Livre des Lumières, chap. m, p
Contes et fables indiennes, chap. m, 1. 11, p. 287. Spécimen sapientise Indoritm, sect. m, p. 2o5. Del governo de'regni, essempio 11, fol. 36, verso. Directorium humane vite, capitul. iv.
Filosofia morale, trattato i, fol. 65, verso.
Page 4o.
Le vieux Marchand et sa jeune Femme.
Ce conte a été imité en Europe dès le commencement du xn^ siècle. On le trouve dans la Disciplina clericalis * de Pierre Alphonse, auquel l'ont emprunté l'auteur des trois fabliaux de la Mauvaise Femme ^ (fabliau i) et celui des Gesta Romanorum^, recueil traduit au xv*= siècle sous le titre de Violier des Hystoires rommaines •*.
Le récit de Pierre Alphonse ayant été reproduit
1. Disciplina clericalis : Discipline de clergie , traduction de l'ouvrage de Pierre Alphonse. — Le chastoiement d'un père à son fils, traduction en vers français du même ouvrage. Paris, i8a4, 2 parties in-S». Edition publiée par la Société des Bibliophiles.
2. Fabliaux ou Contes, Fables et Romans du xi\^ et du xiii^ siècle, traduits on extraits par Legrand d'Aussy. Paris, 1829,5 vol. iu-80. Voyez t. iv, p. 188.
3. Ex geslis Romanorum historié notabiles de vitiis vir— tutibusque tractantes, cum applicalionibus moralizatis el misticis. Voyez chap. cxxii, foi. 12-, de l'édition deiSiy.
4. Le Violier des hystoires Rommaines moralisées sur les nobles gestes, faictz vertueulx et anciennes Cronicques des Rommains , fort récréatif et moral , nouvellement translaté de latin en français. Paris, iSai. Voyez fol. io5.
2i8 Appendice.
presque littéralement par l'auteur des fabliaux et par celui des Gesta Romanorum^ je crois faire plaisir au lecteur en mettant sous ses yeux la version qui en fut faite au xv^ siècle :
« Un homme , laboureur de vignes , ala jadis vendengier sa vigne. Sa femme enlendy qu'il devoit longuement demourer entour celle vigne, si appareilla à mengier et manda son ami. Il avint que un raim de la vigne fery l'omme en l'œil, pourquoy il revint tost à sa maison , car il ne pouvoit veoir de l'œil bleschié , si vint et hurta à la porte. Quant la femme le oy, elle fu moult troublée et repust son ami, puis courut encontre son mari et ouvri l'uys. L'omme estoit douloureux et commanda que sa chambre fust appareillie pour lui reposer. La femme doubla que se il entrast en la chambre qu'il ne veist son ami qui là estoit repus , si lui dist : Pourquoy vous hastez tant d'aler en vostre lit? Dictes moy ainçois comment il vous est. Le bon homme raconta ainsy que avenu lui estoit. Celle dist : Souffrez que je charme l'œil sain, affin que la doleur et le sang de l'œil bleschié n'y aviengne , car à vous est neutre commun dommage. Elle mist sa bouche encontre l'œil sain tant que son ami qui en la chambre estoit muchiez se fu partis d'illecques , telement que le bon mari n'en sceut rien. Adonc se leva elle et dist : Mon amy, soyes seurs que de cestui œil ne t'aviendra pas ainsi comme de l'autre. Or s'il te plaist, tu pues aler à ton lit. » {Discipline de Clergie, conte vu.)
Ce sujet a été souvent traité par les conteurs italiens. Giovanni Fiorentino, qui écrivait vers l'an iSjS,
Appendice. 219
en a donné les principaux traits dans une nouvelle de son Pecorone * (giorn. i, nov. 2), laquelle a été traduite par l'auteur des Facélieuses Journées * (journ. y 11, nouv. 10), et imitée par celui du recueil intitulé les Amants heureux ^.Xevs î483, Sabadino degli Arienti , dans ses NoveUe porretane * (nov. 2), a reproduit d'une manière plus fidèle les récits du xii« et du XIII* siècle. Au milieu du xvi^ siècle, Bandello a imité ses devanciers dans la vingt-troisième nouvelle de la première partie de son recueil ^. Straparola, qui vivait vers le même temps, a donné, dans ses Facélieuses iwits ® (nuit v, conte 4) ? un conte dont quelques détails paraissent avoir été puisés à la même source. Je dois citer encore, parmi les auteurs italiens qui ont composé des nouvelles sur le même sujet : Doni ', Vacalerio {Arcadia in Brenta^^ giorn. m), et Malespini (parte i, nov.
1. Il Pecorone , nel quale si conteng^"o cinquanta novelle anliche. Milano, i558, in-so.
2. Les Facétieuses Journées^ contenant cent certaines et agréables nouvelles, recueillies et choisies de tous les plus excellents auteurs étrangers, par G. C. D. T. (Gabriel Chappuys, de Tours'. Paris, i584, in-8°.
5. Les Amants heureux , histoires galantes. Amsterdam, 1722, in-12. Voyez p. iSg.
[\.' Settanta novelle, dette le Porretane, con moralissimi documenti. Venezia, 1484.
5. La prima, la seconda el la terza parte de le novelle del Bandello. Lucca, i554, 3 vol. in-4°. — La quarta parle. Lione, iSyS, in-8o.
6. Lepiacevolinotti. \ineg\a, i55o-53, iD-8°. Voyez la traduction de Pierre de La Rivey, intitulée : Les facecieuse& nuicts du seigneur Straparole.