‹ Hitopadésa, ou, L'Instruction utileChapitre 43 sur 55 · Divion., i645, in-ia · texte numérisé non relu

Divion., i645, in-ia

6. Democrilus ridens, sire campus recreationum honestarum^ cum exorcismo melanchoiix. Xwslel., i655, in-i2.

7. Rabelais, dans le chap. xxsi de Gargantua 'édit. de i555), indique le sujet de cette fable. Picrocbole voulant conquérir le monde, un vieux gentilhomme lui dit : <c Jay grand peur que toute ceste entreprinse sera sem- >» blable a la farce du pot au laict, duquel un cordouan- » nier se faisoit riche par resverie; puis, le pot cassé, » neut de quoy disner. »

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hâbhârala^^ poème que Ton doit au célèbre Vyâsa. Cet épisode, dont M. Boppa publié le texte avec une traduction en vers allemands-, présente de nombreuses différences avec l'histoire racontée dans THitopadésa, et, dans le recueil d apologues, le récit de Yyâsa a pris la forme d'une légende de Siva. Nàrâyana était, on le sait, de la secte des adorateurs de ce dieu. S'il n a pas lui-même modifié les détails de son sujet, il a dû au moins les emprunter à une autre source. Quoi qu'il en soit, on voit que l'imitateur est resté bien au-dessous de son modèle, lorsqu'on lit l'épisode du Mahâbhârata, dont voici la traduction :

Il y avait autrefois, dans la race du grand asoura Hiranyakasipou, un prince des Daïtyas illustre et puissant, nommé JNikoumbha. Ce prince engendra deux fils pleins de courage , et redoutables par leur valeur. Ces deux princes des Daïtyas se nommaient Sounda et Oupasounda ; ils étaient terribles et cruels. Ils n'avaient qu'une seule et même volonté, qu'un seul et même but dans leurs actions ; ils partageaient toujours la peine et le plaisir ; ils ne mangeaient pas

1. Voyez TheMahâhhârata, an epic poem , writlen by the celebraled Veda Vyâsa Rishi. Calcutta, 1834-59, 4 vol. in-40, vol. I, p. 277-28', v. 7619-7755.

2. Voyez Indralokagamanam. Ardschunus Reise zu Indra s Himmel, uehsl anderen Episoden des Maha-Bharala ; m der Ursprache zvm erslenmal hetausgegeben ^ metrisch ûbersetzt^ und mit Krilischen Anmerkungen versehen von Franz Bopp. Berlin, 1824, in-4'% pp. 65-78, 37-45.

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l'un sans l'autre , et n'allaient pas l'un sans l'autre ; en actions comme en paroles, ils faisaient tout pour être agréables l'un à l'autre. Ils avaient le même caractère et la même manière de vivre : les deux semblaient ne faire qu'un.

Lorsqu'ils eurent grandi, ces deux héros, n'ayant qu'une seule volonté dans tout ce qu'ils faisaient, prirent ensemble la résolution de conquérir les trois mondes. Ils célébrèrent un sacrifice, et allèrent sur le Vindhya, où ils pratiquèrent de rudes austérités.

Ils se livrèrent long-temps à la pénitence, et endurèrent les souffrances de la faim et de la soif. Ils avaient les cheveux tressés, et portaient un vêtement d'écorce ; ils avaient tout le corps barbouillé de boue ; ils ne se nourrissaient que de l'air, et offraient leur propre chair en sacrifice. Pratiquant leurs austérités avec constance, ils restaient long temps debout sur la pointe de leurs orteils, les bras en l'air, et les yeux fixes.

Le Vindhya, long-temps échauffé par la force de leurs austérités, rendit de la fumée : ce fut comme un miracle.

Les dieux, témoins de leur rude pénitence, en furent effrayés, et, pour y mettre fin , ils suscitèrent des obstacles. Ils essayèrent plusieurs fois de les séduire avec des pierres précieuses et des femmes ; mais les deux grands ascètes ne cessaient pas leurs austérités. Alors les dieux, pour tromper les deux Daïtyas magnanimes, eurent recours à un autre artifice.

Les sœurs, les mères, les femmes et les serviteurs des deux frères, renversés par un rakchas armé

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d'une pique, épouvantés, et perdant les parures de leurs cheveux, leurs bijoux et leurs vêtements, les appelèrent à leur secours en criant : Sauvez-nous ! Mais les deux grands ascètes n'interrompirent pas leur pénitence.

Comme ils n'éprouvaient l'un et l'autre ni peine ni émotion, les femmes et cette apparition merveilleuse, tout disparut. Ensuite Brahmâ, le grand-père de tous les mondes, se présenta devant les deux grands asouras, et leur accorda une grâce. Sounda et Oupasounda, ces deux frères valeureux, dès qu'ils virent Brahmâ, restèrent les mains jointes sur leur front; puis ils dirent ensemble au dieu souverain : Si le grand-père des mondes est satisfait de notre pénitence, puissions-nous tous les deux posséder la connaissance des artifices de magie et celle des armes; puissions-nous être forts, beaux et immortels, si le souverain maître est content de nous deux.

Brahmâ répondit : Excepté l'immortalité, vous aurez tout ce que vous avez demandé ; vous mourrez comme meurent les immortels , et vous deviendrez puissants. Comme vous avez pratiqué de grandes et prodigieuses austérités, je ne vous donne pas l'immortalité. Vous vous êtes livrés à la pénitence afin de conquérir les trois mondes : princes des Daïtyas , voilà pourquoi je n'exauce pas votre désir.

Grand-père des mondes, dirent Sounda et Oupasounda, puissions-nous n'avoir rien à craindre de tout ce qui existe dans les trois mondes, parmi les êtres immobiles et ceux qui sont doués de la faculté de se mouvoir, excepté nous deux.

Brahmâ répondit : Je dois vous accorder l'objet de

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VOS désirs comme vous l'avez demandé , et comme vous Tavez dit, et votre genre de mort sera en conséquence celui que je vous ai promis.

Après avoir accordé cette grâce aux deux asouras, et mis fin à leur pénitence, le grand-père des mondes alla dans le Brahmaloka.

Lorsqu'ils eurent reçu les faveurs de Brahmâ, les deux princes des Daïtyas, ces deux frères, devenus invincibles pour le monde entier, retournèrent àleur demeure. Voyant que ces deux frères intelligents avaient obtenu une grâce, et n'avaient plus rien à désirer, tous leurs amis partagèrent leur joie. Les deux Daïtyas défirent leurs tresses, et portèrent leurs cheveux bouclés ; ils se parèrent de bijoux d'un grand prix . et se couvrirent de vêtements sans poussière. Ils firent une fête extraordinaire et continuelle, et tous leurs amis ne cessèrent de se livrer à la joie. Mangeons ! jouissons ! donnons ! amusons-nous ! buvons! chantons ! Tels étaient les cris dont retentissait ch'aque maison. Toute la ville des Daïtyas fut égayée et réjouie par le bruit des acclamations et des applaudissements que l'on entendait partout.

Pendant que les beaux Daïtyas se livraient à ces nombreux divertissements, les années furent pour eux comme un seul jour.

Lorsque la fête fut terminée, les deux frères, qui désiraient les trois mondes, délibérèrent, et levèrent ensuite une armée. Après avoir pris congé de leurs amis et des vieux Daïtyas, leurs conseillers, ils fi-

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rent leurs préparatifs de départ, et partirent pendant la nuit, à l'heure où brillait la constellation 3Iaghâ. Ils se mirent en marche avec une brave et grande armée de Daïtyas armés de massues, de haches, de piques et de masses d'armes. Loués par les bardes, qui leur prédisaient la victoire dans des chants de bénédiction et des panégyriques, ils marchaient avec joie.

Les deux Daïtyas, qui allaient où ils voulaient, prirent leur vol à travers les airs, et, enivrés du cruel désir de combattre, ils allèrent dans le séjour des dieux. Instruits de leur approche, et connaissant la grâce que leur avait accordée le maître des dieux, les souras abandonnèrent le ciel, et allèrent au Brahmaloka.

Les deux Daïtyas pleins de bravoure se rendirent maîtres du ciel d'Indra ; puis ils tuèrent les troupes d yakchas et de rakchas, et tous les êtres qui volaient dans les airs. Après avoir triomphé des nàgas, qui vivaient dans le sein de la terre, les deux héros, montés sur un grand char, vainquirent toutes les races barbares qui habitaient près de la mer. Les deux frères, dont les ordres étaient cruels, entreprirent ensuite la conquête de toute la terre ; ils assemblèrent leurs guerriers, et leur tinrent ce féroce langage : Les râdjarchis et les brahmanes , avec leurs grands sacrifices en l'honneur des divinités et des mânes, augmentent l'éclat, la puissance et la majesté des dieux : il faut nous unir tous ensemble, et faire tous nos efforts pour détruire tous ces ennemis des asouras, qui se conduisent ainsi.

Lorsqu'ils eurent donné cet ordre à tous leurs

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guerriers, sur la rive orientale de l'Océan, ils allèrent de tous les côtés avec des intentions cruelles.

Les deux forts Daïtyas continuèrent leur marche en massacrant tous ceux qui sacrifiaient, et les brahmanes qui célébraient les sacrifices. Leurs guerriers prenaient dans les hermitages le feu des sacrifices et les offrandes des pieux solitaires, et jetaient tout dans les eaux. Les imprécations proférées par les ascètes magnanimes, dans leur colère, n'atteignaient point les deux asouras : elles étaient détruites par le don de la grâce qu'ils avaient obtenue. Comme les imprécations, telles que des flèches lancées contre des rochers, n'atteignaient pas les deux frères, les brahmanes renoncèrent à leurs pratiques de dévotion , et s'enfuirent de tous côtés. Tous les ascètes qui, sur la terre, avaient dompté leurs sens et renoncé aux passions, fuyaient comme les serpents devant le fils de Vinatâ *, tant ils redoutaient les deux Daïtyas !

Les hermitages détruits , les vases brisés , et les offrandes dispersées, le monde entier était désert comme s'il avait été dévasté par le dieu de la mort *.

Lorsqu'on ne vit plus ni râdjarchis ni richis, les deux grands asouras, avides de carnage, délibérèrent, et se précipitèrent en avant. Ils prirent la forme de deux éléphants en rut, et, furieux, ils envoyèrent au séjour d'Yama celui même qui s'était caché dans les montagnes. Se métamorphosant en lions, puis en tigres, et disparaissant ensuite, les deux cruels Daï-

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