs contes et apologues empruntés à
cet ouvrage.