LIVRE PREMIER 4I
payement d'une dette ; c'est quand on a perdu sa fortune qu'on reconnaît une femme dévouée ; c'est dans le malheur qu'on reconnaît un parent. »
« Celui qui nous reste fidèle dans la prospérité et dans l'infortune, pendant la famine et les temps de calamités, et qui ne nous abandonne ni à la conr du prince ni au cimetière, est un véritable ami. »
Ces liens sont solides, pensa le chacal après les avoir examinés plusieurs fois ; puis il dit au daim : Mon ami, ces lacs sont faits de cordes à boyaux ; c'est aujourd'hui le jour consacré au soleil : comment pourrais-je les toucher avec mes dents? Mon ami» â tu le veux bien, je ferai demain matin ce que tu me diras. En disant ces mots, il alla se cacher non loin de là.
Cependant, lorsque le soir fut venu, le corbeau, ne voyant pas revenir le daim, alla de tous côtés à sa recherche. En le voyant dans cet état, il lui dit : Mon ami, que vois-je ? — - Voilà, répondit le daim, ce que m'a valu le mépris des consdls d'un am*
c Celui qui n'écoute pas les avis d'un ami bienvdllant vent le malheur près de lui et fait la joie de ses ennemis. »
(c Ceux qui sont arrivés au tenue de leur teoce ne peuvent plus sentir Todeur d'une qu'on éteint, ni entendre ks coosdls d'un aoai, ni voir rétoile Âroundhati. »
Où est ce perfide? demanda le corbeau.
— n est ici, répondit le daim, et il veut manger ma chair.
— Je te l'avais dit, reprit le corbeau.
« Si quelqu'un nous dit : Je suis incapable de faire du mal, ce n'est pas là une raison pour nous fier à lui. Les gens de bien eux-mêmes ont tout i craindre des méchants. »
« H faut fuir l'amitié d'un homme qui cherche à nous nuire en secret, et qui, en fsice, nous tient un langage flatteur. Un pareil ami est un vaae de poison dont les bords sont couverts de lait, n
Chacal perflde et misérable ! qu'as-tu fait?
s'écria ensuite le corbeau en poussant un kng soupir.
« Malheureux que nous sonunesl pomquoi faut-il que, dans ce monde, nous nous laussions prendre à de belles paroles et séduire par de faax services? pourquoi faut-il que nous soyons trompés dans notre espoir et dans notre confiance ? »
«( Divine Vasoudhâ, comment peux-tu poiter le