‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 22 sur 131 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

la participation à nos joies et à nos douleurs, la sincérité, rattachement et la franchise : voilà les qualités d'un ami. »

Pourrai-je jamais rencontrer quelqu'un qui réunisse comme toi ces qualités ?

A ces mots, Hiranyaka sortit de son trou et s'écria : Je suis charmé par la douceur des paroles que tu viens de prononcer.

On a dit :

« Un bain d'eau froide, un collier de perles et des frictions sur le corps, avec le parfum du san- <ial (i), ne causent pas à l'homme accablé par la chaleur un plaisir égal à celui que font au cœur les paroles des gens de bien. De telles paroles sont sincères ; dles sont, pour les gens vertueux, comme un charme qui les attire. »

« L'indiscrétion, la manie de solliciter, la dureté, l'inconstance, la colère, le manque de sincérité et la passion du jeu sont les plus grands défauts qoe Ton puisse rencontrer chez un ami. »

Après tout ce que tu viens de dire, je vois que ta n'as pas un seul de ces défauts.

« n faut entendre parler un homme pour juger

^i) Sirhim myrtifoKum oo Sanialum album.

de son talent dans la parole et de sa véracité ; il faut le voir pour reconnaître s'il est maître de luimême et constant. »

« En effet, Tamitié de Thomme dont le cœur est pur comme la rosée est bien différente du langage de celui dont Tâme est pervertie et corrompue. »

« Penser d'une manière, parler d'une autre et agir autrement, telle est la conduite des méchants; penser, parler et agir de même, voilà ce que font les honnêtes gens. »

Eh bien ! que ton désir s'accomplisse. £a disant ces mots, Hiranyaka se lia d'amitié avec le corbeau ; il lui donna à manger ce qu'il avait de plus exquis , puis il rentra dans son trou. Le corbeau retourna aussi à sa demeure. A partir de ce moment, les deux amis passaient le temps à se r^aler l'un l'autre , à se demander des nouvelles de leur santé et à converser intimement. Un jour, le corbeau dit à Hiranyaka : Mon ami, un corbeau trouve difficilement ici de quoi subsister ; par conséquent, je veux quitter ces lieux et aller ailleurs. Hbranyaka répondit :

« Les dents, les cheveux, les ongles et les honunes perdent toujours à quitter leur place. Qnt

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Oo3<fit :

« Pour rhonmie brave et intelligent, <iu'«t-ce qne le pays luiol? Esdste-t-U pour lui un paj-s étrangerî Dès qu'il entre dans une >3ïnirte. il s'en retid Dultic par la force de son bns. Lors>)ue le lion, sans autres armes que ses dents, ses grifii» et sa queue, pénètre dans une forft, il y i.^tanche sa soif avec le sang du roi des tUfphanls. a

Mon ami, dit Hiranyaka, où iras-tU î

On a dit :

1 Le sage avance un pied et se tient fenne sur l'autre. Il ne faut pas abandonner sa première demeure avant d'avoir trouvé une autre place. »

J'en 3) une toute trouvée, répondit le corbeau- — Où ? demanda Hiranyaka. — Dans le Dandakiranjra, reprit le corbeau, il y a un étang que l'on appelle Karpoûragaura. Là est la demeure de

mon ancienne et intime amie la tortue Manthara, chez qui la vertu est une qualité naturelle.

« Le talent de prêcher la morale aux autres est une chose que tout le monde peut aisément acquérir ; mais pratiquer soi-même la vertu, voilà ce que peut seule une âme d'élite. »

Manthara me donnera, pour me nourrir, des poissons exquis. — Et moi, dit Hiranyaka, que ferai-je en restant ici ?

« Il faut abandonner un pays où il n'y a ni considération pour la vertu, ni de quoi subâster, ni parents, ni moyens de s'instruire. »

« Il ne faut pas établir sa demeure dans un endroit où ne se trouvent pas les cinq choses suivantes : des riches, un brahmane versé dans les Védas, un roi, une rivière et un médecin. »

« Il ne faut pas demeurer dans un pays où il n'y a ni usage du monde, ni crainte, ni pudeur, ni droiture, ni libéralité. »

« Mon ami, il ne faut point habiter là où n'existent pas ces quatre choses : un homme qui paye ses dettes, un médecin, un brahmane versé dans les Védas, et une rivière où coule une eau pure. »

Emmène-moi donc avec toi»

Le corbeau partit avec son ami, et, to iretenaot sur difiérents sujets, ils aniv leusement près de l'étang. Manthara I de Loin, et, après s'£tre acquittée com des devoirs de l'hospitalité envers Lagho elle fit accueil au rai, son nouvel hâte.

V Le feu est un objet de vénératioi brahmanes ; !e brihmane est un objet pour les autres castes ; un mari est le que doivent vénérer les femmes ; po monde, un hôte est un objet de vénéra

Ma chère Manthara, dit le corbeau, étranger avec honneur et distinction :

ranyata, le roi des rats, personnage bonnes œuvres et la perle des gens chaj rcn des serpents (i), eût-il même i langues, ne pourrait jamais faire l'élc vertus. Ayant dit ces mots, il raconta de Tchîtragrîva. Aprts avoir entendu toite, Manthara rendit ses respects et mages à Hiranyaka, et lui dit : Puissiei

11) Std» oa Aniau, gnnd wrpcnt qui m mîUi iç ancbe i VichnoD. On le copfood qiwTqndbii ïonrcniD dfli Klgu ou urpcnn qoi bAbiUDi le

heureux 1 Maintenant, veuillez m'apprendre pour quel motif vous avez établi votre demeure dans une forêt solitaire.

— Je vais vous conter cela, répondit Hiranyaka; éco'utez :

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