LIVRE PREMIER
perfide qai exerce sa méchanceté contre un ami dévoué, confiant et sincère ? »
«c U ne faut contracter aucune amitié» aucune liaison avec le méchant. Le charbon brûle lorsqu'il est chaud ; quand il est froid, il noircit la main. »
Voici le caractère du méchant :
<c En face de vous, il rampe à vos pieds ; en arrière, il vous déchire. U fait entendre doucement à votre oreille un agréable murmure ; s'il trouve une ouverture, il y pénètre aussitôt avec audace. Le moucheron agit tout comme le méchant. »
ce L'homme méchant et flatteur doit être un objet de défiance : il a du miel sur l'extrémité de la langue; mais, dans son cœur, il renferme k poison hâlâhala. »
Le lendemain matin, le corbeau vit arriver le maître du champ, un bâton à la main. Mon ami, dit-il au daim, fais le hiort, retiens ta respiration, raidis tes membres et reste immobile ; je vais te becqueter ks yeux, et, lorsque je pousserai un cri, tu te relèveras bien vite et tu prendras la fuite. Le daim suivit le conseil du corbeau. Le maître du champ, liM-squ'il le vit dans cet état, ouvrit des yeux étinceiants de joie. Ah ! s'écria->t-il» tu es mort de toi-même l En disant ces mots, il débar-
rassa le daim des tiens qui le retenaient, et se mit en devoir de ramasser ses lacs. Le daim, entendant le cri du corbeau, se releva ausâtôt et se sauva. Le maître du [champ lança son bâton contre lui; mais, au Ueu de l'atteindre, il tua le chacal.
On a dit :
« Dans l'espace de trois ans, de trois mois, de trois quinzaines, de trois jours, on trouve dans ce monde le châtiment d'un grand crime ou la récompense d*un grand acte de vertu. »
Voilà pourquoi je dis : Toute liaison entre l'être qui est la proie et celui qui dévore est une cause de malheur, etc.
Le corbeau répondit :
En te mangeant, je ne trouverais pas en toi une nourriture abondante; tandis qu'en te laissant vivre, je vivrai exempt de faute, comme Tchitragrîva.
Dans les animaux même, on voit exister une confiance mutuelle entre ceux dont le seul but est le bien. Œez les bons, la confiance est le résultat d'un penchant naturel vers la vertu : je citerai comme exemple l'amitié qui vous unit, toi et Tchitragrîva.