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Ce sujet a été souvent traité par les conteurs italiens. Giovanni Fiorentino, qui écrivait en l'an 1378, en a donné les principaux traits dans une nouvelle de son Pecorone (i) (giom. i, nov. 2). Cette nouvelle, insérée par Sansovino dans son recueil (2) (giorn. vii, nov. 10), a été traduite par l'auteur des Facétieuses Journées (3) (joum. vu, nouv. 10), et imitée par celui du recueil intitulé Les Amants heureux (4). Vers 1483, Sabadino degli Arienti, dans ses Novelîe porretane (5) (nov. 2),
(i) Il PtcoroiUy nel quah si conttngono cinquanta tiovelU antiche. In Viii^;ia, 1565, in-8**.
(a) Cmtû tiovelU suite da pii nobili serittori délia lingva volgare, nelU quali piacevoli et aspri casi tamorty et altri notahili aweni~ menti si contengono. In Venetia, 1566, in-40.
(3) Les Facétieuses Journées, amienans cent certaines et agréables nouvelles : la plus part advenues de nostre temps, les autres recueillies et choisies de tous les plus excellents autheurs estrangers qui en ont eseriè. Par G. C. D. T. (Gabribl Chappuys, de Tours). Paris» i$84, in-So.
(4) Les Amants heureux, histoires galantes. Amsterdam, 172a, in- 12. Voyez p. 139.
(5) Porretane di M. Sabadimo Bolognese dave si narra wn'elle uttanta una. In Venetia, iS3i,in-8<*.
a reproduit d'une manière plus fidèle les récits du xii« et du xni« siècle. Au milieu du xvi« siède, Bandello a imité ses devanciers dans la vingttroisième nouvelle de la première partie de son recueil (i). Straparola, qui vivait vers le même temps,, a donné, dans ses FaciHeuses Nuits (2) (nuit V, conte 4), un conte dont quelques détails paraissent avoir été puisés à la même source. Je dois dter encore, parmi les auteurs italiens qui ont composé des nouvelles sur le même sujet : Doni (3), Vacalerio (Arcadia in Brenta (4), giom. m), et Malespini (parte I, nov. 44) (5). Ce dernier s*est contenté de reproduire le récit des Cent Nouvdïês nouvelles.
Le conte de la Femme qui fit évader son galant n*a pas été moins souvent imité en France qu'en
(i) La frima, U mo n da tt la kr^a ptMrU et k movdk id Bâx- DBLLO. Lviccft, i$54, 5 vol. fif^^'-^LM.faarfapam. Lione, iS73, in-8«.
(2) U Piaeeocii Nota di M. Giov&n FuMcttoo ^nupAkOLA da Coravaggio. In Vinegia, 1551, 2 vol. in-S». Yojpct U tradactimi de Jean Lonvera et Pient de La Uvey, intitulée : LaFaucitasis Nuiets du srigmurJoàM FftiMçois ^nuraxotB. Kooen, x6oi, avôl. in- 16.
(3) NoodU. Venezia, 1S15, in-B^. Voyes nov. 38.
(4) L Arcadia in Brenta, ovtro la malineonia Aandita di Gimkesio Gavardo Vacalbrio. In Ëologna, x68o, in-xa. Voyez p. 131.
(s) Dneento novdk. Venetîa, 1609, in-4<>.
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Italie. On le retrouve dans les ouvrages suivants : 1° Cent Nouvelles nouvelles, nouv. 16, par le comte de Charolais, Charles le Téméraire, depuis duc de Bourgogne. « Le Borgne aveugle, ou d*ung chevalier de Hcardie, lequel en Prusse s'en ala ; et tandi2 ma dame sa femme d^ung autre s'accointa ; et à Teure que son mary retourna elle estoit couchée avec son amy, lequel par une gracieuse subtilité, elle le bouta hors de sa chambre, sans ce que son mary le chevalier s'en donnast garde ».
20 Facétieux deoi^^ des Cent et six Nouvelles, remises en leur naturel, par de La Motte Roullant, Paris, iSSo, in-80 (nouv. 24): « De la cautelle que feist une damoyselle à son mary pour faire évader son amy caché en sa chambre ». C'est le conte des Cent Nouvelles^ avec quelques changements dans la forme.
30 Heptanieron de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre (nouv. 6) : « Unviel borgne, valet de chambre du duc d'Alençon, averty que sa fenmie s'estoît amourachée d'un jeune homme, désirant en savoir la vérité, findit s'en aler pour quelques jours aus champs, dont il retourna si soudain que sa femme, sur laquelle il faisoit le
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guet, s'en apperceut, qui, la cuydant tromper, le trompa luy-mesme ».
40 Introduction au traité de la confomUU des merveilles anciennes avec les modernes, ou Traité preparatif à Vapdlogie pour Hérodote, Dans cet ouvrage, Henri Estienne s'est contenté de reproduire le récit de la reine de Navarre sous une nouvelle forme de style.
50 Séries de Guillaume Bouchet (Rouen, 1635, 3 vol. in-80), serée 16.
60 Elite des contes du sieur d'Ouville (Rouen, 1680), première partie, p. 224: « D'une femme qui subtilement trompa son mari qui étoit borgne ».
Enfin le même sujet a été traité par La Monnoye (Œuvres choisies, La Haye, 1770, t. II, p. 354), dans un conte latin qui a pour titre « Uxor Coclitis » , et par l'auteur de l'ouvrage intitulé Nouveau recueil de bons mots (Pldsance, 1 7 1 1 , t. II).
L'histoire des amours de Madame et du comte de Guiche of&e un exemple d'une ruse semblable. Voici ce qu'on lit dans les Fragments de lettres originales de Charlotte-Elisabeth de Bavière, et dans la Biographie universelle, article Philippe d'Orléans :
SOURCES ET IMITATIOKS 3I7
« Un jour Madame (Henriette, femme de Philippe), soit pour aller voir ses enfants, soit pour parler plus librement au comte de Guiche, se rendit chez madame de Ch... Elle avait un valet de chambre nommé Launois... On laissait ce garçon sur l'escalier pour avertir, au cas que Monsieur arrivât. Tout à coup Launois accourt, ei dit: Voici Monsieur quidescend l'escalier et qui vient... Le comte de Guiche ne pouvait plus se sauver du côté de l'antichambre : les gens de Monsieur y étaient déjà. Je ne sais qu'un moyen, dit Launois: approchez- vous de la porte. Launois court audevant de Monsieur, et lui donne si rudement de sa lête contre le nez qu'il le lui fit saigner. Monsieur, s'écria-t-il, je vous demande pardon et grâce ; je ne vous croyais pas si près ; je voulais vite courir pour vous ouvrir la porte. Madame et la gouvernante s'avancèrent toutes alarmées, avec des mouchoirs qu'elles mirent sur le visage de Monsieur, bien autant sur ses yeus que sur son nez, et l'entourèrent de manière que le comt Guiche put s'esquiver et gagner l'escalier sans Monsieur s'en aperçût. Monsieur crut que c' LauncNS qui s'échappùt. »
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LE CHASSEUR, LE DADf, LE SANGLIER, LE SERPENT